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	<title>Blog de M@rcel &#187; eLearning</title>
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	<description>Un blog sur la pédagogie, la technologie et aussi sur un peu de tout</description>
	<lastBuildDate>Tue, 17 Jul 2018 08:38:36 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Classes inversées, les effets : I. Les &#171;&#160;résultats&#160;&#187; des élèves et des étudiants</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Jul 2018 13:20:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Apprendre]]></category>
		<category><![CDATA[Considérations et méthodes pédagogiques (avec TIC)]]></category>
		<category><![CDATA[Considérations et méthodes pédagogiques (sans TIC)]]></category>
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		<description><![CDATA[Cet article est le premier relatif aux effets des classes inversées. Il porte essentiellement sur les aspects cognitifs, les connaissances et compétences acquises par les élèves et les étudiants ayant reçu un enseignement en classe inversée et sur les effets éventuels de cette panoplie de méthodes [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Introduction</h2>
<p>Cet article est le premier relatif aux effets des classes inversées. Il porte essentiellement sur les aspects cognitifs, les connaissances et compétences acquises par les élèves et les étudiants ayant reçu un enseignement en classe inversée et sur les effets éventuels de cette panoplie de méthodes. Le second portera davantage sur les éléments motivationnels. Nous ferons tout d&rsquo;abord un rappel sur La ou Les classes(s) inversée(s). Ensuite, nous aborderons quelques préalables ou précautions à prendre pour aborder la question de l&rsquo;efficacité des méthodes. Finalement, nous passerons en revue brièvement (en renvoyant vers des références utiles et récentes), quelques résultats.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2>1. De LA classe inversée aux ClasseS InverséeS</h2>
<p>Les dispositifs pédagogiques de classes inversées sont apparus, il y a quelques années, dans le panorama des dispositifs pédagogiques (des stratégies pédagogiques). Pour ma part, après une brève allusion sur ce Blog dès 2011, j&rsquo;en parlais déjà dans une <a href="https://youtu.be/kYbxdfGxRi4">causerie</a> avec mon collègue et ami Christophe Batier lors du Congrès AIPU 2012 (Association Internationale de Pédagogie Universitaire) tenu au Quebec à l&rsquo;Université de Trois-Rivières. Le propos (un peu provocant certes) concernait ce que j&rsquo;ai appelé plus tard &laquo;&nbsp;La classe inversée&nbsp;&raquo; avec le slogan &laquo;&nbsp;Les leçons à la maison, les devoirs en classe&nbsp;&raquo;. Comme bien souvent dans les processus d&rsquo;innovation, ce concept, cette idée initiale (issue de pionniers créatifs &#8230; on cite Eric Mazur, Jonathan Bergmann &amp; Aaron Sans &#8230;) allait se transformer et s&rsquo;adapter dans un processus progressif d&rsquo;appropriation par les enseignants et formateurs pour devenir une véritable &laquo;&nbsp;tête de pont&nbsp;&raquo; de l&rsquo;innovation pédagogique voire une pratique de plus en plus institutionnalisée ; en cela, l&rsquo;innovation ressemble à un processus d&rsquo;apprentissage à large échelle (des idées déjà-là en l&rsquo;état embryonnaire, encore imparfaites qui vont se transformer par &laquo;&nbsp;assimilation et accommodation&nbsp;&raquo;). Un peu plus tard en 2016, je démontrais le large éventail de pratiques effectives sous la seule dénomination &laquo;&nbsp;Classe inversée&nbsp;&raquo; : c&rsquo;est ainsi que je proposais de parler plutôt &laquo;&nbsp;des classes inversées&nbsp;&raquo; avec un éloquent pluriel.</p>
<p><strong>Sur ce Blog, nous trouvons les jalons de cette évolution :</strong></p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=583">Dispositif Hybride, flipped classroom … suite</a> <strong>en 2011</strong></p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=612">Classes inversées, Flipped Classrooms … Ca flippe quoi au juste ?</a> <strong>en 2012</strong></p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=740">Classes Inversées, étendons et « systémisons » le concept !</a> <strong>en 2014</strong></p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=868">Les classes inversées : intégration d’idées pédagogiques anciennes pour une réelle innovation</a> <strong>en 2017</strong></p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=791">Les classes inversées … paysage ouvert et visite guidée</a> <strong>en 2017</strong></p>
<p>Pour le lecteur pressé, voici une petite vidéo (20 minutes) pour appréhender la largeur des dispositifs de classes inversées :</p>
<p><iframe  id="_ytid_43828" width="480" height="270" src="https://www.youtube.com/embed/U8J24T-eY0U?enablejsapi=1&#038;autoplay=0&#038;cc_load_policy=0&#038;iv_load_policy=1&#038;loop=0&#038;modestbranding=0&#038;rel=1&#038;showinfo=1&#038;playsinline=0&#038;autohide=2&#038;theme=dark&#038;color=red&#038;wmode=opaque&#038;vq=&#038;controls=2&#038;" frameborder="0" class="__youtube_prefs__" allowfullscreen data-no-lazy="1"></iframe></p>
<p>Pour le lecteur à la recherche de bases plus scientifiques à la typologie des classes inversées et à leurs effets différentiés, un article de 2016 d&rsquo;<a href="http://revueeducationformation.be/index.php?revue=25&amp;page=3">Education &amp; Formation</a> à télécharger <a href="http://revueeducationformation.be/include/download.php?idRevue=25&amp;idRes=268">ici</a>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2> 2. L&rsquo;efficacité des méthodes pédagogiques, un large champ encore à explorer ?</h2>
<p>Que voici une question fréquente sur les réseaux sociaux et dans les journées pédagogiques ! Une question très difficile à aborder en fait. Elle revient &#8211; légitimement &#8211; lors de la venue de chaque innovation pédagogique que ce soit l&rsquo;apport de certains outils technologiques (tablettes, tableau blanc interactif &#8230;) ou encore dans le cadre de &laquo;&nbsp;nouvelles&nbsp;&raquo; méthodes comme l&rsquo;apprentissage par problèmes, l&rsquo;apprentissage collaboratif &#8230; On se pose alors &#8211; tout aussi légitimement &#8211; la question de l&rsquo;efficacité mais par  rapport à quoi : l&rsquo;acquisition des savoirs, le développement de compétences et d&rsquo;attitudes, l&rsquo;adoption de certaines valeurs &#8230; voire par rapport à l&rsquo;enseignement dit &laquo;&nbsp;traditionnel&nbsp;&raquo; dont on ne s&rsquo;interroge plus sur l&rsquo;efficacité, un enseignement moyen, passe-partout en quelque sorte. Dans notre livre &laquo;&nbsp;Théories et méthodes pour enseigner et apprendre&nbsp;&raquo; (De Boeck, 2007), nous écrivions à propos des outils technologiques :</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Parler de l’efficience </strong>(ou de l&rsquo;efficacité)<strong> d’un outil pédagogique nécessite de se référer aux méthodes dans lesquelles cet outil prendra place et plus loin encore aux objectifs éducatifs qui les sous-tendent&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p>Il s&rsquo;agit donc, pour évaluer l&rsquo;efficacité d&rsquo;une quelconque méthode pédagogique, de considérer les objectifs pédagogiques qu&rsquo;elle permettra d&rsquo;atteindre. S&rsquo;agit-il de mémoriser, de comprendre, de résoudre des exercices ou de décortiquer des problèmes, d&rsquo;analyser des situations, de développer la compétence à travailler en équipe ou à communiquer, d&rsquo;élaborer un système de valeurs ? La méthode, c&rsquo;est le chemin (de &laquo;&nbsp;<em>odos</em>&nbsp;&raquo; en grec) mais pour aller où ? Il s&rsquo;agit aussi selon l&rsquo;alignement pédagogique (<em>Constructive Alignment</em>, alignement constructif de Biggs, voir <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?page_id=289">cette référence</a> en son point III) de se doter des indicateurs qui permettront de jauger l&rsquo;atteinte de ces objectifs par les apprenants, bref de se donner les moyens d&rsquo;évaluer cette atteinte. Tout ceci me fait penser à la citation de Mager (un pionnier de la théorie des objectifs pédagogiques) : <em>Si vous n&rsquo;êtes pas certain d&rsquo;où vous voulez aller, vous risquez de vous retrouver ailleurs</em>. J&rsquo;avais d&rsquo;ailleurs ajouté &laquo;&nbsp;vous risquez de vous retrouver ailleurs &#8230; et de ne pas le savoir&nbsp;&raquo;. Richard Prégent, un auteur très connu en pédagogie, concluait sur un point relatif à l&rsquo;efficacité des méthodes qu&rsquo;aucune méthode n&rsquo;est, en soi, meilleure qu&rsquo;une autre. Tout dépend des objectifs que vous vous donnez ou mieux que vous donnez comme buts à vos élèves ou étudiants.</p>
<p>Pour beaucoup, ces propos, sur la cohérence à rechercher entre Objectifs, Méthodes et Évaluation relèvent de l&rsquo;évidence. Et pourtant ! Voici un exemple &#8211; souvent cité, indûment selon nous, à l&rsquo;encontre des méthodes dites actives &#8211; relatif aux travaux de Hattie (dans son livre <em>Visible Learning, </em>voir <a href="http://people.oregonstate.edu/~flayb/MY%20COURSES/H676%20Meta-Analysis%20Fall2016/Examples%20of%20SRs%20&amp;%20MAs%20of%20interventions/Hattie2000%20Synthesis%20of%20over%20800%20meta-analyses%20relating%20to%20achievement%20-%20first%2029%20pages.pdf">cette référence</a> pour une synthèse). Il mena des recherches sur (aujourd&rsquo;hui)  plus de 1400 méta-analyses qui résument plus que 80000 études particulières sur différents types de méthodes pédagogiques. On dit même que, en tout, 300 millions d’élèves &laquo;&nbsp;en âge d&rsquo;école&nbsp;&raquo; (les K-12 entre 6 et 18 ans) ont été concernés par ces recherches sur la réussite et l’apprentissage. La figure ci-dessous (tirée de <a href="http://www.cambridgeinternational.org/images/271174-active-learning.pdf">cette référence</a>) résume les résultats de son travail.</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2018/07/Capture-d’écran-2018-07-11-à-11.49.06.png"><img class="aligncenter wp-image-885 " src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2018/07/Capture-d’écran-2018-07-11-à-11.49.06.png" alt="Capture d’écran 2018-07-11 à 11.49.06" width="880" height="320" /></a></p>
<p><strong>Tout d&rsquo;abord, on le voit, les différentes méthodes sont classées en deux colonnes</strong> :</p>
<ul>
<li>celle de gauche avec <strong>un rôle central de l&rsquo;enseignant</strong> qui agit comme un activateur en forte interaction avec les apprenants (à ne pas confondre avec un enseignement frontal ou expositif) et</li>
<li>celle de droite où <strong>l&rsquo;apprentissage est laissé dans une certaine autonomie guidée à l&rsquo;apprenant</strong> et où l&rsquo;enseignent agit comme facilitateur (apprentissage par découverte, par résolution de problèmes  &#8230;) .</li>
</ul>
<p>Par exemple, à gauche,  le &laquo;&nbsp;Reciprocal teaching&nbsp;&raquo; est un enseignement dans lequel la signification (d&rsquo;un texte par exemple) est construite au travers d&rsquo;un dialogue serré entre l&rsquo;enseignant et les étudiants. Le &laquo;&nbsp;Direct instruction&nbsp;&raquo; (trop souvent traduit par une certaine forme d&rsquo;enseignement magistral) consiste en une méthode où les connaissances à transmettre sont découpées en &laquo;&nbsp;grains&nbsp;&raquo; suffisamment petits pour être accessibles aux élèves en interaction forte avec l&rsquo;enseignant ou d&rsquo;autres élèves en groupe. On passe ainsi du plus simple au plus complexe dans des étapes soigneusement scénarisées. On y souligne l&rsquo;importance des interactions et des feedbacks dans une sorte d&rsquo;échafaudage constructif. A droite, on retrouve l&rsquo;enseignement sur la base de différentes situations de recherche (inquiry-based) ou de problèmes (problem-based) avec une autonomie plus grande des élèves dans la construction des savoirs.</p>
<p>Le paramètre &laquo;&nbsp;d&nbsp;&raquo; représente le gain entre la méthode considérée et un échantillon aléatoire (la méthode de référence). Un gain (un effet) de 1 unité représente un décalage vers le haut d&rsquo;environ un écart-type (dans son livre, Hattie fait l&rsquo;analogie, considérant la distribution de la taille des humains, entre une personne de 1, 60 m et une autre de 1, 83, c&rsquo;est visible ; un effet de 0,29 différencierait une personne de 1,80 m d&rsquo;une autre de 1, 82 m) . Un gain de 0,4 représente un gain typique (moyen) correspondant à une année d&rsquo;étude &laquo;&nbsp;classique&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Nulle critique donc dans ces travaux des méthodes actives ou interactives : nous y lisons plutôt l&rsquo;importance mise sur la guidance de l&rsquo;enseignant (activateur) et une critique d&rsquo;un constructivisme &laquo;&nbsp;radical&nbsp;&raquo; dans lequel l&rsquo;apprentissage serait mis dans les seules mains de l&rsquo;apprenant.</p>
<p>Ceci dit, intéressons-nous à ce qui est mesuré (sur quoi portent les tests, objets des comparaisons effectuées) dans cette ample recherche : dans les comparaisons effectuées, on compare les résultats à des tests standardisés (dans différentes disciplines) passés par les élèves ayant travaillé dans la méthode considérée aux résultats obtenus par d&rsquo;autres élèves dans la méthode de référence. Ces tests portent sur des niveaux cognitifs de l&rsquo;ordre de la mémorisation, de la compréhension ou encore de l&rsquo;application (des objectifs dont l&rsquo;évaluation est de nature quantitative et accessible à des tests standardisés). Pour ces compétences-là et celles-là seulement, il n&rsquo;est pas étonnant d&rsquo;observer que la méthode de &laquo;&nbsp;direct instruction&nbsp;&raquo; (basée sur des feedbacks et des interactions fortes avec l&rsquo;enseignant) donne des résultats supérieurs à une méthode du type &laquo;&nbsp;Problem-based learning&nbsp;&raquo; (davantage orientée vers la prise d&rsquo;autonomie des élèves ou alors vers des compétences transversales dont la mesure du développement est hors de portée le plus souvent de tests quantitatifs).</p>
<p>On peut aussi considérer que les méthodes dans la colonne de droite, sans donner des résultats spectaculaires &#8211; des différences significatives &#8211; en termes de connaissances ou d&rsquo;application de ces dernières, restent dans &laquo;&nbsp;la moyenne&nbsp;&raquo; : s&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;effet positif (pour les compétences de mémorisation, de compréhension ou encore d&rsquo;application), il n&rsquo;y pas de perte non plus. Une méthode comme l&rsquo;apprentissage par problèmes ou l&rsquo;apprentissage par recherche vise des compétences plus larges (transversales) en particulier, l&rsquo;analyse, le sens critique, l&rsquo;évaluation, la créativité ou encore la recherche et la validation d&rsquo;informations le plus souvent hors de portée de tests standardisés. Encore une fois, difficile de classer des méthodes sans y associer les objectifs poursuivis. C&rsquo;est une question de validité du test.</p>
<p><strong>C&rsquo;est un constat auquel je suis de maintes fois arrivé dans le domaine des &laquo;&nbsp;effets des technologies et du numérique sur l&rsquo;apprentissage&nbsp;&raquo;</strong>. Typiquement, on y compare un groupe d&rsquo;élèves avec TICs et un groupe sans TIC, on prend la précaution de faire un prétest (identique pour les deux groupes) avant l&rsquo;expérimentation et un posttest après l&rsquo;expérimentation. On en déduit alors le gain entre les deux groupes. On conclut bien souvent par des résultats mitigés voire un NSD (<strong>No Significant Difference</strong>, pas de différence significative). Il n&rsquo;y a ni gain ni perte sur les connaissances et compétences cognitives. Les auteurs concluent souvent sur des effets ailleurs, hors de portée des évaluations classiques, probablement sur des compétences de haut niveau (analyse, synthèse, créativité &#8230;) ou des compétences transversales (chercher et valider l&rsquo;information, exercer son esprit critique, travailler en équipe, évaluer les productions de pairs &#8230;). Le lecteur intéressé par mes analyses ira voir <a href="http://sticef.univ-lemans.fr/num/vol2011/03r-lebrun-tice/sticef_2011_lebrun_03r.htm">cet article</a> (que j&rsquo;ai écrit en 2010) portant sur les effets des technologies et du numérique.</p>
<p><strong>En voici un extrait particulièrement ciblé sur notre problématique</strong> :</p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>Les recherches les plus fréquentes, souvent construites sur une comparaison « avec et sans technologie » et axées sur les effets en termes de « réussite » des apprenants dans un contexte limité (par exemple : une institution donnée, un outil particulier, une discipline spécifique) ont la plupart du temps été marquées par un no significant difference, un phénomène amplement relevé dans la littérature <span class="indexbiblio"><a href="http://sticef.univ-lemans.fr/num/vol2011/03r-lebrun-tice/sticef_2011_lebrun_03r.htm#(Russell, 2009)">(Russell, 2009)</a></span>. Remarquons que ces effets en demi-teinte peuvent être étendus à des recherches « avec telle ou telle méthode pédagogique comparée à l’enseignement dit traditionnel ». Les méta-recherches pionnières de Kulik et al. allaient également déjà dans ce sens, les légères différences observées entre les dispositifs étant bien souvent entachées de variance importante ou alors noyées dans un bruit de fond lié à la variété des disciplines, aux différentes méthodes pédagogiques encadrant les outils, ainsi qu&rsquo;aux modalités d&rsquo;évaluations des apprentissages réalisés <span class="indexbiblio"><a href="http://sticef.univ-lemans.fr/num/vol2011/03r-lebrun-tice/sticef_2011_lebrun_03r.htm#(Kulik et al., 1980)">(Kulik et al., 1980)</a></span>. Environ vingt ans plus tard, Morgan dans son analyse des effets des LMS (Learning Management System) parle de pédagogies accidentelles pour les qualifier <span class="indexbiblio"><a href="http://sticef.univ-lemans.fr/num/vol2011/03r-lebrun-tice/sticef_2011_lebrun_03r.htm#(Morgan, 2003)">(Morgan, 2003)</a></span>.</em></p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong><em>Les causes les plus probables de ces résultats peu probants et peu décisifs, en termes de stratégie institutionnelle, par exemple, sont selon nous :</em></strong></p>
<p style="padding-left: 30px;"><em><tt>- </tt>soit que le véhicule technologique n’implique pas nécessairement une refonte des ressources ou de la pédagogie utilisée (le dispositif pédagogique) &#8230; pas plus que le camion qui amène les victuailles au supermarché n’améliore la nutrition d’une communauté <span class="indexbiblio"><a href="http://sticef.univ-lemans.fr/num/vol2011/03r-lebrun-tice/sticef_2011_lebrun_03r.htm#(Clark, 1983)">(Clark, 1983)</a></span>,</em></p>
<p style="padding-left: 30px;"><em><tt>- </tt>soit que les objectifs, les méthodes et les évaluations se modifiant par les usages « bien pensés » des TIC (les Technologies de l’Information et de la Communication), la comparaison avec des approches plus traditionnelles est rendue difficile ou caduque,</em></p>
<p style="padding-left: 30px;"><em><tt>- </tt>soit encore que les effets recherchés (en termes de compétences ou de savoir-être) restent hors de portée des évaluations certificatives encore largement basées sur des compétences de bas niveau comme la restitution ou l’application <span class="indexbiblio"><a href="http://sticef.univ-lemans.fr/num/vol2011/03r-lebrun-tice/sticef_2011_lebrun_03r.htm#(Bloom, 1956)">(Bloom, 1956)</a></span>.</em></p>
