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	<title>Blog de M@rcel &#187; compétences</title>
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	<description>Un blog sur la pédagogie, la technologie et aussi sur un peu de tout</description>
	<lastBuildDate>Tue, 17 Jul 2018 08:38:36 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Classes inversées, les effets : I. Les &#171;&#160;résultats&#160;&#187; des élèves et des étudiants</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Jul 2018 13:20:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Apprendre]]></category>
		<category><![CDATA[Considérations et méthodes pédagogiques (avec TIC)]]></category>
		<category><![CDATA[Considérations et méthodes pédagogiques (sans TIC)]]></category>
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		<description><![CDATA[Cet article est le premier relatif aux effets des classes inversées. Il porte essentiellement sur les aspects cognitifs, les connaissances et compétences acquises par les élèves et les étudiants ayant reçu un enseignement en classe inversée et sur les effets éventuels de cette panoplie de méthodes [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Introduction</h2>
<p>Cet article est le premier relatif aux effets des classes inversées. Il porte essentiellement sur les aspects cognitifs, les connaissances et compétences acquises par les élèves et les étudiants ayant reçu un enseignement en classe inversée et sur les effets éventuels de cette panoplie de méthodes. Le second portera davantage sur les éléments motivationnels. Nous ferons tout d&rsquo;abord un rappel sur La ou Les classes(s) inversée(s). Ensuite, nous aborderons quelques préalables ou précautions à prendre pour aborder la question de l&rsquo;efficacité des méthodes. Finalement, nous passerons en revue brièvement (en renvoyant vers des références utiles et récentes), quelques résultats.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2>1. De LA classe inversée aux ClasseS InverséeS</h2>
<p>Les dispositifs pédagogiques de classes inversées sont apparus, il y a quelques années, dans le panorama des dispositifs pédagogiques (des stratégies pédagogiques). Pour ma part, après une brève allusion sur ce Blog dès 2011, j&rsquo;en parlais déjà dans une <a href="https://youtu.be/kYbxdfGxRi4">causerie</a> avec mon collègue et ami Christophe Batier lors du Congrès AIPU 2012 (Association Internationale de Pédagogie Universitaire) tenu au Quebec à l&rsquo;Université de Trois-Rivières. Le propos (un peu provocant certes) concernait ce que j&rsquo;ai appelé plus tard &laquo;&nbsp;La classe inversée&nbsp;&raquo; avec le slogan &laquo;&nbsp;Les leçons à la maison, les devoirs en classe&nbsp;&raquo;. Comme bien souvent dans les processus d&rsquo;innovation, ce concept, cette idée initiale (issue de pionniers créatifs &#8230; on cite Eric Mazur, Jonathan Bergmann &amp; Aaron Sans &#8230;) allait se transformer et s&rsquo;adapter dans un processus progressif d&rsquo;appropriation par les enseignants et formateurs pour devenir une véritable &laquo;&nbsp;tête de pont&nbsp;&raquo; de l&rsquo;innovation pédagogique voire une pratique de plus en plus institutionnalisée ; en cela, l&rsquo;innovation ressemble à un processus d&rsquo;apprentissage à large échelle (des idées déjà-là en l&rsquo;état embryonnaire, encore imparfaites qui vont se transformer par &laquo;&nbsp;assimilation et accommodation&nbsp;&raquo;). Un peu plus tard en 2016, je démontrais le large éventail de pratiques effectives sous la seule dénomination &laquo;&nbsp;Classe inversée&nbsp;&raquo; : c&rsquo;est ainsi que je proposais de parler plutôt &laquo;&nbsp;des classes inversées&nbsp;&raquo; avec un éloquent pluriel.</p>
<p><strong>Sur ce Blog, nous trouvons les jalons de cette évolution :</strong></p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=583">Dispositif Hybride, flipped classroom … suite</a> <strong>en 2011</strong></p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=612">Classes inversées, Flipped Classrooms … Ca flippe quoi au juste ?</a> <strong>en 2012</strong></p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=740">Classes Inversées, étendons et « systémisons » le concept !</a> <strong>en 2014</strong></p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=868">Les classes inversées : intégration d’idées pédagogiques anciennes pour une réelle innovation</a> <strong>en 2017</strong></p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=791">Les classes inversées … paysage ouvert et visite guidée</a> <strong>en 2017</strong></p>
<p>Pour le lecteur pressé, voici une petite vidéo (20 minutes) pour appréhender la largeur des dispositifs de classes inversées :</p>
<p><iframe  id="_ytid_40782" width="480" height="270" src="https://www.youtube.com/embed/U8J24T-eY0U?enablejsapi=1&#038;autoplay=0&#038;cc_load_policy=0&#038;iv_load_policy=1&#038;loop=0&#038;modestbranding=0&#038;rel=1&#038;showinfo=1&#038;playsinline=0&#038;autohide=2&#038;theme=dark&#038;color=red&#038;wmode=opaque&#038;vq=&#038;controls=2&#038;" frameborder="0" class="__youtube_prefs__" allowfullscreen data-no-lazy="1"></iframe></p>
<p>Pour le lecteur à la recherche de bases plus scientifiques à la typologie des classes inversées et à leurs effets différentiés, un article de 2016 d&rsquo;<a href="http://revueeducationformation.be/index.php?revue=25&amp;page=3">Education &amp; Formation</a> à télécharger <a href="http://revueeducationformation.be/include/download.php?idRevue=25&amp;idRes=268">ici</a>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2> 2. L&rsquo;efficacité des méthodes pédagogiques, un large champ encore à explorer ?</h2>
<p>Que voici une question fréquente sur les réseaux sociaux et dans les journées pédagogiques ! Une question très difficile à aborder en fait. Elle revient &#8211; légitimement &#8211; lors de la venue de chaque innovation pédagogique que ce soit l&rsquo;apport de certains outils technologiques (tablettes, tableau blanc interactif &#8230;) ou encore dans le cadre de &laquo;&nbsp;nouvelles&nbsp;&raquo; méthodes comme l&rsquo;apprentissage par problèmes, l&rsquo;apprentissage collaboratif &#8230; On se pose alors &#8211; tout aussi légitimement &#8211; la question de l&rsquo;efficacité mais par  rapport à quoi : l&rsquo;acquisition des savoirs, le développement de compétences et d&rsquo;attitudes, l&rsquo;adoption de certaines valeurs &#8230; voire par rapport à l&rsquo;enseignement dit &laquo;&nbsp;traditionnel&nbsp;&raquo; dont on ne s&rsquo;interroge plus sur l&rsquo;efficacité, un enseignement moyen, passe-partout en quelque sorte. Dans notre livre &laquo;&nbsp;Théories et méthodes pour enseigner et apprendre&nbsp;&raquo; (De Boeck, 2007), nous écrivions à propos des outils technologiques :</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Parler de l’efficience </strong>(ou de l&rsquo;efficacité)<strong> d’un outil pédagogique nécessite de se référer aux méthodes dans lesquelles cet outil prendra place et plus loin encore aux objectifs éducatifs qui les sous-tendent&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p>Il s&rsquo;agit donc, pour évaluer l&rsquo;efficacité d&rsquo;une quelconque méthode pédagogique, de considérer les objectifs pédagogiques qu&rsquo;elle permettra d&rsquo;atteindre. S&rsquo;agit-il de mémoriser, de comprendre, de résoudre des exercices ou de décortiquer des problèmes, d&rsquo;analyser des situations, de développer la compétence à travailler en équipe ou à communiquer, d&rsquo;élaborer un système de valeurs ? La méthode, c&rsquo;est le chemin (de &laquo;&nbsp;<em>odos</em>&nbsp;&raquo; en grec) mais pour aller où ? Il s&rsquo;agit aussi selon l&rsquo;alignement pédagogique (<em>Constructive Alignment</em>, alignement constructif de Biggs, voir <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?page_id=289">cette référence</a> en son point III) de se doter des indicateurs qui permettront de jauger l&rsquo;atteinte de ces objectifs par les apprenants, bref de se donner les moyens d&rsquo;évaluer cette atteinte. Tout ceci me fait penser à la citation de Mager (un pionnier de la théorie des objectifs pédagogiques) : <em>Si vous n&rsquo;êtes pas certain d&rsquo;où vous voulez aller, vous risquez de vous retrouver ailleurs</em>. J&rsquo;avais d&rsquo;ailleurs ajouté &laquo;&nbsp;vous risquez de vous retrouver ailleurs &#8230; et de ne pas le savoir&nbsp;&raquo;. Richard Prégent, un auteur très connu en pédagogie, concluait sur un point relatif à l&rsquo;efficacité des méthodes qu&rsquo;aucune méthode n&rsquo;est, en soi, meilleure qu&rsquo;une autre. Tout dépend des objectifs que vous vous donnez ou mieux que vous donnez comme buts à vos élèves ou étudiants.</p>
<p>Pour beaucoup, ces propos, sur la cohérence à rechercher entre Objectifs, Méthodes et Évaluation relèvent de l&rsquo;évidence. Et pourtant ! Voici un exemple &#8211; souvent cité, indûment selon nous, à l&rsquo;encontre des méthodes dites actives &#8211; relatif aux travaux de Hattie (dans son livre <em>Visible Learning, </em>voir <a href="http://people.oregonstate.edu/~flayb/MY%20COURSES/H676%20Meta-Analysis%20Fall2016/Examples%20of%20SRs%20&amp;%20MAs%20of%20interventions/Hattie2000%20Synthesis%20of%20over%20800%20meta-analyses%20relating%20to%20achievement%20-%20first%2029%20pages.pdf">cette référence</a> pour une synthèse). Il mena des recherches sur (aujourd&rsquo;hui)  plus de 1400 méta-analyses qui résument plus que 80000 études particulières sur différents types de méthodes pédagogiques. On dit même que, en tout, 300 millions d’élèves &laquo;&nbsp;en âge d&rsquo;école&nbsp;&raquo; (les K-12 entre 6 et 18 ans) ont été concernés par ces recherches sur la réussite et l’apprentissage. La figure ci-dessous (tirée de <a href="http://www.cambridgeinternational.org/images/271174-active-learning.pdf">cette référence</a>) résume les résultats de son travail.</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2018/07/Capture-d’écran-2018-07-11-à-11.49.06.png"><img class="aligncenter wp-image-885 " src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2018/07/Capture-d’écran-2018-07-11-à-11.49.06.png" alt="Capture d’écran 2018-07-11 à 11.49.06" width="880" height="320" /></a></p>
<p><strong>Tout d&rsquo;abord, on le voit, les différentes méthodes sont classées en deux colonnes</strong> :</p>
<ul>
<li>celle de gauche avec <strong>un rôle central de l&rsquo;enseignant</strong> qui agit comme un activateur en forte interaction avec les apprenants (à ne pas confondre avec un enseignement frontal ou expositif) et</li>
<li>celle de droite où <strong>l&rsquo;apprentissage est laissé dans une certaine autonomie guidée à l&rsquo;apprenant</strong> et où l&rsquo;enseignent agit comme facilitateur (apprentissage par découverte, par résolution de problèmes  &#8230;) .</li>
</ul>
<p>Par exemple, à gauche,  le &laquo;&nbsp;Reciprocal teaching&nbsp;&raquo; est un enseignement dans lequel la signification (d&rsquo;un texte par exemple) est construite au travers d&rsquo;un dialogue serré entre l&rsquo;enseignant et les étudiants. Le &laquo;&nbsp;Direct instruction&nbsp;&raquo; (trop souvent traduit par une certaine forme d&rsquo;enseignement magistral) consiste en une méthode où les connaissances à transmettre sont découpées en &laquo;&nbsp;grains&nbsp;&raquo; suffisamment petits pour être accessibles aux élèves en interaction forte avec l&rsquo;enseignant ou d&rsquo;autres élèves en groupe. On passe ainsi du plus simple au plus complexe dans des étapes soigneusement scénarisées. On y souligne l&rsquo;importance des interactions et des feedbacks dans une sorte d&rsquo;échafaudage constructif. A droite, on retrouve l&rsquo;enseignement sur la base de différentes situations de recherche (inquiry-based) ou de problèmes (problem-based) avec une autonomie plus grande des élèves dans la construction des savoirs.</p>
<p>Le paramètre &laquo;&nbsp;d&nbsp;&raquo; représente le gain entre la méthode considérée et un échantillon aléatoire (la méthode de référence). Un gain (un effet) de 1 unité représente un décalage vers le haut d&rsquo;environ un écart-type (dans son livre, Hattie fait l&rsquo;analogie, considérant la distribution de la taille des humains, entre une personne de 1, 60 m et une autre de 1, 83, c&rsquo;est visible ; un effet de 0,29 différencierait une personne de 1,80 m d&rsquo;une autre de 1, 82 m) . Un gain de 0,4 représente un gain typique (moyen) correspondant à une année d&rsquo;étude &laquo;&nbsp;classique&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Nulle critique donc dans ces travaux des méthodes actives ou interactives : nous y lisons plutôt l&rsquo;importance mise sur la guidance de l&rsquo;enseignant (activateur) et une critique d&rsquo;un constructivisme &laquo;&nbsp;radical&nbsp;&raquo; dans lequel l&rsquo;apprentissage serait mis dans les seules mains de l&rsquo;apprenant.</p>
<p>Ceci dit, intéressons-nous à ce qui est mesuré (sur quoi portent les tests, objets des comparaisons effectuées) dans cette ample recherche : dans les comparaisons effectuées, on compare les résultats à des tests standardisés (dans différentes disciplines) passés par les élèves ayant travaillé dans la méthode considérée aux résultats obtenus par d&rsquo;autres élèves dans la méthode de référence. Ces tests portent sur des niveaux cognitifs de l&rsquo;ordre de la mémorisation, de la compréhension ou encore de l&rsquo;application (des objectifs dont l&rsquo;évaluation est de nature quantitative et accessible à des tests standardisés). Pour ces compétences-là et celles-là seulement, il n&rsquo;est pas étonnant d&rsquo;observer que la méthode de &laquo;&nbsp;direct instruction&nbsp;&raquo; (basée sur des feedbacks et des interactions fortes avec l&rsquo;enseignant) donne des résultats supérieurs à une méthode du type &laquo;&nbsp;Problem-based learning&nbsp;&raquo; (davantage orientée vers la prise d&rsquo;autonomie des élèves ou alors vers des compétences transversales dont la mesure du développement est hors de portée le plus souvent de tests quantitatifs).</p>
<p>On peut aussi considérer que les méthodes dans la colonne de droite, sans donner des résultats spectaculaires &#8211; des différences significatives &#8211; en termes de connaissances ou d&rsquo;application de ces dernières, restent dans &laquo;&nbsp;la moyenne&nbsp;&raquo; : s&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;effet positif (pour les compétences de mémorisation, de compréhension ou encore d&rsquo;application), il n&rsquo;y pas de perte non plus. Une méthode comme l&rsquo;apprentissage par problèmes ou l&rsquo;apprentissage par recherche vise des compétences plus larges (transversales) en particulier, l&rsquo;analyse, le sens critique, l&rsquo;évaluation, la créativité ou encore la recherche et la validation d&rsquo;informations le plus souvent hors de portée de tests standardisés. Encore une fois, difficile de classer des méthodes sans y associer les objectifs poursuivis. C&rsquo;est une question de validité du test.</p>
<p><strong>C&rsquo;est un constat auquel je suis de maintes fois arrivé dans le domaine des &laquo;&nbsp;effets des technologies et du numérique sur l&rsquo;apprentissage&nbsp;&raquo;</strong>. Typiquement, on y compare un groupe d&rsquo;élèves avec TICs et un groupe sans TIC, on prend la précaution de faire un prétest (identique pour les deux groupes) avant l&rsquo;expérimentation et un posttest après l&rsquo;expérimentation. On en déduit alors le gain entre les deux groupes. On conclut bien souvent par des résultats mitigés voire un NSD (<strong>No Significant Difference</strong>, pas de différence significative). Il n&rsquo;y a ni gain ni perte sur les connaissances et compétences cognitives. Les auteurs concluent souvent sur des effets ailleurs, hors de portée des évaluations classiques, probablement sur des compétences de haut niveau (analyse, synthèse, créativité &#8230;) ou des compétences transversales (chercher et valider l&rsquo;information, exercer son esprit critique, travailler en équipe, évaluer les productions de pairs &#8230;). Le lecteur intéressé par mes analyses ira voir <a href="http://sticef.univ-lemans.fr/num/vol2011/03r-lebrun-tice/sticef_2011_lebrun_03r.htm">cet article</a> (que j&rsquo;ai écrit en 2010) portant sur les effets des technologies et du numérique.</p>
<p><strong>En voici un extrait particulièrement ciblé sur notre problématique</strong> :</p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>Les recherches les plus fréquentes, souvent construites sur une comparaison « avec et sans technologie » et axées sur les effets en termes de « réussite » des apprenants dans un contexte limité (par exemple : une institution donnée, un outil particulier, une discipline spécifique) ont la plupart du temps été marquées par un no significant difference, un phénomène amplement relevé dans la littérature <span class="indexbiblio"><a href="http://sticef.univ-lemans.fr/num/vol2011/03r-lebrun-tice/sticef_2011_lebrun_03r.htm#(Russell, 2009)">(Russell, 2009)</a></span>. Remarquons que ces effets en demi-teinte peuvent être étendus à des recherches « avec telle ou telle méthode pédagogique comparée à l’enseignement dit traditionnel ». Les méta-recherches pionnières de Kulik et al. allaient également déjà dans ce sens, les légères différences observées entre les dispositifs étant bien souvent entachées de variance importante ou alors noyées dans un bruit de fond lié à la variété des disciplines, aux différentes méthodes pédagogiques encadrant les outils, ainsi qu&rsquo;aux modalités d&rsquo;évaluations des apprentissages réalisés <span class="indexbiblio"><a href="http://sticef.univ-lemans.fr/num/vol2011/03r-lebrun-tice/sticef_2011_lebrun_03r.htm#(Kulik et al., 1980)">(Kulik et al., 1980)</a></span>. Environ vingt ans plus tard, Morgan dans son analyse des effets des LMS (Learning Management System) parle de pédagogies accidentelles pour les qualifier <span class="indexbiblio"><a href="http://sticef.univ-lemans.fr/num/vol2011/03r-lebrun-tice/sticef_2011_lebrun_03r.htm#(Morgan, 2003)">(Morgan, 2003)</a></span>.</em></p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong><em>Les causes les plus probables de ces résultats peu probants et peu décisifs, en termes de stratégie institutionnelle, par exemple, sont selon nous :</em></strong></p>
<p style="padding-left: 30px;"><em><tt>- </tt>soit que le véhicule technologique n’implique pas nécessairement une refonte des ressources ou de la pédagogie utilisée (le dispositif pédagogique) &#8230; pas plus que le camion qui amène les victuailles au supermarché n’améliore la nutrition d’une communauté <span class="indexbiblio"><a href="http://sticef.univ-lemans.fr/num/vol2011/03r-lebrun-tice/sticef_2011_lebrun_03r.htm#(Clark, 1983)">(Clark, 1983)</a></span>,</em></p>
<p style="padding-left: 30px;"><em><tt>- </tt>soit que les objectifs, les méthodes et les évaluations se modifiant par les usages « bien pensés » des TIC (les Technologies de l’Information et de la Communication), la comparaison avec des approches plus traditionnelles est rendue difficile ou caduque,</em></p>
<p style="padding-left: 30px;"><em><tt>- </tt>soit encore que les effets recherchés (en termes de compétences ou de savoir-être) restent hors de portée des évaluations certificatives encore largement basées sur des compétences de bas niveau comme la restitution ou l’application <span class="indexbiblio"><a href="http://sticef.univ-lemans.fr/num/vol2011/03r-lebrun-tice/sticef_2011_lebrun_03r.htm#(Bloom, 1956)">(Bloom, 1956)</a></span>.</em></p>
<h2></h2>
<h2>3. Les classes inversées, quels effets ?</h2>
<p>Contrairement à ce qu&rsquo;une lecture du fameux mais pervers &laquo;&nbsp;Les leçons à la maison, les devoirs en classe&nbsp;&raquo; (le slogan initial de la classe inversée en 2007-2008 : <em>Lectures at home and Homework in class</em>) pourrait laisser entendre, il s&rsquo;agit bien dans le chef des promoteurs de la méthode et des praticiens qui s&rsquo;y engagent de REDONNER DU SENS A LA PRESENCE, de mieux accompagner (que ce soit comme activateur ou comme facilitateur) l&rsquo;élève dans son apprentissage, de tenir compte des niveaux et des difficultés des uns et des autres, des styles d&rsquo;apprentissage &#8230; bref, d&rsquo;être davantage en mesure de différentier les apprentissages. Il s&rsquo;agit donc bien de mettre en place davantage de méthodes actives et interactives en classe en externalisant certains éléments relatifs à la pure transmission de savoirs (que ce soit à la maison, en classe dans des groupes d&rsquo;élèves travaillant ces savoirs en ilots, dans des lieux spécialement équipés dans l&rsquo;école elle-même). L&rsquo;activité en classe est donc centrale (souvenons-nous du pôle &laquo;&nbsp;activation&nbsp;&raquo; de Hattie) et non pas le fait que les savoirs soient transmis par des textes ou des vidéos, c&rsquo;est de l&rsquo;histoire ancienne. Nous allons passer en revue quelques articles récents sur la mesure des effets de la classe inversée (le plus souvent ou des classes inversées parfois). Les titres originaux de nos sources sont donnée ci-dessous en <strong><span style="color: #0000ff;">intertitres bleus</span></strong>. Nous commençons d&rsquo;abord par des articles sur les méthodes actives, une catégorie large qui contient la ou les classe(s) inversée(s).</p>
<h5 id="page-title" class="highwire-cite-title"><span style="color: #0000ff;">Active learning increases student performance in science, engineering, and mathematics</span></h5>
<p>Chez des étudiants de premier cycle (<em>undergraduate students</em>) de différentes disciplines, les <a href="http://www.pnas.org/content/111/23/8410">recherches de Freeman et al.</a> (2014) démontraient par une méta-analyse (255 études) que l&rsquo;effet majeur de ces méthodes (par rapport à d&rsquo;autres plus traditionnelles, frontales, expositives &#8230; des <em><strong>lectures</strong></em> au sens anglo-saxon) était <strong>une augmentation des résultats</strong> moyens des élèves (environ 0,5 écart-type) et <strong>une réduction du taux d&rsquo;échec</strong> des élèves [PNAS, <em>Proceedings of the National Academy of Sciences</em>, 2014, 111 (23)]. La figure ci-dessous, tirée de cet article, illustre notre propos (partie A, l&rsquo;augmentation des scores lors des évaluations (l&rsquo;indice <em>Hedges&rsquo;s g</em> est proche du &laquo;&nbsp;d&nbsp;&raquo; de Hattie et une variation moyenne de 0,5 &#8230; ce n&rsquo;est pas si mal) ; partie B, la réduction des taux d&rsquo;échec) :</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2018/07/Freeman.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-886" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2018/07/Freeman.jpg" alt="Freeman" width="612" height="404" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<h5 class="Head"><span class="title-text" style="color: #0000ff;">Toward a set of design principles for mathematics flipped classrooms: A synthesis of research in mathematics education</span></h5>
