<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Blog de M@rcel &#187; Kolb</title>
	<atom:link href="https://lebrunremy.be/WordPress/?feed=rss2&#038;tag=kolb" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://lebrunremy.be/WordPress</link>
	<description>Un blog sur la pédagogie, la technologie et aussi sur un peu de tout</description>
	<lastBuildDate>Tue, 17 Jul 2018 08:38:36 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
		<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
		<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=4.0.38</generator>
	<item>
		<title>Les classes inversées &#8230; paysage ouvert et visite guidée</title>
		<link>https://lebrunremy.be/WordPress/?p=791</link>
		<comments>https://lebrunremy.be/WordPress/?p=791#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 06 Oct 2017 12:24:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Apprendre]]></category>
		<category><![CDATA[Considérations et méthodes pédagogiques (avec TIC)]]></category>
		<category><![CDATA[Considérations et méthodes pédagogiques (sans TIC)]]></category>
		<category><![CDATA[eLearning]]></category>
		<category><![CDATA[Essais]]></category>
		<category><![CDATA[Outils technologiques]]></category>
		<category><![CDATA[Pédagogie]]></category>
		<category><![CDATA[apprentissage]]></category>
		<category><![CDATA[apprentissage actif]]></category>
		<category><![CDATA[classe inversée]]></category>
		<category><![CDATA[Classes inversées]]></category>
		<category><![CDATA[compétences]]></category>
		<category><![CDATA[enseignement]]></category>
		<category><![CDATA[flipped classroom]]></category>
		<category><![CDATA[Kolb]]></category>
		<category><![CDATA[learning]]></category>
		<category><![CDATA[méthodes]]></category>
		<category><![CDATA[numérique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lebrunremy.be/WordPress/?p=791</guid>
		<description><![CDATA[Il est de prime importance, selon nous, de faire les distinctions nécessaires entre les différentes façons de "faire la classe inversée". Sans ce passage par la catégorisation, sans identifier les stratégies variées cachées derrière le concept (le slogan), comment discerner les effets tout aussi différenciés qui nous sont relatés dans la littérature scientifique, dans les blogs, dans les articles de presse ? [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Une analyse des pratiques des enseignants autour du concept de la ou des classe(s) inversée(s) permet de mettre en évidence deux grands types (en terme d’analyse des composantes) ou encore deux dimensions permettant de structurer un vaste paysage au départ des informations recoltées auprès des praticiens interrogés. Notre prochain billet sera consacré à ces recherches empiriques.</p>
<p>On peut d’emblée tracer un continuum entre des pratiques plutôt « centrées sur l&rsquo;enseignant » (même virtualisées par le truchement de vidéos) et d&rsquo;autres davantage « centrées sur l&rsquo;apprenant », ce dernier considéré alors comme acteur et auteur de ses apprentissages. Comme on le sait, il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;exacerber des positions contradictoires (deux dimensions à nouveau qui sous-tendent un vaste champ de pratiques) en apparence <a href="http://www.pedagogie-medicale.org/articles/pmed/pdf/2002/03/pmed20023p145.pdf">mais de les réconcilier</a> dans les pratiques de l&rsquo;enseigner-apprendre. On trouve ainsi aux extrémités de ce continuum (de cette variété de possibles plutôt à combiner donc qu’à considérer en tension) :</p>
<ul>
<li>de la vidéo, un média emblématique mais non rédhibitoire, à regarder avant la classe proprement dite pour, intentionnellement, consacrer plus de temps et développer davantage d&rsquo;activités et d&rsquo;interactivités pendant celle-ci (la classe inversée proprement dite, originelle)</li>
<li>des dispositifs construits par les élèves eux-mêmes dans lesquels ils deviennent à la fois « didacticiens » des savoirs récoltés sur Internet et ingénieurs pédagogiques des interactivités qu&rsquo;ils ont préparées à l&rsquo;intention de leurs collègues (avec, à la limite, une pratique en <em>do it yourself</em> appelée « <a href="http://blog.educpros.fr/jean-charles-cailliez/2015/09/18/la-classe-renversee-comment-ca-marche-une-interview-signee-idea/">Classes renversées</a> » par notre collègue Jean-Charles Cailliez).</li>
</ul>