<h2></h2>
<h2>3. Les classes inversées, quels effets ?</h2>
<p>Contrairement à ce qu&rsquo;une lecture du fameux mais pervers &laquo;&nbsp;Les leçons à la maison, les devoirs en classe&nbsp;&raquo; (le slogan initial de la classe inversée en 2007-2008 : <em>Lectures at home and Homework in class</em>) pourrait laisser entendre, il s&rsquo;agit bien dans le chef des promoteurs de la méthode et des praticiens qui s&rsquo;y engagent de REDONNER DU SENS A LA PRESENCE, de mieux accompagner (que ce soit comme activateur ou comme facilitateur) l&rsquo;élève dans son apprentissage, de tenir compte des niveaux et des difficultés des uns et des autres, des styles d&rsquo;apprentissage &#8230; bref, d&rsquo;être davantage en mesure de différentier les apprentissages. Il s&rsquo;agit donc bien de mettre en place davantage de méthodes actives et interactives en classe en externalisant certains éléments relatifs à la pure transmission de savoirs (que ce soit à la maison, en classe dans des groupes d&rsquo;élèves travaillant ces savoirs en ilots, dans des lieux spécialement équipés dans l&rsquo;école elle-même). L&rsquo;activité en classe est donc centrale (souvenons-nous du pôle &laquo;&nbsp;activation&nbsp;&raquo; de Hattie) et non pas le fait que les savoirs soient transmis par des textes ou des vidéos, c&rsquo;est de l&rsquo;histoire ancienne. Nous allons passer en revue quelques articles récents sur la mesure des effets de la classe inversée (le plus souvent ou des classes inversées parfois). Les titres originaux de nos sources sont donnée ci-dessous en <strong><span style="color: #0000ff;">intertitres bleus</span></strong>. Nous commençons d&rsquo;abord par des articles sur les méthodes actives, une catégorie large qui contient la ou les classe(s) inversée(s).</p>
<h5 id="page-title" class="highwire-cite-title"><span style="color: #0000ff;">Active learning increases student performance in science, engineering, and mathematics</span></h5>
<p>Chez des étudiants de premier cycle (<em>undergraduate students</em>) de différentes disciplines, les <a href="http://www.pnas.org/content/111/23/8410">recherches de Freeman et al.</a> (2014) démontraient par une méta-analyse (255 études) que l&rsquo;effet majeur de ces méthodes (par rapport à d&rsquo;autres plus traditionnelles, frontales, expositives &#8230; des <em><strong>lectures</strong></em> au sens anglo-saxon) était <strong>une augmentation des résultats</strong> moyens des élèves (environ 0,5 écart-type) et <strong>une réduction du taux d&rsquo;échec</strong> des élèves [PNAS, <em>Proceedings of the National Academy of Sciences</em>, 2014, 111 (23)]. La figure ci-dessous, tirée de cet article, illustre notre propos (partie A, l&rsquo;augmentation des scores lors des évaluations (l&rsquo;indice <em>Hedges&rsquo;s g</em> est proche du &laquo;&nbsp;d&nbsp;&raquo; de Hattie et une variation moyenne de 0,5 &#8230; ce n&rsquo;est pas si mal) ; partie B, la réduction des taux d&rsquo;échec) :</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2018/07/Freeman.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-886" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2018/07/Freeman.jpg" alt="Freeman" width="612" height="404" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<h5 class="Head"><span class="title-text" style="color: #0000ff;">Toward a set of design principles for mathematics flipped classrooms: A synthesis of research in mathematics education</span></h5>
<p>Chez des étudiants de K-12 (équivalent du primaire et du secondaire chez nous), <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1747938X17300295">des recherches de Chung Kwan Lo</a> (2017) se basent sur une méta-analyse d&rsquo;études comparant un enseignement en classes inversées à un enseignement traditionnel (<em>lectures</em> en anglais, des exposés) et ceci en mathématiques [<em>Educational Research Review</em>, 2017, 22, pp 50-73]. La figure résume les résultats en montrant un avantage certain aux classes inversées.</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2018/07/Chung-Lo.png"><img class="aligncenter  wp-image-887" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2018/07/Chung-Lo.png" alt="Chung Lo" width="857" height="519" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Les auteurs de cette étude dégagent aussi (dans un autre article ci-dessous) des aspects plus qualitatifs de leurs analyses (nous les citons ici car nous pensons, qu&rsquo;au-delà de l&rsquo;intérêt objectif des chiffres, des recherches &laquo;&nbsp;meta&nbsp;&raquo; et qualitatives devraient aussi être faites). Les classes inversées apporteraient des avantages sur les points suivant : (1) un accroissement du<strong> temps d&rsquo;activité</strong> (time on tas) et de <strong>l&rsquo;application</strong>, (2) intégration de <strong>nouvelles connaissances modifiant les préconceptions</strong> et (3) la possibilité de <strong>recevoir des feedbacks &laquo;&nbsp;en temps réel&nbsp;&raquo;</strong> (sans attendre que les enseignants aient corrigé les copies).</p>
<h5 class="ArticleTitle" lang="en"><span style="color: #0000ff;">A critical review of flipped classroom challenges in K-12 education: possible solutions and recommendations for future research</span></h5>
<p>Dans <a href="https://telrp.springeropen.com/articles/10.1186/s41039-016-0044-2">un autre article </a>toujours de 2017, les auteurs du précédent retirent différents constats (des défis) et des perspectives de solutions relatives au design (scénario, méthodologie &#8230;) des classes inversées [<span class="JournalTitle"><em>Research and Practice in Technology Enhanced Learning</em>, 2017, 12:4]</span>. Il s&rsquo;agit ici d&rsquo;un article basé sur 936 articles (soumis à des revues et évalués par les pairs)  sur l&rsquo;enseignement (général cette fois) en K-12. Le schéma ci-dessous présente les différentes phases et activités &laquo;&nbsp;en classes inversées&nbsp;&raquo; trouvées dans les articles (on remarquera la prédominance du Type 1 somme toute classique, La classe inversée mais aussi d&rsquo;éléments du Type 2 comme les présentations par les étudiants).</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2018/07/schéma-claases-inversées.gif"><img class="aligncenter  wp-image-888" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2018/07/schéma-claases-inversées.gif" alt="schéma claases inversées" width="608" height="367" /></a></p>
<p>Les auteurs en retirent différents défis pour les étudiants, les enseignants et aussi au niveau institutionnel. De là, ils proposent différentes recommandations que nous synthétisons ici :</p>
<p><strong>Envers les étudiants :</strong></p>
<ol>
<li>Expliciter les attentes et expliquer la façon de travailler (le dispositif) aux élèves (l&rsquo;explicitation des consignes, de attentes, des critères &#8230; est une clé de la motivation)</li>
<li>Préparer les élèves à la façon d’apprendre en « mode inversé » (commencer progressivement avec des vidéos ou des textes en classe)</li>
<li>Concevoir finement les productions vidéos (par exemple <a href="http://www.digitaledidactiek.be/modules/2-ontwerp/theorie/mayer/mayers-ontwerpprincipes-van-multimedialeren/?lang=fr">les principes de conception de Mayer</a>, théories cognitives du multimedia)</li>
<li>Délimiter le temps de travail en autonomie (en enseignement supérieur, max 20 min)</li>
<li>Associer une plateforme (<a href="https://www.claroline.net">Claroline Connect</a> par exemple) pour les interactions en dehors de la classe (soutenir les élèves même à distance ou en autonomie).</li>
</ol>
<p><strong>Envers les enseignants :</strong></p>
<ol>
<li>Continuer à se former « aux classes inversées » : échanger, mutualiser, évaluer … avec les autres</li>
<li>Préparer le matériel (les ressources, les outils …) progressivement … envisager d’exploiter des ressources tierces (cfr 1).</li>
</ol>
<p>&nbsp;</p>
<p>Au terme de ce billet relatif principalement à l&rsquo;efficacité des classes inversées en ce qui concerne les résultats des élèves, nous souhaitons répondre même partiellement à la question suivante : à qui profitent les effets observés ? Est-ce un décalage moyen relatif à l&rsquo;ensemble de la classe (un décalage global), est-ce que ce sont &laquo;&nbsp;les plus forts&nbsp;&raquo; qui en profitent le mieux ou alors &laquo;&nbsp;les plus faibles&nbsp;&raquo; ? Quelques recherches répondent à ces questions. En général, lors d&rsquo;un pré-test ou en fonction de résultats antérieurs, les élèves sont classés selon leurs performances (souvenons-nous le plus souvent sur la base de questionnaires de connaissances ou d&rsquo;applications) en &laquo;&nbsp;faible&nbsp;&raquo; (low), en &laquo;&nbsp;moyen&nbsp;&raquo; (médium) et &laquo;&nbsp;fort&nbsp;&raquo; (high). Les effets (les différences entre le test initial et final après expérimentation) sont alors catégorisés selon ces trois populations.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h5 class="Head"><span class="title-text" style="color: #0000ff;">Investigating the impact of Flipped Classroom on students&rsquo; learning experiences: A Self-Determination Theory approach</span></h5>
<p>Dans cette première recherche de Stylianos et al. (2018)  située pour des élèves K-12, ici des 14-16 ans), 3 cours (studies) ont été observés : un cours de <strong>technologies (TIC)</strong> avec des élèves de 14 ans (Study#1), un <strong>cours d&rsquo;algèbre</strong> avec des élèves de 16 ans (Study#2) et un <strong>cours de sciences humaines et socio-économie</strong> (<em>humanities</em>) avec des élèves de 14 ans (Study#3) [<em>Computers in Human Behavior</em>, 2018, 78]. Cette intéressante recherche, menée conjointement par des enseignants et des chercheurs,  portait à la fois sur des éléments cognitifs (les acquis d&rsquo;apprentissage, <em>learning outcomes</em>, savoirs et compétences) mais aussi sur des éléments relatifs à la motivation, à l&rsquo;autodétermination &#8230; nous y reviendrons dans le prochain billet.</p>
<p>Suite à un pré-test, les élèves ont été classés en 3 groupes (Low,  Medium et High) à la fois pour le groupe contrôle et le groupe expérimental (classes inversées). La figure ci-dessous présente les gains pour les 3 catégories d&rsquo;élèves dans les trois études :</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2018/07/Test-FC.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-889" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2018/07/Test-FC.jpg" alt="Test FC" width="660" height="396" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&rsquo;étude montre que si tous les étudiants bénéficient de l&rsquo;approche en classes inversées, <strong>les plus forts gains relatifs sont ceux des élèves de la catégorie des élèves les plus faibles</strong>. Plusieurs hypothèses se côtoient actuellement : soit les élèves les plus forts, ceux qui ont le mieux intégrés &laquo;&nbsp;la coutume scolaire&nbsp;&raquo; sont davantage déstabilisés par cette méthode plus ouverte, plus autonome ; soit les élèves les plus forts sont relativement non-dépendants de la méthode proposée ; à l&rsquo;inverse les élèves les plus faibles, peu enclins à adopter les routines de l&rsquo;école ou alors avides d&rsquo;exercer des compétences d&rsquo;un autre ordre (par exemple, les créatifs que l&rsquo;école pénalise comme dirait Ken Robinson) trouvent dans la classe inversée une sorte d&rsquo;exutoire ; soit &#8230; Il serait donc injustifié voire fallacieux de croire que ces méthodes interactives et interactives seraient défavorables aux élèves les plus faibles.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h5><span class="title" style="color: #0000ff;">La pédagogie inversée : recherche sur la pratique de la classe inversée au lycée</span></h5>
<p>Terminons par<a href="http://sticef.univ-lemans.fr/num/vol2014/23r-faillet/sticef_2014_faillet_23r.htm"> une dernière étude </a>réalisée cette fois en francophonie pour des élèves de Lycée. Vincent Faillet (2014) montre  &laquo;&nbsp;que les élèves de bon niveau en sciences dans le système de classe traditionnelle sont globalement moins performants en classe inversée alors que les élèves de niveau plus faible dans la classe traditionnelle sont plus performants dans le système de classe inversée. Cette inversion de la performance est à rapprocher avec une adaptation des élèves de bon niveau au système traditionnel et une tendance à travailler plus pour les élèves de moins bon niveau lorsqu’ils sont dans un système de classe inversée&nbsp;&raquo; [<em>STICEF</em>, 2014, 21].</p>
<p>L&rsquo;étude &laquo;&nbsp;concerne deux classes de première scientifique (n1=28 et n2=30) qui ont été suivies sur une année scolaire dans un lycée parisien. Pour ces deux classes, le cours de sciences physiques et chimiques1 a été conduit soit en enseignement traditionnel (leçon en classe et exercices d’application hors du temps scolaire) soit en enseignement inversé (leçon hors du temps scolaire et exercices d’application en classe). Ainsi, sur un total de quinze chapitres traités dans le programme, huit ont été abordés dans le cadre d’un enseignement traditionnel et sept dans le cadre d’un enseignement inversé&nbsp;&raquo;. En s&rsquo;appuyant sur les différents tests réalisés tout au long de l&rsquo;année (relatifs à la matière vue en mode inversé ou en mode traditionnel selon les chapitres), un indice de performance a été calculé : il s&rsquo;agit de la différence algébrique entre la moyenne classe inversée et la moyenne académique. Plus l’indice de performance est élevé, plus l’impact de la classe inversée sur la moyenne est bénéfique. La figure ci-dessous illustre les résultats (indices de performance) obtenus par chaque élève pour l&rsquo;une des classes (la classe 2 où l&rsquo;effet de la classe inversée est le plus fort) :</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2018/07/sticef_2014_faillet_23rp03.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-890" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2018/07/sticef_2014_faillet_23rp03.jpg" alt="sticef_2014_faillet_23rp03" width="901" height="536" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>On remarque que ce sont les élèves de niveau faible (C et D) qui sont majoritairement performants en classe inversée (indice de performance positif). Tous les élèves qui sont moins performants (indice de performance négatif) se révèlent être de bon niveau académique (A+, A voire B).</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2>4. Quelques mots de conclusion &#8230; en attendant d&rsquo;autre recherches</h2>
<p>(1) Selon nous (et bien d&rsquo;autres chercheurs antérieurs), il n&rsquo;est pas possible de comparer des méthodes entre elles sans considérer les objectifs (et les modes d&rsquo;évaluation de leur atteinte). Si une méthode vise à développer l&rsquo;esprit critique, c&rsquo;est sur ce point (aussi) que doivent porter les évaluations (ce qui ne veut pas dire qu&rsquo;il faut éclipser l&rsquo;atteinte d&rsquo;autres objectifs de type mémoriser, appliquer &#8230;)</p>
<p>(2) Il ne faut pas conclure trop vite que des méta-analyses portant sur la comparaison de différentes méthodes via des observables comme l&rsquo;acquisition de connaissances et leur application (les résultats) peuvent être généralisées à d&rsquo;autres compétences de haut niveau (selon Bloom) ou à des compétences transversales.</p>
<p>(3) Même si ces analyses montrent que des méthodes comme les projets ou les situations problèmes sont moins bien classées (par rapport à ces tests toujours), cela ne veut pas dire qu&rsquo;elles ne sont pas performantes pour d&rsquo;autres compétences. C&rsquo;est un appel aux Sciences de l&rsquo;éducation et aux praticiens pour le développement d&rsquo;instruments de mesure de ces compétences que les anglo-saxons appellent parfois &laquo;&nbsp;floues&nbsp;&raquo; (<em>Fuzzy compétences</em>).</p>
<p>(4) La ou les classes inversées poursuivent un vaste panel de compétences qui dépassent le bas niveau selon Bloom. Les recherches montrent que les résultats des élèves sont meilleurs en particulier pour les élèves les plus faibles (différenciation et variété des approches expliquent cela). Des effets sont attendus &laquo;&nbsp;ailleurs&nbsp;&raquo; là où se nichent les compétences transversales de plus en plus reconnues comme impératives pour survivre, vivre et continuer à se développer dans la Société en mutation qui se prépare. Mesurons-les.</p>
<p>(5) La plupart des recherches citées ici portent sur le modèle originel de La classe inversée (que nous avons appelé Type 1). Il serait intéressant d&rsquo;étendre le panel par d&rsquo;autres recherches sur des dispositifs de Type 2 ou de Type 3 (voir <a href="http://revueeducationformation.be/index.php?revue=25&amp;page=3">la typologie que j&rsquo;ai proposée</a>) qui accentuent encore davantage les compétences de plus haut niveau ou les compétences transversales. Nous pensons sans exclusive (le <a href="https://clic2018.sciencesconf.org">Congrès CLIC 2018</a> nous en a donné une foule d&rsquo;exemples) aux dispositifs mis en place par <a href="http://tablettes-coursdefrancais.eklablog.com/accueil-c20969231">Marie Soulié</a> (les tâches complexes),  <a href="http://blogs17.ac-poitiers.fr/miniflip/">Soledad Garnier</a> (les miniflips et les professeurs de 10 ans), <a href="http://blog.educpros.fr/jean-charles-cailliez/2018/07/09/la-classe-renversee-au-lycee/">Christelle Caucheteux</a> (la classe renversée au Lycée) &#8230; et tant d&rsquo;autres.</p>
<p>(6) Et finalement, les méta-analyses que j&rsquo;ai passées en revue montrent de grandes fluctuations (comme celles de Chung Kwan Lo de 2017 dans une des figures ci-dessus &#8211; celle dénommée Fig. 5 dans leur article) : les gains, selon les études vont de 0 à 1. Peut-on dès lors répondre à la question des effets de la classe inversée sauf à effectuer une &laquo;&nbsp;misérable&nbsp;&raquo; moyenne ? Chaque classe est différente d&rsquo;une année à l&rsquo;autre, même avec un même enseignant. Alors, d&rsquo;une ville ou d&rsquo;une région à l&rsquo;autre ! Je dis souvent &laquo;&nbsp;les étudiants ne sont pas des particules élémentaires&nbsp;&raquo; (et les classes n&rsquo;en sont pas &laquo;&nbsp;des familles&nbsp;&raquo;) et je me demande pourquoi les Sciences de l&rsquo;éducation tiennent tellement à adopter des paradigmes quantitatifs inspirés des sciences exactes &#8230; du 18ème siècle. Je prône davantage des études longitudinales et transversales mais d&rsquo;ordre qualitatif (comme celle des mêmes auteurs présentées après la figure) en examinant &laquo;&nbsp;ce qui se passe en classe&nbsp;&raquo; &#8230; et tant pis pour ceux qui veulent des chiffres (mais j&rsquo;en ai quand même donné quelques-uns).</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>Vous avez aimé ce billet ? Vous avez des commentaires, des ajouts, des bémols &#8230; Merci de les écrire ci-dessous ou encore de les faire connaître sur Twitter (@mlebrun2). Vous souhaitez utiliser certains éléments de ce travail. Servez-vous mais citez vos sources. Grand merci.</strong></span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong> </strong></span></p>
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		<title>Les classes inversées &#8230; paysage ouvert et visite guidée</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Oct 2017 12:24:51 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Apprendre]]></category>