<p>Chez des étudiants de K-12 (équivalent du primaire et du secondaire chez nous), <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1747938X17300295">des recherches de Chung Kwan Lo</a> (2017) se basent sur une méta-analyse d&rsquo;études comparant un enseignement en classes inversées à un enseignement traditionnel (<em>lectures</em> en anglais, des exposés) et ceci en mathématiques [<em>Educational Research Review</em>, 2017, 22, pp 50-73]. La figure résume les résultats en montrant un avantage certain aux classes inversées.</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2018/07/Chung-Lo.png"><img class="aligncenter  wp-image-887" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2018/07/Chung-Lo.png" alt="Chung Lo" width="857" height="519" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Les auteurs de cette étude dégagent aussi (dans un autre article ci-dessous) des aspects plus qualitatifs de leurs analyses (nous les citons ici car nous pensons, qu&rsquo;au-delà de l&rsquo;intérêt objectif des chiffres, des recherches &laquo;&nbsp;meta&nbsp;&raquo; et qualitatives devraient aussi être faites). Les classes inversées apporteraient des avantages sur les points suivant : (1) un accroissement du<strong> temps d&rsquo;activité</strong> (time on tas) et de <strong>l&rsquo;application</strong>, (2) intégration de <strong>nouvelles connaissances modifiant les préconceptions</strong> et (3) la possibilité de <strong>recevoir des feedbacks &laquo;&nbsp;en temps réel&nbsp;&raquo;</strong> (sans attendre que les enseignants aient corrigé les copies).</p>
<h5 class="ArticleTitle" lang="en"><span style="color: #0000ff;">A critical review of flipped classroom challenges in K-12 education: possible solutions and recommendations for future research</span></h5>
<p>Dans <a href="https://telrp.springeropen.com/articles/10.1186/s41039-016-0044-2">un autre article </a>toujours de 2017, les auteurs du précédent retirent différents constats (des défis) et des perspectives de solutions relatives au design (scénario, méthodologie &#8230;) des classes inversées [<span class="JournalTitle"><em>Research and Practice in Technology Enhanced Learning</em>, 2017, 12:4]</span>. Il s&rsquo;agit ici d&rsquo;un article basé sur 936 articles (soumis à des revues et évalués par les pairs)  sur l&rsquo;enseignement (général cette fois) en K-12. Le schéma ci-dessous présente les différentes phases et activités &laquo;&nbsp;en classes inversées&nbsp;&raquo; trouvées dans les articles (on remarquera la prédominance du Type 1 somme toute classique, La classe inversée mais aussi d&rsquo;éléments du Type 2 comme les présentations par les étudiants).</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2018/07/schéma-claases-inversées.gif"><img class="aligncenter  wp-image-888" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2018/07/schéma-claases-inversées.gif" alt="schéma claases inversées" width="608" height="367" /></a></p>
<p>Les auteurs en retirent différents défis pour les étudiants, les enseignants et aussi au niveau institutionnel. De là, ils proposent différentes recommandations que nous synthétisons ici :</p>
<p><strong>Envers les étudiants :</strong></p>
<ol>
<li>Expliciter les attentes et expliquer la façon de travailler (le dispositif) aux élèves (l&rsquo;explicitation des consignes, de attentes, des critères &#8230; est une clé de la motivation)</li>
<li>Préparer les élèves à la façon d’apprendre en « mode inversé » (commencer progressivement avec des vidéos ou des textes en classe)</li>
<li>Concevoir finement les productions vidéos (par exemple <a href="http://www.digitaledidactiek.be/modules/2-ontwerp/theorie/mayer/mayers-ontwerpprincipes-van-multimedialeren/?lang=fr">les principes de conception de Mayer</a>, théories cognitives du multimedia)</li>
<li>Délimiter le temps de travail en autonomie (en enseignement supérieur, max 20 min)</li>
<li>Associer une plateforme (<a href="https://www.claroline.net">Claroline Connect</a> par exemple) pour les interactions en dehors de la classe (soutenir les élèves même à distance ou en autonomie).</li>
</ol>
<p><strong>Envers les enseignants :</strong></p>
<ol>
<li>Continuer à se former « aux classes inversées » : échanger, mutualiser, évaluer … avec les autres</li>
<li>Préparer le matériel (les ressources, les outils …) progressivement … envisager d’exploiter des ressources tierces (cfr 1).</li>
</ol>
<p>&nbsp;</p>
<p>Au terme de ce billet relatif principalement à l&rsquo;efficacité des classes inversées en ce qui concerne les résultats des élèves, nous souhaitons répondre même partiellement à la question suivante : à qui profitent les effets observés ? Est-ce un décalage moyen relatif à l&rsquo;ensemble de la classe (un décalage global), est-ce que ce sont &laquo;&nbsp;les plus forts&nbsp;&raquo; qui en profitent le mieux ou alors &laquo;&nbsp;les plus faibles&nbsp;&raquo; ? Quelques recherches répondent à ces questions. En général, lors d&rsquo;un pré-test ou en fonction de résultats antérieurs, les élèves sont classés selon leurs performances (souvenons-nous le plus souvent sur la base de questionnaires de connaissances ou d&rsquo;applications) en &laquo;&nbsp;faible&nbsp;&raquo; (low), en &laquo;&nbsp;moyen&nbsp;&raquo; (médium) et &laquo;&nbsp;fort&nbsp;&raquo; (high). Les effets (les différences entre le test initial et final après expérimentation) sont alors catégorisés selon ces trois populations.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h5 class="Head"><span class="title-text" style="color: #0000ff;">Investigating the impact of Flipped Classroom on students&rsquo; learning experiences: A Self-Determination Theory approach</span></h5>
<p>Dans cette première recherche de Stylianos et al. (2018)  située pour des élèves K-12, ici des 14-16 ans), 3 cours (studies) ont été observés : un cours de <strong>technologies (TIC)</strong> avec des élèves de 14 ans (Study#1), un <strong>cours d&rsquo;algèbre</strong> avec des élèves de 16 ans (Study#2) et un <strong>cours de sciences humaines et socio-économie</strong> (<em>humanities</em>) avec des élèves de 14 ans (Study#3) [<em>Computers in Human Behavior</em>, 2018, 78]. Cette intéressante recherche, menée conjointement par des enseignants et des chercheurs,  portait à la fois sur des éléments cognitifs (les acquis d&rsquo;apprentissage, <em>learning outcomes</em>, savoirs et compétences) mais aussi sur des éléments relatifs à la motivation, à l&rsquo;autodétermination &#8230; nous y reviendrons dans le prochain billet.</p>
<p>Suite à un pré-test, les élèves ont été classés en 3 groupes (Low,  Medium et High) à la fois pour le groupe contrôle et le groupe expérimental (classes inversées). La figure ci-dessous présente les gains pour les 3 catégories d&rsquo;élèves dans les trois études :</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2018/07/Test-FC.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-889" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2018/07/Test-FC.jpg" alt="Test FC" width="660" height="396" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&rsquo;étude montre que si tous les étudiants bénéficient de l&rsquo;approche en classes inversées, <strong>les plus forts gains relatifs sont ceux des élèves de la catégorie des élèves les plus faibles</strong>. Plusieurs hypothèses se côtoient actuellement : soit les élèves les plus forts, ceux qui ont le mieux intégrés &laquo;&nbsp;la coutume scolaire&nbsp;&raquo; sont davantage déstabilisés par cette méthode plus ouverte, plus autonome ; soit les élèves les plus forts sont relativement non-dépendants de la méthode proposée ; à l&rsquo;inverse les élèves les plus faibles, peu enclins à adopter les routines de l&rsquo;école ou alors avides d&rsquo;exercer des compétences d&rsquo;un autre ordre (par exemple, les créatifs que l&rsquo;école pénalise comme dirait Ken Robinson) trouvent dans la classe inversée une sorte d&rsquo;exutoire ; soit &#8230; Il serait donc injustifié voire fallacieux de croire que ces méthodes interactives et interactives seraient défavorables aux élèves les plus faibles.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h5><span class="title" style="color: #0000ff;">La pédagogie inversée : recherche sur la pratique de la classe inversée au lycée</span></h5>
<p>Terminons par<a href="http://sticef.univ-lemans.fr/num/vol2014/23r-faillet/sticef_2014_faillet_23r.htm"> une dernière étude </a>réalisée cette fois en francophonie pour des élèves de Lycée. Vincent Faillet (2014) montre  &laquo;&nbsp;que les élèves de bon niveau en sciences dans le système de classe traditionnelle sont globalement moins performants en classe inversée alors que les élèves de niveau plus faible dans la classe traditionnelle sont plus performants dans le système de classe inversée. Cette inversion de la performance est à rapprocher avec une adaptation des élèves de bon niveau au système traditionnel et une tendance à travailler plus pour les élèves de moins bon niveau lorsqu’ils sont dans un système de classe inversée&nbsp;&raquo; [<em>STICEF</em>, 2014, 21].</p>
<p>L&rsquo;étude &laquo;&nbsp;concerne deux classes de première scientifique (n1=28 et n2=30) qui ont été suivies sur une année scolaire dans un lycée parisien. Pour ces deux classes, le cours de sciences physiques et chimiques1 a été conduit soit en enseignement traditionnel (leçon en classe et exercices d’application hors du temps scolaire) soit en enseignement inversé (leçon hors du temps scolaire et exercices d’application en classe). Ainsi, sur un total de quinze chapitres traités dans le programme, huit ont été abordés dans le cadre d’un enseignement traditionnel et sept dans le cadre d’un enseignement inversé&nbsp;&raquo;. En s&rsquo;appuyant sur les différents tests réalisés tout au long de l&rsquo;année (relatifs à la matière vue en mode inversé ou en mode traditionnel selon les chapitres), un indice de performance a été calculé : il s&rsquo;agit de la différence algébrique entre la moyenne classe inversée et la moyenne académique. Plus l’indice de performance est élevé, plus l’impact de la classe inversée sur la moyenne est bénéfique. La figure ci-dessous illustre les résultats (indices de performance) obtenus par chaque élève pour l&rsquo;une des classes (la classe 2 où l&rsquo;effet de la classe inversée est le plus fort) :</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2018/07/sticef_2014_faillet_23rp03.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-890" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2018/07/sticef_2014_faillet_23rp03.jpg" alt="sticef_2014_faillet_23rp03" width="901" height="536" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>On remarque que ce sont les élèves de niveau faible (C et D) qui sont majoritairement performants en classe inversée (indice de performance positif). Tous les élèves qui sont moins performants (indice de performance négatif) se révèlent être de bon niveau académique (A+, A voire B).</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2>4. Quelques mots de conclusion &#8230; en attendant d&rsquo;autre recherches</h2>
<p>(1) Selon nous (et bien d&rsquo;autres chercheurs antérieurs), il n&rsquo;est pas possible de comparer des méthodes entre elles sans considérer les objectifs (et les modes d&rsquo;évaluation de leur atteinte). Si une méthode vise à développer l&rsquo;esprit critique, c&rsquo;est sur ce point (aussi) que doivent porter les évaluations (ce qui ne veut pas dire qu&rsquo;il faut éclipser l&rsquo;atteinte d&rsquo;autres objectifs de type mémoriser, appliquer &#8230;)</p>
<p>(2) Il ne faut pas conclure trop vite que des méta-analyses portant sur la comparaison de différentes méthodes via des observables comme l&rsquo;acquisition de connaissances et leur application (les résultats) peuvent être généralisées à d&rsquo;autres compétences de haut niveau (selon Bloom) ou à des compétences transversales.</p>
<p>(3) Même si ces analyses montrent que des méthodes comme les projets ou les situations problèmes sont moins bien classées (par rapport à ces tests toujours), cela ne veut pas dire qu&rsquo;elles ne sont pas performantes pour d&rsquo;autres compétences. C&rsquo;est un appel aux Sciences de l&rsquo;éducation et aux praticiens pour le développement d&rsquo;instruments de mesure de ces compétences que les anglo-saxons appellent parfois &laquo;&nbsp;floues&nbsp;&raquo; (<em>Fuzzy compétences</em>).</p>
<p>(4) La ou les classes inversées poursuivent un vaste panel de compétences qui dépassent le bas niveau selon Bloom. Les recherches montrent que les résultats des élèves sont meilleurs en particulier pour les élèves les plus faibles (différenciation et variété des approches expliquent cela). Des effets sont attendus &laquo;&nbsp;ailleurs&nbsp;&raquo; là où se nichent les compétences transversales de plus en plus reconnues comme impératives pour survivre, vivre et continuer à se développer dans la Société en mutation qui se prépare. Mesurons-les.</p>
<p>(5) La plupart des recherches citées ici portent sur le modèle originel de La classe inversée (que nous avons appelé Type 1). Il serait intéressant d&rsquo;étendre le panel par d&rsquo;autres recherches sur des dispositifs de Type 2 ou de Type 3 (voir <a href="http://revueeducationformation.be/index.php?revue=25&amp;page=3">la typologie que j&rsquo;ai proposée</a>) qui accentuent encore davantage les compétences de plus haut niveau ou les compétences transversales. Nous pensons sans exclusive (le <a href="https://clic2018.sciencesconf.org">Congrès CLIC 2018</a> nous en a donné une foule d&rsquo;exemples) aux dispositifs mis en place par <a href="http://tablettes-coursdefrancais.eklablog.com/accueil-c20969231">Marie Soulié</a> (les tâches complexes),  <a href="http://blogs17.ac-poitiers.fr/miniflip/">Soledad Garnier</a> (les miniflips et les professeurs de 10 ans), <a href="http://blog.educpros.fr/jean-charles-cailliez/2018/07/09/la-classe-renversee-au-lycee/">Christelle Caucheteux</a> (la classe renversée au Lycée) &#8230; et tant d&rsquo;autres.</p>
<p>(6) Et finalement, les méta-analyses que j&rsquo;ai passées en revue montrent de grandes fluctuations (comme celles de Chung Kwan Lo de 2017 dans une des figures ci-dessus &#8211; celle dénommée Fig. 5 dans leur article) : les gains, selon les études vont de 0 à 1. Peut-on dès lors répondre à la question des effets de la classe inversée sauf à effectuer une &laquo;&nbsp;misérable&nbsp;&raquo; moyenne ? Chaque classe est différente d&rsquo;une année à l&rsquo;autre, même avec un même enseignant. Alors, d&rsquo;une ville ou d&rsquo;une région à l&rsquo;autre ! Je dis souvent &laquo;&nbsp;les étudiants ne sont pas des particules élémentaires&nbsp;&raquo; (et les classes n&rsquo;en sont pas &laquo;&nbsp;des familles&nbsp;&raquo;) et je me demande pourquoi les Sciences de l&rsquo;éducation tiennent tellement à adopter des paradigmes quantitatifs inspirés des sciences exactes &#8230; du 18ème siècle. Je prône davantage des études longitudinales et transversales mais d&rsquo;ordre qualitatif (comme celle des mêmes auteurs présentées après la figure) en examinant &laquo;&nbsp;ce qui se passe en classe&nbsp;&raquo; &#8230; et tant pis pour ceux qui veulent des chiffres (mais j&rsquo;en ai quand même donné quelques-uns).</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>Vous avez aimé ce billet ? Vous avez des commentaires, des ajouts, des bémols &#8230; Merci de les écrire ci-dessous ou encore de les faire connaître sur Twitter (@mlebrun2). Vous souhaitez utiliser certains éléments de ce travail. Servez-vous mais citez vos sources. Grand merci.</strong></span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong> </strong></span></p>
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		<title>Les classes inversées &#8230; paysage ouvert et visite guidée</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Oct 2017 12:24:51 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Apprendre]]></category>
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		<description><![CDATA[Il est de prime importance, selon nous, de faire les distinctions nécessaires entre les différentes façons de "faire la classe inversée". Sans ce passage par la catégorisation, sans identifier les stratégies variées cachées derrière le concept (le slogan), comment discerner les effets tout aussi différenciés qui nous sont relatés dans la littérature scientifique, dans les blogs, dans les articles de presse ? [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Une analyse des pratiques des enseignants autour du concept de la ou des classe(s) inversée(s) permet de mettre en évidence deux grands types (en terme d’analyse des composantes) ou encore deux dimensions permettant de structurer un vaste paysage au départ des informations recoltées auprès des praticiens interrogés. Notre prochain billet sera consacré à ces recherches empiriques.</p>
<p>On peut d’emblée tracer un continuum entre des pratiques plutôt « centrées sur l&rsquo;enseignant » (même virtualisées par le truchement de vidéos) et d&rsquo;autres davantage « centrées sur l&rsquo;apprenant », ce dernier considéré alors comme acteur et auteur de ses apprentissages. Comme on le sait, il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;exacerber des positions contradictoires (deux dimensions à nouveau qui sous-tendent un vaste champ de pratiques) en apparence <a href="http://www.pedagogie-medicale.org/articles/pmed/pdf/2002/03/pmed20023p145.pdf">mais de les réconcilier</a> dans les pratiques de l&rsquo;enseigner-apprendre. On trouve ainsi aux extrémités de ce continuum (de cette variété de possibles plutôt à combiner donc qu’à considérer en tension) :</p>
<ul>
<li>de la vidéo, un média emblématique mais non rédhibitoire, à regarder avant la classe proprement dite pour, intentionnellement, consacrer plus de temps et développer davantage d&rsquo;activités et d&rsquo;interactivités pendant celle-ci (la classe inversée proprement dite, originelle)</li>
<li>des dispositifs construits par les élèves eux-mêmes dans lesquels ils deviennent à la fois « didacticiens » des savoirs récoltés sur Internet et ingénieurs pédagogiques des interactivités qu&rsquo;ils ont préparées à l&rsquo;intention de leurs collègues (avec, à la limite, une pratique en <em>do it yourself</em> appelée « <a href="http://blog.educpros.fr/jean-charles-cailliez/2015/09/18/la-classe-renversee-comment-ca-marche-une-interview-signee-idea/">Classes renversées</a> » par notre collègue Jean-Charles Cailliez).</li>
</ul>
<p><strong>Il est de prime importance, selon nous, de faire les distinctions nécessaires entre les différentes façons de &laquo;&nbsp;faire la classe inversée&nbsp;&raquo;.  Sans ce passage par la catégorisation, sans identifier les stratégies variées cachées derrière le concept (le slogan), comment discerner les effets tout aussi différenciés qui nous sont relatés dans la littérature scientifique, dans les blogs, dans les articles de presse ? Un document scientifique qui ne tiendrait pas compte de cette variété en analysant même finement &laquo;&nbsp;ce qui se passe&nbsp;&raquo; dans une classe donnée et parfaitement identifiée ne pourrait prétendre à la généralisation &#8230; du recul donc. Modestement, c&rsquo;est ce à quoi vous invite ce document et mon approche.</strong></p>
<p>En parlant deS classeS inverséeS, j&rsquo;ai souhaité modestement sortir d&rsquo;une certaine ornière conceptuelle dont les détracteurs de LA classe inversée (singulière, prospective, perçue parfois comme normative et souvent limitée à sa moindre facette : les vidéos à la maison, voir mon <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=868">document</a> sur ce Blog) font leurs choux gras. Pourtant <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=740">le concept initial &laquo;&nbsp;les leçons à la maison, les devoirs en classe&nbsp;&raquo; a été maintes fois remanié</a> &#8230; il en est ainsi de toute innovation : l&rsquo;idée initiale, souvent imparfaite, se transforme, s&rsquo;approprie, s&rsquo;élargit ici ou se restreint là-bas :</p>
<p><em>The design of flipped classrooms has often been limited to the concept of replacing in-class instruction with videos and using class time for homework. In contrast, we define the ‘flipped classroom’ as an <span style="color: #ff0000;"><strong>open approach</strong></span> that facilitates interaction between students and teachers, and differentiated learning (Bergmann et al., 2012; Keefe, 2007; Lage et al., 2000; Tomlinson, 2003) by means of flipping conventional events both inside and outside of the classroom and supporting them with digital technologies (Hughes, 2012). A notable pioneer of the flipped approach, Lage et al. (2000), <strong><span style="color: #ff0000;">did not limit “flipping” to lectures and homework</span></strong>. (Min Kyu Kim, So Mi Kim, Otto Khera, Joan Getman (2014). The experience of three flipped classrooms in an urban university: an exploration of design principles. The Internet and Higher Education, Volume 22, July 2014, Pages 37–50.)<br />
</em></p>
<p>C&rsquo;est peut-être pour cela que les auteurs du concept initial, Bergmann et Sams, parlent aujourd&rsquo;hui de <a href="https://flippedlearning.org/">Flipped Learning</a>, d&rsquo;apprentissage inversé et non plus tant de &laquo;&nbsp;classe inversée&nbsp;&raquo;.</p>
<h3></h3>
<h3>Différentes dimensions pour structurer le paysage des classes inversées</h3>
<p><a href="http://theconversation.com/profiles/marcel-lebrun-306432/articles">Nous avons maintes fois présenté le schéma ci-dessous</a> qui synthétise notre pensée (confirmée dans nos recherches &#8211; publiées dans <a href="http://revueeducationformation.be/include/download.php?idRevue=25&amp;idRes=268">Education&amp;Formation</a> ) construite au départ des descriptions que nous en ont faites les enseignants et formateurs « adeptes » ou utilisateurs occasionnels de cette pratique).</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Schéma-Parnasse-ISEI.001.jpeg"><img class="aligncenter  wp-image-793" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Schéma-Parnasse-ISEI.001.jpeg" alt="Schéma Parnasse ISEI.001" width="639" height="479" /></a><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Types.jpg"><br />
</a></p>
<p>Mentionnons quelques points d&rsquo;attention à l&rsquo;examen de cette figure :</p>
<ul>
<li>Les deux axes : <strong>l&rsquo;axe horizontal</strong> témoigne de l&rsquo;origine des savoirs transmis (présenté par l&rsquo;enseignant ou amené par les élèves) et du type de savoirs travaillés (savoirs formalisés ou savoirs pratiques) entre « monde des idées » et « monde de l&rsquo;expérience concrète ». <strong>L&rsquo;axe vertical</strong> témoigne davantage des différents rôles ou <a href="http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&amp;obj=livre&amp;no=49787">postures</a> tenus par les enseignants (Lavenier <em>et al.</em>, 2015) et par les élèves.</li>
<li>La localisation des activités : les activités menées en classe « en présence » et celles effectuées hors de la classe « à distance » dans une optique d&rsquo;<a href="http://prac-hysup.univ-lyon1.fr/">hybridation</a> (la recherche d&rsquo;informations pouvant, par exemple, se faire dans le centre de documentation à l&rsquo;école ou ailleurs). Le lecteur intéressé reverra <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=579">mon billet de Blog</a> sur &laquo;&nbsp;5 facettes pour construire un dispositif hybride : du concret !&nbsp;&raquo;</li>