<p><strong>Il est de prime importance, selon nous, de faire les distinctions nécessaires entre les différentes façons de &laquo;&nbsp;faire la classe inversée&nbsp;&raquo;.  Sans ce passage par la catégorisation, sans identifier les stratégies variées cachées derrière le concept (le slogan), comment discerner les effets tout aussi différenciés qui nous sont relatés dans la littérature scientifique, dans les blogs, dans les articles de presse ? Un document scientifique qui ne tiendrait pas compte de cette variété en analysant même finement &laquo;&nbsp;ce qui se passe&nbsp;&raquo; dans une classe donnée et parfaitement identifiée ne pourrait prétendre à la généralisation &#8230; du recul donc. Modestement, c&rsquo;est ce à quoi vous invite ce document et mon approche.</strong></p>
<p>En parlant deS classeS inverséeS, j&rsquo;ai souhaité modestement sortir d&rsquo;une certaine ornière conceptuelle dont les détracteurs de LA classe inversée (singulière, prospective, perçue parfois comme normative et souvent limitée à sa moindre facette : les vidéos à la maison, voir mon <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=868">document</a> sur ce Blog) font leurs choux gras. Pourtant <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=740">le concept initial &laquo;&nbsp;les leçons à la maison, les devoirs en classe&nbsp;&raquo; a été maintes fois remanié</a> &#8230; il en est ainsi de toute innovation : l&rsquo;idée initiale, souvent imparfaite, se transforme, s&rsquo;approprie, s&rsquo;élargit ici ou se restreint là-bas :</p>
<p><em>The design of flipped classrooms has often been limited to the concept of replacing in-class instruction with videos and using class time for homework. In contrast, we define the ‘flipped classroom’ as an <span style="color: #ff0000;"><strong>open approach</strong></span> that facilitates interaction between students and teachers, and differentiated learning (Bergmann et al., 2012; Keefe, 2007; Lage et al., 2000; Tomlinson, 2003) by means of flipping conventional events both inside and outside of the classroom and supporting them with digital technologies (Hughes, 2012). A notable pioneer of the flipped approach, Lage et al. (2000), <strong><span style="color: #ff0000;">did not limit “flipping” to lectures and homework</span></strong>. (Min Kyu Kim, So Mi Kim, Otto Khera, Joan Getman (2014). The experience of three flipped classrooms in an urban university: an exploration of design principles. The Internet and Higher Education, Volume 22, July 2014, Pages 37–50.)<br />
</em></p>
<p>C&rsquo;est peut-être pour cela que les auteurs du concept initial, Bergmann et Sams, parlent aujourd&rsquo;hui de <a href="https://flippedlearning.org/">Flipped Learning</a>, d&rsquo;apprentissage inversé et non plus tant de &laquo;&nbsp;classe inversée&nbsp;&raquo;.</p>
<h3></h3>
<h3>Différentes dimensions pour structurer le paysage des classes inversées</h3>
<p><a href="http://theconversation.com/profiles/marcel-lebrun-306432/articles">Nous avons maintes fois présenté le schéma ci-dessous</a> qui synthétise notre pensée (confirmée dans nos recherches &#8211; publiées dans <a href="http://revueeducationformation.be/include/download.php?idRevue=25&amp;idRes=268">Education&amp;Formation</a> ) construite au départ des descriptions que nous en ont faites les enseignants et formateurs « adeptes » ou utilisateurs occasionnels de cette pratique).</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Schéma-Parnasse-ISEI.001.jpeg"><img class="aligncenter  wp-image-793" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Schéma-Parnasse-ISEI.001.jpeg" alt="Schéma Parnasse ISEI.001" width="639" height="479" /></a><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Types.jpg"><br />
</a></p>
<p>Mentionnons quelques points d&rsquo;attention à l&rsquo;examen de cette figure :</p>
<ul>
<li>Les deux axes : <strong>l&rsquo;axe horizontal</strong> témoigne de l&rsquo;origine des savoirs transmis (présenté par l&rsquo;enseignant ou amené par les élèves) et du type de savoirs travaillés (savoirs formalisés ou savoirs pratiques) entre « monde des idées » et « monde de l&rsquo;expérience concrète ». <strong>L&rsquo;axe vertical</strong> témoigne davantage des différents rôles ou <a href="http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&amp;obj=livre&amp;no=49787">postures</a> tenus par les enseignants (Lavenier <em>et al.</em>, 2015) et par les élèves.</li>