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		<description><![CDATA[Il est de prime importance, selon nous, de faire les distinctions nécessaires entre les différentes façons de "faire la classe inversée". Sans ce passage par la catégorisation, sans identifier les stratégies variées cachées derrière le concept (le slogan), comment discerner les effets tout aussi différenciés qui nous sont relatés dans la littérature scientifique, dans les blogs, dans les articles de presse ? [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Une analyse des pratiques des enseignants autour du concept de la ou des classe(s) inversée(s) permet de mettre en évidence deux grands types (en terme d’analyse des composantes) ou encore deux dimensions permettant de structurer un vaste paysage au départ des informations recoltées auprès des praticiens interrogés. Notre prochain billet sera consacré à ces recherches empiriques.</p>
<p>On peut d’emblée tracer un continuum entre des pratiques plutôt « centrées sur l&rsquo;enseignant » (même virtualisées par le truchement de vidéos) et d&rsquo;autres davantage « centrées sur l&rsquo;apprenant », ce dernier considéré alors comme acteur et auteur de ses apprentissages. Comme on le sait, il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;exacerber des positions contradictoires (deux dimensions à nouveau qui sous-tendent un vaste champ de pratiques) en apparence <a href="http://www.pedagogie-medicale.org/articles/pmed/pdf/2002/03/pmed20023p145.pdf">mais de les réconcilier</a> dans les pratiques de l&rsquo;enseigner-apprendre. On trouve ainsi aux extrémités de ce continuum (de cette variété de possibles plutôt à combiner donc qu’à considérer en tension) :</p>
<ul>
<li>de la vidéo, un média emblématique mais non rédhibitoire, à regarder avant la classe proprement dite pour, intentionnellement, consacrer plus de temps et développer davantage d&rsquo;activités et d&rsquo;interactivités pendant celle-ci (la classe inversée proprement dite, originelle)</li>
<li>des dispositifs construits par les élèves eux-mêmes dans lesquels ils deviennent à la fois « didacticiens » des savoirs récoltés sur Internet et ingénieurs pédagogiques des interactivités qu&rsquo;ils ont préparées à l&rsquo;intention de leurs collègues (avec, à la limite, une pratique en <em>do it yourself</em> appelée « <a href="http://blog.educpros.fr/jean-charles-cailliez/2015/09/18/la-classe-renversee-comment-ca-marche-une-interview-signee-idea/">Classes renversées</a> » par notre collègue Jean-Charles Cailliez).</li>
</ul>
<p><strong>Il est de prime importance, selon nous, de faire les distinctions nécessaires entre les différentes façons de &laquo;&nbsp;faire la classe inversée&nbsp;&raquo;.  Sans ce passage par la catégorisation, sans identifier les stratégies variées cachées derrière le concept (le slogan), comment discerner les effets tout aussi différenciés qui nous sont relatés dans la littérature scientifique, dans les blogs, dans les articles de presse ? Un document scientifique qui ne tiendrait pas compte de cette variété en analysant même finement &laquo;&nbsp;ce qui se passe&nbsp;&raquo; dans une classe donnée et parfaitement identifiée ne pourrait prétendre à la généralisation &#8230; du recul donc. Modestement, c&rsquo;est ce à quoi vous invite ce document et mon approche.</strong></p>
<p>En parlant deS classeS inverséeS, j&rsquo;ai souhaité modestement sortir d&rsquo;une certaine ornière conceptuelle dont les détracteurs de LA classe inversée (singulière, prospective, perçue parfois comme normative et souvent limitée à sa moindre facette : les vidéos à la maison, voir mon <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=868">document</a> sur ce Blog) font leurs choux gras. Pourtant <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=740">le concept initial &laquo;&nbsp;les leçons à la maison, les devoirs en classe&nbsp;&raquo; a été maintes fois remanié</a> &#8230; il en est ainsi de toute innovation : l&rsquo;idée initiale, souvent imparfaite, se transforme, s&rsquo;approprie, s&rsquo;élargit ici ou se restreint là-bas :</p>
<p><em>The design of flipped classrooms has often been limited to the concept of replacing in-class instruction with videos and using class time for homework. In contrast, we define the ‘flipped classroom’ as an <span style="color: #ff0000;"><strong>open approach</strong></span> that facilitates interaction between students and teachers, and differentiated learning (Bergmann et al., 2012; Keefe, 2007; Lage et al., 2000; Tomlinson, 2003) by means of flipping conventional events both inside and outside of the classroom and supporting them with digital technologies (Hughes, 2012). A notable pioneer of the flipped approach, Lage et al. (2000), <strong><span style="color: #ff0000;">did not limit “flipping” to lectures and homework</span></strong>. (Min Kyu Kim, So Mi Kim, Otto Khera, Joan Getman (2014). The experience of three flipped classrooms in an urban university: an exploration of design principles. The Internet and Higher Education, Volume 22, July 2014, Pages 37–50.)<br />
</em></p>
<p>C&rsquo;est peut-être pour cela que les auteurs du concept initial, Bergmann et Sams, parlent aujourd&rsquo;hui de <a href="https://flippedlearning.org/">Flipped Learning</a>, d&rsquo;apprentissage inversé et non plus tant de &laquo;&nbsp;classe inversée&nbsp;&raquo;.</p>
<h3></h3>
<h3>Différentes dimensions pour structurer le paysage des classes inversées</h3>
<p><a href="http://theconversation.com/profiles/marcel-lebrun-306432/articles">Nous avons maintes fois présenté le schéma ci-dessous</a> qui synthétise notre pensée (confirmée dans nos recherches &#8211; publiées dans <a href="http://revueeducationformation.be/include/download.php?idRevue=25&amp;idRes=268">Education&amp;Formation</a> ) construite au départ des descriptions que nous en ont faites les enseignants et formateurs « adeptes » ou utilisateurs occasionnels de cette pratique).</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Schéma-Parnasse-ISEI.001.jpeg"><img class="aligncenter  wp-image-793" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Schéma-Parnasse-ISEI.001.jpeg" alt="Schéma Parnasse ISEI.001" width="639" height="479" /></a><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Types.jpg"><br />
</a></p>
<p>Mentionnons quelques points d&rsquo;attention à l&rsquo;examen de cette figure :</p>
<ul>
<li>Les deux axes : <strong>l&rsquo;axe horizontal</strong> témoigne de l&rsquo;origine des savoirs transmis (présenté par l&rsquo;enseignant ou amené par les élèves) et du type de savoirs travaillés (savoirs formalisés ou savoirs pratiques) entre « monde des idées » et « monde de l&rsquo;expérience concrète ». <strong>L&rsquo;axe vertical</strong> témoigne davantage des différents rôles ou <a href="http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&amp;obj=livre&amp;no=49787">postures</a> tenus par les enseignants (Lavenier <em>et al.</em>, 2015) et par les élèves.</li>
<li>La localisation des activités : les activités menées en classe « en présence » et celles effectuées hors de la classe « à distance » dans une optique d&rsquo;<a href="http://prac-hysup.univ-lyon1.fr/">hybridation</a> (la recherche d&rsquo;informations pouvant, par exemple, se faire dans le centre de documentation à l&rsquo;école ou ailleurs). Le lecteur intéressé reverra <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=579">mon billet de Blog</a> sur &laquo;&nbsp;5 facettes pour construire un dispositif hybride : du concret !&nbsp;&raquo;</li>
<li>Les différents types : on y retrouve le <strong>Type 1</strong> celui de la classe inversée proposée initialement (de manière très caricaturale, les leçons à la maison, les devoirs en classe) et le <strong>Type 2</strong> dans lequel les activités à distance sont effectuées par les élèves eux-mêmes, de manière autonome ou en groupe, en prélude à l&rsquo;activité en classe. La représentation suggère que ces deux types sont fortement prototypiques (quelque peu extrêmes), <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=740">LES classes inversées</a> les réunissant dans des proportions diverses. Nous désignerons ce mélange par l&rsquo;étiquette <strong>Type 3</strong> dans lequel les deux précédents types en constituent à la fois les ingrédients et les dimensions.</li>
<li>Finalement, nous avons complété la figure par une stratégie de formation, les « classes renversées » dans laquelle les élèves ou les participants à la formation y contribuent maximalement à la fois au niveau des savoirs travaillés, des activités prévues y compris l’évaluation (pour les autres élèves par exemple) en assumant tout à la fois les rôles d&rsquo;enseignant et d&rsquo;apprenant (Cailliez, 2015, voir ci-dessus et une vidéo <a href="https://youtu.be/ni7DeV3iOQk">ici</a>).</li>
</ul>
<p>De manière plus pragmatique, nous pouvons alors imaginer que les différentes activités mentionnées le long des deux axes deviennent <strong>des événements d&rsquo;apprentissage</strong> à organiser au sein de différents scénarios. En voici un donné ici à titre d&rsquo;exemple (les numéros se réfèrent à la figure ci-dessus) :</p>
<p><strong>1</strong><strong> (Type 2, &laquo;&nbsp;distance&nbsp;&raquo;) </strong>: hors la classe <em>ou encore, en généralisant, en autonomie ou sans la supervision directe de l’enseignant ou encore dans un local (un learning space) réservé pour cela dans l’école même</em>, individuellement ou en groupe, analyser le problème proposé, faire émerger des questions, chercher les informations, instruire la thématique, ramener des éléments des contextes visités, les structurer quelque peu, préparer une petite présentation d’une manière originale … Les compétences visées seraient : recherche d’informations, validation, analyse, synthèse, créativité …</p>
<p><strong>2</strong><strong> (Type 2, présence)</strong> : présenter, en classe, les informations et ressources trouvées, identifier les différences et repérer les similitudes avec les propositions des autres élèves ou d&rsquo;autres groupes, vivre un « conflit » socio-cognitif, expliciter les préconceptions, faire émerger les questions, les hypothèses … Il ne s’agit pas uniquement de présenter un « PowerPoint » mais de préparer des activités pour les condisciples. Les compétences visées seraient : communication, animation, analyse, réflexivité, modélisation …</p>
<p><strong>3 </strong><strong>(Type 1, &laquo;&nbsp;distance&nbsp;&raquo;)</strong> : hors la classe selon le schéma initial (originel) des classes inversées <em>ou encore, en généralisant, en autonomie ou sans la supervision directe de l’enseignant ou encore dans un local (un learning space) réservé pour cela dans l’école même</em>, individuellement ou en groupe, prendre connaissance des théories, relever les éléments pertinents pour la thématique investiguée, préparer une synthèse, exercer le fonctionnement du modèle … Les compétences visées seraient : apprendre, faire des liens, mémoriser, se poser et préparer des questions, modéliser …</p>
<p><strong>4</strong><strong> (Type 1, présence)</strong> : en classe à nouveau, consolider les acquis, faire fonctionner le modèle ou la théorie en regard des thématiques investiguées, préparer le transfert par l’approche d’autres situations … Les compétences visées seraient : comprendre, appliquer, investiguer les limites, transférer à d’autres contextes …</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Une vision systémique des classes inversées</h3>
<p>Ce scénario illustratif trouve, dans le cycle de Kolb (1984) à propos de <a href="http://w2.uco.fr/~cbourles/OPTION/Theorie/Kolb/Kolb.htm">l&rsquo;apprentissage expérientiel</a>, des éléments qui à la fois le structurent et le consolident. La figure 2 présentent cette vision systémique des événements d&rsquo;apprentissage mobilisés dans les classes inversées. Nous avons également complété la figure avec <a href="http://www2.csmb.qc.ca/form01/es/F8/F8%20Document%20d'accompagnement%202009.doc">les trois constituants</a> de l&rsquo;enseignement stratégique selon Tardif (1992) :<strong> contextualisation</strong> (ancrer les apprentissages dans les contextes pour leur donner du sens), <strong>décontextualisation</strong> (formaliser et structurer les savoirs d&rsquo;expérience récoltés de manière à les rendre plus généralisables) et <strong>recontextualisation</strong> (appliquer ces savoirs formalisés dans d&rsquo;autres situations, le transfert). Encore une fois, pour en terminer avec ces dialogues de sourds entre présence et distance, dans la figure le mot « distance » peut signifier : hors la classe <em>ou encore, en généralisant, en autonomie ou sans la supervision directe de l’enseignant ou encore dans un local (un learning space) réservé pour cela dans l’école même</em>, individuellement ou en groupe … l’imagination au pouvoir !</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/02/Kolb-V2.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-866" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/02/Kolb-V2.jpg" alt="Kolb-V2" width="708" height="391" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Plusieurs auteurs ont déjà approché le concept des classes inversées de manière systémique, au départ de plusieurs théories de l&rsquo;apprentissage, sans cependant aboutir à une détermination de ce système au départ de différentes dimensions en interaction et sans en déterminer d&rsquo;éventuels effets différenciés. Mentionnons ainsi le cycle proposé par J. Gerstein (2011) sur son Blog <a href="https://usergeneratededucation.wordpress.com/2011/06/13/the-flipped-classroom-model-a-full-picture/"><em>User Generated Education</em></a> ; le cycle est construit sur différents types d&rsquo;activités soit pilotées par l&rsquo;enseignant (en début, par la sensibilisation au sujet et la partie conceptuelle) soit prises en charge par les élèves (ensuite, par des applications ou des activités de production et de transfert, de généralisation). Après des recherches, nous avons trouvé une filiation certaine entre ce modèle et le <a href="http://www.institut-repere.com/PEDAGOGIE-ET-FORMATION/institut-repere-base-documentaire-le-cycle-dapprentissage-et-le-4mat-5.html">modèle « 4-Mat »</a> (Format ?) de Bernice McCarthy (1987) qui l’associait (comme Kolb) à la mise en pratique ou à l’exercice de différents styles d’apprentissage (voir en annexe ci-dessous).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Gertein-cycle.png"><img class="aligncenter  wp-image-795" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Gertein-cycle.png" alt="Gertein cycle" width="529" height="394" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ou encore le modèle compréhensif proposé par <a href="http://www.uq.edu.au/teach/flipped-classroom/what-is-fc.html"><em>The University of Queensland</em> en Australie</a> qui propose un cycle inspiré du précédent, ainsi que de celui de Kolb et des <a href="http://blogs.northampton.ac.uk/learntech/2015/01/16/what-is-the-flipped-classroom/">démarches mises en place par Eric Mazur</a>, professeur de physique à Harvard (Mazur, 1997). Ces derniers proposent des scénarios (en fait fortement d’inspiration béhavioriste) qui démarrent (selon le principe originel de la Classe inversée) par une prise de connaissance (une première approche) de la théorie par les étudiants au moyen de différents médias (des textes, principalement des vidéos, d’autres ressources …). L’accent est mis alors, et à juste titre, sur l’activité en classe : elle commence par <strong>(1)</strong> des tests (des questionnaires) résolus interactivement pour assurer la bonne compréhension des concepts de base, <strong>(2)</strong> des questions ouvertes (des applications, des exercices) auxquels les étudiants sont invités à répondre (souvent à groupe), <strong>(3)</strong> des questions de recherche qu’ils travaillent ensemble (le fameux <em>peer instruction</em>, instruction par les pairs) et dont ils partagent (par exemple par de courtes présentations) les résultats négociés et finalement<strong> (4)</strong> un test récapitulatif sur les notions couvertes par la leçon, le module, le cours …</p>
<p>L<a href="https://cft.vanderbilt.edu/guides-sub-pages/flipping-the-classroom/">a définition de l&rsquo;université Vanderbilt </a>résume cette approche de la classe inversée (nous traduisons) : <em>Le concept de classe inversée décrit un renversement de l&rsquo;enseignement traditionnel. Les étudiants prennent connaissance de la matière en dehors de la classe, principalement au travers de lectures ou de vidéos. Le temps de la classe est alors consacré à un travail plus profond d&rsquo;assimilation des connaissances au travers de méthodes pédagogiques comme la résolution de problèmes, les discussions ou les débats.</em></p>
<p>La <a href="http://www.edtechmagazine.com/higher/article/2013/12/why-86-percent-unc-chapel-hill-students-prefer-flipped-classroom">figure ci-dessous</a> résume plusieurs points de cette approche qui démarre le plus souvent (point 1) par l&rsquo;étude souvent individuelle des contenus de cours, vidéos, textes &#8230; pour mieux se consacrer à l&rsquo;apprentissage lors de la rencontre avec l&rsquo;enseignant et les autres élèves (notre Type 1 principalement).</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Cycle-Mazur.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-796" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Cycle-Mazur.png" alt="Cycle Mazur" width="640" height="478" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Un cycle &#8230; à parcourir de différentes façons</h3>
<p>Remarquons cependant que, contrairement à notre approche plus inductive (contexte et sens d’abord, concepts et applications ensuite), les cycles ci-dessus démarrent le plus souvent par l&rsquo;approche des concepts d&rsquo;abord (<em>via</em> des vidéos, des textes, des médias enrichis), la recherche de sens ensuite (<em>via</em> des questionnaires ou des discussions en ligne …) pour finalement aboutir sur les applications (projets, problèmes, présentations …). Il s&rsquo;agit là peut-être d&rsquo;une différence à rechercher dans les paradigmes éducatifs qui sous-tendent l&rsquo;enseignement obligatoire (primaire, secondaire que nous étudions ici) et l&rsquo;enseignement supérieur (nous avons montré que le Type 2 était plus fréquent en fin du secondaire, sans doute aussi dans le supérieur, alors que le Type 1 était davantage pratiqué à l’école primaire). Aussi de variétés liées aux disciplines, le Type 1 étant davantage pratique en … mathématiques. C’est peut-être pour cela que la <em>Khan Academy</em> s’est principalement développée autour de cette discipline.</p>
<p>Mais on peut aller plus loin en observant qu’il s’agit peut-être aussi de marques culturelles qui orientent très fort, selon moi, d&rsquo;une part l’univers éducatif anglo-saxon et d&rsquo;autre part l’univers éducatif latin. On sait combien les grandes inventions technologiques (l’écrit, le livre, le numérique …) ont profondément changé notre culture. Dans mon raisonnement, je remonte à l’invention du livre : les « catholiques » (je généralise sans doute un peu) redoutaient cette innovation. Pour eux, il était impensable que &laquo;&nbsp;les gens&nbsp;&raquo; puissent accéder aux savoirs (toujours et depuis longtemps sacralisés) par eux-mêmes sans la « lecture » (le cours « ex cathedra ») et l’interprétation du prêtre, d’un clerc, d’un prof … Luther, dit-on, y voyait tout au contraire une occasion pour les individus d’accéder directement aux savoirs. Une fameuse intuition si on se transporte à l&rsquo;ère du numérique.</p>