<li>Les différents types : on y retrouve le <strong>Type 1</strong> celui de la classe inversée proposée initialement (de manière très caricaturale, les leçons à la maison, les devoirs en classe) et le <strong>Type 2</strong> dans lequel les activités à distance sont effectuées par les élèves eux-mêmes, de manière autonome ou en groupe, en prélude à l&rsquo;activité en classe. La représentation suggère que ces deux types sont fortement prototypiques (quelque peu extrêmes), <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=740">LES classes inversées</a> les réunissant dans des proportions diverses. Nous désignerons ce mélange par l&rsquo;étiquette <strong>Type 3</strong> dans lequel les deux précédents types en constituent à la fois les ingrédients et les dimensions.</li>
<li>Finalement, nous avons complété la figure par une stratégie de formation, les « classes renversées » dans laquelle les élèves ou les participants à la formation y contribuent maximalement à la fois au niveau des savoirs travaillés, des activités prévues y compris l’évaluation (pour les autres élèves par exemple) en assumant tout à la fois les rôles d&rsquo;enseignant et d&rsquo;apprenant (Cailliez, 2015, voir ci-dessus et une vidéo <a href="https://youtu.be/ni7DeV3iOQk">ici</a>).</li>
</ul>
<p>De manière plus pragmatique, nous pouvons alors imaginer que les différentes activités mentionnées le long des deux axes deviennent <strong>des événements d&rsquo;apprentissage</strong> à organiser au sein de différents scénarios. En voici un donné ici à titre d&rsquo;exemple (les numéros se réfèrent à la figure ci-dessus) :</p>
<p><strong>1</strong><strong> (Type 2, &laquo;&nbsp;distance&nbsp;&raquo;) </strong>: hors la classe <em>ou encore, en généralisant, en autonomie ou sans la supervision directe de l’enseignant ou encore dans un local (un learning space) réservé pour cela dans l’école même</em>, individuellement ou en groupe, analyser le problème proposé, faire émerger des questions, chercher les informations, instruire la thématique, ramener des éléments des contextes visités, les structurer quelque peu, préparer une petite présentation d’une manière originale … Les compétences visées seraient : recherche d’informations, validation, analyse, synthèse, créativité …</p>
<p><strong>2</strong><strong> (Type 2, présence)</strong> : présenter, en classe, les informations et ressources trouvées, identifier les différences et repérer les similitudes avec les propositions des autres élèves ou d&rsquo;autres groupes, vivre un « conflit » socio-cognitif, expliciter les préconceptions, faire émerger les questions, les hypothèses … Il ne s’agit pas uniquement de présenter un « PowerPoint » mais de préparer des activités pour les condisciples. Les compétences visées seraient : communication, animation, analyse, réflexivité, modélisation …</p>
<p><strong>3 </strong><strong>(Type 1, &laquo;&nbsp;distance&nbsp;&raquo;)</strong> : hors la classe selon le schéma initial (originel) des classes inversées <em>ou encore, en généralisant, en autonomie ou sans la supervision directe de l’enseignant ou encore dans un local (un learning space) réservé pour cela dans l’école même</em>, individuellement ou en groupe, prendre connaissance des théories, relever les éléments pertinents pour la thématique investiguée, préparer une synthèse, exercer le fonctionnement du modèle … Les compétences visées seraient : apprendre, faire des liens, mémoriser, se poser et préparer des questions, modéliser …</p>
<p><strong>4</strong><strong> (Type 1, présence)</strong> : en classe à nouveau, consolider les acquis, faire fonctionner le modèle ou la théorie en regard des thématiques investiguées, préparer le transfert par l’approche d’autres situations … Les compétences visées seraient : comprendre, appliquer, investiguer les limites, transférer à d’autres contextes …</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Une vision systémique des classes inversées</h3>
<p>Ce scénario illustratif trouve, dans le cycle de Kolb (1984) à propos de <a href="http://w2.uco.fr/~cbourles/OPTION/Theorie/Kolb/Kolb.htm">l&rsquo;apprentissage expérientiel</a>, des éléments qui à la fois le structurent et le consolident. La figure 2 présentent cette vision systémique des événements d&rsquo;apprentissage mobilisés dans les classes inversées. Nous avons également complété la figure avec <a href="http://www2.csmb.qc.ca/form01/es/F8/F8%20Document%20d'accompagnement%202009.doc">les trois constituants</a> de l&rsquo;enseignement stratégique selon Tardif (1992) :<strong> contextualisation</strong> (ancrer les apprentissages dans les contextes pour leur donner du sens), <strong>décontextualisation</strong> (formaliser et structurer les savoirs d&rsquo;expérience récoltés de manière à les rendre plus généralisables) et <strong>recontextualisation</strong> (appliquer ces savoirs formalisés dans d&rsquo;autres situations, le transfert). Encore une fois, pour en terminer avec ces dialogues de sourds entre présence et distance, dans la figure le mot « distance » peut signifier : hors la classe <em>ou encore, en généralisant, en autonomie ou sans la supervision directe de l’enseignant ou encore dans un local (un learning space) réservé pour cela dans l’école même</em>, individuellement ou en groupe … l’imagination au pouvoir !</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/02/Kolb-V2.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-866" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/02/Kolb-V2.jpg" alt="Kolb-V2" width="708" height="391" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Plusieurs auteurs ont déjà approché le concept des classes inversées de manière systémique, au départ de plusieurs théories de l&rsquo;apprentissage, sans cependant aboutir à une détermination de ce système au départ de différentes dimensions en interaction et sans en déterminer d&rsquo;éventuels effets différenciés. Mentionnons ainsi le cycle proposé par J. Gerstein (2011) sur son Blog <a href="https://usergeneratededucation.wordpress.com/2011/06/13/the-flipped-classroom-model-a-full-picture/"><em>User Generated Education</em></a> ; le cycle est construit sur différents types d&rsquo;activités soit pilotées par l&rsquo;enseignant (en début, par la sensibilisation au sujet et la partie conceptuelle) soit prises en charge par les élèves (ensuite, par des applications ou des activités de production et de transfert, de généralisation). Après des recherches, nous avons trouvé une filiation certaine entre ce modèle et le <a href="http://www.institut-repere.com/PEDAGOGIE-ET-FORMATION/institut-repere-base-documentaire-le-cycle-dapprentissage-et-le-4mat-5.html">modèle « 4-Mat »</a> (Format ?) de Bernice McCarthy (1987) qui l’associait (comme Kolb) à la mise en pratique ou à l’exercice de différents styles d’apprentissage (voir en annexe ci-dessous).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Gertein-cycle.png"><img class="aligncenter  wp-image-795" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Gertein-cycle.png" alt="Gertein cycle" width="529" height="394" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ou encore le modèle compréhensif proposé par <a href="http://www.uq.edu.au/teach/flipped-classroom/what-is-fc.html"><em>The University of Queensland</em> en Australie</a> qui propose un cycle inspiré du précédent, ainsi que de celui de Kolb et des <a href="http://blogs.northampton.ac.uk/learntech/2015/01/16/what-is-the-flipped-classroom/">démarches mises en place par Eric Mazur</a>, professeur de physique à Harvard (Mazur, 1997). Ces derniers proposent des scénarios (en fait fortement d’inspiration béhavioriste) qui démarrent (selon le principe originel de la Classe inversée) par une prise de connaissance (une première approche) de la théorie par les étudiants au moyen de différents médias (des textes, principalement des vidéos, d’autres ressources …). L’accent est mis alors, et à juste titre, sur l’activité en classe : elle commence par <strong>(1)</strong> des tests (des questionnaires) résolus interactivement pour assurer la bonne compréhension des concepts de base, <strong>(2)</strong> des questions ouvertes (des applications, des exercices) auxquels les étudiants sont invités à répondre (souvent à groupe), <strong>(3)</strong> des questions de recherche qu’ils travaillent ensemble (le fameux <em>peer instruction</em>, instruction par les pairs) et dont ils partagent (par exemple par de courtes présentations) les résultats négociés et finalement<strong> (4)</strong> un test récapitulatif sur les notions couvertes par la leçon, le module, le cours …</p>
<p>L<a href="https://cft.vanderbilt.edu/guides-sub-pages/flipping-the-classroom/">a définition de l&rsquo;université Vanderbilt </a>résume cette approche de la classe inversée (nous traduisons) : <em>Le concept de classe inversée décrit un renversement de l&rsquo;enseignement traditionnel. Les étudiants prennent connaissance de la matière en dehors de la classe, principalement au travers de lectures ou de vidéos. Le temps de la classe est alors consacré à un travail plus profond d&rsquo;assimilation des connaissances au travers de méthodes pédagogiques comme la résolution de problèmes, les discussions ou les débats.</em></p>
<p>La <a href="http://www.edtechmagazine.com/higher/article/2013/12/why-86-percent-unc-chapel-hill-students-prefer-flipped-classroom">figure ci-dessous</a> résume plusieurs points de cette approche qui démarre le plus souvent (point 1) par l&rsquo;étude souvent individuelle des contenus de cours, vidéos, textes &#8230; pour mieux se consacrer à l&rsquo;apprentissage lors de la rencontre avec l&rsquo;enseignant et les autres élèves (notre Type 1 principalement).</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Cycle-Mazur.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-796" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Cycle-Mazur.png" alt="Cycle Mazur" width="640" height="478" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Un cycle &#8230; à parcourir de différentes façons</h3>
<p>Remarquons cependant que, contrairement à notre approche plus inductive (contexte et sens d’abord, concepts et applications ensuite), les cycles ci-dessus démarrent le plus souvent par l&rsquo;approche des concepts d&rsquo;abord (<em>via</em> des vidéos, des textes, des médias enrichis), la recherche de sens ensuite (<em>via</em> des questionnaires ou des discussions en ligne …) pour finalement aboutir sur les applications (projets, problèmes, présentations …). Il s&rsquo;agit là peut-être d&rsquo;une différence à rechercher dans les paradigmes éducatifs qui sous-tendent l&rsquo;enseignement obligatoire (primaire, secondaire que nous étudions ici) et l&rsquo;enseignement supérieur (nous avons montré que le Type 2 était plus fréquent en fin du secondaire, sans doute aussi dans le supérieur, alors que le Type 1 était davantage pratiqué à l’école primaire). Aussi de variétés liées aux disciplines, le Type 1 étant davantage pratique en … mathématiques. C’est peut-être pour cela que la <em>Khan Academy</em> s’est principalement développée autour de cette discipline.</p>
<p>Mais on peut aller plus loin en observant qu’il s’agit peut-être aussi de marques culturelles qui orientent très fort, selon moi, d&rsquo;une part l’univers éducatif anglo-saxon et d&rsquo;autre part l’univers éducatif latin. On sait combien les grandes inventions technologiques (l’écrit, le livre, le numérique …) ont profondément changé notre culture. Dans mon raisonnement, je remonte à l’invention du livre : les « catholiques » (je généralise sans doute un peu) redoutaient cette innovation. Pour eux, il était impensable que &laquo;&nbsp;les gens&nbsp;&raquo; puissent accéder aux savoirs (toujours et depuis longtemps sacralisés) par eux-mêmes sans la « lecture » (le cours « ex cathedra ») et l’interprétation du prêtre, d’un clerc, d’un prof … Luther, dit-on, y voyait tout au contraire une occasion pour les individus d’accéder directement aux savoirs. Une fameuse intuition si on se transporte à l&rsquo;ère du numérique.</p>
<p>Nous résumons notre propos dans la figure ci-dessous (originale) dont le but est tout d’abord de montrer certaines tendances au niveau des types et des scénarios engendrés par le concept ou mieux, la stratégie, des classes inversées et d’illustrer surtout un grand principe pédagogique, selon nous, celui de la variété des approches pédagogiques dans des allers-retours ou mieux dans des cycles ou des scénarios entre contextes et concepts.</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Cycl-CI-V21.png"><img class="aligncenter  wp-image-799" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Cycl-CI-V21.png" alt="Cycl CI V2" width="512" height="513" /></a><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Cycl-CI-V2.png"><br />
</a></p>
<p>La figure ci-dessous comporte :</p>
<ul>
<li>Au centre, un schéma illustrant le Cycle de Kolb (<em>Experiential Learning</em>)</li>
<li>Le positionnement de nos deux types de classes inversées (Type 1 et Type 2), le Type 3 les intégrant dans un possible scénario pédagogique (une clé de voûte dans la stratégie des classes inversées) toujours à re-construire</li>
<li>Les styles d’apprentissages associés au cycle de Kolb : divergent, assimilateur, convergent, accommodateur (le lecteur intéressé en trouvera une description ci-dessous)</li>
<li>Le cycle (en brun sur la figure) en 4 étapes (que j’appelle parfois « événements d’apprentissage ») proposés ci-dessus et décrits plus amplement dans deux articles sur <a href="http://theconversation.com/profiles/marcel-lebrun-306432/articles">The Conversation</a>. Nous remarquons que ce cycle est « parallèle » à celui proposé par Tardif et aussi Mérieu : contextualisation, décontextualisation, recontextualisation (ce dernier point étant souvent associé à celui du transfert des apprentissages)</li>
</ul>
<p style="padding-left: 120px;">« Un apprentissage n’est libérateur que dans la mesure où ses acquis sont transférables » et d’autre part, il s’impose comme une exigence pédagogique, pour ouvrir de nouvelles perspectives d’apprentissage : « une connaissance n‘est véritablement appropriée que quand elle est devenue elle-même un outil pour en acquérir un autre. » (<em>Tardif, J., Le transfert des apprentissages, Chap 1)</em></p>
<ul>
<li>Un autre cycle (en violet) dont l’ancrage principal (le point de départ) réside dans l’appropriation des savoirs nécessaires par l’élève (apport de connaissances). Ce dernier cycle est proche de celui proposé par Adeline Colin (Conseillère pédagogique Châlons-Est) dans un <a href="http://animeduc.occe.coop/spip.php?page=presentation_revue&amp;id=256">dossier &laquo;&nbsp;Classe inversée&nbsp;&raquo;</a> de Animation &amp; Education (Janvier-février 2017, N° 256).</li>
</ul>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Collin.png"><img class="aligncenter  wp-image-798" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Collin.png" alt="Collin" width="707" height="414" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Nous voici au bout de ce billet. Il me semble clair actuellement que le concept (la stratégie) de la classe inversée s’est développée en une variété de pratiques, d’activités d’apprentissage (leS classeS inverséeS) qu’il convient à organiser dans un scénario, une organisation temporelle, orientée vers des objectifs précisés, négociés … ou en tout cas explicités aux élèves par l’enseignant. Parmi ces types, ces scénarios &#8230; faut-il alors choisir. Nous ne le pensons pas. Nous y voyons une synergie, une systémique entre différentes approches entre monde des idées (les concepts, les principes, les lois, les théories ..) et monde des expériences concrètes (les expériences, les pratiques, les perceptions, les intuitions, ce que nous avons d&rsquo;humain &#8230; les émotions aussi) qu&rsquo;il importera de scénariser, de cadencer au profit des apprentissages dans et pour un monde complexe.</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Parnasse-ISEI.001.jpeg"><img class="aligncenter  wp-image-800" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Parnasse-ISEI.001.jpeg" alt="Parnasse ISEI.001" width="642" height="481" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Alors vous, vous commencez où le cycle des classes inversées, vous amorcez comment votre cours ou votre leçon ? Vos commentaires sont les bienvenus et attendus.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h4>Annexe : Styles d’apprentissage impliqués dans le Cycle de Kolb :</h4>
<p>Les quatre étapes proposées (expérience concrète, observation réfléchie, conceptualisation abstraite et expérimentation active) suggèrent l’existence de quatre façons d’apprendre, de quatre façons d’aborder l’environnement : concret, réfléchi, abstrait et actif. A la jonction des étapes, on trouve donc les profils suivants :</p>
<ul>
<li>Le style divergent (concret-réfléchi) se caractérise par l’observation et l’interprétation de situations concrètes de différents points de vue. Se mettant volontiers à l’écoute des autres, « le divergent » aime dénicher les informations (qu’il préfère à l’action) et les catégoriser de différentes façons ainsi que faire fonctionner son imagination dans l’identification de divers problèmes ;</li>
<li>Le style assimilateur (réfléchi-abstrait) se caractérise par l’appropriation de nombreuses informations et leur intégration concise et logique. « L’assimilateur » préfère manipuler les idées et les concepts et une bonne explication logique lui paraît plus importante que l’application ;</li>
<li>Le style convergent (abstrait-actif) se caractérise par la recherche d’applications pratiques aux concepts et aux théories. « Le convergent » préfère les tâches techniques, la résolution de problèmes et s’écarte bien souvent des considérations sociales ou interpersonnelles ;</li>
<li>Le style accommodateur (concret-actif) se caractérise par la mise en œuvre d’expériences pratiques dans lesquelles il s’implique instinctivement et personnellement. « L’accommodateur » est un intuitif qui aime relever des défis, mettre la main à la pâte et qui s’en remet facilement à l’analyse ou au jugement des autres.</li>
</ul>
<p>Extrait de : <strong>Lebrun, M</strong>. (2005). <em>Théories et méthodes pédagogiques pour enseigner et apprendre : Quelle place pour les TIC dans l&rsquo;éducation ?</em>, Bruxelles, De Boeck, 206 p., (2<sup>ème</sup> éd. revue).</p>
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		<title>Un hackaton pour imaginer l&#8217;université en 2035 : Hack&#8217;apprendre © du LLL</title>
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		<pubDate>Fri, 25 Nov 2016 15:20:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Considérations et méthodes pédagogiques (avec TIC)]]></category>
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		<description><![CDATA[Que sera "l'école" au XXIème siècle ? Quelles sont les tendances actuelles dans lesquelles se nichent les formes de l'enseignement supérieur en ce début de troisième millénaire ? Quelles compétences pour les dirigeants et les enseignants pour à la fois contribuer à l'émergence de l'innovation et participer à son instauration dans les structures ? [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Que sera &laquo;&nbsp;l&rsquo;école&nbsp;&raquo; au XXIème siècle ?</h2>
<p>Quelles sont les tendances actuelles dans lesquelles se nichent les formes de l&rsquo;enseignement supérieur en ce début de troisième millénaire ? Quelles compétences pour les dirigeants et les enseignants pour à la fois contribuer à l&rsquo;émergence de l&rsquo;innovation et participer à son instauration dans les structures ? Une littérature autour du thème <em>21st century universities</em> se développe tantôt visionnaire tantôt éclairée pour tenter d&rsquo;en définir les contours. A l&rsquo;occasion de ces 20 ans d&rsquo;existence, notre institut (précédemment, IPM, Institut de Pédagogie universitaire et des Multimédiasa et dorénavant LLL, <a href="http://uclouvain.be/louvainlearninglab.html">Louvain Learning Lab</a>) a mis en place une formule originale pour préparer dès à présent les 20 ans à venir : Imaginer l&rsquo;université en 2035. Basée sur les principes de l’innovation ouverte, à mi-chemin entre un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hackathon">hackathon</a> et un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Think_tank">thinktank</a>, l&rsquo;activité <a href="http://hackapprendre.be">Hack’Apprendre</a> est conçue comme un laboratoire, un espace où explorer le futur de la pédagogie pour susciter l’inspiration et encourager l’action. C&rsquo;est ainsi que pendant toute une journée (préparée au préalable et collectivement par un large recueil d&rsquo;idées dans lequel les participants étaient invités à piocher ou &laquo;&nbsp;hacker&nbsp;&raquo;) environ 80 participants (responsables, administratifs, enseignants et étudiants … entrepreneurs) travaillant en 8 groupes tutorés ont problématisé la thématique (à l&rsquo;aide de différentes techniques de créativité : <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Creative_Problem_Solving">Creative Problem solving</a> (CPS), <a href="http://www.creativewallonia.be/projets/creative-society/le-lab-de-creative-wallonia-232/la-boite-a-outils/le-ppco.htm?lng=fr">PPCo</a> (Pluses, Potentials, Concerns), <a href="http://www.creativewallonia.be/projets/creative-society/le-lab-de-creative-wallonia-232/la-boite-a-outils/l-idea-box.htm?lng=fr">Concept Box</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Design_thinking">Design Thinking</a>  … ) avant d&rsquo;émettre leurs solutions. Le scénario constitué de différents temps de divergence et de convergence était fortement marque par le <a href="https://phgarin.wordpress.com/2014/07/24/le-cqfd-du-brainstorming/">CQFD</a> (ne pas <span style="color: #ff0000;"><strong>C</strong></span>ritiquer, favoriser l&rsquo;émergence du <strong><span style="color: #ff0000;">Q</span></strong>uantité d&rsquo;idées, idées <strong><span style="color: #ff0000;">F</span></strong>arfelues bienvenues et <strong><span style="color: #ff0000;">D</span></strong>éveloppement d&rsquo;idées communes)  propre au brainstorming. La journée s&rsquo;est clôturée par une présentation brève des &laquo;&nbsp;projets&nbsp;&raquo; de chaque groupe par un pitch de 180 secondes et la remise de coups de cœur par des acteurs de l&rsquo;innovation résolus à continuer l&rsquo;accompagnement de certaines propositions.</p>
<h2>8 groupes au travail</h2>
<p>Nous présentons graphiquement ci-dessous les résultats des travaux de ces 8 groupes (Responsables, administratifs, enseignants et étudiants … entrepreneurs, qui ont travaillé de manière indépendante mais en profitant de Hackers) en les résumant déjà ici synthétiquement  :</p>
<ul>
<li><strong><em>L’université n’est plus seulement un lieu de transmission de savoir, c’est un lieu où se tissent des liens forts entre les individus, un lieu ouvert sur la société où l’on accueille des projets impliquant les citoyens, les entreprises…</em></strong></li>
<li><strong><em>L’université propose des parcours à la carte, en décloisonnant les disciplines. Tout individu (quelque soit son âge et son parcours de vie) peut venir y chercher une formation courte ou plus longue correspondant à son besoin : “la bonne formation au bon moment”, et ceci tout au long de la vie. Les périodes de vie ne sont plus autant cloisonnées mais c’est bien une imbrication entre vie, travail, études qui est à l’œuvre.</em></strong></li>
<li><strong><em>L’université est un lieu où l’on vient trouver du sens, construire du sens, trouver son projet et construire son projet avec les autres.</em></strong></li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2016/11/Capture-d’écran-2016-03-09-à-17.10.54.png"><img class="aligncenter  wp-image-788" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2016/11/Capture-d’écran-2016-03-09-à-17.10.54.png" alt="capture-decran-2016-03-09-a-17-10-54" width="540" height="423" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Voici, en résumé, les idées émises par les 8 groupes (numérotés comme sur la figure de 1 à 8) :</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>Groupe 1 : </strong></span>En 2035, plusieurs métiers d&rsquo;aujourd&rsquo;hui n&rsquo;existent plus. Pour s&rsquo;adapter aux besoins en évolution permanente, <strong>l&rsquo;Université est</strong> <strong>modulaire</strong>, les modules sont courts et ciblés … de l&rsquo;emboîtement de ces modules naissent des parcours individualisés … L&rsquo;étudiant de 8 à 108 ans construit son parcours.</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>Groupe 2 : </strong></span>En 2035, <strong>l&rsquo;université fait confiance</strong> <strong>et applique la présomption de compétences</strong>. Une bonne nouvelle : une formation basée sur des projets individuels … avec des équipes pluridisciplinaires dans une université qui suit 3 grands principes : partir des expériences de chacun-e pour co-construire des connaissances, des équipes d&rsquo;étudiants d&rsquo;âges et d&rsquo;expériences différents, des étudiants acteurs, producteurs, auteurs … plus de certificats, de diplômes mais la reconnaissance par les pairs …</p>
<p><strong><span style="color: #0000ff;">Groupe 3 :</span> L’université en 2035 contribuera à l’émergence de nouveaux jobs</strong> et à mieux répondre à la question déjà actuelle « vous avez terminé votre parcours à l&rsquo;UCL en 2035 ? Qu&rsquo;est-ce que cela vous apporté qui serait utile dans mon entreprise ? » (1) Travailler ensemble, être créatif, créer et fonctionner en réseau, se développer en y trouvant du plaisir, (2) Se sentir utile au service de la Société en lien avec les défis écologiques, climatiques, démographiques … c’est multidisciplinaire, ces sujets-là !</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>Groupe 4 : </strong></span>La société évolue vite … même plus vite que la technologie. <strong>L’université en 2035 sera systémique. Elle forme des étudiants &laquo;&nbsp;réactifs&nbsp;&raquo; capables de s&rsquo;adapter à cette société et « proactifs » pour la faire évoluer</strong>, et ceci de manière continue et … circulaire.</p>
<p><strong><span style="color: #0000ff;">Groupe 5 :</span> L’université en 2035 sera plus fluide, poreuse</strong>. Notre personnage, Céleste, donne cette image d’un clair de Lune, elle rayonne à la fois par ses apprentissages et ses envies d&rsquo;apprendre … C&rsquo;est une adulte avec une longue expérience professionnelle qui souhaiterait retourner à l&rsquo;Université, un homme ou une femme, une personne âgée … elle vient en questionnement . Mais comment les étudiants universitaires vont aider, accompagner Céleste dans ses apprentissages … et profiter de ses questions perpétuelles ?</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>Groupe 6 : </strong></span>L&rsquo;université a  plus de 600 ans, va-t-elle encore vivre 20 ans ? L’université en 2035 est une « intersité » (ou encore une inter-cité), un lieu de création, de transmission des savoirs arcbouté sur la recherche au service du public ! Mais tout le monde n&rsquo;y est pas, ne rate-t-on pas quelque chose ? Une certaine exclusion, certains mots ne sont pas assez riches pour exprimer tout cela ! <strong>L’université en 2035 sera davantage ouverte, tournée vers le vécu des humains bien au-delà « des sciences humaines ».</strong></p>
<p><strong><span style="color: #0000ff;">Groupe 7 :</span> L’université en 2035 accompagnera les projets des individus</strong>. Pour ce faire, elle propose une cartographie de ses enseignements en proposant des liens entre les savoirs et aussi entre les savoirs, les expériences, les projets  … Le personnage s’appelle Dominique … il ou elle arrête l&rsquo;école en quatrième secondaire, n’a pas de diplôme, bosse depuis 20 ans comme maraicher … pas beaucoup d&rsquo;argent, peut pas quitter son boulot … pourtant son projet à elle c&rsquo;est la permaculture ! Il n’est pas évident (pas de diplôme, pas de temps …) que l&rsquo;Université puisse l&rsquo;aider ! Mais un jour, elle fait une rencontre … avec une accompagnatrice à l&rsquo;Université (sur le réseau social Magellan) : la cartographie devient ainsi un programme à la carte !</p>
<p><strong><span style="color: #0000ff;">Groupe 8 :</span> En 2035, L’université sera confrontée à une grande hétérogénéité des étudiants</strong> (parcours, origine …).  Les étudiants seront &laquo;&nbsp;pluri&nbsp;&raquo; … des parcours professionnels parfois riches souvent chaotiques. Le groupe constate une inadéquation des formations avec les besoins de la société telle qu’elle se construit déjà maintenant. Les formations auront-elles encore du sens, correspondront-elles encore avec les valeurs  … des mondes professionnel, associatif, culturel … Les métiers deviennent composites, on assiste à un décloisonnement de la société, à de nouvelles formes d’hybridation aussi perceptibles à l&rsquo;université par le mouvement rapide des savoirs, des connaissances et des techniques … tous en interaction.</p>
<p><strong>Référence</strong></p>
<p>Cette activité a été l&rsquo;objet d&rsquo;une <a href="http://www.slideshare.net/lebrun/que-sera-luniversit-en-2035-un-hackapprendre-ralis-par-le-lll">communication</a> dans le cadre du 29ème Congrès International de l’AIPU (Association Internationale de Pédagogie Universitaire). Celui-ci s&rsquo;est déroulé du lundi 6 au jeudi 9 juin 2016 à l’Université de Lausanne (UNIL).</p>
<p>Lebrun, M. et al. (2016). Hack&rsquo;apprendre, l’Université en 2035 : comment la préparer ensemble dès aujourd’hui ? Congrès de l&rsquo;Association Internationale de Pédagogie Universitaire. Lausanne, Juin 2016.</p>
<p><strong>Remerciements</strong></p>
<p><strong>Nous remercions les participants et tous les membres du Louvain Learning Lab qui ont mis en place cette activité avec en particulier Ella Hamonic, Nathalie Kruyts, Julie Lecoq, Véronique Bosschaert, Coralie Delhaye, Françoise Docq, Nathalie Catinus, Léticia Warnier et notre président, Benoît Raucent.</strong></p>
<p><strong>Notre <a href="https://youtu.be/L2tVCbC5sBE">Vidéo</a> sur YouTube</strong></p>
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<p>&nbsp;</p>
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		<title>&#171;&#160;École&#160;&#187; de demain ? Vous avez dit … Numérique ?</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Feb 2016 14:47:48 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Que ce soit dans la vie quotidienne, dans nos occupations socio-professionnelles, dans nos loisirs et, de manière concomitante, dans le domaine de l'éducation à différents niveaux ("l'école" de l'enseignement primaire au supérieur, un lieu d'apprentissage toute la vie durant), le numérique fait couler beaucoup d'encre. Mais que signifie "numérique" ? [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2><span style="color: #0000ff;">Numérique ? Deviendrions-nous des binaires ?</span></h2>
<p>Que ce soit dans la vie quotidienne, dans nos occupations socio-professionnelles, dans nos loisirs et, de manière concomitante, dans le domaine de l&rsquo;éducation à différents niveaux (&laquo;&nbsp;l&rsquo;école&nbsp;&raquo; de l&rsquo;enseignement primaire au supérieur, un lieu d&rsquo;apprentissage toute la vie durant), le numérique fait couler beaucoup d&rsquo;encre (de stylos ou d&rsquo;imprimerie ?). D&rsquo;aucuns lisent dans cet essor en accélération rapide voire exponentielle (quelques milliers d&rsquo;années pour l&rsquo;écriture, quelques centaines pour l&rsquo;imprimerie, quelques dizaines pour le numérique), une forme d&rsquo;aliénation &laquo;&nbsp;de l&rsquo;humain&nbsp;&raquo; par la machine ou encore de dissolution de notre identité dans le réseau voire un appauvrissement sans précédent des interactions édificatrices de notre société. D&rsquo;autres, en constatant ce &laquo;&nbsp;Tsunami numérique&nbsp;&raquo; (Davidenkoff, 2014) ou cette &laquo;&nbsp;Transition fulgurante&nbsp;&raquo; (Giorgini, 2014), prédisent l&rsquo;avènement d&rsquo;un nouveau monde (une nouvelle Renaissance) et, puisqu&rsquo;elle y est incluse et qu&rsquo;elle y prépare, d&rsquo;une nouvelle &laquo;&nbsp;école&nbsp;&raquo; aux vertus émancipatrices. Considérant qu&rsquo;en ce domaine l&rsquo;aliénation et l&rsquo;émancipation sont deux solutions de cette problématique pharmacologique (selon <a href="http://arsindustrialis.org/pharmakon">Bernard Stiegler</a>, le <em>pharmakon</em> de Socrate reste d&rsquo;application pour le numérique comme il l&rsquo;a été pour l&rsquo;écriture et l&rsquo;imprimerie en considérant ces révolutions, toutes et à la fois comme un remède et comme un poison), <strong>nous souhaitons questionner cette effervescence voire cet &laquo;&nbsp;imaginaire&nbsp;&raquo; afin d&rsquo;en dégager les phénomènes précurseurs de la Société de demain et de son école &#8230; déjà et dorénavant numérique</strong>.</p>
<p>Mais tout d&rsquo;abord, qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est &laquo;&nbsp;le numérique&nbsp;&raquo; ? Etymologiquement, la numérisation transforme en données numériques (des nombres, des séries de nombres) un objet continu, analogique : on parlera ainsi d&rsquo;image numérique, de son numérique. <strong>Ce processus de réduction</strong> (ces nombres étant <em>in fine</em> traduits dans un système binaire, les <em>bits</em>) <strong>permet par recombinaison ou superposition de redonner une &laquo;&nbsp;image&nbsp;&raquo; de la réalité entendue, observée, vécue … </strong>cela dépendant bien entendu de la qualité de la numérisation, sa finesse, sa résolution.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-760" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2016/02/Capture-d’écran-2016-02-12-à-14.36.25.png" alt="Capture d’écran 2016-02-12 à 14.36.25" width="681" height="420" /></p>
<p>Image prélevée du Blog <a href="http://blog.dubspot.com/understanding-audio-interfaces/">http://blog.dubspot.com/understanding-audio-interfaces/</a> et &laquo;&nbsp;numérisée&nbsp;&raquo; par mes soins. On fait mieux au niveau de la résolution !</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><span style="color: #0000ff;">L&rsquo;évolution du World Wide Web &#8230; tous auteurs, acteurs  ?</span></h2>
<p>Le pas est donc aisément franchi d&rsquo;associer le numérique à l&rsquo;informatique comme nous le remarquons bien souvent dans l<strong>&lsquo;interprétation réductionniste de l&rsquo;école numérique en école informatisée</strong> ou encore de la transformation, tout aussi abusive, d&rsquo;éducation numérique en formation en informatique. Entre condition nécessaire (l&rsquo;utilité et la disponibilité des outils technologiques) et condition suffisante (accéder à la société numérique en évitant la fossilisation des pratiques, de refaire comme avant avec le nouveau) … l&rsquo;amalgame est aisé. L&rsquo;innovation de maintien a la vie dure par rapport aux innovations de ruptures dont nous parlerons.</p>
<p>Mais cette transformation de la variété en chaines de &laquo;&nbsp;0 et de &laquo;&nbsp;1&nbsp;&raquo; (pour reconstituer ensuite une instance de cette variété) a porté très vite non seulement sur les objets mais également sur leurs liaisons (les fameux hyperliens, ces mots en bleu-souligné sur lesquels vous cliquez en passant ainsi d&rsquo;une interprétation à l&rsquo;autre, en passant d&rsquo;un certain degré de précision à un autre &#8230;) donnant ainsi accès à une variété encore plus large de représentations, d&rsquo;interprétations … C&rsquo;est ainsi que naissait, au début des années 90, le Web (la toile d&rsquo;araignée mondiale) d&rsquo;abord accessible, en mode édition ou production, seulement à ceux qui maîtrisaient les codes et les langages informatiques nécessaires pour publier et interconnecter ce vaste système d&rsquo;informations (on se souviendra du <em>html</em> et des protocoles de transfert  <em>ftp</em> devenus depuis lors transparents pour l&rsquo;utilisateur) : on y détecte un nombre restreint d&rsquo;éditorialistes et un grand nombre en augmentation rapide de lecteurs, de spectateurs, de consommateurs ! Dix ans plus tard, utilisabilité et ergonomie aidant, le Web 2.0 allait donner progressivement à ces derniers un rôle de consomm&rsquo;acteurs. Le fait de pouvoir ou de devoir s&rsquo;identifier (les fameux &laquo;&nbsp;<em>login</em>&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;mot de passe&nbsp;&raquo;) sur un site leur permettait de <strong>(1)</strong> se faire reconnaître par le Web devenu service et recevoir ainsi les informations qui leur étaient destinées (un site commercial se transformera pour vous donner les nouveautés qui vous intéressent en fonction de l&rsquo;historique de vos visites antérieures), une forme de Web réactif et <strong>(2)</strong> de recevoir (sans vous rendre sur le site) les alertes ou notifications qui correspondent à certains choix que vous avez marqués au hasard des navigations, une forme de Web proactif. C&rsquo;est ainsi que nous publions nos avis, nos commentaires, nos coups de cœur (j&rsquo;aime !), que nous soumettons nos idées sur notre Blog en attendant les commentaires de notre lectorat, que nous établissons une chaîne neuronale toute virtuelle avec la Communauté &#8230; que nous apprenons ?</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2016/02/web.jpg"><img class="aligncenter wp-image-761" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2016/02/web.jpg" alt="web" width="420" height="323" /></a></p>
<p>Image prélevée sur le site : <a href="http://www.tourisme-tic.com/evolution-du-web/">http://www.tourisme-tic.com/evolution-du-web/</a> (source originale non identifiée)</p>
<p><strong>Ce faisant, c&rsquo;est l&rsquo;identité même de l&rsquo;utilisateur qui est numérisée au niveau de ses habitudes, de ses intérêts, de sa communauté (les amis)</strong> en voie de virtualisation toujours plus prononcée sur <strong>le Web ou &laquo;&nbsp;nous reprenons connaissance&nbsp;&raquo;</strong>. En parallèle ou en contrepartie, ce consommateur, certes de plus en plus exposé à l&rsquo;hameçonnage (le côté obscur), se retrouve affublé d&rsquo;une panoplie en extension d&rsquo;outils lui permettant lui-même (le côté clair) de publier, de recevoir des commentaires, de s&rsquo;affilier à une communauté qu&rsquo;il va suivre (ses f<em>ollowings</em>) ou encore d&rsquo;en créer une, personnelle cette fois-ci, peuplée de ses <em>followers</em>. Le numérique quitte ainsi, sans la nier ou la déprécier, la sphère de la numérisation des objets pour entrer dans celle de la connectivisation des relations entre humains. Serait-ce aussi notre intelligence &#8211; étymologiquement, le préfixe inter- (« entre ») et le verbe lĕgĕre (« cueillir, choisir, lire ») &#8211; qui s&rsquo;externalise par une sorte <a href="http://www.fondationjeanpiaget.ch/fjp/site/ModuleFJP001/index_gen_page.php?IDPAGE=304">d&rsquo;assimilation et d&rsquo;accommodation piagétienne</a> au niveau global ? <strong>C&rsquo;est là, au delà de la médiatisation des ressources, dans la médiation numérique des interactions, que se niche &laquo;&nbsp;le numérique&nbsp;&raquo;.</strong> Vous l&rsquo;avez compris, entre aliénation et émancipation, le chemin est étroit. Une question d&rsquo;école et d&rsquo;éducation (<em>e-ducere</em>, conduire au dehors) sans doute qui dépasse allègrement les utilisations (fonctionnelles) voire même les usages de l&rsquo;outil en lui-même. Pourquoi dès lors ramener la question du numérique à celle des équipements &#8230; c&rsquo;est une condition nécessaire certes mais le risque d&rsquo;enlisement est grand. Apprendre, c&rsquo;est aussi mettre de l&rsquo;ordre dans le désordre, les curateurs du Web comprendront (voir en bas de ce billet quelques prolongations de ce paragraphe).</p>
<p>Ainsi le numérique bouleverse non seulement notre rapport aux savoirs (désormais transmis), nos rôles &#8230; mais aussi nos façons de réagir, d&rsquo;agir et d&rsquo;interagir. &laquo;&nbsp;L&rsquo;ubérisation&nbsp;&raquo; se propage au travers de l&rsquo;horizontalisation des pratiques. Il y a quelques années, nous recourions à &laquo;&nbsp;l&rsquo;expert&nbsp;&raquo; pour prendre nos vacances (Le guide Michelin versus TripAdvisor), pour nous soigner (Le médecin généraliste versus Doctissimo), pour apprendre (Le professeur versus les MOOCs ou la Khan Academy) &#8230; le collectif, la validation par le collectif remplacera-t-il &laquo;&nbsp;l&rsquo;expert&nbsp;&raquo; ? Les classes inversées ne proviennent pas d&rsquo;une nouvelle théorie pédagogique en vogue, elles sont l&rsquo;émanation de pratiques, d&rsquo;analyse de pratiques, de partage de pratiques &#8230; en dehors de tout décret. Je ne veux être considéré comme un des apôtres d&rsquo;une nouvelle société en construction. Je m&rsquo;interroge sur <strong>comment nous, les humains, allons profiter de ces espaces de liberté</strong>, de décision, de partage et d&rsquo;expérimentation que nous offrent les technologies. <a href="https://interstices.info/jcms/c_33030/les-nouvelles-technologies-revolution-culturelle-et-cognitive">Les technologies nous condamnent à devenir intelligents</a> (Michel Serres, 2007). <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=651">Quel sens redonner à la présence ?</a></p>
<p>Comme l&rsquo;explique Joël de Rosnay &laquo;&nbsp;<a href="http://www.carrefour-du-futur.com/conférences/entreprise-du-futur/">Voyage vers le futur, mon entreprise en 2030</a>&laquo;&nbsp;, Alibaba est considéré comme le plus grand magasin du monde et il n&rsquo;a pas de stocks. Uber, la société de taxis ne possède pas de véhicules. Booking.com est une chaîne hôtelière qui ne possèdent pas d&rsquo;hôtels. Ils minimisent ainsi les coûts inhérents à ces entreprises (stocks, véhicules, bâtiments) les faisant supporter par d&rsquo;autres et en jouant le rôle d&rsquo;une sorte de courroie de transmission horizontale &#8211; sans intermédiaires &#8211; entre les utilisateurs, les consommateurs, les producteurs, nous !  <strong>Et l&rsquo;entreprise-université ou l&rsquo;entreprise-école du futur ?</strong> Considérant que les savoirs sont transmis (bien souvent en Open et en ligne, les OER ou <em>Open Educational Resources</em>), considérant qu&rsquo;une large part des interactions peut aussi être externalisée, combien de temps faudra-t-il pour <a href="https://didac2b.wordpress.com/2016/01/28/luberisation/">&laquo;&nbsp;ubériser&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;googleliser&nbsp;&raquo;  l&rsquo;éducation</a> ? A quand la <strong>MOUC</strong>, la <strong>M</strong>assive <strong>O</strong>pen <strong>U</strong>niversity in the <strong>C</strong>loud ? Si nous allons tous apprendre toute la vie durant, qui seront nos enseignants ? Des structures pourraient alors émerger pour offrir ou vendre le tutorat et l&rsquo;accompagnement. Et l&rsquo;évaluation &#8230; badges, portfolios vous avez dit ? Une façon de répondre à la demande de formations à la carte des futurs apprenants toute la vie durant, non ? Le salut ? Encore une fois, redonner du sens à la présence ! Telle est ma quête face aux opérations que préparent déjà les membres du <a href="http://lepeuple.be/lempire-gafam-big-data-etend-son-pouvoir-mondial/26517">GAFAM</a> (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) &#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><span style="color: #0000ff;">Outillage, instrumentation &#8230; médiation aussi ?</span></h2>
<p>En résumé : De tout temps, les Hommes ont inventé des outils pour faciliter leurs labeurs, se libérer des tâches répétitives &#8230; et des instruments pour mieux discerner les événements, la réalité. Le numérique y participe en créant ainsi de nouveaux espaces de liberté. Tout d&rsquo;abord, même si l&rsquo;adjectif &laquo;&nbsp;numérique&nbsp;&raquo; accompagne de plus en plus souvent les nominatifs Société, École, Humanités … ses attributs ou ses valences (la valeur que nous lui attribuons) sont loin d&rsquo;être clairs. S&rsquo;agit-il de la numérisation des médias (le texte, l&rsquo;image, le son &#8230; le MOOC  se réduisant en une succession de symboles binaires pour se diffuser plus aisément), d&rsquo;outils informatiques augmentant notre emprise sur le réel, ses manifestations et sa symbolique ou encore d&rsquo;instruments technologiques (Rabardel &amp; Samurçay, 2001) contribuant à notre intelligence en démultipliant le champ des interconnections possibles ? Depuis la nuit des temps,  les outils, les technologies nous libèrent mais pour quoi faire ? (Michel Serres, 2012). S&rsquo;agit-il tant d&rsquo;outils, de techniques et de technologies que d&rsquo;attitudes, de comportements, de mentalités ?</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2016/02/2001jhgkj.jpg"><img class="aligncenter wp-image-762 size-full" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2016/02/2001jhgkj-e1456242830700.jpg" alt="2001jhgkj" width="340" height="217" /></a></p>
<p>Image prélevée sur : <a href="http://myscreens.fr/2010/cinema/culte-du-dimanche-2001-lodyssee-de-lespace/">http://myscreens.fr/2010/cinema/culte-du-dimanche-2001-lodyssee-de-lespace/</a>   du film &laquo;&nbsp;2001, Odyssée de l&rsquo;espace&nbsp;&raquo; de Stanley Kubrick. Ce futur hominidé découvre le &laquo;&nbsp;marteau&nbsp;&raquo; … quelques instants plus tard, il l&rsquo;utilisera pour éliminer un rival en lui fracassant la tête.</p>
<p>On le comprendra : les techniques tout à la fois contribuent à notre développement en tant qu&rsquo;espèce et nécessitent de nouvelles règles, des balisages pour ces espaces de liberté dont nous avons parlé, un nouvel &laquo;&nbsp;ordre social&nbsp;&raquo;. Comment, dans ce &laquo;&nbsp;changement de phase&nbsp;&raquo; au niveau sociétal, dans cette préoccupation toute systémique allons-nous parvenir à générer de &laquo;&nbsp;<a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=604">l&rsquo;ordre dans le désordre</a>&nbsp;&raquo; ?</p>
<h2></h2>
<h2><span style="color: #0000ff;">Tendances et constatations du connectivisme</span></h2>
<p>Il nous faut donc maintenant essayer de qualifier ce numérique en tentant, par une définition en extension, de discerner certains de ses attributs constitutifs les plus déterminants pour ensuite seulement pouvoir décrire et discuter l&rsquo;école de demain. C&rsquo;est ainsi que nous proposons au débat certains &laquo;&nbsp;shifts&nbsp;&raquo; ou transformations déjà en cours dans notre société connectée (<a href="http://www.itdl.org/journal/jan_05/article01.htm">Siemens, 2005</a>) ; <strong><span style="color: #800080;">nous les relierons avec les tendances et constatations proposées par Siemens :</span></strong></p>
<p><span style="color: #808080;">- Des savoirs diffusés dans des &laquo;&nbsp;cercles fermés&nbsp;&raquo; (par les livres, dans les classes ou amphis &#8230;) <strong>à</strong> des savoirs ouverts et diffusés à l&rsquo;échelle planétaire, connectés entre eux et en perpétuelle re-construction collective &#8230;</span></p>
<ul>