<p>Nous résumons notre propos dans la figure ci-dessous (originale) dont le but est tout d’abord de montrer certaines tendances au niveau des types et des scénarios engendrés par le concept ou mieux, la stratégie, des classes inversées et d’illustrer surtout un grand principe pédagogique, selon nous, celui de la variété des approches pédagogiques dans des allers-retours ou mieux dans des cycles ou des scénarios entre contextes et concepts.</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Cycl-CI-V21.png"><img class="aligncenter  wp-image-799" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Cycl-CI-V21.png" alt="Cycl CI V2" width="512" height="513" /></a><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Cycl-CI-V2.png"><br />
</a></p>
<p>La figure ci-dessous comporte :</p>
<ul>
<li>Au centre, un schéma illustrant le Cycle de Kolb (<em>Experiential Learning</em>)</li>
<li>Le positionnement de nos deux types de classes inversées (Type 1 et Type 2), le Type 3 les intégrant dans un possible scénario pédagogique (une clé de voûte dans la stratégie des classes inversées) toujours à re-construire</li>
<li>Les styles d’apprentissages associés au cycle de Kolb : divergent, assimilateur, convergent, accommodateur (le lecteur intéressé en trouvera une description ci-dessous)</li>
<li>Le cycle (en brun sur la figure) en 4 étapes (que j’appelle parfois « événements d’apprentissage ») proposés ci-dessus et décrits plus amplement dans deux articles sur <a href="http://theconversation.com/profiles/marcel-lebrun-306432/articles">The Conversation</a>. Nous remarquons que ce cycle est « parallèle » à celui proposé par Tardif et aussi Mérieu : contextualisation, décontextualisation, recontextualisation (ce dernier point étant souvent associé à celui du transfert des apprentissages)</li>
</ul>
<p style="padding-left: 120px;">« Un apprentissage n’est libérateur que dans la mesure où ses acquis sont transférables » et d’autre part, il s’impose comme une exigence pédagogique, pour ouvrir de nouvelles perspectives d’apprentissage : « une connaissance n‘est véritablement appropriée que quand elle est devenue elle-même un outil pour en acquérir un autre. » (<em>Tardif, J., Le transfert des apprentissages, Chap 1)</em></p>
<ul>
<li>Un autre cycle (en violet) dont l’ancrage principal (le point de départ) réside dans l’appropriation des savoirs nécessaires par l’élève (apport de connaissances). Ce dernier cycle est proche de celui proposé par Adeline Colin (Conseillère pédagogique Châlons-Est) dans un <a href="http://animeduc.occe.coop/spip.php?page=presentation_revue&amp;id=256">dossier &laquo;&nbsp;Classe inversée&nbsp;&raquo;</a> de Animation &amp; Education (Janvier-février 2017, N° 256).</li>
</ul>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Collin.png"><img class="aligncenter  wp-image-798" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Collin.png" alt="Collin" width="707" height="414" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Nous voici au bout de ce billet. Il me semble clair actuellement que le concept (la stratégie) de la classe inversée s’est développée en une variété de pratiques, d’activités d’apprentissage (leS classeS inverséeS) qu’il convient à organiser dans un scénario, une organisation temporelle, orientée vers des objectifs précisés, négociés … ou en tout cas explicités aux élèves par l’enseignant. Parmi ces types, ces scénarios &#8230; faut-il alors choisir. Nous ne le pensons pas. Nous y voyons une synergie, une systémique entre différentes approches entre monde des idées (les concepts, les principes, les lois, les théories ..) et monde des expériences concrètes (les expériences, les pratiques, les perceptions, les intuitions, ce que nous avons d&rsquo;humain &#8230; les émotions aussi) qu&rsquo;il importera de scénariser, de cadencer au profit des apprentissages dans et pour un monde complexe.</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Parnasse-ISEI.001.jpeg"><img class="aligncenter  wp-image-800" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Parnasse-ISEI.001.jpeg" alt="Parnasse ISEI.001" width="642" height="481" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Alors vous, vous commencez où le cycle des classes inversées, vous amorcez comment votre cours ou votre leçon ? Vos commentaires sont les bienvenus et attendus.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h4>Annexe : Styles d’apprentissage impliqués dans le Cycle de Kolb :</h4>
<p>Les quatre étapes proposées (expérience concrète, observation réfléchie, conceptualisation abstraite et expérimentation active) suggèrent l’existence de quatre façons d’apprendre, de quatre façons d’aborder l’environnement : concret, réfléchi, abstrait et actif. A la jonction des étapes, on trouve donc les profils suivants :</p>
<ul>
<li>Le style divergent (concret-réfléchi) se caractérise par l’observation et l’interprétation de situations concrètes de différents points de vue. Se mettant volontiers à l’écoute des autres, « le divergent » aime dénicher les informations (qu’il préfère à l’action) et les catégoriser de différentes façons ainsi que faire fonctionner son imagination dans l’identification de divers problèmes ;</li>
<li>Le style assimilateur (réfléchi-abstrait) se caractérise par l’appropriation de nombreuses informations et leur intégration concise et logique. « L’assimilateur » préfère manipuler les idées et les concepts et une bonne explication logique lui paraît plus importante que l’application ;</li>
<li>Le style convergent (abstrait-actif) se caractérise par la recherche d’applications pratiques aux concepts et aux théories. « Le convergent » préfère les tâches techniques, la résolution de problèmes et s’écarte bien souvent des considérations sociales ou interpersonnelles ;</li>
<li>Le style accommodateur (concret-actif) se caractérise par la mise en œuvre d’expériences pratiques dans lesquelles il s’implique instinctivement et personnellement. « L’accommodateur » est un intuitif qui aime relever des défis, mettre la main à la pâte et qui s’en remet facilement à l’analyse ou au jugement des autres.</li>
</ul>
<p>Extrait de : <strong>Lebrun, M</strong>. (2005). <em>Théories et méthodes pédagogiques pour enseigner et apprendre : Quelle place pour les TIC dans l&rsquo;éducation ?</em>, Bruxelles, De Boeck, 206 p., (2<sup>ème</sup> éd. revue).</p>
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		<title>Classes inversées ? Et si c&#8217;était remettre &#171;&#160;l&#8217;école&#160;&#187; à l&#8217;endroit !</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Apr 2016 11:45:43 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Introduction
<p>Lors de conférences récentes, j&#8217;ai utilisé différents titres évoquant &#171;&#160;la mise à l&#8217;endroit de l&#8217;école&#160;&#187;. De quoi s&#8217;agit-il au-delà d&#8217;un intitulé qui se voulait interpellant voire légèrement provoquant ? On peut en juger par les titres de ces conférences :</p>
<p>&#8211; En avril 2015, à l&#8217;invitation du SU2IP (Service Universitaire d&#8217;Ingénierie et d&#8217;Innovation Pédagogique) de l&#8217;Université de Lorraine, j&#8217;utilisais [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #0000ff;">Introduction</span></h3>
<p>Lors de conférences récentes, j&rsquo;ai utilisé différents titres évoquant &laquo;&nbsp;la mise à l&rsquo;endroit de l&rsquo;école&nbsp;&raquo;. De quoi s&rsquo;agit-il au-delà d&rsquo;un intitulé qui se voulait interpellant voire légèrement provoquant ? On peut en juger par les titres de ces conférences :</p>
<p>&#8211; En avril 2015, à l&rsquo;invitation du <strong>SU2IP</strong> (Service Universitaire d&rsquo;Ingénierie et d&rsquo;Innovation Pédagogique) de l&rsquo;Université de Lorraine, j&rsquo;utilisais l&rsquo;intitulé : <a href="https://videos.univ-lorraine.fr/index.php?act=view&amp;id=2176">Les classes inversées : enseigner à l&rsquo;envers, apprendre à l&rsquo;endroit ou l&rsquo;inverse ?</a> Un peu d&rsquo;humour bien évidemment mais aussi un retour aux fondamentaux concernant l&rsquo;apprentissage, un concept selon moi applicable aux étudiants, au développement professionnel des enseignants et aussi aux institutions en quête d&rsquo;innovations pédagogiques, de formation et structurelles.</p>
<p>&#8211; En janvier 2016, lors des activités <strong>CLISE</strong> 2016 (Classes Inversées, la Semaine), je proposais lors du séminaire académique qui s&rsquo;est déroulé à l&rsquo;Atelier Canopé du Val-de-Marne le vendredi 29 janvier 2016, un titre &laquo;&nbsp;<a href="https://www.youtube.com/watch?v=48o3TX-CxyY">Classes inversées : Quoi ? Pourquoi ? Pour quoi ? Comment ? Enseigner et apprendre à l&rsquo;endroit</a>&laquo;&nbsp;. Au travers de considérations relatives à l&rsquo;alignement pédagogique des objectifs (les compétences), des méthodes (les méthodes pédagogiques dites actives) et des différentes formes d&rsquo;évaluation (dont l&rsquo;évaluation par les pairs) sans compter le tsunami du numérique, je tentais d&rsquo;explorer davantage et de poursuivre mes réflexions sur l&rsquo;école à l&rsquo;endroit.</p>
<p>&#8211; Un peu plus tard en mars 2016, lors des <strong>JIPN</strong> (Journées Innovations Pédagogiques Normandes) qui se sont tenues à Caen le 29 mars 2016, je creusais le sens des apprentissages dans une société numérique avec le titre : <a href="http://www.canal-u.tv/video/centre_d_enseignement_multimedia_universitaire_c_e_m_u/05_l_ecole_dans_une_societe_numerique_et_si_on_parlait_d_apprentissage_jipn_2016.21142">L&rsquo;école dans une société numérique ! Et si on parlait d&rsquo;apprentissage ?</a> L&rsquo;accent était mis sur les renversements nécessaires entre la posture du maître sur l&rsquo;estrade (J&rsquo;enseigne) et celle orientée vers la mise à disposition de l&rsquo;apprenant d&rsquo;environnements dans lesquels ce dernier pourra (pourrait) apprendre (apprennent-ils ?).</p>
<p>Entretemps, il y eut le livre, écrit avec ma collègue Julie Lecoq  du Louvain Learning Lab &laquo;&nbsp;Classes inversées : enseigner et apprendre à l&rsquo;endroit&nbsp;&raquo; aux <a href="https://www.reseau-canope.fr/notice/classes-inversees.html">éditions Canopé</a></p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2016/04/classes-inversees-V2.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-778" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2016/04/classes-inversees-V2.png" alt="classes inversees V2" width="429" height="285" /></a></p>
<p>Il est temps ici de préciser quelque peu ce que j&rsquo;entends par cette &laquo;&nbsp;école à l&rsquo;endroit&nbsp;&raquo; en disant de suite qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas pour moi de passer brutalement d&rsquo;un modèle magistrocentré (disons l&rsquo;enseignement traditionnel dans son acception &laquo;&nbsp;le maître qui sait sur l&rsquo;estrade&nbsp;&raquo; (<em>Sage on the Stage</em>)  devant les élèves qui écoutent, mémorisent, comprennent et appliquent) à un autre où l&rsquo;enseignant devient conseiller, guide, accompagnateur (<em>Guide on the Side</em>) &#8230; (disons l&rsquo;élève ou les élèves qui apprennent dans des environnements préparés par l&rsquo;enseignant &laquo;&nbsp;chef d&rsquo;orchestre&nbsp;&raquo; et en liaison forte avec les contextes dans lesquels se trouve &laquo;&nbsp;l&rsquo;école&nbsp;&raquo; et auxquels elle prépare). D&rsquo;emblée, je dirais que, éloigné des propos extrêmes (rationnalisme et empirisme, former et accompagner, culture et nature &#8230;), je tente de les réconcilier dans une systémique féconde &#8230; en apprentissages de diverses natures.</p>
<h4> <span style="color: #0000ff;">Vers une meilleure interaction entre l&rsquo;école et le société</span></h4>
<p>Dans un <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=740">précédent billet</a>, j&rsquo;étendais le concept initial de la classe inversée (les <em>flipped classrooms, </em><strong>Mode 1</strong>) : <strong>les leçons à la maison</strong> (<em>Lectures at Home</em>) via différentes technologies (textes, vidéos, animations &#8230; consultés à la maison mais aussi, pourquoi pas, dans des locaux aménagés dans l&rsquo;école sans la supervision directe de l&rsquo;enseignant, individuellement ou en groupe) <strong>et les devoirs en classe</strong> (<em>Homework in Classes</em>) via des exercices, des mises en situations, des problèmes, des projets &#8230; La classe devient ainsi davantage (potentiellement) un lieu d&rsquo;activités et d&rsquo;interactivités (entre les élèves ou étudiants et entre ceux-ci et l&rsquo;enseignant, entre les élèves et des contextes d&rsquo;application &#8230;), un lieu favorable aussi à la différenciation. Mêlant présence et distance, enseignement et apprentissage (j&rsquo;enseigne, apprennent-ils ?), les classes inversées étaient ainsi classées dans la large catégorie des dispositifs hybrides.</p>
<p>Poussant et étendant le concept, je proposais une autre dimension, une autre configuration (<strong>Mode 2</strong>) pour les classes inversées : les élèves sont amenés <strong>à explorer les contenus dans les contextes</strong> à la recherche de documentations (sur les sites Internet, sur les Blogs, sur YouTube &#8230; où ils vont d&rsquo;habitude) , d&rsquo;exploitations dans les environnements qu&rsquo;ils connaissent (la ville, le village, le commerce du coin, les artisans, les entreprises &#8230;) à propos d&rsquo;une thématique donnée. Il s&rsquo;agit bien de cas concrets ou encore de présentations ou de conceptions variées d&rsquo;un concept &#8230; le but est d&rsquo;ancrer et de contextualiser les apprentissages ultérieurs. <strong>Ils reviennent en classe avec tout cela, présentent et mènent le débat</strong> (en somme ils créent le dispositif pour les autres) et le travail du professeur ou des autres élèves est de faire émerger des questions qui se posent, de faire des hypothèses sur les observations, de modéliser, de rechercher des pistes de solutions théoriques ou empiriques &#8230; Répondre à des questions qu&rsquo;ils se posent plutôt que d&rsquo;apporter des réponses à des questions qu&rsquo;ils ne se posent pas &#8230;</p>
<p>Evidemment, présentées ainsi, les classes inversées ouvrent un vieux débat (déjà décrit par Platon dans son allégorie de la caverne) : (1) théorie d&rsquo;abord et applications ensuite ou alors (2) situations fortement contextualisées d&rsquo;abord et décontextualisation (théorisation) ensuite &#8230; un vieux débat selon moi entre <strong>l&rsquo;agitation conceptuelle et rationnelle</strong> du monde des idées permettant de comprendre certains éléments de la réalité perçue (des réalités perçues) et <strong>l&rsquo;approche expérimentale ou empirique</strong> dont l&rsquo;analyse contribuera à la stabilisation voire la genèse de l&rsquo;image théorique du monde  &#8230; aussi entre débat entre béhaviorisme (dominer les comportements &laquo;&nbsp;naturels&nbsp;&raquo;) et constructivisme (construire les schèmes de la pensée rationnelle). Et pourquoi pas une systémique entre les deux approches comme proposées dans le cycle Kolb (voir le billet cité plus haut ou <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?page_id=668">celui-ci</a>) ? Au travail les philosophes !</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2016/04/Kolb-Classes-inversees.001.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-779" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2016/04/Kolb-Classes-inversees.001.jpeg" alt="Kolb-Classes inversees.001" width="1024" height="768" /></a></p>
<p>Dans la partie haute, la figure ci-dessus illustre les deux modes proposés ci-dessus (je préfère actuellement les mots &laquo;&nbsp;mode&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;configuration&nbsp;&raquo; au lieu du mot  &laquo;&nbsp;niveau&nbsp;&raquo; qui suggère une gradation voire une hiérarchie, ce qui serait contraire à la systémique proposée) et les différents rapports aux savoirs et aux rôles tenus par les enseignants et les étudiants. Dans sa partie basse, je trace l&rsquo;analogie avec le <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Experiential_learning">cycle de Kolb</a> (<em>experiential learning</em>). A remarquer aussi que le cycle de Kolb implique la présence ou mieux la conjonction de différents styles d&rsquo;apprentissage (convergent, divergent &#8230;).</p>
<h4><span style="color: #0000ff;">L&rsquo;école à l&rsquo;envers ? L&rsquo;apprentissage à l&rsquo;endroit !</span></h4>
<p>Dans la vie quotidienne, dans la vie professionnelle, nous rencontrons des problèmes (ça ne va pas ? mais de quoi s&rsquo;agit-il ? pourquoi mon collègue a-t-il dit cela ? &#8230;) ou participons à des projets (on devrait mettre en place, il faudrait travailler là-dessus &#8230;) et nous allons ensuite chercher les (ou des) savoirs empiriques ou théoriques (sur des sites universitaire ou des Blogs de praticiens &#8230; ) pour tenter de les résoudre (problèmes) ou de les mener à bien (projets). Que ce soit par nécessité, par curiosité, par envie, le comportement serait alors (relisant le cycle de Kolb) : (1) faire l&rsquo;expérience de &#8230;, (2) émettre des pistes de solution, des hypothèses &#8230;, (3) rechercher des cas analogues ou des procédures pour comprendre, résoudre &#8230;, (4) expérimenter la pertinence des solutions trouvées, de la démarche construite, le transfert vers d&rsquo;autres cas ou contextes &#8230; Mais alors, pourquoi à l&rsquo;école (encore toujours ou de moins en moins peut-être) commence-t-on par la théorie, le modèle, les solutions, le cours  pour amener ensuite les exercices, les problèmes, les TP ou TD &#8230; S&rsquo;agit-il de vérifier (montrer la véracité de) la théorie seulement ou alors de proposer des occasions de la construire, de la mettre à mal, d&rsquo;en montrer les limites &#8230; de la falsifier ? L&rsquo;école serait-elle dans ce cas à l&rsquo;envers par rapport aux usages, aux pratiques de la société dans laquelle elle s&rsquo;inscrit et à laquelle elle prépare ?</p>
<p>Si on accepte, un temps du moins, la caricature ainsi dessinée, on peut admettre que les classes inversées dans leur mode 2 enchaîné avec le mode 1 en postulant un cycle de contextualisation, décontextualisaton, recontextualisation remettent en fait la classe à l&rsquo;endroit par rapport à la société et à ses pratiques  &#8230;  Ce que j&rsquo;ai tenté de démontrer. Il s&rsquo;agit aussi de mieux construire nos dispositifs pédagogiques en fonction de ce que nous savons des théories de l&rsquo;apprentissage &#8230; c&rsquo;est une autre histoire. Apprenons-nous en écoutant, en lisant les grands livres du savoir &#8230; ou alors en faisant, en agissant ? Les deux certainement ! L&rsquo;un plus que l&rsquo;autre ? Expérimentons !</p>
<p>Merci pour vos commentaires et partages</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Classes inversées &#8230; un parcours pédagogique</title>
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		<pubDate>Fri, 15 Apr 2016 16:36:43 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le parcours que je leur propose est polémique ... il contient des ressources parfois un peu prosélytes composées avec mon comparse, Christophe Batier de l'Université Claude Bernard, Lyon I, mais aussi des propos argumentés repérés sur des Blogs ... et parfois critiques sur certains concepts des classes inversées, sur une "certaine façon de voir" les classes inversées. [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2><span style="color: #3366ff;">Notre propos</span></h2>