<li><span style="color: #800080;">De nombreux apprenants vont rencontrer des domaines de <strong>connaissances et de compétences variés et parfois sans liaison (entre elles et avec leurs études) au cours de leur carrière</strong></span></li>
</ul>
<p><span style="color: #808080;">- Des modes de communication, d&rsquo;échanges ou de transactions verticaux (top-down ou parfois bottom up)<strong> à</strong> des communications, des échanges ou des transactions davantage horizontales en mode réseau ouvert (parfois dénommé du terme ubérisation marquant ainsi des modes interconnectés et décentralisés qui échappent aux structures pyramidales actuelles et en profitent)</span></p>
<ul>
<li><span style="color: #800080;"><strong>L’apprentissage informel</strong> devient de plus en plus une partie de l’expérience d’apprentissage</span></li>
</ul>
<p><span style="color: #808080;">- D&rsquo;une &laquo;&nbsp;informatique&nbsp;&raquo; fonctionnelle (comment utiliser tels ou tels logiciels de type &laquo;&nbsp;usine à gaz&nbsp;&raquo; &#8230;) <strong>à</strong> une &laquo;&nbsp;informatique&nbsp;&raquo; relationnelle orientée usages spécifiques eux-mêmes orientés utilisateurs (simplicité, versatilité, utilisabilité, accès direct &#8230;)</span></p>
<ul>
<li><span style="color: #800080;"><strong>Les technologies sont en train de changer fondamentalement nos façons de penser</strong>. Elles modifient notre «cablage cérébral». <strong>Pas mal de processus</strong> <strong>sont actuellement de plus en plus et de mieux en mieux assumés par les TIC</strong></span></li>
</ul>
<p><span style="color: #808080;">- D&rsquo;espaces et de temps (de formation, d&rsquo;activités socio-professionnelles &#8230;) fortement localisés <strong>à</strong> une abolition des limites propres aux espaces-temps physiques par le biais des technologies ubiquitaires ou synchrones &#8230;</span></p>
<ul>
<li><span style="color: #800080;"><strong>L’apprentissage devient un processus commun aux apprenants, aux acteurs de la société et aux institutions (l&rsquo;entreprise apprenante)</strong></span></li>
</ul>
<p><span style="color: #808080;">- Des temps de l&rsquo;apprendre initiaux ou continus fortement inscrits au début de la vie des individus <strong>à</strong> un apprentissage toute la vie durant</span></p>
<ul>
<li><span style="color: #800080;">L’apprentissage est un <strong>processus continu qui se déroule tout au long de la vie</strong></span></li>
</ul>
<p><span style="color: #808080;">- D&rsquo;un cloisonnement disciplinaire <strong>à</strong> une nécessité de pluri ou d&rsquo;interdisciplinarité entrainée par la complexité des problèmes rencontrés et des compétences nécessaires pour les résoudre &#8230; aussi d&rsquo;un décloissonement entre théorie et pratique, ces dernières s&rsquo;enrichissant l&rsquo;une l&rsquo;autre en perspective systémique</span></p>
<ul>
<li><span style="color: #800080;">Le Savoir et le savoir-faire (les connaissances déclaratives et procédurales) sont en train d’être supplantés par le « <strong>savoir où et quand</strong> », les connaissances conditionnelles (que se passera-t-il si … ?)</span></li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<p>La figure ci-dessous essaie d&rsquo;illustrer ces changements que vont encourir les &laquo;&nbsp;citadelles des savoirs&nbsp;&raquo;.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2016/02/Numérique.0011.jpeg"><img class="aligncenter wp-image-767" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2016/02/Numérique.0011.jpeg" alt="Numérique.001" width="699" height="524" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><span style="color: #0000ff;">&laquo;&nbsp;L&rsquo;école&nbsp;&raquo; en 2026</span></h2>
<p>C&rsquo;est à partir de ces constats et tendances sociétales encore embryonnaires mais déjà bien ancrés dans nos habitudes, que nous dresserons <strong>les grandes orientations de l&rsquo;école de demain</strong>, de la formation 2.0 des étudiants et des enseignants, des rapports aux savoirs et aux rôles et de l&rsquo;apprentissage numérique pour une véritable intelligence collective. Voici quelques unes de ces orientations proposées lors <a href="http://fr.slideshare.net/lebrun/2024-enseigner-luniversit-dans-10-ans">d&rsquo;une conférence </a>en 2014 à la HES-SO (Haute école spécialisée de Suisse occidentale) pour ses dix ans (j&rsquo;ai un peu adapté pour 2026 !) :</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2016/02/Perspectives-2026.001.jpeg"><img class="aligncenter wp-image-765" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2016/02/Perspectives-2026.001.jpeg" alt="Perspectives 2026.001" width="732" height="549" /></a></p>
<p><strong>Alors, le numérique, dans la société ou l&rsquo;école, le côté clair ou le côté obscur, un remède ou un poison</strong>, Prométhée ou bouc émissaire, dieu Thot inventeur jubilatoire de l&rsquo;écriture ou pamphlétaire luciférien, je ne sais pas. L&rsquo;un ou l&rsquo;autre ? Sans doute les deux à la fois. A chaque fois, l&rsquo;image de l&rsquo;expérience optique des fentes du physicien Young me revient. Dans une compréhension déterministe, la particule de lumière passera-t-elle par la fente A ou la fente B ? En tant que onde, la lumière passe par les deux fentes à la fois apportant alors la variété et la richesse de la figure de diffraction pleine d&rsquo;interférences constructives ou &#8230; destructives. Il faut le savoir, mais que ceci ne nous empêche pas d&rsquo;avancer, d&rsquo;expérimenter, de partager ! Une réponse à la polarisation du <strong>pharmakon</strong>, entre le remède et le poison, faut-il choisir ?</p>
<p>Comme à la Renaissance du XVème siècle, au cours de laquelle l&rsquo;Homme s&rsquo;est débarrassé du cortège de divinités de toutes sortes qui influençaient ses bonheurs et ses malheurs et déterminaient les phénomènes naturels pour les comprendre par la science naissante (héritée de l&rsquo;antiquité), nous assistons probablement à l&rsquo;instauration d&rsquo;une nouvelle Humanité, d&rsquo;une autre Renaissance, ou mieux à un parachèvement de l&rsquo;idéal démocratique. L&rsquo;enjeu est d&rsquo;importance et dans le sens que nous avons décrit l&rsquo;école sera &laquo;&nbsp;numérique&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est vrai que l&rsquo;idéal démocratique et la science des anciens grecs, transportés par les arabes et les juifs, ont resurgi lors de la première Renaissance avec une contribution forte d&rsquo;une invention technologique, le livre. A l&rsquo;heure actuelle, le numérique rend possible d&rsquo;autres pédagogies pour les humains connectés même si les ingrédients de ces pédagogies étaient déjà déclarés ou annoncés il y a longtemps déjà. Ainsi, la renaissance numérique a ce potentiel de ravigoter ces idéaux démocratiques (au sens premier, au sens fort) dans une connaissance de mieux en mieux ou de plus en plus partagée. Ne remettons donc pas &laquo;&nbsp;le numérique&nbsp;&raquo; sur le socle des divinités anciennes en mettant en avant leurs caractéristiques &laquo;&nbsp;magiques&nbsp;&raquo;. L&rsquo;humanité numérique, c&rsquo;est nous !</p>
<p><strong>Et vous, les numériques &#8230;  surtout, commentez, déconstruisez, reconstruisez &#8230;</strong></p>
<p>Voir aussi :</p>
<p>&#8211; <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?page_id=668">Autant savoir … des savoirs formalisés à l’intelligence collective</a></p>
<p>&#8211; <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=604">Ordre et désordre dans l’enseignement et l’apprentissage avec le numérique</a></p>
<p>&#8211; <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=602">Des Espaces-Temps pour la Formation et l’Apprentissage : Réflexions à la lumière des outils numériques</a></p>
<p>Pour aller plus loin, plus profond &#8230; ailleurs : Milad Doueihi, <a href="https://vimeo.com/39842130">Pour un humanisme numérique</a> (Editions du Seuil, 2011) :</p>
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		<item>
		<title>Claroline Connect, ça vous dit quelque chose &#8230;</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Jan 2013 16:17:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Apprendre]]></category>
		<category><![CDATA[Considérations et méthodes pédagogiques (avec TIC)]]></category>
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		<description><![CDATA[Donc, j'en ai parlé avec Christophe (qui lui, pilote à Lyon le projet Spiral Connect, une plateforme découverte lors de mon séjour sabbatique à Lyon) et très vite on s'est mis d'accord : on va bosser ensemble avec nos équipes sur ce nouveau concept de plateforme ... Claroline Connect : l'innovation, l'ingéniosité de Spiral et l'intuitivité, la rigueur de Claroline ... le feu et l'eau, l'ordre et le désordre (j'exagère) ... une des mes métaphores favorites. Plutôt, des espaces de liberté avec des jalons, des indicateurs ... [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Cela fait quelques mois qu&rsquo;on en parle à demi-mots, ici et là-bas, <a href="http://www.regional-it.be/2013/01/17/claroline-connect-elearning/">en Belgique</a> et Outre-Quiévrain &#8230;<br />
Mais voilà, les accords sont pris et la campagne de presse s&rsquo;annonce !</p>
<p><strong>Une petite histoire</strong></p>
<p>C&rsquo;était en avril 2012, lors du WWW2012, qu&rsquo;avec mon comparse de causeries (Christophe Batier de l&rsquo;UCBLyon I), nous avons discuté de projets pour un nouveau genre de LMS. Il était temps car la plupart des plateformes actuelles sont nées il y a une dizaine d&rsquo;années. En mai, à l&rsquo;AIPU de Trois-Rivières (Québec), on en parlait lors d&rsquo;<a href="http://www.youtube.com/watch?v=cs78HVKJqnc">une causerie</a>.</p>
<p>Claroline est née en 2001 à l&rsquo;Université catholique de Louvain et avec toutes ces années, les outils, les usages, les besoins &#8230; se sont développés d&rsquo;une manière tellement radicale, qu&rsquo;on ne pouvait plus faire évoluer ces outils à coups de &laquo;&nbsp;patch&nbsp;&raquo;, de rafistoler la plateforme pour la mettre au &laquo;&nbsp;goût du jour&nbsp;&raquo;. Dans le cadre du <a href="http://www.claroline.net/?lang=fr">Consortium Claroline</a>, nous y réfléchissions depuis quelques années : la décision fut difficile tant l&rsquo;investissement était lourd. Pourtant, il fallait y aller, il fallait reconstruire un &laquo;&nbsp;noyau&nbsp;&raquo;, une sorte de moteur pour le logiciel qui permettrait de tenir compte de l&rsquo;avancée des outils &laquo;&nbsp;déjà-là&nbsp;&raquo; du Web 2.0, des usages des générations (les natifs et les autres), des besoins de la formation initiale et continue, toutes deux secouées par les approches-compétences et les approches-programmes, par la disponibilité des ressources (Tout est transmis, dirait Michel Serres), par les MOOC (Massive Open Online Courses), les EPA (Environnements personnels d&rsquo;apprentissage), l&rsquo;édition numérique, l&rsquo;internationalisation de la formation &#8230; vous complèterez bien la liste.</p>
<p>Donc, j&rsquo;en ai parlé avec Christophe (qui lui, pilote à Lyon le projet <a href="http://spiralconnect.univ-lyon1.fr/">Spiral Connect</a>, une plateforme découverte lors de mon séjour sabbatique à Lyon) et très vite on s&rsquo;est mis d&rsquo;accord : on va bosser ensemble avec nos équipes sur ce nouveau concept de plateforme &#8230; Claroline Connect : l&rsquo;innovation, l&rsquo;ingéniosité de Spiral et l&rsquo;intuitivité, la rigueur de Claroline &#8230; le feu et l&rsquo;eau, l&rsquo;ordre et le désordre (j&rsquo;exagère) &#8230; une des mes métaphores favorites. Plutôt, des espaces de liberté avec des jalons, des indicateurs &#8230;</p>
<p>Les partenariats avec la Région &laquo;&nbsp;Rhône-Alpes&nbsp;&raquo; (car évidemment nos partenaires de la Région, déjà <a href="http://www.claroline.net/membres/">membres effectifs du Consortium</a> s&rsquo;y sont vite intéressés : Ecole centrale de Lyon, EM Lyon, Saint-Etienne &#8230;), le soutien de la <a href="http://www.awt.be/web/edu/index.aspx?page=edu,fr,tem,020,002">Région Wallonne</a> &#8230; se sont rapidement mis en place, les équipes sont constituées &#8230; le prototype fonctionnel de Claroline Connect est prévu pour septembre 2013 et la migration des plateformes institutionnelles (utilisatrices de Claroline, de Spiral et pourquoi pas d&rsquo;autres plateformes) est prévue à la rentrée (septembre 2014). En outre des projets de recherche-développement sont venus accompagner, soutenir et fertiliser le projet.</p>
<p><strong>Des idées génériques vers des fonctionnalités revues</strong></p>
<p>Sans vouloir faire le décompte exhaustif de nos chantiers et de nos objectifs en voici quelques-uns :</p>
<p>(1) <span style="color: #0000ff;"><strong>Dépasser (sans la négliger) la notion de &laquo;&nbsp;cours&nbsp;&raquo; pour aller vers le &laquo;&nbsp;développement de compétences&nbsp;&raquo;.</strong></span> Les plateformes actuelles sont construites principalement sur des &laquo;&nbsp;cours&nbsp;&raquo; créés par les utilisateurs enseignants. Sans les mettre de côté, nous proposons la <strong>notion d&rsquo;espaces d&rsquo;activités</strong> plus souples dans les contextes actuels : une approche par problèmes, par exemple, est transversale à plusieurs &laquo;&nbsp;cours&nbsp;&raquo; et vise le développement de compétences, contextualisation fertile d&rsquo;un ensemble de connaissances, de ressources ; un portfolio est un espace d&rsquo;activité orientée et gérée par les étudiants dans le cadre de la validation d&rsquo;un parcours ; ces compétences sont pilotées et construites dans une approche-programme association interactive de plusieurs enseignants … Il s&rsquo;agit aussi d&rsquo;une occasion d&rsquo;ouverture à d&rsquo;autres types d&rsquo;activités : des projets de recherche dans une université, un projet d&rsquo;innovation ou de co-élaboration au sein d&rsquo;une entreprise … bref, une plateforme d&rsquo;eLearning et d&rsquo;eWorking &#8230;</p>
<p>(2) <strong><span style="color: #0000ff;">Utiliser les ressources externes pour mieux se concentrer sur le dispositif d&rsquo;apprentissage</span></strong>. Les réformes éducatives actuelles visent au développement de l&rsquo;autonomie voire de l&rsquo;autodidaxie (Apprendre à apprendre) des étudiants. Les EPA (Environnement Personnel d&rsquo;Apprentissage) se développent à l&rsquo;heure des MOOC (tels Coursera ou EdX). Aussi, notre attention est dirigée vers <strong>les réservoirs de ressources disponibles</strong> au travers des UNT (Universités numériques thématiques) voire des MOOC et des éditions numériques des <em>Textbooks</em>. Une plateforme actuelle se doit de tenir compte de ces nouvelles ressources, de ces bases de données de ressources partagées … et aussi d&rsquo;offrir des environnements proches de ceux qui se développent au sein du <strong>Web 2.0</strong> ou du moins de permettre une interaction transparente avec ceux-ci. C&rsquo;est ainsi que des espaces d&rsquo;activités, véritables agrégateurs de savoirs, pourraient être créé par les étudiants eux-mêmes au sein d&rsquo;un projet pédagogique dûment balisé.</p>
<p>(3) <strong><span style="color: #0000ff;">Travailler en réseau pour redonner du sens à la présence</span>. Le collectif, l&rsquo;apprentissage collaboratif ou mieux co-élaboratif est à l&rsquo;ordre du jour</strong>. Des réseaux d&rsquo;apprenants (et nous sommes tous apprenants toute la vie durant) se créent, ils se mêlent aux réseaux de praticiens du monde socio-professionnel. Les universités &laquo;&nbsp;traditionnelles&nbsp;&raquo; redonnent du sens à la présence (les &laquo;&nbsp;campus&nbsp;&raquo;) dans des collaborations larges avec leur région voire à l&rsquo;international. <strong>Des plateformes locales se doivent donc de communiquer entre elles</strong> permettant ainsi la flexibilité et la mobilité des environnements des étudiants, des enseignants, des travailleurs. La plateforme &laquo;&nbsp;Claroline Connect&nbsp;&raquo; communiquera (ou pourra communiquer) ainsi avec d&rsquo;autres plateformes dans le cadre du partage et de la construction des connaissances et des dispositifs de formation établis. <strong>Des banques de dispositifs pédagogiques pourront être partagés</strong> entre des enseignants ou des utilisateurs du monde entier au service de leur développement professionnel (dans une optique de SOTL).</p>
<p>(4) <strong><span style="color: #0000ff;">Gérer les collectifs, les communautés, les groupes &#8230;</span></strong> Le collectif encore. Des étudiants, des utilisateurs, des chercheurs sont inscrits respectivement ou cumulativement dans des &laquo;&nbsp;cours&nbsp;&raquo;, dans des programmes, dans des équipes, dans des groupes où alors ils travaillent en duo ou même en solo sur un projet précis. On comprendra aisément que toutes ces liaisons sont difficiles à gérer, à suivre au sein du <strong>bureau de l&rsquo;utilisateur.</strong> Ce dernier répondra à ce besoin d&rsquo;ordre en proposant des trémies (des filtres) et en se reconfigurant selon les choix du moment : le travail que je mène avec tel autre étudiant, le projet que je conduis avec telle équipe, mes abonnements à tels services ou au portail de l&rsquo;institution … Selon le choix, <strong>le bureau sera à même de se configurer </strong>en mettant en place, en action, les ressources nécessaires, les autres utilisateurs concernés … et les outils nécessaires à l&rsquo;exécution des tâches.</p>
<p>(5) <span style="color: #0000ff;"><strong>Partager des dispositifs pédagogiques</strong></span>. Pour terminer ce bref aperçu, un enseignant ou un formateur qui aura construit un scénario intéressant, un dispositif particulier (imaginons un &laquo;&nbsp;peer review&nbsp;&raquo; entre étudiants) … pourra abstraire ce dispositif en le rendre disponible sous forme d&rsquo;un modèle, d&rsquo;un patron, d&rsquo;un &laquo;&nbsp;template&nbsp;&raquo; à d&rsquo;autres enseignants, formateurs. <strong>Le partage des pratiques</strong> est une donnée incontournable dans le développement professionnel des enseignants, la nouvelle plateforme permettra de les objectiver.</p>
<p>(6) <strong><span style="color: #0000ff;">Mobiles.</span></strong> Les outils mobiles, smartphones et tablettes, sont de plus en plus utilisés par nos apprenants pour visualiser des ressources, rester connectés avec &laquo;&nbsp;ses groupes&nbsp;&raquo;, partager les informations. Ils sont devenus <em>de facto</em> les outils de l&rsquo;apprendre toute la vie durant &#8230; Claroline Connect devra s&rsquo;adapter pour s&rsquo;infiltrer dans ces écrans de formes variées.</p>
<p><strong>Et vous ?</strong></p>
<p>Notre projet, notre Consortium est largement ouvert. Vous avez des idées, vous voulez les voir à l&rsquo;oeuvre dans le nouvel outil. Rejoignez-nous ! Dès que le noyau sera fonctionnel, les membres effectifs pourront contribuer à la plateforme via son architecture modulaire.</p>
<p>C&rsquo;est vrai, pas mal d&rsquo;institutions ont fait d&rsquo;autres choix (Moodle, Dokeos &#8230; d&rsquo;excellentes plateformes par ailleurs &#8230; et même des LMS commerciaux). Ce que nous vous proposons c&rsquo;est une Communauté proche, largement européenne, d&rsquo;origine francophone et largement ouverte sur la francophonie, latine de coeur mais ouverte aux cultures différentes &#8230; Nous pensons fortement que deux orientations importantes nous démarquent de la concurrence :</p>
<p>(1) <span style="color: #0000ff;"><strong>Simplicité, intuitivité toujours.</strong></span> S&rsquo;il s&rsquo;agit de contribuer au développement professionnel des enseignants et plus largement à celui du système éducatif, il nous paraît important de ne pas orienter le choix de la plateforme sur une longue liste de fonctionnalités, de modules. Trop souvent, <strong>ce sont de telles considérations purement informatiques qui guident le choix</strong>. Une plateforme qui offre tous les modules possibles permettant de &laquo;&nbsp;faire des choses complexes&nbsp;&raquo; sur le plan pédagogique, rend bien souvent la réalisation de &laquo;&nbsp;choses simples&nbsp;&raquo; compliquée. Nous pensons qu&rsquo;<strong>une plateforme simple, intuitive</strong> (une des caractéristiques largement reconnues de Claroline et que nous souhaitons maintenir) est le meilleur moyen de faire entrer les enseignants dans l&rsquo;évolution, pédagogique et technologique, de plus en plus impérative du monde éducatif. Encore faut-il que la technologie ne soit pas l&rsquo;obstacle premier.</p>
<p>(2) <strong><span style="color: #0000ff;">Généricité et spécificité.</span></strong> Tout en souhaitant et encourageant le développement et le partage de modules plus spécifiques voulus par les institutions-membres voire les utilisateurs, il nous semble important que la plateforme, au travers de son noyau, <strong>permette la construction de dispositifs pédagogiques partageables à partir de briques de base intelligentes</strong>, les outils de la plateforme. Les modèles (ou <em>Templates</em> décrits au point 5) sont ainsi plus facilement accessibles et exploitables par les enseignants, étant construits sur les outils génériques (fonctionnalités) de la plateforme. Bon nombre de plateformes  disposent bien évidemment d&rsquo;une large collection de modules spécifiques mais ceux-ci demandent des apprentissages particuliers chaque fois à refaire.</p>
<p>Alors venez nous rejoindre ou pourquoi pas <a href="http://www.claroline.net/collaborer/">soutenez notre projet </a></p>
<p>Marcel, président du Consortium international Claroline :=)</p>
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		<title>J&#8217;enseigne moins, ils apprennent mieux &#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 04 Nov 2011 16:09:36 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[<p>Des lecteurs de ce Blog m&#8217;ont demandé de présenter un dispositif concret où je mets en action les cinq facettes de mon modèle d&#8217;apprentissage ou encore l&#8217;intégration des compétences dans l&#8217;enseignement … Voici une présentation de l&#8217;un de mes cours, un dispositif hybride dans lequel je mets en pratique ces idées (une version antérieure de cette [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Des lecteurs de ce Blog m&rsquo;ont demandé de présenter un dispositif concret où je mets en action <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=579">les cinq facettes de mon modèle d&rsquo;apprentissage</a> ou encore <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=559">l&rsquo;intégration des compétences dans l&rsquo;enseignement</a> … Voici une présentation de l&rsquo;un de mes cours, un dispositif hybride dans lequel je mets en pratique ces idées (une version antérieure de cette présentation a été publiée dans notre journal &laquo;&nbsp;<a href="http://www.uclouvain.be/97753.html">Résonances</a>&nbsp;&raquo; de janvier 2011). Je l&rsquo;ai écrite sous la forme d&rsquo;une interview &#8230; que je me fais à moi-même &#8230; une opération de réflexivité !</strong></p>
<h2><strong><span style="color: #ff6600;">PRESENTATION DU COURS LPSY1408</span><br />
</strong></h2>