<p><em>Ceci ne sera pas un billet de Blog ordinaire. Généralement, je propose ici quelques réflexions sur des problématiques liées aux TICe que je soumets à la critique des collègues qui travaillent dans ce domaine ou même des personnes simplement intéressées par le sujet. Aujourd&rsquo;hui, je vous livre ici un parcours pédagogique sur la thématique des classes inversées : il s&rsquo;agit ici d&rsquo;une page &laquo;&nbsp;html&nbsp;&raquo; que je livre à mes étudiant-e-s avec la mission d&rsquo;en prendre connaissance où ils le souhaitent (à la maison ou dans un créneau horaire disponible dans leur programme à l&rsquo;université ou dans un café de Louvain-la-Neuve &#8230;) et comme ils le veulent (en individuel ou en groupe &#8230;). Je leur demande de poster &laquo;&nbsp;à temps&nbsp;&raquo; leurs avis, opinions commentaires voire leurs questions à la fois sur le contenu même de ces ressources et sur leurs perçus de cette forme d&rsquo;enseignement &#8230; Oui, la classe inversée, cela peut être autre chose qu&rsquo;une vidéo YouTube à voir à la maison pour un débat en classe. Il me revient alors de traiter ces apports des étudiant-e-s pour préparer notre moment de rencontre et de construction de connaissances partagées. Un forum, ça ne marche pas &#8230; si l&rsquo;enseignant ne l&rsquo;utilise pas.</em></p>
<p><em>Le parcours que je leur propose est polémique &#8230; il contient des ressources parfois un peu prosélytes composées avec mon comparse, Christophe Batier de l&rsquo;Université Claude Bernard, Lyon I, mais aussi des propos argumentés repérés sur des Blogs &#8230; et parfois critiques sur certains concepts des classes inversées, sur une &laquo;&nbsp;certaine façon de voir&nbsp;&raquo; les classes inversées. Ces propos stimulent notre créativité, ils sont impératifs et je remercie, ceux que j&rsquo;appelle affectueusement les grognons, de ces apports salutaires.</em></p>
<h2><span style="color: #3366ff;">Un billet de Blog, un parcours pour une classe inversée sur les classes inversées </span></h2>
<p><em>Voici donc ce parcours, un voyage aussi dans le temps entre grosso modo 2012 et aujourd&rsquo;hui &#8230; les technologies nous font avancer rapidement</em> :</p>
<div class="myWrapper">
<div id="c23561" class="csc-default">
<hr />
<p class="bodytext">Préalablement à notre prochain cours en présentiel, merci de prendre connaissance des documents mis à votre disposition ci-dessous. Aussi de déposer vos commentaires, opinons, questions &#8230; dans le forum <em>adhoc</em> afin que je puisse préparer ce cours. Vos apports sont attendus quelques jours avant notre prochaine rencontre. Ils porteront à la fois sur le contenu de ces ressources mais aussi sur vos perceptions de cette forme d&rsquo;enseignement.  L&rsquo;objectif est de lancer le débat et de me permettre de répondre à vos questions.</p>
</div>
</div>
<div class="myWrapper">
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<h2><span style="color: #993366;">I. Classe inversée : le concept de base &#8230; et son extension</span></h2>
<p class="bodytext"><strong><span style="color: #ff0000;">DOC 1</span> 2012 </strong>|<strong> Causerie avec Marcel Lebrun : Flippons nos cours </strong>- Christophe Batier @batier AIPU2012 (Spiral TV)</p>
<p class="bodytext"><a title="Nouvelle fenêtre" href="https://youtu.be/kYbxdfGxRi4" target="_blank">Voir la vidéo sur Youtube (durée : 11&rsquo;13&nbsp;&raquo;)</a></p>
<p class="bodytext">En voici le schéma d&rsquo;époque assez &laquo;&nbsp;classique&nbsp;&raquo;</p>
<p class="bodytext"><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2013/12/Sans-titre.006.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-655" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2013/12/Sans-titre.006.jpg" alt="Sans titre.006" width="505" height="379" /></a></p>
</div>
</div>
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<div id="c23565" class="csc-default">
<p class="bodytext"><strong><span style="color: #ff0000;"> DOC 2</span> 2014-2015 | Classes Inversées, étendons et « systémisons » le concept !</strong> Essai de modélisation et de systémisation du concept de Classes inversées</p>
<p class="bodytext"><a title="Nouvelle fenêtre" href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=740" target="_blank">Lire l&rsquo;article du Blog de M@rcel</a></p>
<p>Une illustration des &nbsp;&raquo; niveaux&nbsp;&raquo;  (ou mieux des dimensions) proposée par mon collègue et ami Rochane Kerbouche (@Rochanek)</p>
<p><img class="aligncenter wp-image-775 " src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2016/04/Rochane-Classe-Inversée-1024x505.jpg" alt="Rochane-Classe Inversée" width="624" height="308" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><span style="color: #993366;">II. Articles critiques sur la classe inversée</span></h2>
<p class="bodytext"><strong><span style="color: #ff0000;">DOC 3</span> 2016</strong> | <strong>La classe inversée, un modèle à suivre pour l’école numérique ? Pas certain…</strong>, par Michel Guillou (EducaVox)</p>
<p class="bodytext"><a title="Nouvelle fenêtre" href="http://www.educavox.fr/accueil/debats/la-classe-inversee-un-modele-a-suivre-pour-l-ecole-numerique-pas-certain" target="_blank">Lire l&rsquo;article sur Educavox</a></p>
<p><strong><span style="color: #ff0000;">DOC 4</span> 2016 </strong>| <strong>Les leurres de la classe inversée</strong>, par Paul Devin (MediaPart)</p>
<p class="bodytext"><a title="Nouvelle fenêtre" href="https://blogs.mediapart.fr/paul-devin/blog/130216/les-leurres-de-la-classe-inversee?utm_source=twitter&amp;utm_medium=social&amp;utm_campaign=Sharing&amp;xtor=CS3-67" target="_blank">Lire l&rsquo;article sur Mediapart</a></p>
<h2></h2>
<h2><span style="color: #993366;">III. Commentaires (plus que réponses) de Marcel Lebrun relativement aux critiques &#8230; toutes constructives</span></h2>
<p class="bodytext"><strong><span style="color: #ff0000;">DOC 5</span> 2016 </strong>| <strong>Classes inversées, causerie avec Marcel 4 ans après</strong>, par Marcel Lebrun et Christophe Batier @batier</p>
<p class="bodytext"><a title="Nouvelle fenêtre" href="https://youtu.be/ZOW1MOPBOBg" target="_blank">Voir la vidéo sur Youtube (durée : 28&rsquo;55&nbsp;&raquo;)</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr />
<p>&nbsp;</p>
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</div>
<p><strong> Bonne lecture et n&rsquo;hésitez pas à laisser vos commentaires sur le contenu et l&rsquo;approche</strong></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Classes Inversées, étendons et &#171;&#160;systémisons&#160;&#187; le concept !</title>
		<link>https://lebrunremy.be/WordPress/?p=740</link>
		<comments>https://lebrunremy.be/WordPress/?p=740#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 17 Dec 2014 15:31:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Apprendre]]></category>
		<category><![CDATA[Considérations et méthodes pédagogiques (avec TIC)]]></category>
		<category><![CDATA[Considérations et méthodes pédagogiques (sans TIC)]]></category>
		<category><![CDATA[eLearning]]></category>
		<category><![CDATA[Essais]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Pédagogie]]></category>
		<category><![CDATA[apprentissage]]></category>
		<category><![CDATA[Classes inversées]]></category>
		<category><![CDATA[dispositifs]]></category>
		<category><![CDATA[flipped classrooms]]></category>
		<category><![CDATA[hybride]]></category>
		<category><![CDATA[Kolb]]></category>
		<category><![CDATA[Nonaka & Takeuchi]]></category>

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		<description><![CDATA[Cependant, il nous faut bien constater que les Classes inversées sont souvent associées à la ritournelle "Lectures at home and Homework in classes", une vidéo ou un texte à lire avant le cours et des activités, des débats, des applications en classe … C'est selon moi, le tout premier niveau de ce qu'on peut faire en Classes inversées. Dans ce billet, nous allons essayer d'aller plus loin. [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2><span style="color: #000080;">Essai de modélisation et de systémisation du concept de Classes inversées</span></h2>
<p>&nbsp;</p>
<p>Dans ce Blog, j&rsquo;ai plusieurs fois documenté <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=612">la &laquo;&nbsp;méthode&nbsp;&raquo; des Classes inversées</a>.</p>
<p>On y trouvera aussi <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=651">un essai sur le rapport</a> entre le Tsunami des MOOCs et les &laquo;&nbsp;renversements&nbsp;&raquo; proposés par les Classes inversées .</p>
<p>Dans ce nouvel essai, j&rsquo;essaierai de répondre à celles et ceux qui nous disent régulièrement &laquo;&nbsp;Mais, les classes inversées, ça existe depuis longtemps …&nbsp;&raquo;. Ma réponse est : Oui, sans aucun doute. Comme je le raconte, j&rsquo;ai eu en 1972 lors de ma première année à l&rsquo;université, un enseignant qui nous faisait lire un chapitre de son livre avant le cours pour disposer de ce temps de présence pour répondre à des questions, donner des exemples, proposer des applications … Bref, nous en avons eu des enseignants qui nous demandaient de lire un texte, un chapitre, actuellement de regarder une vidéo &#8230; avant le cours. Est-ce bien cela une innovation ? Tout d&rsquo;abord pour qu&rsquo;une telle initiative pionnière soit qualifiée d&rsquo;innovation, il faut encore qu&rsquo;elle percole dans l&rsquo;ensemble du système, qu&rsquo;elle entre dans les habitudes, qu&rsquo;elle dépasse le stade d&rsquo;une &laquo;&nbsp;enclave&nbsp;&raquo; pour devenir une &laquo;&nbsp;tête de pont&nbsp;&raquo; voire une pratique ancrée (voir <a href="http://tecfa.unige.ch/tecfa/teaching/bachelor_74111/Cours_2010_2011/semestre1/cours11/charlier_deschryver_peraya_2006.pdf">l&rsquo;article</a> de Bernadette Charlier, Nathalie Deschryver et Daniel Peraya (2006) en particulier la page 481).</p>
<p><strong>Mais, est-ce bien cela, n&rsquo;est-ce que cela, une Classe inversée</strong> … prendre connaissance (le mot est intéressant) de la matière avant &laquo;&nbsp;le cours&nbsp;&raquo; et faire des applications ensuite ! <strong>Quoi de différent avec l&rsquo;enseignement traditionnel, la théorie d&rsquo;abord, les exercices ensuite ?</strong></p>
<p>Dans la première phrase de ce billet, j&rsquo;ai mis volontairement le mot &laquo;&nbsp;méthodes&nbsp;&raquo; entre guillemets pour signifier que l&rsquo;approche des Classes inversées est surtout un changement de paradigme, de mentalités dans les rapports que nous construisons avec les termes &laquo;&nbsp;Savoirs&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Apprendre&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;Enseigner&nbsp;&raquo;. Le concept porte donc une grande variété de pratiques, de méthodes et de techniques à la fois relationnelles et techniques.</p>
<p>Cependant, il nous faut bien constater que les Classes inversées sont souvent associées à la ritournelle &laquo;&nbsp;Lectures at home and Homework in classes&nbsp;&raquo;, une vidéo ou un texte à lire avant le cours et des activités, des débats, des applications en classe … C&rsquo;est selon moi, le tout premier niveau de ce qu&rsquo;on peut faire en Classes inversées. <strong>Dans ce billet, nous allons essayer d&rsquo;aller plus loin</strong>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong>1. Le <span style="color: #ff0000;">Niveau 1</span> des Classes inversées</strong></h3>
<p>Le concept, ou en tout cas l’appellation de <em>Flipped Classrooms</em>, est apparu il y a quelques années seulement quand deux enseignants en chimie dans l’équivalent de notre niveau secondaire, Jonathan Bergmann et Aaron Sams (2007), ont découvert le potentiel de vidéos (<em>PowerPoint</em> commentés, <em>Screencast</em>, <em>Podcast</em> …) pour motiver leurs élèves à préparer (à domicile ou plutôt hors classe ou encore sans la présence de l&rsquo;enseignant) les activités qui seront proposées en classe, en présence de « l’enseignant », afin de rendre ces dernières plus interactives : <strong><em>Lectures at Home and HomeWork in Class</em></strong>, le slogan était lancé. L’air de rien, comme nous le verrons, cette méthode est à la fois une petite révolution par rapport à l’enseignement dit traditionnel (le magistral, l’enseignement <em>ex cathedra</em>) et une piste d’évolution acceptable et progressive pour les enseignants qui souhaitent se diriger, sans négliger la transmission des savoirs, vers une formation davantage centrée sur l’apprenant, ses connaissances et ses compétences.</p>
<p>Les classes inversées (un bel exemple de <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=579">dispositif hybride</a>) présentent un engouement certain de la part des enseignants de l&rsquo;école primaire à la formation continue. En fait, à l&rsquo;état potentiel, cette stratégie pédagogique est au confluent de trois courants dont nous avons tenté de montrer les rapports systémiques : (1) Les approches par compétences ou par programmes (cohérence des enseignements), (2) Les méthodes actives et aussi finalement (3) un usage &laquo;&nbsp;à valeur ajoutée&nbsp;&raquo; des TIC.</p>
<p>Comme nous le voyons déjà, <strong>ces classes inversées repositionnent les espaces-temps traditionnels de l’enseigner-apprendre</strong> (la figure ci-dessous nous montre le « flip » à l’œuvre).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img class="aligncenter  wp-image-741" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/12/Flips.jpg" alt="Flips" width="591" height="360" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>(1) L’enseignement traditionnel transmissif se passe en classe ; les interactions et les activités des élèves y sont bien souvent limitées. Les devoirs se passent à la maison ainsi que la préparation des examens.</p>
<p>(2) Le « flip » va agir en reconsidérant les espaces-temps de l’enseigner-apprendre. Il s’agira de mieux occuper l’espace et le temps, d’accompagner une partie de l’apprentissage (mémorisation, compréhension …) hors de la classe et de rendre à cette dernière sa vocation liée à la rencontre, au caractère social de l’apprentissage.</p>
<p>(3) La figure se complète : la partie transmissive (les nécessaires savoirs, les principes, les théories…) se déroule en dehors de la classe soit à la maison soit dans des lieux spécialement aménagés dans l’école ; l’espace et le temps de la classe proprement dite (de la rencontre avec l’enseignant) sont utilisés pour les activités et les interactivités.</p>
<p>(4) L’hybridation (soutenue par le principe de variété dans les approches pédagogiques) mélange ces différents <span style="color: #0000ff;">modes</span> d’interaction. Les <em>Flipped Classrooms</em> ne sont pas présentées ici comme un mode unique de formation : tout au plus comme une alternative à d’autres méthodes, une configuration particulière ou encore à une stratégie agile composite.</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/12/NIV1.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-749" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/12/NIV1.jpg" alt="NIV1" width="552" height="176" /></a></p>
<p><strong>Autour de ce concept de <em>Flipped Classrooms</em>, les variations sont aussi infinies</strong> et nous vous en proposons une définition de base, une définition construite avec un de nos mémorants, Antoine Defise (2014) :</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em>Une « flipped classroom » ou « classe inversée » est une méthode (une stratégie) pédagogique où la partie transmissive de l’enseignement (exposé, consignes, protocole,…) se fait « à distance » en préalable à une séance en présence, notamment à l’aide des technologies (ex. : vidéo en ligne du cours, lecture de documents papier, préparation d’exercice,…) et où l’apprentissage basé sur les activités et les interactions se fait « en présence » (ex. : échanges entre l’enseignant et les étudiants et entre pairs, projet de groupe, activité de laboratoire, séminaire,…).</em></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong>2. Le <span style="color: #ff0000;">Niveau 2</span> des Classes inversées</strong></h3>
<p>Comprenons-nous bien. Le &laquo;&nbsp;Niveau 1&Prime; constitue déjà une belle avancée pédagogique permettant de &laquo;&nbsp;redonner du sens à la présence&nbsp;&raquo; en mettant en place potentiellement dans le lieu et le temps de la formation des pédagogies actives davantage orientées développement de compétences, davantage orientées vers le devenir social et professionnel des élèves, des étudiants. Mais, on peut aussi dire qu&rsquo;encore une fois la théorie précède la pratique, le cours précède les travaux pratiques … quoi d&rsquo;autre si ce n&rsquo;est un shift, un glissement spatio-temporel de ces différentes activités <span style="color: #0000ff;">(on pourrait dire, <strong>une classe translatée</strong>)</span> … la théorie avant la classe, la pratique pendant la classe. Pourtant en terme de glissement, nous avions présenté les shits potentiellement possibles induits par les Classes inversées :</p>
<p><em>1) Mieux utiliser les espaces (mobilité, présence-distance) et les temps (flexibilité, synchrone-asynchrone) de l’enseigner et de l’apprendre (flipper l’espace-temps)</em></p>
<p><em>2) Proposer une formation plus individualisée et davantage <strong>en résonance avec les rythmes, les styles</strong> et les activités de chacun (flipper approches globales-analytiques, surface-profondeur)</em></p>
<p><em>3) Mieux balancer la nécessaire transmission des savoirs et le développement des savoir-faire et savoir-être, des compétences et de l’apprendre à apprendre </em></p>
<p><em>4) <strong>Rendre les étudiants davantage actifs et interactifs</strong>, plus impliqués (flipper transmission et appropriation)</em></p>
<p><em>5) Répondre à des questions que les étudiants se posent plutôt que leur donner des réponses à des questions qu’ils ne se posent pas (flipper les rôles, flipper les savants et les ignorants) </em></p>
<p><em>6) Apprendre aux étudiants à apprendre et à enseigner toute la vie durant (un autre flip de l’enseigner-apprendre)</em></p>
<p><em>7) Pour les enseignants, leur permettre une appropriation (un </em><span style="color: #000000;"><a style="color: #000000; text-decoration: underline;" href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=424"><em>développement professionnel</em></a></span><em><span style="color: #000000;">)</span> progressive … nul besoin de tout “flipper” en une fois. </em></p>
<p>En cohérence et au-delà de l&rsquo;image un peu réductionniste du &laquo;&nbsp;Niveau 1&Prime;, <strong>nous étendrons quelque peu le concept en proposant aussi des activités et des interactivités (individuelles ou en groupe) avant la classe</strong>.</p>
<p><strong>(Temps 1, &laquo;&nbsp;avant la classe&nbsp;&raquo;) </strong>Recherche d’informations, lecture d’un article, d’un chapitre, d’un blog …, préparation d’une thématique à exposer, interviews ou micro-trottoirs, enquête ou observations sur le terrain … à réaliser seul ou en groupe avant une séance en présentiel. Le résultat des investigations peut être déposé dans un dossier sur une plateforme, des avis, opinions, commentaires, questions … peuvent être déposés sur un forum, la vidéo réalisée peut être déposée sur YouTube …</p>