<p><span style="color: #000000;"><em><strong>La rédaction</strong> : Marcel Lebrun, on vous connaît comme conseiller &laquo;&nbsp;technopédagogique&nbsp;&raquo; à l&rsquo;IPM, moins comme enseignant. Même si on peut le deviner, qu&rsquo;enseignez-vous au juste ?</em></span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>Marcel Lebrun</strong> : Et bien oui, outre mon travail à l&rsquo;<a href="http://www.uclouvain.be/ipm">IPM</a>, je donne des cours de technologies pour la formation, l&rsquo;enseignement et l&rsquo;apprentissage, des cours finalement assez éloignés de la préoccupation instrumentaliste. Ils seraient plutôt orientés vers une conception systémique de notre époque, l&rsquo;âge de l&rsquo;information, avec les changements qu&rsquo;elle implique chez chacun de nous (la façon par laquelle nous vivons, prenons nos loisirs, nous informons, nous apprenons &#8230;), les changements qu&rsquo;elle stimule et qu&rsquo;elle soutient dans la formation et l&rsquo;apprentissage toute la vie durant, les nouveaux rôles des uns et des autres, tour à tour formateurs et formés, avec les statuts du savoir qu&rsquo;elle promeut et développe : vous avez entendu parler des réseaux sociaux, de l&rsquo;intelligence collective, non ?</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><em><strong>R</strong> : Et vos publics ?</em></span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>ML</strong> : Des étudiants d&rsquo;horizons variés allant des BAC3 (NDLR : les licences en Belgique) en psychologie accompagnés d&rsquo;étudiants de diverses facultés qui ont choisi ce cours en mineure (<a href="http://www.uclouvain.be/cours-2011-LPSY1408.html">le cours dont je parle ici</a>)  jusqu&rsquo;aux étudiants futurs formateurs de l&rsquo;Agrégation (la formation des enseignants du secondaire), du Capaes (la formation des enseignants du supérieur) de la FOPA (Faculté Ouverte Pour Adultes)<br />
</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>Objectifs et méthodes </strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><em><strong>R</strong>: Je suppose que les objectifs, les méthodes requises sont différentes pour ces différents groupes ?</em></span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>ML</strong> : Non et oui ! Mon objectif ultime est de développer, au travers de contenus qui sont bien présents mais finalement peu &laquo;&nbsp;enseignés&nbsp;&raquo; par moi mais beaucoup manipulés par les étudiants, de réelles compétences &laquo;&nbsp;transversales&nbsp;&raquo; en matière d&rsquo;esprit critique et d&rsquo;évaluation, de travail d&rsquo;équipe, de synthèse, de communication &#8230; Vous le comprenez, c&rsquo;est un fondement pour la qualité des apprentissages manifestés au travers d&rsquo;un rapport scientifique pour les uns, d&rsquo;un protocole de leçon pour les autres, d&rsquo;un projet de mémoire pour les derniers.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><em><strong>R</strong> : Vous dites que vous n&rsquo;enseignez que peu, inquiétant non ?</em></span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>ML</strong> : Une question de cohérence plutôt. Comment voulez-vous développer des &laquo;&nbsp;formations centrées sur l&rsquo;apprenant&nbsp;&raquo; (NDLR : <a href="http://www.uclouvain.be/politique-formation.html">une priorité de l&rsquo;UCL</a>) en occupant tout l&rsquo;espace-temps par mon seul exposé, en court-circuitant leur apprentissage en leur donnant les bonnes réponses, en les privant d&rsquo;occasions d&rsquo;apprentissage, au sens fort, c&rsquo;est-à-dire d&rsquo;occasions d&rsquo;exercer leur créativité, de devenir compétents dans l&rsquo;acte d&rsquo;apprendre dans toutes ses dimensions &#8230; En outre, ce cours est exprimé en ECTS : 5 ECTS près de 150 heures de travail pour l&rsquo;étudiant &#8230; pour l&rsquo;étudiant, j&rsquo;insiste.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">J&rsquo;ai aussi fait mienne cette citation de Brown et Atkins : <em>Enseigner, c&rsquo;est donner à l&rsquo;étudiant des occasions où il puisse apprendre.</em> C&rsquo;est beau, n&rsquo;est-ce pas ?  Deux choses importantes : cette citation n&rsquo;exclut nullement de proposer &laquo;&nbsp;magistralement&nbsp;&raquo; une synthèse orchestrée par l&rsquo;enseignant, nos étudiants ont besoin de balises. Ensuite, c&rsquo;est finalement l&rsquo;expression d&rsquo;un certain bon sens : vous pouvez leur enseigner, mais vous ne pouvez pas apprendre à leur place. L&rsquo;expression &laquo;&nbsp;je vais t&rsquo;apprendre à rouler à vélo&nbsp;&raquo; n&rsquo;a pas beaucoup de sens. Je peux montrer, démontrer, expliquer &#8230; c&rsquo;est à l&rsquo;étudiant d&rsquo;apprendre.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>Un scénario qui organise les activités &#8230; des étudiants</strong></span></p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2011/11/LPSY-1408-schema.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-588" title="LPSY-1408-schema" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2011/11/LPSY-1408-schema.jpg" alt="" width="841" height="595" /></a></p>
<p><span style="color: #000000;"><em><strong>R</strong> : Et comment cela se passe concrètement votre cours ?</em></span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>ML</strong> : Dans le cours aux étudiant(e)s de BAC3, j&rsquo;ai réduit les exposés magistraux (mais néanmoins interactifs) à 5 cours de 2 heures (une sorte de balisage avec des invités parfois, mes deux collègues Denis Smidts et Françoise Docq tous les deux spécialisés en matière d&rsquo;eLearning) pour leur laisser le temps d&rsquo;apprendre. </span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">Je fais quelque part l&rsquo;impasse sur le deuxième cours en leur proposant de visionner à domicile une vidéo de l&rsquo;une de <a href="http://www.crdp-reims.fr/ressources/conferences/lebrun/lebrun.htm">mes conférences sur le thème</a>. J&rsquo;ouvre en même temps un forum où ils peuvent déposer commentaires, opinions, questions … Au cours suivant, le troisième donc, je travaille avec eux ces productions. Les forums, ça marche pas ?  Mais si, sur une quarantaine d&rsquo;étudiants, j&rsquo;ai reçu 17 commentaires dont certains de plus d&rsquo;une page ! Mais ce qui compte le plus, c&rsquo;est d&rsquo;exploiter leurs productions dans le cours en présentiel. J&rsquo;ai bien évidemment en réserve quelques diapos pour répondre de manière précise à leurs interpellations. Je suis très &laquo;&nbsp;<a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=583">flipped classroom</a>&nbsp;&raquo; : Lectures at home and Homework at school … l&rsquo;enseignement du futur.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">Je leur ai proposé aussi une formule de mini-colloque (deux cours hebdomadaires successifs à la fin du quadrimestre, l&rsquo;apothéose du cours) dans lequel les groupes d&rsquo;étudiants viennent présenter leurs communications résultant de leurs travaux en groupe. Ils y mettent beaucoup &#8230; C&rsquo;est terrible &laquo;&nbsp;quand les jeunes s&rsquo;en mêlent &#8230;&nbsp;&raquo; : ils créent des vidéos, font des interviews, rendent leur amphi actif &#8230;<br />
</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">Chaque fois, un autre groupe est désigné pour réaliser une &laquo;&nbsp;critique&nbsp;&raquo; du travail présenté dans une perspective formative : la critique (basée sur les critères d&rsquo;évaluation que je leur donne dans mon plan de cours) est remise au groupe évalué de manière à ce que ce dernier puisse revoir sa copie. Un exercice de critique (au sens large) et une façon de faire sortir les étudiants du seul thème qu&rsquo;ils ont investigué, du seul rapport qu&rsquo;ils ont écrit. L&rsquo;évaluation porte sur le travail proprement dit et sur la note critique réalisée. Ça fonctionne ? Parfois les étudiants me disent : &laquo;&nbsp;Ce n&rsquo;est pas à nous d&rsquo;évaluer le travail de nos ami(e)s&nbsp;&raquo;. Je leur réponds &laquo;&nbsp;Si ce sont vos ami(e)s, alors aidez-les à mieux faire leur travail avec les critères que je vous ai donné&nbsp;&raquo;. La qualité des travaux a ainsi fortement été améliorée.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>Des compétences qui émergent toutes seules ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><em><strong>R</strong> : Mais, vous supposez que les compétences dont vous avez parlé (travail d&rsquo;équipe, communication, esprit critique &#8230;) s&rsquo;acquièrent, en le faisant, Learning by doing, par une sorte d&rsquo;osmose au travers de la méthode ?</em></span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>ML</strong> : Non pas tout à fait. Je mets à leur disposition (ou je leur rappelle l&rsquo;existence) de documents relativement courts à propos de l&rsquo;écriture d&rsquo;un rapport scientifique, de l&rsquo;écriture de références, de la communication orale &#8230; même parfois sur comment organiser le travail en groupe sur la plateforme &#8230; Par exemple, en ce qui concerne l&rsquo;exercice de communication lors du mini-colloque, je leur propose la vidéo &laquo;&nbsp;<a href="http://www.dailymotion.com/video/x6hnp0_8-erreurs-a-eviter-lors-d-une-prese_school">les 8 erreurs à ne pas commettre dans une présentation PowerPoint</a>&laquo;&nbsp;, un classique humoristique. Ou alors, un extrait de &laquo;&nbsp;<a href="www.garrreynolds.com/Presentation/pdf/presentation_tips.pdf">Présentation Zen</a>&nbsp;&raquo; de Garr Reynolds. L&rsquo;effet est certain : mes étudiants font des communications a faire pâlir d&rsquo;envie certains enseignants ! Soyons clair : il n&rsquo;est pas question d&rsquo;un cours de méthodologie, ce n&rsquo;est pas ma matière, mais tout à la fois une manière de faire passer mes exigences, de concrétiser mes objectifs transversaux et de faire &laquo;&nbsp;une piqure de rappel&nbsp;&raquo; par rapport aux cours, ateliers et séminaires méthodologiques qu&rsquo;ils ont eu précédemment. C&rsquo;est comme cela que les compétences se construisent petit à petit dans un programme où les différentes parties se renforcent, se complètent, se stimulent.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>Et voici l&rsquo;outil &#8230; iCampus</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><em><strong>R</strong>: Ce doit être un travail important de gérer ces groupes, ces thèmes, ce mini-colloque ?</em></span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>ML</strong> : Vous avez compris que j&rsquo;utilise la plateforme iCampus (NDLR : Claroline). Un cours dont l&rsquo;objet est la Technologie qui ne profiterait pas de cet outil, ce serait un comble ! iCampus me permet de gérer tout ce petit monde avec un investissement juste légèrement supérieur à un cours traditionnel mais, avec une beaucoup plus grande flexibilité : l&rsquo;outil <strong>groupes</strong> me permet de créer des espaces d&rsquo;échange et de partage entre les étudiants, en un clic. Les <strong>annonces</strong> me permettent de donner des informations, des consignes, de gérer l&rsquo;imprévu <em>just in time</em>.  Les <strong>forums</strong> généraux et spécifiques (à un groupe ou à une tâche) constituent pour moi un véritable observatoire, un tableau de bord des activités des étudiants et pour les étudiants un enregistreur de leurs démarches (<em>verba volant, scripta manent</em>). Vous avez dans un forum donné (le groupe 3 par exemple), typiquement une dizaine de sujets (les étapes effectuées par exemple), chaque sujet contenant une dizaine de messages émis par les étudiants &#8230; un seul message a été vu 40 ou 50 fois me renseigne iCampus ! Vous avez dit mutualisation ! Et finalement, l&rsquo;outil <strong>Travaux</strong> m&rsquo;épargne un travail énorme de gestion des copies (faire passer les copies d&rsquo;un groupe à l&rsquo;autre).</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><em><strong>R</strong>: une conclusion ?</em></span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>ML</strong> : Favoriser l&rsquo;apprentissage est devenu une plus grande passion encore qu&rsquo;enseigner et &#8230; qu&rsquo;on ne me dise pas que c&rsquo;est la même chose !</span></p>
<h2><span style="color: #ff6600;">RETOUR SUR LE MODELE D&rsquo;APPRENTISSAGE</span></h2>
<p>Alors, vous êtes prêts ? Où se nichent les cinq facteurs d&rsquo;apprentissage ? Vous avez trouvé ? Voici quelques indications !</p>
<p><strong>Informations</strong></p>
<p>&#8211;       les quelques cours en présentiel</p>
<p>&#8211;       les mini-colloques organisés par les étudiants eux-mêmes</p>
<p>&#8211;       les &laquo;&nbsp;capsules&nbsp;&raquo; méthodologiques sur &laquo;&nbsp;Comment écrire un rapports scientifique ?&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Comment faire une bonne communication ?&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Comment travailler en groupe ?&nbsp;&raquo;</p>
<p><strong>Motivations</strong></p>
<p>&#8211;       le choix du thème travaillé par les étudiants</p>
<p>&#8211;       la contextualisation du travail</p>
<p>&#8211;       le recours à des vidéos</p>
<p>&#8211;       l&rsquo;interactivité</p>
<p>&#8211;       les compétences transversales développées : communication, travail d&rsquo;équipe, esprit critique</p>
<p>&#8211;       le &laquo;&nbsp;chef d&rsquo;œuvre&nbsp;&raquo; (la communication) qu&rsquo;ils construisent</p>
<p><strong>Activités</strong></p>
<p>&#8211;       la recherche des informations</p>
<p>&#8211;       leur projet de mini-colloque</p>
<p>&#8211;       le travail en groupe</p>
<p>&#8211;       la rédaction de commentaires critiques du travail d&rsquo;un autre groupe</p>
<p>&#8211;       la production du travail écrit</p>
<p><strong>Interactions</strong></p>
<p>&#8211;       le travail de groupe</p>
<p>&#8211;       les séances de travail en amphi à répondre aux questions qu&rsquo;ils se posent</p>
<p>&#8211;       l&rsquo;interactivité avec les contextes qu&rsquo;ils explorent</p>
<p><strong>Productions</strong></p>
<p>&#8211;       la présentation lors du mini-colloque</p>
<p>&#8211;       les objets créés pour cette présentation (micro-trottoir, présentation …)</p>
<p>&#8211;       le rapport écrit et les commentaires critiques</p>
<p><strong>Vous avez des questions, des remarques, des suggestions, des interpellations &#8230; et bien, cliquez sur &laquo;&nbsp;<em>Comment</em>&laquo;&nbsp;</strong></p>
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		<item>
		<title>Les compétences et les « CCC » : Capacités, Contenus et Contextes, Learning Outcomes, apprentissage et dispositif, approche programme …</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Jul 2011 14:51:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Apprendre]]></category>
		<category><![CDATA[Considérations et méthodes pédagogiques (sans TIC)]]></category>
		<category><![CDATA[Formation des enseignants]]></category>
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		<description><![CDATA[<p style="text-align: left;">L&#8217;université de printemps organisée par l&#8217;IPM s&#8217;est déroulée en mai 2011. Son thème était les compétences, l&#8217;approche-programme, les Learning Outcomes. Des enseignants y ont participé au travers d&#8217;ateliers et de partages de pratiques. Comme &#171;&#160;j&#8217;aime bien redire avec mes mots&#160;&#187; (serait-ce une compétence ou une appétence ?), une façon de mettre mes idées en [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;"><strong><a href="http://sites-final.uclouvain.be/universitedeprintemps/Bienvenue.html">L&rsquo;université de printemps</a> organisée par l&rsquo;IPM s&rsquo;est déroulée en mai 2011. Son thème était les compétences, l&rsquo;approche-programme, les <em>Learning Outcomes</em>. Des enseignants y ont participé au travers d&rsquo;ateliers et de partages de pratiques. Comme &laquo;&nbsp;j&rsquo;aime bien redire avec mes mots&nbsp;&raquo; (serait-ce une compétence ou une appétence ?), une façon de mettre mes idées en place, j&rsquo;ai écris ces quelques pages en espérant qu&rsquo;elles puissent servir à mes collègues et amis. Ces pages sont liées à d&rsquo;autres billets de mon blogue : <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?page_id=289">un billet consacré à Biggs</a> où l&rsquo;on trouve l&rsquo;histoire de Susan et Robert, un autre sur <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=241">&laquo;&nbsp;mon&nbsp;&raquo; modèle pragmatique d&rsquo;apprentissage</a>, un autre sur les <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=413">méthodes actives </a>&#8230; sans oublier une causerie avec Christophe Batier (Lyon I) sur <a href="http://www.dailymotion.com/video/xf3t9v_causerie-avec-marcel-lebrun-l-align_school">l&rsquo;alignement pédagogique</a> (tournée près des alignements de Carnac !) &#8230; l&rsquo;index ci-dessus devrait vous aider à vous y retrouvez. Votre appréciation (en positif, en négatif, pour y apporter des améliorations) me sera utile ! Vos commentaires sont attendus. N&rsquo;hésitez pas aussi à faire suivre à vos collègues et connaissances par Twitter, facebook &#8230; si cela vous a plu !<br />
</strong></p>
<p style="text-align: left;">Pour la publication en pdf, voir <a href="http://www.calameo.com/read/0007103607f7db81fc33e?authid=mut0u7Odhyms">ICI</a></p>
<h2 style="text-align: left;"></h2>
<h2 style="text-align: left;"><span style="color: #0000ff;">Les compétences et les « CCC » : Capacités, Contenus et Contextes, Learning Outcomes, apprentissage et dispositif, approche programme …</span></h2>
<p><span style="color: #0000ff;"><br />
</span></p>
<h3>1. Introduction</h3>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2011/07/image001.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-560" style="border: 10px solid white;" title="image001" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2011/07/image001.jpg" alt="" width="209" height="243" /></a>Lorsque je fis mes premiers pas en terres pédagogiques, il y a plus de vingt ans, ceux qui furent mes guides (Jean-Marie De Ketele, Philippe Jonnaert, Léopold Paquay …) insistaient, à juste titre, sur <span style="color: #0000ff;">la notion d’objectif</span> : comment construire un dispositif pédagogique (une leçon, un cours, une formation) visant à faire apprendre quelque chose à quelqu’un sans définir où on va le conduire ? Senèque (4 ACN à 65 PCN) aurait dit « il n&rsquo;est pas de bon vent favorable au marin qui ne sait où il va » et Robert Mager (1984) de compléter « si vous n’êtes pas sûr de l’endroit où vous allez&#8230; vous risquez de vous retrouver ailleurs (et de ne pas le savoir) ».<br />
Les objectifs pédagogiques sont généralement rédigés sous la forme d’une <span style="color: #0000ff;">capacité</span> (l’étudiant sera <span style="color: #0000ff;">capable</span> de … résumer…) exercée sur un contenu (un roman de …).</p>
<p>En français, le mot « savoir » est à la fois un substantif (le savoir) et un verbe. <span style="color: #000080;">Les capacités et contenus (tous les deux)</span> sont déclinés en termes de savoirs, de savoir-faire, de savoir-être et de savoir-devenir (De Ketele, 1986). Arrêtons-nous un instant sur cette dernière phrase et les deux mots « capacité » et « contenu » que nous prendrons au sens littéral :<br />
&#8211;    <strong><span style="color: #000080;">une capacité</span></strong> c’est un état potentiel : on a la capacité de …, on est capable de … ne veut pas dire nécessairement que cette capacité va se traduire dans une action réussie. Un vase d’une capacité d’un litre peut être vide !<br />
&#8211;    <strong>le contenu</strong> peut être un savoir (la biographie de tel peintre), un savoir-faire (la procédure pour extraire une racine carrée), un savoir-être (le comportement à adopter dans telle situation) … <span style="color: #993300;">Le contenu remplit le volume du vase de la capacité !</span></p>
<p>Il peut être intéressant aussi de distinguer le savoir (le contenu, un substantif) et savoir (le verbe). Ainsi, manifester une façon personnelle d’aborder la philosophie de Sartre est une capacité relative au savoir-être (SE) s’exerçant sur un savoir (S). Enoncer les règles de bonne conduite en société est une capacité relative au savoir (S) portant sur un contenu relatif au savoir-être (SE). Synthétiser ses acquis en termes de comportements et d’attitudes lors d’un stage pourrait être un objectif de savoir-faire (SF) portant sur un savoir-être (SE). Citer les étapes de la réalisation d’un cube en papier serait un objectif de savoir (S) portant sur un savoir-faire de type gestuel (SF).</p>
<p>Mager, encore lui, avait déjà écrit en 1984 les caractéristiques importantes d’un objectif pédagogique :</p>
<p>•    Performance. An objective always says what a learner is expected to be able to do; the objective sometimes describes the product or the result of the doing.<br />
•    Conditions. An objective always describes the important conditions (if any) under which the performance is to occur.<br />
•    Criterion. Wherever possible, an objective describes the criterion of acceptable performance by describing how well the learner must perform in order to be considered acceptable.</p>
<p>Ces deux concepts (capacité et contenu), compris comme deux dimensions, organisent un plan comme illustré ci-dessous.</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2011/07/image003.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-561" title="image003" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2011/07/image003.jpg" alt="" width="752" height="564" /></a><br />
Un dernier point. Si nous prenons, par exemple, les capacités de nature « savoir-faire », il est clair qu’elles ne sont pas toutes de même niveau. Dans la colonne relative au savoir-faire, nous voyons apparaître les verbes « résumer » (tirer les grandes lignes), « synthétiser » (présenter une organisation personnelle), « appliquer » …</p>
<p>Dès lors, des chercheurs et praticiens pédagogues ont tenté d’organiser ces capacités en différents niveaux. Il est bien important de comprendre que le niveau du dessus n’est pas que le « top », le premier au « Hit Parade » des capacités, mais qu’il repose sur les niveaux inférieurs, les capacités « de bas niveau ».<br />
Dans le domaine cognitif (lié à la connaissance), Benjamin Bloom (1956) propose <span style="color: #0000ff;">une taxonomie</span> (une classification) schématisée par une pyramide dont :</p>
<p>•    la base est <strong><span style="color: #000000;">connaître</span></strong> (définir, dupliquer, étiqueter, lister, mémoriser, nommer, ordonner, identifier, relier, rappeler, répéter, reproduire),<br />
•    le niveau suivant est <strong>comprendre</strong> (classifier, décrire, discuter, expliquer, exprimer, identifier, indiquer, situer, reconnaître, rapporter, reformuler, réviser, choisir, traduire),<br />
•    ensuite <strong>appliquer</strong> (choisir, démontrer, employer, illustrer, interpréter, opérer, pratiquer, planifier, schématiser, résoudre, utiliser),<br />
•    ensuite <strong>analyser</strong> (estimer, calculer, catégoriser, comparer, contraster, critiquer, différencier, discriminer, distinguer, examiner, expérimenter, questionner, tester, cerner),<br />
•    plus haut encore <strong>synthétiser </strong>(arranger, assembler, collecter, composer, construire, créer, concevoir, développer, formuler, gérer, organiser, planifier, préparer, proposer, installer)<br />
•    et finalement <strong>évaluer</strong> (argumenter, évaluer, rattacher, choisir, comparer, justifier, estimer, juger, prédire, chiffrer, élaguer, sélectionner, supporter).</p>
<p>L’importance du « verbe » est manifeste dans nos exemples inspirés d’un article de la Wikipédia (il suffit de chercher « Taxonomie de Bloom »).<br />