<p><strong>(Temps 2, &laquo;&nbsp;pendant la classe&nbsp;&raquo;)</strong> Présentation de la thématique, débat sur des articles lus, analyse argumentée du travail d’un autre groupe (évaluation par les pairs), création d’une carte conceptuelle commune à partir des avis, opinions, commentaires … récoltés, mini-colloque dans lequel un groupe présente et un autre organise le débat … pendant le moment (l’espace-temps) du présentiel …</p>
<p>Un examen rapide de cette évolution du &laquo;&nbsp;Niveau 1&Prime; au &laquo;&nbsp;Niveau 2&Prime; montre bien le souci de personnaliser et de contextualiser les apprentissages, de rendre les étudiants plus actifs et interactifs, les étudiants allant chercher les ressources (de manière guidée ou autonome) avant la classe de manière à amener ces dernières, quelque peu structurées, dans l&rsquo;enceinte de la classe où seront mises en place des stratégies de déconstruction par conflit socio-cognitif (les apports des autres individus ou des autres groupes), un préalable utile pour reconstruire les connaissances individuelles et développer les compétences de communication, d&rsquo;autonomie et de travail d&rsquo;équipe, d&rsquo;esprit critique … Tout est bien ainsi ?</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/12/NIV2.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-750" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/12/NIV2.jpg" alt="NIV2" width="577" height="250" /></a></p>
<p>L&rsquo;approche pèche, potentiellement à nouveau, sur deux aspects : (1) l&rsquo;approche est résolument divergente, le travail de groupe et sa présentation dégagent les horizons, ouvrent les possibles, permettent l&rsquo;explicitation des conceptions préalables (parfois nommées spontanées voire naïves) et (2) on peut s&rsquo;interroger sur les moments de reconstruction, de décontextualisation, de modélisation voire de théorisation … On risque très fort de laisser des étudiants à profil moins synthétique dans un grand désarroi dans leur quête de structure, d&rsquo;explications, d&rsquo;invariants, de modèle …</p>
<p><span style="color: #0000ff;">Toujours est-il que ces deux niveaux (j&rsquo;aurais pu dire deux dimensions tant ces &laquo;&nbsp;niveaux&nbsp;&raquo; peuvent se combiner) correspondent tous les deux à des évolutions appréciables pour l&rsquo;enseignement, pour l&rsquo;enseignant surtout, deux inversions complémentaires : </span></p>
<ul>
<li><span style="color: #0000ff;"><strong>Niveau 1 :</strong> L’enseignant délègue la transmission des savoirs à un média (texte, vidéo) et retrouve ainsi davantage de temps pour être un accompagnateur d’apprentissage de savoirs lors de la présence. L’acquisition de la matière reste une préoccupation fort louable d’ailleurs.</span></li>
<li><span style="color: #0000ff;"><strong>Niveau 2 :</strong> L’enseignant, dans un champ de manœuvre défini (par exemple pour une thématique définie, avec des contraintes, des échéances, des critères définis), envoie l’apprenant sur le terrain, dans le contexte, sur la Toile. Il accompagne la construction des connaissances par chaque apprenant et l’aide à identifier les savoirs nécessaires pour aller plus loin.</span></li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong>3. Le <span style="color: #ff0000;">Niveau 3</span> des classes inversées</strong></h3>
<p>De l&rsquo;approche orientée &laquo;&nbsp;déduction&nbsp;&raquo; du Niveau 1 à l&rsquo;approche orientée &laquo;&nbsp;induction&nbsp;&raquo; du Niveau 2, toutes les deux relativement insatisfaisantes au niveau des apprentissages souhaités (Niveau 1 : regarde la théorie avant la classe, tu verras à quoi ça sert pendant la classe, Niveau 2 : va chercher les ressources hors la classe, tu montreras tout cela à la classe). <strong>Encore une fois l&rsquo;hybridation va nous aider : et si on combinait les deux niveaux précédents dans un Niveau 3 plus fécond, plus satisfaisant ?</strong> Et si on quittait l&rsquo;approche déterministe pour aller vers une autre davantage systémique, cyclique ?</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/12/NIV3.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-751" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/12/NIV3.jpg" alt="NIV3" width="670" height="290" /></a></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>✪ Temps 1 (Niveau 2, distance)</strong> : instruire le dossier, ramener des éléments du contexte, les structurer quelque peu, les présenter d&rsquo;une manière originale … (recherche d&rsquo;informations, validation, analyse, synthèse, créativité …)</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>✪ Temps 2 (Niveau 2, présence) </strong>: présenter les informations et ressources trouvées, identifier les différences et repérer les similitudes, vivre un &laquo;&nbsp;conflit&nbsp;&raquo; socio-cognitif, expliciter les préconceptions, faire émerger les questions, les hypothèses … (communication, analyse, réflexivité, modélisation …)</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>✪ Temps 3 (Niveau 1, distance)</strong> : prendre connaissance des théories, relever les éléments pertinents pour la thématique investiguée, préparer une synthèse, exercer le fonctionnement du modèle … (apprendre, faire des liens, mémoriser, se poser et préparer des questions, modéliser …)</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>✪ Temps 4 (Niveau 1, présence) </strong>: consolider les acquis, faire fonctionner le modèle ou la théorie en regard des thématiques investiguées, préparer le transfert par l&rsquo;approche d&rsquo;autres situations … (comprendre, appliquer, investiguer les limites, transférer à d&rsquo;autres contextes …).</span></p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/12/Kolb.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-752" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/12/Kolb.jpg" alt="Kolb" width="451" height="339" /></a></p>
<p><span style="color: #0000ff;">La figure ci-dessus, montrant nos quatre temps, nos quatre &laquo;&nbsp;flips&nbsp;&raquo;, <b>nos quatre événements d&rsquo;apprentissage </b>est complétée par  les « trois phases de l’enseignement stratégique » (Tardif, 1992) adaptées dans un processus de contextualisation-décontextualisation-recontextualisation (Proulx, 1997).</span></p>
<p>Cette approche hybride … des classes inversées nous paraît être un bon agencement de différentes techniques de formation, de différents courants pédagogiques sans compter le développement des compétences, l&rsquo;approche par situations-problèmes, l&rsquo;ouverture vers &laquo;&nbsp;un soutien à valeurs ajoutées&nbsp;&raquo; apporté par les outils numériques.</p>
<p><span style="color: #3366ff;">Pour terminer cette partie, nous soulignons que cette évolution dans le panorama des classes inversées (nous insistons sur ce pluriel) se déployer sur deux dimensions majeures caractérisées de manière étonnante (dans le contexte du développement professionnel des enseignants) par un &laquo;&nbsp;lâcher-prise&nbsp;&raquo; des formateurs (instituteurs, enseignants, professeurs &#8230;) :</span></p>
<p><span style="color: #3366ff;">- <strong>par rapport aux savoirs</strong> qui dépasse la transmission (qui reste nécessaire) vers l&rsquo;appropriation par les élèves ou étudiants. On passe du &laquo;&nbsp;centré sur l&rsquo;enseignant&nbsp;&raquo; au &laquo;&nbsp;centré sur les apprenants&nbsp;&raquo; dans une optique socio-constructiviste qui repose en partie sur des méthodes actives.</span></p>
<p><span style="color: #3366ff;">- <strong>par rapport aux rôles tenus</strong> par les différents intervenants, tous tour à tour, apprenants et enseignants. On passe de postures assez traditionnelles (le traditionnel étant une innovation qui a réussi) de transmission à d&rsquo;autres relatives à l&rsquo;accompagnement, au conseil voire à une posture de chef d&rsquo;orchestre qui scénarise les différentes activités.</span></p>
<p><span style="color: #3366ff;">Dans la figure ci-dessous, ces deux dimensions (avec chaque fois trois exemples d’évolution possible) sont présentées ; elles sous-tendent un plan dans lequel nous avons fait figurer nos deux modalités de classes inversées (« niveau 1 » et « niveau 2 ») en les rattachant avec diverses configurations possibles : <strong>classes translatées, classes inversées, <a style="color: #3366ff;" href="http://blog.educpros.fr/jean-charles-cailliez/2015/12/14/les-classes-inversees-ou-renversees-au-service-de-linnovation-pedagogique-une-interview-signee-jean-pierre-leac-dans-les-cahiers-de-linnovation/">classes renversées</a></strong> (ce dernier terme inspiré ou aspiré de Jean-Charles Cailliez) &#8230;</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/12/Oujda-1-1016.001.jpeg"><img class="aligncenter  wp-image-757" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/12/Oujda-1-1016.001.jpeg" alt="Oujda 1-1016.001" width="623" height="467" /></a></p>
<h3><strong>4. Quelques fondements pour le Niveau 3</strong></h3>
<h4><em>Le Cycle de Kolb </em></h4>
<p>Le Niveau 3 que nous venons de présenter correspond assez bien à la vision cyclique proposée par Kolb. Le cycle de Kolb (Kolb’s learning cycle) appelé parfois aussi cycle de Lewin (Kolb, 1984) nous paraît intéressant car il présente une démarche d’apprentissage basée sur l’expérience (apprentissage expérientiel – <em>experiential learning</em>) : l’apprenant progresse au travers d’un cycle dans lequel l’expérience conduit à l’observation et à la réflexion (contextualisation) qui à son tour conduit à la formation des concepts (décontextualisation) qui seront ensuite « essayés » dans diverses situations et donnent lieu à de nouvelles expériences (recontextualisation).</p>
<p>On peut établir un parallèle fructueux entre les 4 étapes du cycle de Kolb et les 4 temps que nous avons proposés dans notre approche &laquo;&nbsp;Niveau 3&Prime; des classes inversées :</p>
<ul>
<li><span style="color: #0000ff;"><strong>Expérience concrète </strong>: Temps 1 (Niveau 2, distance) </span></li>
<li><span style="color: #0000ff;"><strong>Observation réfléchie</strong> : Temps 2 (Niveau 2, présence) </span></li>
<li><span style="color: #0000ff;"><strong>Conceptualisation abstraite </strong>: Temps 3 (Niveau 1, distance) </span></li>
<li><span style="color: #0000ff;"><strong>Expérimentation active </strong>: Temps 4 (Niveau 1, présence) </span></li>
</ul>
<p>Il est aussi intéressant de comprendre que les quatre étapes proposées (expérience concrète, observation réfléchie, conceptualisation abstraite et expérimentation active) suggèrent l’existence de quatre façons d’apprendre, de quatre façons d’aborder l’environnement : concret, réfléchi, abstrait et actif. Une façon probablement de concilier les &laquo;&nbsp;méthodes&nbsp;&raquo; pédagogiques avec les différents styles d&rsquo;apprentissage des apprenants et aussi avec les méthodes privilégiées par les enseignants.</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/12/Flip-4.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-745" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/12/Flip-4.jpg" alt="Flip-4" width="455" height="341" /></a></p>
<p>Référence</p>
<p>KOLB, D.A. 1984. Experiential Learning. Experience as the Source of Learning and Development. Englewood Cliffs. NJ, Prentice-Hall.</p>
<p><a href="http://australie.uco.fr/~cbourles/OPTION/Theorie/Kolb/Kolb.htm">Le cycle d&rsquo;apprentissage de Kolb</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><em>Le cycle de Nonaka</em></h4>
<p><a href="http://www.creativitequebec.ca/Bulletin_Creativite_Quebec/Site_CQ_Bulletins_2012/Bulletins_articles/Lien_108/Le_modele_SECI_de_Nonakaa_et_Takeuchi.htm">Le cycle de Nonaka et Takeuchi</a> (1995) (ou encore Modèle SECI : Socialisation, Externalisation, Combinaison et Internalisation) traite, à l&rsquo;origine, de la constitution d&rsquo;intelligence collective au sein des entreprises. Il est cependant utile comme grille de lecture de certains aspects de notre Niveau 3 des classes inversées en y ajoutant les notions de connaissances tacites ou implicites et des connaissances explicites partagées ainsi que la nécessaire systémique entre appropriation personnelle et intelligence collective.</p>
<p>La modélisation ci-dessus est sans doute plus hardie mais nous retenons de ce cycle les passages de l&rsquo;intrapersonnel (les conceptions spontanées parfois naïves, les modèles de référence auxquels nous nous référons de manière souvent implicite, notre épistémologie personnelle …) à l&rsquo;interpersonnel (le retour au groupe, la nécessité d&rsquo;expliciter au travers de métaphores ou de contextes &laquo;&nbsp;vécus à partager&nbsp;&raquo;, le conflit socio-cognitif, la recherche du consensus, d&rsquo;hypothèses partagées, de solutions communes à investiguer) pour en revenir à des phases d&rsquo;intériorisation, de restructuration … porteuses de nouvelles connaissances et compétences … partagées.</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/12/Flip-5.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-746" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/12/Flip-5.jpg" alt="Flip-5" width="456" height="280" /></a></p>
<p>En voici une interprétation ou plutôt une adaptation au sujet qui nous intéresse ici :</p>
<p><strong>Socialisation</strong> : Seul ou en petit groupe, l&rsquo;apprenant part à la rencontre du contexte, des éléments de la vie quotidienne ou socio-professionnelle. Ces conceptions spontanées peuvent déjà être ébranlées par cette rencontre avec le terrain et aussi au sein du petit groupe d&rsquo;explorateurs dont il fait partie. L&rsquo;implicite se révèle, se traduit en situations, s&rsquo;explicite : Temps 1 (Niveau 2, distance)</p>
<p><strong>Externalisation</strong> : De retour en classe, l&rsquo;apprenant ou son groupe étend ses représentations en les confrontant avec celles ramenées par les autres. Un langage commun s&rsquo;élabore, les concepts apparaissent, des hypothèses s&rsquo;élaborent … l&rsquo;explicitation apporte sa force au collectif : Temps 2 (Niveau 2, présence)</p>
<p><strong>Combinaison</strong> : L&rsquo;organisation des variables, des connaissances explicites devient une nécessité. Le temps est venu pour la synthèse, la modélisation, la théorisation potentiellement organisatrice introduit des paramètres de convergence : Temps 3 (Niveau 1, distance)</p>
<p><strong>Internalisation</strong> : La nouvelle construction collective doit maintenant être éprouvée au niveau de nouvelles situations, de l&rsquo;élaboration du projet collectif, de l&rsquo;application en champ réel : Temps 4 (Niveau 1, présence).</p>
<p>Référence</p>
<p>NONAKA, Ikujiro, TAKEUCHI, Hirotaka (1995). <em>The knowledge creating company: how Japanese companies create the dynamics of innovation</em>. New York: Oxford University Press, p. 284,</p>
<p><a href="http://www.creativitequebec.ca/Bulletin_Creativite_Quebec/Site_CQ_Bulletins_2012/Bulletins_articles/Lien_108/Le_modele_SECI_de_Nonakaa_et_Takeuchi.htm"> Le modèle SECI de Nonaka et Takeuchi</a></p>
<h3></h3>
<h3><strong>5. Une petite synthèse</strong></h3>
<table>
<tbody>
<tr>
<td width="69"></td>
<td width="149">Lebrun (2014)</td>
<td width="80">Kolb (1984)</td>
<td width="163">Nonaka et Takeuchi (1995)</td>
</tr>
<tr>
<td width="69">FLIP 1 Temps 1 (Niveau 2, distance)</td>
<td width="149">Instruire le dossier, ramener des éléments du contexte, les structurer quelque peu, les présenter d&rsquo;une manière originale … (recherche d&rsquo;informations, validation, analyse, synthèse, créativité …)</td>
<td width="80">Expérience concrète</td>
<td width="163">Socialisation : Seul ou en petit groupe, l&rsquo;apprenant part à la rencontre du contexte, des éléments de la vie quotidienne ou socio-professionnelle. Ces conceptions spontanées peuvent déjà être ébranlées par cette rencontre avec le terrain et aussi au sein du petit groupe d&rsquo;explorateurs dont il fait partie. L&rsquo;implicite se révèle, se traduit en situations, s&rsquo;explicite</td>
</tr>
<tr>
<td width="69">FLIP 2 Temps 2 (Niveau 2, présence)</td>
<td width="149">Présenter les informations et ressources trouvées, identifier les différences et repérer les similitudes, vivre un &laquo;&nbsp;conflit&nbsp;&raquo; socio-cognitif, expliciter les préconceptions, faire émerger les questions, les hypothèses … (communication, analyse, réflexivité, modélisation …)</td>
<td width="80">Observation réfléchie</td>
<td width="163">Externalisation : De retour en classe, l&rsquo;apprenant ou son groupe étend ses représentations en les confrontant avec celles ramenées par les autres. Un langage commun s&rsquo;élabore, les concepts apparaissent, des hypothèses s&rsquo;élaborent … l&rsquo;explicitation apporte sa force au collectif</td>
</tr>
<tr>
<td width="69">FLIP 3Temps 3 (Niveau 1, distance)</td>
<td width="149">Prendre connaissance des théories, relever les éléments pertinents pour la thématique investiguée, préparer une synthèse, exercer le fonctionnement du modèle … (apprendre, faire des liens, mémoriser, se poser et préparer des questions, modéliser …)</td>
<td width="80">Conceptualisation abstraite</td>
<td width="163">Combinaison : L&rsquo;organisation des variables, des connaissances explicites devient une nécessité. Le temps est venu pour la synthèse, la modélisation, la théorisation potentiellement organisatrice introduit des paramètres de convergence</td>
</tr>
<tr>
<td width="69">FLIP 4 Temps 4 (Niveau 1, présence)</td>
<td width="149">Consolider les acquis, faire fonctionner le modèle ou la théorie en regard des thématiques investiguées, préparer le transfert par l&rsquo;approche d&rsquo;autres situations … (comprendre, appliquer, investiguer les limites, transférer à d&rsquo;autres contextes …).</td>
<td width="80">Expérimentation active</td>
<td width="163">Internalisation : La nouvelle construction collective doit maintenant être éprouvée au niveau de nouvelles situations, de l&rsquo;élaboration du projet collectif, de l&rsquo;application en champ réel</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>N&rsquo;hésitez pas à commenter, à ajouter votre propre &laquo;&nbsp;grain de sel&nbsp;&raquo;, vos apports théoriques ou pratiques</strong></p>
<p>Pour citer ce texte :</p>
<p>Lebrun, M. (2016). Essai de modélisation et de systémisation du concept de Classes inversées. Blog de Marcel, janvier 2016. En ligne : <a class="copyable-link v-middle" href="http://bit.ly/ML-Classes-invers%C3%A9es">bit.ly/<span class="copy-hash">ML-Classes-inversées</span></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>eLearn2, Saison 2</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Oct 2014 10:04:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Considérations et méthodes pédagogiques (avec TIC)]]></category>
		<category><![CDATA[eLearning]]></category>
		<category><![CDATA[Formation des enseignants]]></category>
		<category><![CDATA[apprentissage]]></category>
		<category><![CDATA[Claroline Connect]]></category>
		<category><![CDATA[connectivisme]]></category>
		<category><![CDATA[dispositifs de formation]]></category>
		<category><![CDATA[e-learning]]></category>
		<category><![CDATA[formation]]></category>
		<category><![CDATA[formation en ligne]]></category>
		<category><![CDATA[MOOC]]></category>

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		<description><![CDATA[En 2014-2015, la formation eLearn2 sera organisée exclusivement sous la forme d'un MOOC (Massive Open Online Course) de nature connectiviste [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h1><span style="color: #000080;">eLearn2 : Se former en ligne pour former en ligne</span></h1>