<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Taxonomie_de_Bloom">http://fr.wikipedia.org/wiki/Taxonomie_de_Bloom</a></p>
<p><strong>Une remarque importante</strong> : les capacités données ci-dessus sont liées au domaine cognitif. Il en existe bien d&rsquo;autres dont les capacités psychomotrices, socio-affectives (travailler en équipe, gérer ses émotions… ) et les capacités transversales (parfois appelées plus généralement compétences transversales, nous y reviendrons). <span style="color: #800000;">Elles sont moins liées à une discipline particulière, se développent tout au long de la vie et, hélas, font rarement l&rsquo;objet d&rsquo;un apprentissage formel</span> : communiquer, exercer son esprit critique, travailler en équipe, apprendre à apprendre et continuer à apprendre toute la vie durant … en sont des exemples.</p>
<p>Les « trois petits points » dans la case inférieure droite du schéma ci-dessus montrent bien le caractère formel voire artificiel ou scolaire de l’approche dressée jusqu’ici. Il manque évidemment le contexte dans lequel va s’exercer cette application d’un contenu … scolaire, authentique, en vraie dimension, dans le contexte socioprofessionnel. <strong><span style="color: #800000;">L’école, c’est en fin de compte le lieu d’écolage pour la société devenue société complexe</span></strong>. Nous y arrivons !</p>
<h3>2. Les compétences : définitions et exemples</h3>
<p>La construction d’un module, d’un cours, d’un programme peut se faire par décomposition « en marche arrière » d’un des objectifs dits généraux en objectifs plus spécifiques et ainsi de suite. Le scénario du cours, l’agencement temporel des différents modules, consisterait alors à une juxtaposition des activités liées aux objectifs élémentaires « en marche avant » vers l’objectif général. Un des aléas de cette démarche relativement techniciste est le saucissonnage de la matière en une suite de petits blocs qu’il importe de « maîtriser » avant de passer à l’étape suivante : l’enseignement programmé n’est pas loin. Pour éviter cela, De Ketele reconnaissant que « le tout n’est pas la somme des parties », propose, dès 1989, <span style="color: #800000;">le concept de situation d’intégration</span> dans laquelle les acquis des blocs antérieurs sont réactivés au sein d’une situation complexe, proche d’une situation naturelle, faisant appel à une large variété de savoirs (dont les savoir-être et savoir-devenir) et aboutissant à un produit évaluable qui manifeste l’intégration des différentes composantes. Il appelle cet objectif d’intégration … une compétence.</p>
<p>Pour aborder doucement la notion de compétence, nous proposons au lecteur une définition personnelle construite sur les éléments suivants que nous appelons parfois les « CCC » : la distinction entre les <span style="color: #800000;">Capacités</span> (les opérations élémentaires à effectuer), <span style="color: #800000;">les Contenus</span> (ce sur quoi s’exerce la capacité) et, nouveauté par rapport au point précédent, <strong><span style="color: #800000;">le Contexte</span></strong> (les conditions dans lesquelles s’exercent les opérations et prennent sens les productions).<br />
Citer une règle du code de la route (une activité relative au savoir portant sur un savoir) lors d’une discussion entre amis ou lors du passage du permis de conduire, ce n’est pas la même chose. Le plan sous-tendu par les capacités et les contenus se développe et se concrétise dans un volume à trois dimensions dont la troisième dimension est le contexte (une figure un peu plus loin aidera à imaginer ces trois dimensions).</p>
<p>Il est important de préciser davantage pourquoi nous pensons que le contexte (souvent traduit en termes de situation-problème, de projet, d&rsquo;étude de cas, de stage sur le terrain …) est si important.</p>
<p>−    Pour nous, <span style="color: #800000;">l&rsquo;école</span> (des classes maternelles aux écoles supérieures) <span style="color: #800000;">est et doit rester un véritable lieu d&rsquo;écolage pour la société devenue complexe</span>. Il ne s&rsquo;agit pas seulement d&rsquo;apprendre le savoir « aseptisé » de l&rsquo;école mais un savoir né ou construit dans des circonstances sociales, économiques, politiques, culturelles et historiques. Il s&rsquo;agit aussi d&rsquo;un savoir complexe qui ne peut se réduire – seulement &#8211; aux principes, aux invariants, aux modèles et théories d&rsquo;une assise disciplinaire forte. Le journal télévisé et la presse quotidienne nous montrent bien ces caractères multidisciplinaire et interdisciplinaire : les OGM (organismes génétiquement modifiés) ne sont pas seulement une affaire de biologie, la fragilité d’une centrale nucléaire n’est pas qu’une affaire de fission d’éléments radioactifs, une crise économique n’a pas que des racines économiques … Nous ne le répéterons jamais assez : <span style="color: #800000;">les connaissances sont une condition nécessaire, loin d’être suffisante</span>.<br />
−    En outre, s’il y a un demi-siècle, il n&rsquo;était pas rare, pour un étudiant fraîchement diplômé, d&rsquo;entrer en carrière pour quelques dizaines d&rsquo;années dans une même entreprise, il est devenu fréquent qu&rsquo;un « jeune » d&rsquo;une trentaine d&rsquo;années en soit à son deuxième voire troisième emploi dans des entreprises différentes. Si le premier (en fait du millénaire passé) occupait ses premières années actives à apprendre le métier dans l’entreprise, il suffit de regarder les offres d&rsquo;emploi pour comprendre combien l&rsquo;employeur attend aujourd&rsquo;hui de la jeune recrue qu&rsquo;elle soit opérationnelle de suite, <span style="color: #800000;">l’employabilité</span> devient un maître-mot..<br />
−    Et <span style="color: #800000;">le statut du « Savoir »</span> ! Comme nous le prétendons bien souvent, <span style="color: #800000;">l&rsquo;Université, cathédrale des savoirs,  a été créée, il y a des siècles, à une époque où le livre était rare</span>. Il fallait rassembler les futurs érudits en un lieu pour écouter la « lecture » (les anglo-saxons ont gardé le mot lecture pour signifier ce que nous appelons un cours) et, la compétence essentielle était sans doute la mémorisation à la virgule près. Aujourd&rsquo;hui, les connaissances se construisent dans des collaborations internationales et sur les réseaux. Le problème n&rsquo;est plus tant l&rsquo;accès aux ressources que la capacité de trouver l&rsquo;information, de la valider, de la critiquer, de l&rsquo;exploiter dans des contextes différents … Voilà l&rsquo;éducation à donner aux « poucets et poucettes » (ceux qui utilisent frénétiquement leurs pouces sur les mobiles technologiques) chers à Michel Serres. Nous le paraphrasons en disant « <span style="color: #800000;">Arrêtez de transmettre, tout est transmis</span> » !<br />
−    Et les technologies ! Equipement indispensable à l&rsquo;érudit, au veilleur … outil d&rsquo;appréhension du monde dans lequel nous vivons, instrument d&rsquo;appropriation voire prolongation du cerveau humain, <span style="color: #800000;">elles nous condamnent à devenir intelligents, créatifs</span> … toujours selon M. Serres.</p>
<p><strong>N&rsquo;allez pas croire que je dresse ici un pamphlet « anti savoirs »</strong>. Nous connaissons trop bien l&rsquo;importance de ces derniers, la nécessité de les développer encore et encore pour le bien-être de l’humanité et malgré, parfois, les effets collatéraux. Notre propos concerne l&rsquo;appropriation effective et opérationnelle de ceux-ci pour une Humanité instruite, clairvoyante, attentive à chacune de ces composantes, ouverte aux potentiels, aux enjeux et aux défis.</p>
<p>Revenons aux compétences. Le produit (à trois dimensions) de ces capacités (C) exercées sur différents contenus (C) dans des contextes (C) différents pourrait constituer une définition commode et synthétique de la notion de compétences (Roegiers, 1999). Elle est très proche de celle de De Ketele (1996) :</p>
<p>« Une compétence est un ensemble de capacités (activités) qui s’exercent sur des contenus dans une catégorie donnée de situations pour résoudre des problèmes posés par celles-ci »</p>
<p>Tardif (2006) reprend et précise cette définition en insistant sur le choix et la sélection nécessaires des contenus et des capacités pour atteindre l’objectif :</p>
<p>« Une compétence est définie comme un savoir-agir complexe qui prend appui sur la mobilisation et la combinaison efficace d&rsquo;une variété de ressources internes et externes à l&rsquo;intérieur d&rsquo;une famille de situations ».</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2011/07/Tableau1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-562" title="Tableau1" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2011/07/Tableau1.jpg" alt="" width="707" height="249" /></a></p>
<p>La figure ci-dessous illustre graphiquement ces différentes définitions au cœur de l’espace à trois dimensions que nous proposons:</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2011/07/image005.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-563" title="image005" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2011/07/image005-1024x961.jpg" alt="" width="612" height="573" /></a></p>
<p>Notre lecteur appréciera à ce stade quelques exemples divers de compétences (Perrenoud, 2000) :</p>
<p>•    <strong>être capable de trouver son chemin dans une ville inconnue</strong> : cette compétence mobilise la capacité de lire un plan, de repérer l’endroit où on est, de demander des informations ou des conseils, mais aussi divers savoirs : notion d’échelle, éléments de topographie, connaissance d’un certain nombre de points de repères géographiques ;<br />
•    <strong>être capable de soigner un enfant malade</strong> : cette compétence mobilise des capacités (savoir observer des signes physiologiques, prendre la température, administrer un remède), mais aussi des savoirs : connaissance des pathologies et de leurs symptômes, des mesures d’urgence, des thérapies, des précautions à prendre, des risques, des médicaments, des services médicaux et pharmaceutiques ;<br />
•    <strong>être capable de voter conformément à ses intérêts</strong> : cette compétence mobilise des capacités (savoir s’informer, savoir remplir un bulletin de vote), mais aussi des savoirs : connaissance des institutions politiques, des enjeux de l’élection, des candidats, des partis, des programmes, des politiques de la majorité au pouvoir, etc.</p>
<p><strong>Un point important</strong> : <strong><span style="color: #800000;">la formulation des compétences souffre souvent de litote </span></strong>(une figure de style qui consiste à dire moins pour suggérer davantage). Ainsi, si en principe, la formulation de la compétence devrait comporter un contenu ou un objet, une capacité et une variété de contextes d&rsquo;application, ce dernier point est omis pour signifier son ouverture … nous l&rsquo;avons bien vu dans les exemples ci-dessus. <span style="color: #800000;">C&rsquo;est souvent dans la méthode pédagogique</span> (ou mieux dans le dispositif pédagogique, nous y reviendrons) <span style="color: #800000;">que les contextes et les terrains d&rsquo;application apparaîtront</span>. On parlera d’apprentissage par projets (compétence de créativité, par exemple), par problèmes (compétence d’analyse, d’esprit critique, par exemple), d’apprentissage collaboratif (compétence de travailler en équipe, par exemple). Mais attention au glissement prévisible, l’application de la méthode n’induit pas nécessairement, pas automatiquement l’acquisition des connaissances et des compétences que la méthode porte « en potentiel ». Ce n’est pas parce que je fais travailler mes étudiants en groupe sur un problème de chimie qu’ils apprennent à travailler en équipe. <strong><span style="color: #800000;">La méthode ne transpire pas de la compétence.</span></strong> Pour y arriver, il faudrait quand même former « un peu » les étudiants au travail d’équipe (les professionnels des entreprises se font former au travail d’équipe par des « professionnels du travail d’équipe » et nos étudiants y arriveraient tout seuls !) et surtout valider non seulement les connaissances en chimie mais aussi la compétence développée à travailler en équipe.</p>
<p><strong>Alerte :</strong> ne pas former les étudiants aux compétences et ne pas les valider dans une perspective d’amélioration et de développement, en espérant seulement qu’ils apprendront « cela » en le faisant (Learning by doing) peut conduire à des inéquités. Les formations dont nous parlons ici risquent de devenir élitistes en réservant leurs apports bénéfiques à ceux qui « savent déjà », à ceux qui ont conduit un projet de camp de vacances dans un mouvement de jeunesse, à ceux qui ont des livres à la maison, à ceux pour lesquels les parents ont le temps ou les moyens de les éduquer … L’école doit rester une école, un levier de promotion pour les moins bien nantis, un lieu de développement et de perfectionnement humain, culturel et social.</p>
<p>Une petite synthèse en graphique :</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2011/07/image007.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-564" title="image007" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2011/07/image007.jpg" alt="" width="542" height="406" /></a></p>
<p>Cette figure évoque quelques points importants : un croisement de contenus (relatifs à une année d’étude ou à un programme) avec des capacités (des objectifs « l’étudiant sera capable de … ») qui sont validées (évaluées) au travers de situations-problèmes autour desquelles des méthodes pédagogiques (accompagner l’étudiant pour qu’il arrive à les résoudre) se déploieront. Nous y reviendrons dans la section 4 <strong><span style="color: #800000;">Learning Outcomes</span></strong> (en français, <span style="color: #800000;">les acquis de l’apprentissage</span>).</p>
<p>Terminons par un autre point important qui n&rsquo;est pas sans lien avec l&rsquo;envolée sociétale du début de ce paragraphe. Cette approche par compétences s&rsquo;accommode finalement assez mal du découpage traditionnel, disciplinaire en vigueur dans les formations à tous les niveaux, de l&rsquo;école primaire à l&rsquo;enseignement supérieur. Si le développement des compétences demande de confronter l&rsquo;apprenti à diverses situations, à divers contextes authentiques censés établir un pont entre la formation et la vie socioprofessionnelle, ces situations sont souvent multidisciplinaires. Un apprentissage par problèmes chez les ingénieurs demandera à l&rsquo;étudiant de faire intervenir les mathématiques, la chimie, la physique … Une étude de cas relative à l&rsquo;immigration fera intervenir des éléments culturels, religieux, sociaux, politiques, économiques …<br />
<strong>Intégrer donc une approche par compétences</strong> (pour développer des compétences) dans un seul cours est une tâche peu réaliste ou qui reste partielle si ce n&rsquo;est en faisant travailler des enseignants ensemble (pour concevoir, accompagner, évaluer les activités entreprises et les productions) et en réfléchissant non pas cours par cours, contenu par contenu … mais <strong>dans une approche programme </strong>qui organisera l&rsquo;enseignement en modules ou … autour des situations problèmes qui, correctement hiérarchisées, agencées, complémentarisées, permettront à l&rsquo;étudiant d&rsquo;acquérir les connaissances nécessaires et de développer les compétences attendues au terme du cursus. Un fameux défi!</p>
<h3>3. Les compétences au coeur de l&rsquo;apprentissage</h3>
<p>Notre définition de la compétence avec ces 3 &laquo;&nbsp;C&nbsp;&raquo; est très proche du modèle pragmatique d&rsquo;apprentissage que nous avons construit et qui a été maintes fois présenté dans le cadre de nos écrits, de nos formations et de nos conférences antérieures (Lebrun, 2007, 2009). C’est un modèle qui se veut un pont entre ce que nous savons de l’apprentissage (via les sciences de l’éducation) et l’enseignement, la construction d’un dispositif de formation (avec ou sans les TIC).</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2011/07/image009.jpg"><br />
</a><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2011/07/image0091.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-572" title="image009" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2011/07/image0091-1024x588.jpg" alt="" width="621" height="356" /></a></p>
<p>Les rectangles en ligne présentent un modèle d&rsquo;apprentissage d&rsquo;inspiration constructiviste : les connaissances antérieures, les données, les <strong>informations</strong>, les cas, les problèmes … sont transformés (<strong>activités</strong>) par l’apprenant pour construire des <strong>productions</strong> pour manifester de nouvelles connaissances, de nouvelles compétences en développement (traduites, par exemple, sous la forme d&rsquo;un rapport, d&rsquo;un projet, d&rsquo;une analyse de cas, etc.) ; les facteurs de <strong>motivation</strong> et d&rsquo;<strong>interaction</strong> (fortement lié aux contextes, à la perception que les apprenants en ont et aux rôles qu’ils vont y jouer) initient, soutiennent, entraînent et valident cette transformation. Ils ont chacun une composante externe (la motivation extrinsèque d&rsquo;une part et le rôle de la communauté d&rsquo;autre part) et une composante interne (la motivation intrinsèque d&rsquo;une part et le rôle, la responsabilité tenus par l&rsquo;apprenant d&rsquo;autre part). <strong><span style="color: #800000;">Ce modèle pragmatique de l’apprentissage est utile pour développer ou évaluer un dispositif d’apprentissage</span></strong> (avec TIC ou pas) censé … favoriser l’apprentissage. Comme les mots-clés sur la figure l’indiquent, des méthodes emblématiques et génératrices de dispositifs pédagogiques pertinents s’y accrochent facilement : apprentissage par problèmes et par projets, apprentissage collaboratif, etc. Le mouvement de retour est particulièrement intéressant : les productions de l’étudiant, ses nouvelles connaissances, ses nouvelles compétences vont rejoindre les « informations » de départ… Les connaissances antérieurement acquises alimenteront les nouveaux cycles d’apprentissage. Ces points sont longuement développés par ailleurs (Lebrun, 2007).</p>
<p>On aura remarqué<strong> le caractère central de l&rsquo;activité</strong>. Bien sûr, nous pensons aux méthodes actives mais un étudiant qui écoute, qui voit ce qui se passe n’est pas inactif ! <strong><span style="color: #800000;">On apprend de plusieurs façons </span></strong>différentes et l’apprentissage vicariant de Bandura tout comme la théorie des neurones miroirs nous enseignent que nous pouvons apprendre en voyant ce qui arrive à d’autres en train d’agir. Cet apprentissage « par procuration » jouerait un rôle dans la cognition sociale, notamment dans l&rsquo;apprentissage par imitation, mais aussi dans les processus affectifs, tels que l&rsquo;empathie. Nous souhaitons développer ce point par deux commentaires sur cette notion de méthode pédagogique bien souvent affublée de l&rsquo;adjectif « active » :</p>
<p>−    Tout d&rsquo;abord, et même si la transformation d&rsquo;un enseignement essentiellement transmissif vers des dispositifs centrés sur l&rsquo;activité de l&rsquo;apprenant (apprentissage par problèmes ou par projets, apprentissage collaboratif&#8230;) est effectivement un pas significatif vers une approche par compétences, une compréhension trop étroite risque de ne pas porter ses fruits ou, au mieux, de donner de petits fruits mais qui pourraient être bien meilleurs. <strong>Même encore, si on apprend à forger en forgeant, notre apprenti a besoin tout d&rsquo;abord d&rsquo;observer, de recevoir des conseils …</strong> Prétendre que les étudiants vont apprendre la compétence au travail d&rsquo;équipe uniquement en travaillant en groupe est un leurre. S&rsquo;imaginer qu&rsquo;ils vont apprendre à survivre sur les autoroutes de l&rsquo;information en les envoyant chercher des références à la bibliothèque ou sur Internet en est un autre. <span style="color: #800000;">Est-ce qu’on apprend à se nourrir sainement en entrant dans un hypermarché alimentaire</span> ? Loin de la coupure entre savoirs et savoir-faire, faut-il rappeler qu&rsquo;<strong><span style="color: #800000;">il existe aussi des savoirs sur les savoir-faire</span></strong> (souvenons-nous du premier tableau de ce document), que la méthode repose sur des savoirs et que celle-ci, comme nous l’avons dit plus haut, ne transpire pas automatiquement de compétences. Si les savoirs sur la méthode sont utiles en amont, <span style="color: #800000;">la réflexivité sur l&rsquo;activité entreprise est impérative</span> afin d&rsquo;assurer un apprentissage profond, une intériorisation des compétences exercées. Un travail de groupe, opération riche de conflits socio-cognitifs et divergente s’il en est, doit se clôturer par une phase de convergence, de réflexivité, de regard en arrière sur le chemin parcouru, de synthèse …<br />
−    Et finalement, même si le « <strong>Learning by doing</strong> » n&rsquo;est pas à mettre en cause, on sait très bien que l&rsquo;on apprend d&rsquo;une grande diversité de façons et heureusement. Nous apprenons en écoutant, nous apprenons en voyant les autres faire, en voyant ce qui leur arrive quand ils ont fait … L&rsquo;apprentissage vicariant d&rsquo;A. Bandura permet à l&rsquo;apprenant de comprendre la valeur de ce que d&rsquo;autres font et à quoi il faut s&rsquo;attendre si on le fait soi-même. Les modèles cérébraux des neurones miroirs ne disent rien d&rsquo;autre. On apprend ainsi par observation, par imitation, par procuration.<br />
−    Je risque d’être taxé de vouloir remettre en valeur des méthodes expositives que les approches par compétences risquent de mettre de côté. <span style="color: #800000;">L<strong>oin de ces propos binaires, je plaide vraiment pour un principe premier, selon moi, en pédagogie : le principe de variété</strong></span> qui possède une vertu importante, celle de satisfaire les styles d’apprentissage que nous savons multiples.</p>
<h3>4. Récent rebondissement : les Learning Outcomes, les acquis de l’apprentissage</h3>
<p>Changement terminologique ou raz-de-marée pédagogique, les Learning Outcomes sont arrivés assez récemment dans l&rsquo;univers de la formation. Leur définition est simple. L&rsquo;Union Européenne dans son ECTS Users&rsquo; Guide &#8211; European Credit Transfer and Accumulation System for Lifelong Learning les définit ainsi : il s&rsquo;agit de propositions qui définissent ce que <strong>l&rsquo;étudiant sait, comprend et est capable de démontrer au terme d&rsquo;un parcours d&rsquo;apprentissage</strong> (Learning outcomes are statements of what a learner is expected to know, understand and/or be able to demonstrate after a completion of a process of learning).</p>
<p>Dans d&rsquo;autres définitions, on lit « <strong> … ce que l&rsquo;étudiant sait, comprend et est capable de faire</strong> ». Même si la polysémie de verbe « faire » ouvre des horizons fort larges qui seront adaptés en fonction des contextes, des professions visées, il nous semble que la formulation « … <strong>est capable de démontrer</strong> » est intéressante par la réflexion sur l&rsquo;évaluation qu&rsquo;elle sous-entend : être capable de communiquer, d&rsquo;exercer de l&rsquo;esprit critique … une intention louable, un défi important pour l&rsquo;étudiant, mais comment allez-vous évaluer l&rsquo;atteinte de cela dans une certaine mesure, un palier, à définir ? Les compétences transversales ne sont pas qu’un moyen, elles sont aussi un but … une méthode pédagogique de la méthode s’impose.</p>