<p><strong><span style="color: #ff9900;">- Ouverture Le 3 novembre 2014</span></strong></p>
<p><strong><span style="color: #ff9900;">- Vous pouvez vous inscrire <a href="http://claco.univ-lyon1.fr/register/form">ICI </a>(directement &laquo;&nbsp;on the MOOC&nbsp;&raquo;)<br />
</span></strong></p>
<p><strong><span style="color: #ff9900;">- On recherche des animateurs occasionnels (de module) &#8230; les participants de la Saison 1, vous venez ?</span></strong></p>
<p>Cette année 2014-2015, la formation eLearn2 sera organisée exclusivement sous la forme d&rsquo;un MOOC (Massive Open Online Course) de nature connectiviste. Il s&rsquo;agit pour nous d&rsquo;expérimenter cette formule d&rsquo;apprentissage collectif avec l&rsquo;idée centrale que : <em>pour construire une formation en ligne, il faut avoir vécu une telle formation</em>. Un MOOC connectiviste, ça tient à la fois d&rsquo;une communauté d&rsquo;apprentissage et d&rsquo;une communauté d&rsquo;échange de pratiques.</p>
<p>L&rsquo;espace de la formation sera proposé sur la toute nouvelle plateforme Claroline Connect (Consortium Claroline). Il profitera des deux grandes orientations majeures en matière de MOOC … hybridation quand tu nous tiens ! <strong>Un mélange de xMOOC</strong> (transmettre et recevoir des savoirs, proposer des exercices, accomplir certaines tâches comme sur edX, Coursera &#8230;) <strong>et de cMOOC </strong>(partager les connaissances de chacun et chacune, les confronter à celles des autres, créer de nouvelles connaissances, les renvoyer à la Communauté …) : <strong>un xcMOOC en quelque sorte</strong><strong>.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/10/eLearn2-xcMOOC.001.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-678" title="eLearn2-xcMOOC.001" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/10/eLearn2-xcMOOC.001.jpg" alt="" width="614" height="461" /></a><br />
</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>Brièvement nous vous proposons : </strong></span></p>
<ul>
<li>Une formation en ligne pour les enseignants et formateurs</li>
<li>Une progression <strong>à votre rythme</strong> au travers de modules d&rsquo;apprentissage</li>
<li><strong>Une formation uniquement à distance</strong> : autonomie maximale dans la gestion de votre temps !</li>
<li><strong>Des interactions </strong>au sein d&rsquo;une large communauté d&rsquo;apprentissage</li>
<li>La possibilité d&rsquo;obtenir des<strong> Open Badges</strong></li>
<li>Organisée conjointement par deux universités reconnues dans leur expertise de l&rsquo;eLearning (UCL, Université catholique de Louvain via l&rsquo;IPM  et l&rsquo;UCBL, Université Claude Bernard Lyon 1, via le service iCap)</li>
<li>Deux GO : Marcel Lebrun (UCL) et Christophe Batier (UCBL)</li>
</ul>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>Acquis d&rsquo;apprentissage à l&rsquo;issue de la formation :</strong></span></p>
<p>A l’issue du MOOC, vous serez capables de mobiliser, dans l&rsquo;élaboration d&rsquo;un dispositif pédagogique en ligne ou hybride et dans des argumentations pédagogiques, des connaissances relatives à</p>
<ul>
<li>Les valeurs ajoutées des technologies pour l’apprentissage</li>
<li>La conception d’un dispositif pédagogique efficace (cohérence entre objectifs d’apprentissage, activités et évaluation)</li>
<li>Les activités d’apprentissage et les outils de l’eLearning</li>
<li>Les modes de gestion des interactions des formés</li>
<li>Le tutorat en ligne</li>
</ul>
<p>Par ailleurs, vous aurez eu l’occasion de</p>
<ul>
<li>Découvrir et pratiquer différents outils exploitables pour l’eLearning</li>
<li>D&rsquo;analyser concrètement les complémentarités entre plateformes d&rsquo;eLearning et autres possibilités des réseaux sociaux</li>
<li>Vous exercer à la communication médiatisée et aux interactions en ligne</li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>Concrètement, n<strong>otre espace de xcMOOC proposera :</strong></strong></span></p>
<p><em><strong>A. Des modules d’apprentissage assez classiques mais des valeurs sûres :</strong></em></p>
<p>1. Enseigner et apprendre en ligne,<br />
2. Valeurs ajoutées de l’eLearning,<br />
3. Outils de l’eLearning,<br />
4. Objectifs d’apprentissage,<br />
5. Méthodes et activités,<br />
6. Evaluation certificative et formative,<br />
7. Interactions et tutorat,<br />
8. Enjeux juridiques,<br />
9. Scénariser son cours et l’évaluer</p>
<p>Ces modules comporteront ressources, exercices, des tâches à réaliser …  <strong>un xMOOC en quelque sorte. </strong>C’est notre façon de mettre à la disposition du plus grand nombre nos ressources. Mais, contrairement à une formule de formation classique en ligne, il n’y aura pas de tutorat, d’accompagnement spécifique par les responsables et accompagnateurs de la formation. Ces derniers assureront le bon fonctionnement de la formation.</p>
<p>Ces modules scanderont la formation à raison d&rsquo;un nouveau module toutes les une ou deux semaines (formation de 3 mois).</p>
<p><em><strong>B. Une communauté :</strong></em></p>
<p>C’est en effet la communauté des participants au MOOC (et nous en serons) qui assurera la vie de cette dernière, qui assurera l’accompagnement, la mutualisation des pratiques, le lancement et la relance des débats … <strong>Une communauté d’apprentissage se muant en communauté de pratiques, voilà le défi</strong>. Certains viendront pour voir ou pour observer, d’autres partageront leurs pratiques, certains seront les animateurs, d’autres seront des férus technopédagogues ou encore viendront étancher leur soif de connaissances … <strong>Voici notre façon de voir la partie cMOOC</strong>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>Et quels rôles pour chacun(e) ?</strong></span></p>
<p>De manière plus précise encore, <strong>les participants</strong> recevront, s’ils ont accompli les parcours et modules proposés, leur badge de “Participant au MOOC eLearn2″. Ceux qui se proposeront comme <strong>animateurs</strong> ou seront appelés à animer notre xcMOOC devront se constituer un portfolio (un dossier, un blog, un storify, un document avec les liens … à vos imaginations) contenant les preuves de leurs activités. Ce sera “<em>evidence-based</em>” ! Les animateurs pourront alors postuler pour le badge de “Animateur du MOOC eLearn2″ qui leur sera décerné par une validation conjointe des responsables et de leurs pairs. Et finalement, certains souhaiteront effectuer <strong>une petite recherche </strong>autour des pratiques, des besoins, des difficultés des uns et des autres dans la communauté. Une synthèse de leur recherche publiée dans la communauté et sur la Toile pourra leur donner accès au badge “Chercheur en MOOC : eLearn2″ …</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>Comme cela va-t-il se passer ?</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>La formation démarrera en début novembre 2014 et se terminera en février 2015</strong>. Cette ouverture de l&rsquo;espace eLearn2 (la plateforme centrale eLearn2 sur Claroline Connect) sera annoncée sur les réseaux sociaux qui encadreront cette formation : Twitter avec le #elearn2 et une communauté Google+. Les inscrits au départ de ce site seront avisés personnellement par un mail contenant les informations nécessaires</p>
<p><strong><span style="color: #0000ff;">Pour s&rsquo;inscrire au MOOC eLearn2, <a href="http://claco.univ-lyon1.fr/register/form"><span style="color: #ff0000;">cliquez ici</span></a> </span><br />
</strong></p>
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		<title>Claroline Connect the first real LMS ?</title>
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		<pubDate>Tue, 13 May 2014 10:31:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Considérations et méthodes pédagogiques (avec TIC)]]></category>
		<category><![CDATA[eLearning]]></category>
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		<category><![CDATA[Pédagogie]]></category>
		<category><![CDATA[Claroline Connect]]></category>
		<category><![CDATA[ICT]]></category>
		<category><![CDATA[learning]]></category>
		<category><![CDATA[LMS]]></category>
		<category><![CDATA[pedagogy]]></category>
		<category><![CDATA[Platforms]]></category>
		<category><![CDATA[teaching]]></category>

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		<description><![CDATA[According to Marcel Lebrun, a professor at the Université catholique de Louvain, the LMS (Learning Management Systems) are in fact TMS: Teaching Management Systems. It is the activity of the teacher that is valued to a far greater extent than the activity of the learner. [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Blogging, tagging, liking, sharing on Facebook, tweeting</strong> – <strong>social networking is second nature for today’s students. Over the last 10 years the web has steadily evolved, as have its educational applications.</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>At the beginning of the “noughties” the University of Lyon 1 developed Spiral, today known as Spiral Connect. Around the same time the Université catholique de Louvain created Claroline, today globally distributed and supported by an international consortium comprised of several international partners.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Now obsolete, Spiral Connect and Claroline have decided to pool their efforts and expertise to create a new generation platform, making it possible to meet a variety of uses in a variety of contexts.</strong> Since 2008 many competing platforms have attempted their conversion to a 2.0 approach, but have often only succeeded in producing &laquo;&nbsp;2.0 look-alike&nbsp;&raquo; solutions. On the strength of this experience, Claroline Connect is poised to bring more transversality (between the different roles, resources, tools) than platforms whose architecture has remained arborescent, linear and compartmentalised.</p>
<h2>LMS are TMS!</h2>
<p>According to <strong>Marcel Lebrun</strong>, a professor at the Université catholique de Louvain, the LMS (Learning Management Systems) are in fact TMS: Teaching Management Systems. It is the activity of the teacher that is valued to a far greater extent than the activity of the learner.</p>
<p>More versatility and flexibility, more user-friendliness, more intuitiveness, more stability, decompartmentalisation of courses and other activity areas, creation of fully-fledged training ecosystems composed of various resources, collaborative activities, involvement of students who themselves become the players and creators of resources alongside the teachers, connection with administrative applications of user organisations, deployment of a global network of interconnected platforms, the embracing of lifelong learning, etc. These are some of the objectives of this new platform.</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/05/Claco.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-665" title="logo-claroline-connect" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/05/Claco-300x210.jpg" alt="" width="300" height="210" /></a></p>
<p><span style="color: #3366ff;"><strong>From generic ideas to revamped features :</strong></span></p>
<p><strong>(1) Moving beyond (without ignoring) the concept of &laquo;&nbsp;course&nbsp;&raquo; towards &laquo;&nbsp;skills development.&nbsp;&raquo;</strong> Current platforms are mainly built around &laquo;&nbsp;courses&nbsp;&raquo; created by teachers and users. Without shelving them entirely, we propose <strong>the concept of activity areas</strong> that would be more versatile in the current environment. A problem-based approach, for example, bypasses several &laquo;&nbsp;courses&nbsp;&raquo; and targets the development of skills – a fertile contextualisation of a body of knowledge and resources. A portfolio is an activity area that is oriented and managed by the students as part of the validation of a curriculum. These capacities are steered and built via a programme approach – the interactive combination of several teachers.</p>
<p>(2) <strong>Using external resources to better focus on the learning tool</strong>. Current educational reforms are geared towards developing autonomous and even self-directed learning (learning to learn) among students. The PLE (Personal Learning Environments) are going from strength to strength in the age of Massive Open Online Courses or MOOC (such as Coursera or EdX). We have therefore focused on the <strong>reservoirs of resources available</strong> through the TDU (Thematic Digital Universities) – even MOOC and digital editions of textbooks. Areas of activities, fully-fledged aggregators of knowledge, could thus be created by the students themselves as part of a clearly defined educational project.</p>
<p>(3) <strong>Working as a network to give new meaning to classroom courses</strong>. <strong>Collective learning, collaborative learning or, better still, co-elaborative learning is where it’s at! </strong>Networks of learners (and we are all lifelong learners) are being created, which can mingle with networks of practitioners from the socio-professional world. &laquo;&nbsp;Traditional&nbsp;&raquo; universities are giving new meaning to classroom courses (the &laquo;&nbsp;campus&nbsp;&raquo;) in the form of broad collaborations either regionally or internationally. The &laquo;&nbsp;Claroline Connect&nbsp;&raquo; platform will thus communicate (or be communicable) with other platforms within the framework of the sharing and building of established knowledge and training tools.</p>
<p>(4) <strong>Managing the collectives, the communities, the groups&#8230;</strong> The collective again. Students, users, researchers are registered individually or cumulatively on &laquo;&nbsp;courses,&nbsp;&raquo; in programmes, in teams, in groups, or they can work in pairs or even solo on a specific project. All these links are clearly difficult to manage and monitor within the <strong>user&rsquo;s desktop</strong>, so this need must be met through prioritizing by offering hoppers (filters) and allowing the desktop to reconfigure itself according to the most pressing choices: the work that I am sharing with a certain other student, the project I am working on with a certain team, my subscriptions to certain services or to the portal of the institution&#8230;</p>
<p>(5) <strong>Sharing teaching tools.</strong> To conclude this brief overview, a teacher or a trainer who has built an interesting scenario, a particular tool (think of a &laquo;&nbsp;peer review&nbsp;&raquo; between students)&#8230; can abstract this tool by making it available as a model, a &laquo;&nbsp;template&nbsp;&raquo; for other teachers and trainers. <strong>The sharing of best practice</strong> is fundamental to the professional development of teachers – something that the new platform will make it possible to objectify.</p>
<p>(6) <strong>Mobile phones</strong>. Mobile devices, smartphones and tablets are increasingly used by our students to view resources, stay connected with their &laquo;&nbsp;groups&nbsp;&raquo; and share information. They have become the effective tools of lifelong learning&#8230; Claroline Connect must adapt to make use of these different screen sizes.</p>
<p><span style="color: #3366ff;"><strong>Two important features distinguish Claroline Connect from other LMS :</strong></span></p>
<p><strong>(1) Simplicity, intuitiveness across the board</strong>. While our  aim is to contribute to the professional development of teachers and to that of the education system on a broader scale, we feel it is important not to hinge the choice of platform on a long list of features or modules. All too often it is <strong>such purely IT-related considerations that drive the selection</strong>. A platform offering all possible modules, thus making it possible to perform complex tasks at a pedagogical level will often make it needlessly complicated to perform a simple task.</p>
<p>(2) <strong>Genericity and specificity</strong>. While wishing and encouraging the development and sharing of more specific modules requested by the member institutions or users, we feel it is important that the platform, through its core, <strong>allows the construction of shareable teaching tools from intelligent basic bricks, </strong>the tools of the platform.</p>
<p>Try it now : <a href="http://www.claroline.net/">http://www.claroline.net/</a> <a href="http://dev.claroline.net/">http://dev.claroline.net/</a></p>
<p>Thanks to AWT (<a href="http://www.awt.be/">Agence Wallonne des Technologies</a>) and <a href="https://twitter.com/elearningawt">Pascal Balancier</a> for the translation of <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=624">my original paper</a> in french</p>
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		<title>Une conférence inversée sur les Classes Inversées</title>
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		<pubDate>Sun, 12 Jan 2014 21:19:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Considérations et méthodes pédagogiques (avec TIC)]]></category>
		<category><![CDATA[Considérations et méthodes pédagogiques (sans TIC)]]></category>
		<category><![CDATA[eLearning]]></category>
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		<category><![CDATA[AIPU]]></category>
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		<description><![CDATA[La Section Belge de l'Association Internationale de Pédagogie Universitaire (AIPU) que je préside a lancé il y a quelque temps un nouveau type d'activité : le 10 > 20 > Trente ! Le premier portait sur les Flipped Classrooms, les classes inversées. Vidéo initiale d'introduction et débat en salle. [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2></h2>
<h2>Un <strong>10 &gt; 20 &gt; Trente</strong></h2>
<p>La Section Belge de l&rsquo;Association Internationale de Pédagogie Universitaire (<a href="http://www.aipu-assos.org">AIPU</a>) que je préside a lancé il y a quelque temps un nouveau type d&rsquo;activité : le 10 &gt; 20 &gt; Trente ! En deux mots de quoi s&rsquo;agit-il ?</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/01/Logo-10-20-30.jpg"><img class="size-medium wp-image-661 alignnone" title="Logo-10-20-30" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/01/Logo-10-20-30-300x84.jpg" alt="" width="300" height="84" /></a></p>
<p><em><strong><span style="color: #0000ff;">A distance</span></strong></em> :</p>
<p>10 minutes de présentation d’un « cas pédagogique ».</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong><em>En présentiel </em>:</strong></span></p>
<p>20 minutes de questions-réponses à propos du cas permettant aux participants d’obtenir des précisions et d’approfondir les aspects de celui-ci qui les intéressent.<br />
30 minutes de débat à partir d’une ou deux question(s) vive(s) sous-jacente(s) au cas.</p>
<p><strong><span style="color: #0000ff;"><em>Un suivi </em>:</span></strong></p>
<p>Chaque soiré 10&gt;20&gt;TRENTE  fera l’objet d’un « suivi » sous la forme d’une synthèse (orale ou écrite) effectuée par un professionnel de l’éducation.</p>
<h2>Une première</h2>
<p style="text-align: left;">Le Mardi 17 décembre, j&rsquo;avais le plaisir d&rsquo;inaugurer cette série d&rsquo;activités sur le Campus de l&rsquo;ULB, l&rsquo;Université Libre de Bruxelles. <strong>La thématique, je vous la donne en mille : les classes inversées</strong>. Je partage avec vous les 10 minutes (bon d&rsquo;accord, j&rsquo;en ai fait 15 &#8230; ce n&rsquo;est pas si simple) d&rsquo;exposé dont le ScreenCast était flippé à distance et la discussion qui s&rsquo;ensuivit en présence. <strong>Un bel exemple de Conférence inversée dont devrait s&rsquo;inspirer les organisateurs de colloques</strong> (pour éviter à la fin des communications, ces quelques malheureuses 5 minutes de questions-réponses) &#8230; avec un petit © AIPU !</p>
<p style="text-align: left;">Et voici la chaîne que j&rsquo;ai construite pour cet événement avec tout d&rsquo;abord le petit screencast de présentation des Classes inversées (PlayList 1/2) en ensuite le débat en présentiel qui suivit (PLayList 2/2 pendant environ 50 min) :</p>
<iframe class="youlist" style="width:640px;height:480px;" src="http://www.youtube.com/embed/?listType=playlist&list=PL-fCsG0-Rp6wwfuC8FS9lI4Ga4WaydvTj&#038;modestbranding=1&#038;showinfo=1&#038;theme=dark&#038;controls=1&#038;color=red&#038;rel=1&#038;start=0&#038;loop=0&#038;iv_load_policy=1&#038;fs=1&#038;disablekb=0&#038;autohide=2&#038;autoplay=0&#038;version=3"></iframe>
<p>Au passage, cette intégration de Vidéos YouTube dans WordPress (c&rsquo;est pas si facile) a été réalisée avec l&rsquo;extension <a href="http://wordpress.org/plugins/youlist/">YouList</a></p>
<p>Pour ceux qui préfèrent ainsi voici le <a href="http://youtu.be/Zn0XLovTxf4">screencast d&rsquo;intro</a> et le <a href="http://www.youtube.com/watch?v=0e9Hk46Dce4&amp;feature=share">débat</a> !</p>
<p>Voilà pour aujourd&rsquo;hui. Bonne lecture et n&rsquo;hésitez pas à partager et à commenter &#8230;</p>
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		<title>Entre xMOOC et cMOOC &#8230; redonner du sens à la présence ?</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Dec 2013 14:51:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Apprendre]]></category>
		<category><![CDATA[Considérations et méthodes pédagogiques (avec TIC)]]></category>
		<category><![CDATA[Considérations et méthodes pédagogiques (sans TIC)]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans ce billet, je souhaite avancer quelque peu dans cette réflexion dans le sens d'une hybridation (souhaitable selon moi) entre la présence (ce qui se fait ou devra se faire sur le Campus du XXIème siècle) et la distance (l'externalisation des savoirs, les MOOC, les compétences exercées dans les communautés d'apprentissage ou de pratiques en ligne). [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Lors d&rsquo;un <a href="http://www.youtube.com/watch?v=hBPSQAPFG_c&amp;feature=share&amp;list=UUIoJG2ZWbxpd3xDBCQ-hPfA">webinaire organisé pour les &laquo;&nbsp;Dix ans de T@d&nbsp;&raquo;</a>, j&rsquo;ai abordé la question de la rencontre entre les xMOOC (des MOOC plutôt transmissif) et les  cMOOC (d&rsquo;approche résolument connectiviste) avec le concept de <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=612">Classes inversées</a> (Flipped Classrooms). J&rsquo;avais décrit il y a quelque temps <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=629">les aspects pédagogiques de cette nouvelle vague</a> en introduisant certaines questions relatives à &laquo;&nbsp;mais que vont devenir les campus ?&nbsp;&raquo;  sur un ton un tout petit peu provocant du style &laquo;&nbsp;De qui se mooc-t-on ?&nbsp;&raquo;</p>
<p>Dans ce billet, je souhaite avancer quelque peu dans cette réflexion dans le sens d&rsquo;une hybridation (souhaitable selon moi) entre la présence (ce qui se fait ou devra se faire sur le Campus du XXIème siècle) et la distance (l&rsquo;externalisation des savoirs, les compétences exercées dans les communautés d&rsquo;apprentissage ou de pratiques en ligne).</p>
<p>Ma première réflexion sera de partir de l&rsquo;hybridation, selon moi, le chemin de l&rsquo;innovation. Cette dernière ne choisit pas généralement entre les polarisation exacerbées des &laquo;&nbsp;pour&nbsp;&raquo; et des &laquo;&nbsp;contre&nbsp;&raquo;, entre le &laquo;&nbsp;côté obscur&nbsp;&raquo; et le &laquo;&nbsp;côté clair de la force&nbsp;&raquo;. Elle s&rsquo;insinue dans les pratiques et les usages en les modifiant lentement &#8230; mon cynisme (oui, oui, parfois) par rapport à ces déclarations tonitruantes se transforme en pragmatisme dans l&rsquo;action sous approche expérimentale &#8230; à la recherche de cohérences.</p>
<p>Allez on y va.</p>
<h2>1. Les dispositifs hybrides, un chemin pour l&rsquo;innovation</h2>
<p style="text-align: center;"><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2013/12/Sans-titre.004.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-653" title="Sans titre.004" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2013/12/Sans-titre.004.jpg" alt="" width="614" height="461" /></a></p>
<p>Le mot « dispositif » est fréquemment utilisé dans la littérature et ce dans différents domaines : appareillage sophistiqué, stratégie militaire, campagne de presse … <strong>Nous entendons par dispositif</strong> un ensemble cohérent constitué de ressources, de stratégies, de méthodes et d’acteurs interagissant dans un contexte donné pour atteindre un but. Le but du <strong>dispositif pédagogique</strong> est de faire apprendre quelque chose à quelqu’un ou mieux (peut-on faire apprendre ?) de permettre à « quelqu’un » d’apprendre « quelque chose » (Lebrun, 2005).</p>
<p>En ce qui concerne <strong>l’hybridation</strong>, nous la considérons comme un mélange fertile et en proportions variables de différentes modalités de formation, en présentiel et à distance (Charlier, Deschryver et Peraya, 2006) mais aussi entre des postures d’enseignement transmissif (l’enseignement au sens strict n’exige plus la présence physique en un temps et un lieu donnés, mais peut sortir de l’ex-cathedra pour atteindre l’étudiant où il se trouve) et des postures davantage liées à l’accompagnement de l’apprentissage.</p>
<p><strong>Les dispositifs hybrides</strong> que nous considérons ici sont ainsi supportés par une plateforme technologique (un rassemblement d’outils) et leur caractère hybride provient d’une modification de leurs constituants (ressources, stratégies, méthodes, acteurs et finalités) par une recombinaison des temps et des lieux d’enseignement et d’apprentissage : il s’agit donc bien d’un continuum dont une dimension est liée au rapport présence-distance et une autre au rapport « enseigner »-« apprendre ». On trouvera une intéressante typologie des dispositifs hybrides dans l’article de Burton et al. (2011), un fruit de la recherche <a href="http://spiralconnect.univ-lyon1.fr/webapp/website/website.html?id=1578544">Hy-SUP</a> à laquelle nous participons.</p>
<p>Burton, R., Borruat, S., Charlier, B., Coltice, N., Deschryver, N., Docq, F., Eneau, J., et al. (2011). Vers une typologie des dispositifs hybrides de formation en enseignement supérieur. <em>Distances et Savoirs</em>, 9(1), 69–96.</p>
<p>Charlier, B., Deschryver, N. et Peraya, D. (2006). Apprendre en présence et à distance. Une définition des dispositifs hybrides. <em>Distances et Savoirs</em>, 4(4), p. 469-496.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2013/12/Sans-titre.005.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-654" title="Sans titre.005" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2013/12/Sans-titre.005.jpg" alt="" width="614" height="461" /></a></p>
<p style="text-align: left;">L&rsquo;image ci-dessus présente une vue caricaturale (les pôles dont nous avons parlé) de &laquo;&nbsp;l&rsquo;enseignement traditionnel&nbsp;&raquo;. Le &laquo;&nbsp;Cours&nbsp;&raquo; a lieu en temps et lieu fixés. L&rsquo;apprentissage (vous connaissez, &laquo;&nbsp;on ne peut pas apprendre à la place de quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;on n&rsquo;apprend pas en ligne, on apprend en soi&nbsp;&raquo; &#8230;) se passe bien souvent dans la solitude &#8230;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2013/12/Sans-titre.006.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-655" title="Sans titre.006" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2013/12/Sans-titre.006.jpg" alt="" width="614" height="461" /></a></p>
<p style="text-align: left;">Le tableau se complète &#8230; Les savoirs sont externalisés (ils l&rsquo;étaient déjà avec le livre !), les documents, les médias, les MOOC le transmettent largement. Ils sont aussi et déjà accessibles dans ce que nous apprenons de manière informelle &#8230; en dehors de la classe. L&rsquo;apprentissage, lui, est aussi social &#8230; on apprend toujours tout seul mais jamais sans les autres, selon l&rsquo;aphorisme de Philippe Carré (l&rsquo;Apprenance 2005). Vous l&rsquo;avez compris, les classes inversées se nichent dans les images éclairées de la figure ci-dessus : <strong><em>Lectures at home and HomeWork in classes</em></strong>, disais-je.</p>
<h2>2. Le chemin se poursuit dans le &laquo;&nbsp;virtuel&nbsp;&raquo; &#8230; Le flip s&rsquo;étend dans le MOOC</h2>
<p style="text-align: center;"><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2013/12/Sans-titre.009.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-656" title="Sans titre.009" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2013/12/Sans-titre.009.jpg" alt="" width="614" height="461" /></a></p>
<p style="text-align: left;">Autour de cette conceptualisation des Classes inversées (encadrée en bleu sur la figure ci-dessus), nous avons indiqué des lignes d&rsquo;évolution intégrative (le multimédia ne &laquo;&nbsp;remplace&nbsp;&raquo; pas le livre tout comme la tradition orale est bien toujours présente, le connectivisme n&rsquo;élude pas la réalité du constructivisme &#8230;) à la fois technocentrée (en haut) et pédagogico-centrée (en bas). xMOOC et cMOOC nous arrivent en peu de temps en fait (depuis 2008) avec leurs potentiels (j&rsquo;insiste sur ce mot) qu&rsquo;il s&rsquo;agira d&rsquo;actualiser dans nos contextes, dans nos cadres de vie. En particulier, cette &laquo;&nbsp;mise à distance&nbsp;&raquo; des savoirs et des compétences à exercer et à développer nous revient, comme dans une sorte d&rsquo;effet boomerang, pour nous interroger sur la présence. Très positivement et dans une perspective humaniste, nous devons nous interroger sur les valeurs ajoutées de ces avancées fantastiques promues par les technologies actuelles. Nous n&rsquo;avons pas le cerveau vide, nous avons le cerveau libre &#8230; serons-nous assez intelligents pour profiter de ce potentiel (j&rsquo;insiste à nouveau) émancipateur.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2013/12/Sans-titre.010.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-657" title="Sans titre.010" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2013/12/Sans-titre.010.jpg" alt="" width="614" height="461" /></a></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: left;">De manière plus schématique, voici comment je vois cette position des Classes inversées au sein des mouvances actuelles des MOOC &#8230; Une chance à saisir pour les Campus !</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-658" title="MOOC et Flipp.001" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2013/12/MOOC-et-Flipp.001.jpg" alt="" width="614" height="461" /></p>
<h2>3. Plongée en abîme : la reconsidération de la présence &#8230; réorganise la distance !</h2>
<p style="text-align: left;">Nous avons présenté une autre forme d&rsquo;hybridation entre xMOOC et cMOOC (cette fois ci purement &laquo;&nbsp;à distance&nbsp;&raquo;) dans la formation eLearn2 que nous organisons actuellement.</p>
<p style="text-align: left;">Ce <a href="http://www.elearn2.eu/webapp/website/website.html?id=1938035">x-c-MOOC eLearn2</a>, une hybridation entièrement à distance, est construit ainsi :</p>
<p>1) <strong>Une formule tutorée</strong> qui concerne une trentaine de participants (de l’UCL, une vingtaine d’enseignants et de Lyon, une dizaine). Ils viennent avec un projet de mise en ligne d’une formation et les instituts de pédagogie universitaire de ces institutions (IPM à Louvain et iCap à Lyon) les accompagneront pendant 25 semaines dans la construction de leur cours en ligne. Cette formation « formelle » en ligne donne droit à un certificat d’université (à Louvain) et un DU (à Lyon) de 10 crédits.</p>
<p>(2) <strong>Un xMOOC</strong>, constitué à l’heure actuelle d’environ 1200 participants (la Communauté eLearn2) qui suivent les mêmes modules de formation (des vidéos, des exercices, des tâches) que les premiers <strong>mais ici, c’est la communauté elle-même (un cMOOC donc)</strong> qui s’auto-organise pour l’accompagnement … Il est super intéressant de voir cette communauté poser des questions, se répondre, proposer des activités, tenir leurs Blogs … Des participants lancent des visioconférences en ligne, organisent des recherches … La formation continue de demain &#8230;</p>
<p><strong>Originalité</strong> : c’est deux formations emboitées (le coeur des 30 participants tutorés et la communauté eLearn2) se déroulent sur la toute nouvelle plateforme (Claroline Connect) que nous avons développée en concertation avec Lyon .. une plateforme de nouvelle génération qui permet de soutenir la communauté et de faire interagir les participants. Cette plateforme qui a été présentée il y a deux semaines (lors de notre conférence des utilisateurs de Claroline à Oujda, Maroc) est à la fois le support technique et l’objet de la première semaine de formation : découvrir la plateforme mais aussi faire remonter les bugs découverts vers les développeurs …. Une plateforme proche des utilisateurs qui travaillent avec nous à la parachever : une forme de codesign … En quelques semaines, par cette interaction entre les utilisateurs et les développeurs, un travail de plusieurs mois a été effectué !</p>
<p><strong>(3)</strong> Plus loin encore, nous avons créé « autour » de la plateforme Claroline Connect <strong>un réseau Google+</strong> de personnes curieuses, intéressées … Un lien entre la plate-forme ancrée institutionnellement (Claroline Connect) et le réseau mondial (Google+)</p>
<p>Nous pensons que notre initiative qui allie la formation accompagnée et la formation ouverte préfigure peut-être l’enseignement de demain suite à l’externalisation de la transmission des connaissances prônée par les xMOOC. Une formation &laquo;&nbsp;locale&nbsp;&raquo; et hybride (les 30 participants accompagnés) plongée dans une communauté connectée via une plateforme, le tout plongé dans le réseau mondial … Nous avons représenté cette structure dans le dessin ci-dessous.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2013/12/eLearn2.017.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-659" title="eLearn2.017" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2013/12/eLearn2.017.jpg" alt="" width="614" height="461" /></a></p>
<p style="text-align: left;">Merci pour vos commentaires, vos avis &#8230; et si cela vous plait bien, partagez !</p>
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		<title>Modéliser son PLE ou son EAP &#8230; Essais</title>
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		<pubDate>Sun, 03 Nov 2013 21:15:47 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Je reprends, dans ce court mais illustré billet, quelques modélisations génériques que j'avais réalisées à l'occasion de conférences données ici et là ... Je ne sais si, en ces années (2011 et 2012), j'utilisais déjà les termes de PLE (Personal learning Environment) ou EAP (Environnement d'Apprentissage Personnel) ? [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Je reprends, dans ce court mais illustré billet, quelques modélisations génériques que j&rsquo;avais réalisées à l&rsquo;occasion de conférences données ici et là &#8230; Je ne sais si, en ces années (2011 et 2012), j&rsquo;utilisais déjà les termes de PLE (Personal learning Environment) ou EAP (Environnement d&rsquo;Apprentissage Personnel) ?</p>
<h2><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;"><span style="color: #0000ff;">Une modélisation  basée sur un cycle comme le cycle de l&rsquo;eau &#8230; </span></span></h2>
<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">Nos productions envoyées sur la toile constituent une sorte d&rsquo;évaporation qui va être concentrée dans les nuages et redistribuée ensuite &#8230; Vous complèterez à loisir cette image. Cette modélisation un peu fantaisiste est apparue dans une conférence donnée pour la FFFOD (9èmes rencontres) à Orléans en Novembre 2011.</span></p>
<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">- Sur Slideshare : <a href="http://fr.slideshare.net/fffod/apprentissage-20-et-dispositif-de-formation-marcel-lebrun-9r-10284585">http://fr.slideshare.net/fffod/apprentissage-20-et-dispositif-de-formation-marcel-lebrun-9r-10284585</a> (dia 70-71/76)</span></p>
<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">- Sur YouTube : <a href="http://youtu.be/L1fijikaL5c">http://youtu.be/L1fijikaL5c </a> (1.04.54)</span></p>
<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;"><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2013/11/EPA-Cycle.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-644" title="EPA-Cycle" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2013/11/EPA-Cycle.jpg" alt="" width="793" height="513" /></a> NB : je me suis &laquo;&nbsp;un peu&nbsp;&raquo; inspiré d&rsquo;un dessin paru depuis dans : <a href="http://edtechpost.wikispaces.com/PLE+Diagrams">http://edtechpost.wikispaces.com/PLE+Diagrams</a></span></p>
<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;"><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2013/11/MyPLEdiagram.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-645" title="MyPLEdiagram" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2013/11/MyPLEdiagram-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a></span></p>
<h2><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;"><span style="color: #0000ff;">Une modélisation basée sur le modèle IMAIP</span></span></h2>
<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">Une autre modélisation encore plus générique mais construite sur la base de mon modèle pragmatique d&rsquo;apprentissage IMAIP (Informations, Motivations, Activités, Interactions, Productions) parfois écrit comme :  I&rsquo;aM An Innovative Professor :=). Sérieusement, l&rsquo;idée de base est que l&rsquo;on construit son EAP comme un outil pour apprendre &#8230; d&rsquo;où un modèle d&rsquo;apprentissage.</span></p>
<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;"><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2013/11/EPA-IMAIP.046.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-646" title="EPA-IMAIP.046" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2013/11/EPA-IMAIP.046.jpg" alt="" width="1024" height="768" /></a>On remarquera aussi que j&rsquo;ai associé les 5 pôles du modèle avec certaines compétences à développer ou nécessaires pour construire un EAP  (Compétences LLL : LifeLong Learning)</span></p>
<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">Cette modélisation a été utilisée dans une Conférence donnée lors de TICE Alpes 2012 (Grenoble, 28 et 29 Juin 2012) : Temps de la technologie, temps de la pédagogie</span></p>
<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">- Sur YouTube : <a href="http://youtu.be/3eAyvzPFmf0 ">http://youtu.be/3eAyvzPFmf0 </a> (1.01.32)</span></p>
<p>Bon travail aux collègues du MOOC eLearn2 (qui bossent sur le Module 0)</p>
<p>NB : Pour ceux qui veulent en savoir plus sur ce modèle IMAIP, rendez-vous <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=579">ici</a></p>
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