<p>Un point à souligner. Le concept de Learning Outcomes n&rsquo;est pas nouveau. Tyler en 1949 déjà écrivait : Learning « takes place through the active behavior of the student. It is what he does that he learns, not what the teacher does ». Biggs (1982) a  développé, dans une perspective évaluative, ce concept au travers de <strong>la taxonomie SOLO</strong> (Structure of Observed Learning Outcomes) et, sans vouloir diminuer son mérite, on retrouve dans celle-ci des capacités (des verbes) que nous avons déjà évoquées à l’occasion de la description de la taxonomie de Bloom : identifier, décrire, combiner, comparer, analyser, critiquer … on trouve d’ailleurs sur le WEB de nombreux articles sur l’écriture et la structuration des Learning Outcomes qui font à peu près tous, référence à Bloom. (une recherche Google portant sur Writing Learning Outcomes vous en convaincra).<br />
Mais, et c&rsquo;est peut-être là l&rsquo;originalité que nous recherchons à cette notion, Biggs et Tang (2007) la prolongent dans ce qu&rsquo;ils appellent le Constructive Alignement souvent traduit par alignement constructiviste ou constructif. Ce dernier mot signifie que <strong>c&rsquo;est à l&rsquo;étudiant de construire ses connaissances et ses compétences</strong> au travers des activités qui lui sont proposées. Biggs préconise en effet une démarche pour accompagner l&rsquo;étudiant dans son cheminement vers les Learning Outcomes. Après la détermination de ces derniers qu&rsquo;il nomme d&rsquo;ailleurs Intended Learning Outcomes (les Learning Outcomes projetés), il nous conseille de nous pencher sur l&rsquo;évaluation (quels sont les critères et les indicateurs qui permettront à l&rsquo;enseignant de dire que l&rsquo;étudiant « sait, comprend et est capable de faire ». Ensuite, ensuite seulement, la méthode, le dispositif que l&rsquo;enseignant mettra en place, et les ressources nécessaires. Voilà décrite brièvement « <strong>l&rsquo;approche Learning Outcomes</strong> ». Il s&rsquo;agit d&rsquo;un alignement entre les méthodes (les tâches qui sont proposées), l&rsquo;évaluation et les  Intended Learning Outcomes … <span style="color: #800000;">l<strong>a fameuse cohérence entre les objectifs, les évaluations et les méthodes</strong></span>.</p>
<p>Finalement, la littérature nous apprend également que <strong>ces Learning Outcomes sont écrits, explicités et qu&rsquo;ils sont communiqués aux étudiants</strong>. Ils peuvent être associés à un module, à un cours … plus généralement à un programme ou à un niveau d&rsquo;étude. Ainsi les descripteurs de Dublin précisent de tels Learning Outcomes généraux dans la nouvelle structure de l&rsquo;enseignement supérieur : Bachelier, Master, Doctorat en Belgique, Licence, Master, Doctorat en France …</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2011/07/image011.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-566" title="image011" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2011/07/image011.jpg" alt="" width="1007" height="556" /></a><br />
On retrouve bien dans la première colonne le registre de la connaissance et de la compréhension (ce que l&rsquo;étudiant sait, comprend …) et les registres des capacités ( … et est capable de démontrer au terme d&rsquo;un parcours d&rsquo;apprentissage) avec des capacités cognitives (au sens de Bloom) et des capacités transversales (communiquer, continuer d&rsquo;apprendre par soi-même …).</p>
<p>Bien, mais comment faire concrètement ? Doit-on respecter « à la lettre » les différents registres de ces référentiels ? Un référentiel donne des dimensions qui dessinent le profil attendu en fin de formation, dimensions le long desquelles on pourra mesurer l’évolution des compétences. Libre à chacun, à chaque responsable de formation, à chaque institution, de se positionner dans l’espace que ces dimensions sous-tendent. Prenons deux exemples d’adaptation de ces descripteurs l’un au niveau bachelier et l’autre au niveau master. En référence (première colonne des tableaux ci-dessous), nous avons pris la description détaillée issue d’un rapport intermédiaire à l’intention du Comité de direction de la coordination Bologne (10 décembre 2003) http://bit.ly/imyrzM</p>
<p><span style="color: #800000;"><strong>(1) Le référentiel de compétences du Bachelier en soins infirmiers proposé par l’ISEI</strong></span><br />
<a href="http://bit.ly/mFUAOI">http://bit.ly/mFUAOI</a></p>
<p><strong>Bachelor’s degrees are awarded to students who:</strong></p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2011/07/Tableau2.jpg"><img class="size-full wp-image-567 aligncenter" title="Tableau2" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2011/07/Tableau2.jpg" alt="" width="708" height="668" /></a></p>
<p>On le voit bien : les dimensions données par les descripteurs de Dublin (première colonne) sont interprétées, contextualisées aux contextes de formation et aux objectifs socio-professionnels visés. Le document à la source de la deuxième colonne mérite d’être examiné de manière détaillée : on y trouve les savoirs, savoir-faire, savoir-être et savoir-devenir impliqués mais aussi, dans une optique d’intégration, les paliers de compétences attendues et les critères associés dans chacune des trois années du programme de Bachelier. A voir absolument.</p>
<p><strong><span style="color: #800000;">(2) Le référentiel de compétences « Ingénieur Civil »</span></strong> de la Faculté des sciences appliquées – Ecole polytechnique de l’Université Libre de Bruxelles et de la Faculté Polytechnique de l’Université de Mons<br />
<a href="http://bit.ly/mv1rvb">http://bit.ly/mv1rvb</a></p>
<p>Dans la première colonne, nous avons repris les acquis d’apprentissage correspondant au Master en indiquant en couleur les prolongations de ces derniers par rapport au programme de Bachelier. Par rapport et en supplément à ce dernier, on y trouve des mots comme : originalité, contexte de recherche, la prise en compte d’environnements plus larges et non-familiers, l’intégration des connaissances et la gestion de la complexité, l’argumentation de ces choix en rapport tout à la fois aux fondements et aux avancées de la connaissance … Nous atteignons les « sommets des taxonomies » avec des concepts qui évoquent la créativité, l’autonomie …</p>
<p><strong>Savoir :</strong> faire preuve d’expertise et de polyvalence dans le domaine des sciences et techniques</p>
<p><strong>Résoudre des problèmes multidisciplinaires </strong>: formuler et analyser des problèmes complexes, adopter une démarche scientifique appliquée, innover, mettre en oeuvre des solutions</p>
<p><strong>Gérer des projets : </strong>Planifier et mener des projets en ingénierie, diriger et travailler en équipe</p>
<p><strong>Maîtriser la communication : </strong>pratiquer une communication scientifique et technique adaptée aux exigences de la tâche, pratiquer une communication interpersonnelle adaptée à chaque contexte</p>
<p><strong>Agir en professionnel responsable : </strong>être un professionnel critique, réflexif et autonome, être une personne responsable, en prise avec les enjeux de la société.</p>
<p><strong>Master’s degrees are awarded to students who :</strong></p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2011/07/Tableau3.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-568" title="Tableau3" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2011/07/Tableau3.jpg" alt="" width="714" height="653" /></a></p>
<p>L’approche Learning Outcomes dans la re-construction d’un programme commence par un croisement des cours (souvent associés à des contenus) et des Learning Outcomes (que nous avons associés aux capacités). L’article « <strong><span style="color: #800000;">Et si on commençait par les résultats ?</span></strong> Elaboration d’une démarche de définition des acquis d’apprentissage d’un programme de formation universitaire » (Warnier et al., 2010) donne des indications précieuses sur ce croisement dans une approche programme et ses développements en termes de dispositifs d’évaluation et de méthodes pédagogiques à mettre en place. En effet, si l’énoncé des acquis d’apprentissage et l’élaboration du référentiel est une tâche importante, il est tout aussi important de se poser les questions : (1) Et comment allons-nous évaluer l’atteinte de ces compétences, au travers de quelles situations-problèmes ? Quels seront les critères et les indicateurs qui permettront de savoir si et dans quelle mesure l’étudiant a atteint telle compétence, tel ensemble de compétences ? et ensuite (2) Comment allons-nous guider (le cheminement, la méthode) l’étudiant pour qu’il atteigne les objectifs ?</p>
<p>Un dernier point important et qui fait couler pas mal d&rsquo;encre. <strong>Mais finalement, les Learning Outcomes, ce ne serait pas une remise au jour, sous de nouveaux habits, de la bonne vieille notion d&rsquo;objectif </strong>?</p>
<p>−    <strong><span style="color: #800000;">Oui,</span></strong> et ce n&rsquo;est pas si mal, à une époque où le « comment » a pris le pas sur le « pour quoi » (le but). Les méthodes fleurissent, les outils sont disponibles ou développés, voilà une occasion de repenser la fonction enseignante.<br />
−    <span style="color: #800000;"><strong>Oui,</strong></span> les Learning Outcomes sont articulés sur les savoirs (ce que l&rsquo;étudiant sait et comprend &#8230;) et les savoir-faire, sur les capacités (… et est capable de faire). Comme nous l’avons dit, il est d&rsquo;ailleurs suggestif de remarquer qu&rsquo;une recherche Google sur ce terme nous conduit invariablement à des textes, fort intéressants d&rsquo;ailleurs, souvent baptisés « Writing Learning Outcomes ». Et là surprise, <span style="color: #800000;">le verbe réapparaît et la taxonomie de Bloom dépoussiérée reprend vigueur.</span><br />
−    <span style="color: #800000;"><strong>Non,</strong></span> les objectifs de naguère étaient souvent écrits en termes d&rsquo;objectifs d&rsquo;un cours ou  de la formation si pas d&rsquo;objectifs que l&rsquo;enseignant se donnait : le cours expliquera les différents éléments relatifs à la culture des &#8230; ». Ici, il s&rsquo;agit d&rsquo;une performance que l&rsquo;étudiant atteindra (devra atteindre) et il revient à l&rsquo;enseignant de mettre en place le dispositif (évaluation, méthodes, outils …, nous y reviendrons) pour qu&rsquo;il en soit ainsi. <span style="color: #800000;">Une pédagogie centrée sur l&rsquo;étudiant, qu&rsquo;ils disaient !</span><br />
−    <span style="color: #800000;"><strong>Non,</strong></span> l&rsquo;approche Learning Outcomes dépasse l&rsquo;écriture d&rsquo;une série de propositions de capacités terminales (comme une sorte de guide pour l&rsquo;action de l&rsquo;enseignant). Cette liste est explicitée à l&rsquo;étudiant, il est investi de la mission de les atteindre, les critères et indicateurs de l&rsquo;atteinte lui sont précisés ainsi que les activités qui lui sont proposées. Sans cela, oui, les Learning Outcomes ne seraient rien de plus que des objectifs plus ou moins bien opérationnalisés. <span style="color: #800000;">Une cohérence est ainsi assurée entre les objectifs, l&rsquo;évaluation, les méthodes et, sans les négliger, les ressources nécessaires (non seulement sur le contenu disciplinaire mais aussi les ressources et guides nécessaires à l&rsquo;activité) et les outils mis à disposition.</span></p>
<p>Mais les compétences sont toujours bien là. Selon nous, la démonstration du ou des Learning Outcomes atteint(s) par l&rsquo;étudiant passe par une réalisation authentique (rappelons-nous du rôle de l&rsquo;école par rapport à la société), par une production significative (au sens littéral) … <strong><span style="color: #800000;">Le contexte resurgit ainsi avec les compétences</span></strong> à y exercer, le caractère multidisciplinaire des situations proposées, la nécessité de la coordination des enseignants, l&rsquo;approche programme.<br />
Dans notre action de conseiller, combien de fois avons-nous observé des redondances, des incohérences, des « à peu près », des implicites. Le croisement des cours enseignés et des  Intended Learning Outcomes est une opération intéressante pour savoir « qui fait quoi ? », ce qui manque ou qui est peu développé, ce qui est redondant. Dans certains programmes, un concept est vu plusieurs fois dans plusieurs cours mais, mal vu, chaque enseignant croyant que l&rsquo;autre le voyait en détail. <span style="color: #993300;">A l&rsquo;heure du connectivisme, un réseau d&rsquo;enseignants s&rsquo;impose !</span></p>
<p><span style="color: #800000;">Le lecteur aura remarqué la proximité de notre modèle d&rsquo;apprentissage et de la définition proposée de la compétence</span> : Informations et Contenus, Activités et Capacités, Productions et Contextes. Nous relions ainsi le pôle &laquo;&nbsp;Productions&nbsp;&raquo; de ce modèle avec cette notion actuelle de Learning Outcomes … ce que l&rsquo;étudiant est capable de faire et de démontrer. C&rsquo;est une synthèse que je propose et qui intègre la modèle pragmatique d&rsquo;apprentissage au centre, le dispositif (voir point suivant) autour et les CCC des compétences en périphérie !</p>
<h3>5. Compétences et dispositifs</h3>
<p>Inspiré par le modèle pragmatique d&rsquo;apprentissage que nous avons proposé, le lecteur-enseignant n&rsquo;aura aucune peine à faire le lien entre ce modèle et notre définition de dispositif fortement inspirée de cette définition de l&rsquo;enseignement : « L&rsquo;enseignement peut être regardé comme la mise à disposition de l&rsquo;étudiant d&rsquo;occasions où il puisse apprendre. C&rsquo;est un processus interactif et une activité intentionnelle. Les buts … peuvent être des gains dans les connaissances, un approfondissement de la compréhension, le développement de compétences en « résolution de problème » ou encore des changements dans les perceptions, les attitudes, les valeurs et le comportement » (Brown &amp; Atkins, 1988).<br />
Quant au dispositif : « <strong>Nous entendons par dispositif un ensemble cohérent constitué de ressources, de stratégies, de méthodes et d’acteurs interagissant dans un contexte donné pour atteindre un but. Le but du dispositif pédagogique est de faire apprendre quelque chose à quelqu’un ou mieux (peut-on faire apprendre ?) de permettre à quelqu’un d’apprendre quelque chose »</strong> (Lebrun, 2005). La figure ci-dessus reprenait ces éléments de dispositif :</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2011/07/dispo.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-569" title="dispo" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2011/07/dispo.jpg" alt="" width="455" height="247" /></a></p>
<h3>6. Une tentative de synthèse</h3>
<p>Que voici une tâche difficile, complexe. Je propose au lecteur de dessiner sa synthèse comme je la propose ci-dessous … un dessin vaut-il mieux qu’un long discours ?</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2011/07/Approche-Programme.001.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-570" title="Approche-Programme.001" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2011/07/Approche-Programme.001.jpg" alt="" width="1024" height="768" /></a></p>
<p><strong>Quelques indications :</strong></p>
<p><strong>1. </strong>Un référentiel de Learning Outcomes, ce que l&rsquo;étudiant sait, comprend et est capable de faire … en s’inspirant de ce qu’un professionnel est capable de faire (point 4) et en veillant à une bonne progressivité : on ne demande pas la même chose d’un étudiant en BAC ou en Master. Les descripteurs de Dublin et les taxonomies peuvent vous y aider. Un exemple : le référentiel des ingénieurs à l’ULB : http://bit.ly/msmgej</p>
<p><strong>2. </strong>Un examen du programme : quels cours (les contenus ne sont pas absents), quelles activités (on pense à des séminaires, à des stages …) sont-ils susceptibles de développer ou pourraient contribuer (avec un petit effort) à telles ou telles compétences ? On peut déjà commencer à penser à d’autres activités (des situations problèmes, par exemple) qui offriraient une activité d’intégration (point 2)</p>
<p><strong>3.</strong> C’est bien, on avance, mais comment allez-vous percevoir que l’étudiant a développé telle ou telle compétence ? Quels sont les « épreuves », les instruments (QCM, travaux, projets …) que vous allez mettre en place pour que les étudiants les manifestent ? Comment allez-vous mesurer les acquis de l’apprentissage ?</p>
<p><strong>4.</strong> Quels sont les indicateurs, les signes visibles de l’apprentissage effectué ? Comment allez-vous évaluer les savoir-faire, les savoir-être … les acquis de la méthode au-delà des connaissances ?</p>
<p><strong>5. </strong>Il s’agit maintenant de composer les situations problèmes, les situations d’intégration au travers desquelles les étudiants seront conduits à développer les compétences et à les manifester. Quels contextes seront évoqués afin de permettre ce développement ?</p>
<p><strong>6. </strong>Enfin, quel sera le dispositif (les ressources, les activités, les rôles, les méthodes …) pour accompagner et guider l’apprenant sur son cheminement. Le mot « méthode » dérive du mot grec o∂os, le chemin, n’est-ce pas ?</p>
<p><strong>7. </strong>Enfin, au-delà de l’évaluation des apprenants, de l’évaluation des acquis de l’apprentissage, l’évaluation du dispositif (par les étudiants, par les pairs) permettra d’ajuster le dispositif, les situations proposées, les indicateurs …</p>
<h2>Quelques références</h2>
<p>Biggs, J.B., and Collis, K.F. (1982). Evaluating the Quality of Learning &#8211; the SOLO Taxonomy. New York: Academic Press. xii + 245 pp.<br />
<a href="http://www.johnbiggs.com.au/solo_taxonomy.html">http://www.johnbiggs.com.au/solo_taxonomy.html</a></p>
<p>Biggs, J and Tang C. (2007): Teaching for Quality Learning at University, (McGraw-Hill and Open University Press, Maidenhead)<br />
<a href="http://www.johnbiggs.com.au/constructive_alignment.html">http://www.johnbiggs.com.au/constructive_alignment.html</a></p>
<p>Bloom, B.S. (1956). Taxonomy of educational objectives : The classification of educational<br />
goals : Handbook I, Cognitive Domain. New York : Longmans.</p>
<p>Brown, G., &amp; Atkins, M. (1988). Effective teaching in higher education. London : Routledge.</p>
<p>De Ketele, J.M., Chastrette, M., Cros D., Mettelin, P., &amp; Thomas, J. (1989). Guide du<br />
formateur. Bruxelles : De Boeck Université.</p>
<p>De Ketele, J.M. (1996). L&rsquo;évaluation des acquis scolaires : quoi ? Pourquoi ? Pour quoi ? Revue tunisienne des sciences de l&rsquo;éducation, 23, 17-36.</p>
<p>Lebrun, M. (2002a). Des technologies pour enseigner et apprendre (3e éd.). Bruxelles : De Boeck.</p>
<p>Lebrun, M. (2005). eLearning pour enseigner et apprendre : Allier pédagogie et technologie. Louvain-la-Neuve : Academia-Bruylant.</p>
<p>Lebrun, M. (2007). Théories et méthodes pédagogiques pour enseigner et apprendre. Quelle place pour les TICs dans l’éducation ? (2e éd.). Bruxelles : De Boeck.</p>
<p>Warnier,P., Warnier,L., Parmentier,P., Leloup, G. et Petrolito,S. (2010). Et si on commençait par les résultats ? Élaboration d&rsquo;une démarche de définition des acquis d&rsquo;apprentissage d&rsquo;un programme de formation universitaire, Communication présentée au 26ième congrès international de l&rsquo;AIPU,17-21 mai 2010, Rabat, Maroc.<br />
<a href="http://bit.ly/iG1OEE">http://bit.ly/iG1OEE</a></p>
<p>Perrenoud P. (2000, septembre), Construire des compétences : Version française d&rsquo;un entretien avec Philippe Perrenoud. Propos recueillis par Paola Gentile et Roberta Bencini. Nova Escola, 19-31. En ligne <a href="http://www.unige.ch/fapse/SSE/teachers/perrenoud/php_main/php_2000/2000_30.html">http://www.unige.ch/fapse/SSE/teachers/perrenoud/php_main/php_2000/2000_30.html</a>, consulté le 2 janvier 2010.</p>
<p>Roegiers, X. (1999, mars). Savoirs, capacités et compétences à l&rsquo;école : Une quête de sens. Forum-pédagogies, 24-31. En ligne <a href="http://www.bief.be/docs/publications/savoirs_070223.pdf">http://www.bief.be/docs/publications/savoirs_070223.pdf</a>, consulté le 2 janvier 2010.</p>
<p>Tardif, J. (2006). L’évaluation des compétences : Documenter le parcours de développement. Montréal : Chenelière Éducation.</p>
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		<title>Journée &#171;&#160;Learning with Apple&#160;&#187; à Namur (Belgique)</title>
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		<pubDate>Sun, 28 Nov 2010 11:41:55 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[<p>Voici les diapos de la conférence que j&#8217;ai tenue à Namur lors de la journée &#171;&#160;Learning With Apple&#160;&#187; le 23 novembre 2010.</p>
Technologies et Pédagogies : c&#8217;est quand qu&#8217;on va où ? Compétences et dispositifs au rendez-vous !</p>
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<p>Elle constitue une petite révision de mes trois premières &#171;&#160;leçons&#160;&#187; consacrées aux objectifs (compétences, Learning [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Voici les diapos de la conférence que j&rsquo;ai tenue à Namur lors de la journée &laquo;&nbsp;Learning With Apple&nbsp;&raquo; le 23 novembre 2010.</p>
<div id="__ss_5946024" style="width: 477px;"><strong style="display: block; margin: 12px 0 4px;"><a title="Technologies et Pédagogies : c'est quand qu'on va où ? Compétences et dispositifs au rendez-vous !" href="http://www.slideshare.net/lebrun/technologies-et-pdagogies-cest-quand-quon-va-o-5946024">Technologies et Pédagogies : c&rsquo;est quand qu&rsquo;on va où ? Compétences et dispositifs au rendez-vous !</a></strong><object id="__sse5946024" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="477" height="510" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://static.slidesharecdn.com/swf/doc_player.swf?doc=podcast-namur-lebrun-sans-vido-101128040240-phpapp02&amp;stripped_title=technologies-et-pdagogies-cest-quand-quon-va-o-5946024&amp;userName=lebrun" /><param name="name" value="__sse5946024" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed id="__sse5946024" type="application/x-shockwave-flash" width="477" height="510" src="http://static.slidesharecdn.com/swf/doc_player.swf?doc=podcast-namur-lebrun-sans-vido-101128040240-phpapp02&amp;stripped_title=technologies-et-pdagogies-cest-quand-quon-va-o-5946024&amp;userName=lebrun" name="__sse5946024" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
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<p>Elle constitue une petite révision de mes trois premières &laquo;&nbsp;leçons&nbsp;&raquo; consacrées aux objectifs (compétences, Learning Outcomes), aux méthodes (dispositifs et méthodes actives) et &#8230; oui, évidemment, aux outils &#8230; le tout baigné de cohérence pédagogique. Ici c&rsquo;est appliqué au Podcast.</p>
<p>Bientôt la quatrième &laquo;&nbsp;leçon&nbsp;&raquo; sur Motivations et Interactions, les deux moteurs de mon modèle dynamique et pragmatique d&rsquo;apprentissage.</p>
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