<li>La localisation des activités : les activités menées en classe « en présence » et celles effectuées hors de la classe « à distance » dans une optique d&rsquo;<a href="http://prac-hysup.univ-lyon1.fr/">hybridation</a> (la recherche d&rsquo;informations pouvant, par exemple, se faire dans le centre de documentation à l&rsquo;école ou ailleurs). Le lecteur intéressé reverra <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=579">mon billet de Blog</a> sur &laquo;&nbsp;5 facettes pour construire un dispositif hybride : du concret !&nbsp;&raquo;</li>
<li>Les différents types : on y retrouve le <strong>Type 1</strong> celui de la classe inversée proposée initialement (de manière très caricaturale, les leçons à la maison, les devoirs en classe) et le <strong>Type 2</strong> dans lequel les activités à distance sont effectuées par les élèves eux-mêmes, de manière autonome ou en groupe, en prélude à l&rsquo;activité en classe. La représentation suggère que ces deux types sont fortement prototypiques (quelque peu extrêmes), <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=740">LES classes inversées</a> les réunissant dans des proportions diverses. Nous désignerons ce mélange par l&rsquo;étiquette <strong>Type 3</strong> dans lequel les deux précédents types en constituent à la fois les ingrédients et les dimensions.</li>
<li>Finalement, nous avons complété la figure par une stratégie de formation, les « classes renversées » dans laquelle les élèves ou les participants à la formation y contribuent maximalement à la fois au niveau des savoirs travaillés, des activités prévues y compris l’évaluation (pour les autres élèves par exemple) en assumant tout à la fois les rôles d&rsquo;enseignant et d&rsquo;apprenant (Cailliez, 2015, voir ci-dessus et une vidéo <a href="https://youtu.be/ni7DeV3iOQk">ici</a>).</li>
</ul>
<p>De manière plus pragmatique, nous pouvons alors imaginer que les différentes activités mentionnées le long des deux axes deviennent <strong>des événements d&rsquo;apprentissage</strong> à organiser au sein de différents scénarios. En voici un donné ici à titre d&rsquo;exemple (les numéros se réfèrent à la figure ci-dessus) :</p>
<p><strong>1</strong><strong> (Type 2, &laquo;&nbsp;distance&nbsp;&raquo;) </strong>: hors la classe <em>ou encore, en généralisant, en autonomie ou sans la supervision directe de l’enseignant ou encore dans un local (un learning space) réservé pour cela dans l’école même</em>, individuellement ou en groupe, analyser le problème proposé, faire émerger des questions, chercher les informations, instruire la thématique, ramener des éléments des contextes visités, les structurer quelque peu, préparer une petite présentation d’une manière originale … Les compétences visées seraient : recherche d’informations, validation, analyse, synthèse, créativité …</p>
<p><strong>2</strong><strong> (Type 2, présence)</strong> : présenter, en classe, les informations et ressources trouvées, identifier les différences et repérer les similitudes avec les propositions des autres élèves ou d&rsquo;autres groupes, vivre un « conflit » socio-cognitif, expliciter les préconceptions, faire émerger les questions, les hypothèses … Il ne s’agit pas uniquement de présenter un « PowerPoint » mais de préparer des activités pour les condisciples. Les compétences visées seraient : communication, animation, analyse, réflexivité, modélisation …</p>
<p><strong>3 </strong><strong>(Type 1, &laquo;&nbsp;distance&nbsp;&raquo;)</strong> : hors la classe selon le schéma initial (originel) des classes inversées <em>ou encore, en généralisant, en autonomie ou sans la supervision directe de l’enseignant ou encore dans un local (un learning space) réservé pour cela dans l’école même</em>, individuellement ou en groupe, prendre connaissance des théories, relever les éléments pertinents pour la thématique investiguée, préparer une synthèse, exercer le fonctionnement du modèle … Les compétences visées seraient : apprendre, faire des liens, mémoriser, se poser et préparer des questions, modéliser …</p>
<p><strong>4</strong><strong> (Type 1, présence)</strong> : en classe à nouveau, consolider les acquis, faire fonctionner le modèle ou la théorie en regard des thématiques investiguées, préparer le transfert par l’approche d’autres situations … Les compétences visées seraient : comprendre, appliquer, investiguer les limites, transférer à d’autres contextes …</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Une vision systémique des classes inversées</h3>
<p>Ce scénario illustratif trouve, dans le cycle de Kolb (1984) à propos de <a href="http://w2.uco.fr/~cbourles/OPTION/Theorie/Kolb/Kolb.htm">l&rsquo;apprentissage expérientiel</a>, des éléments qui à la fois le structurent et le consolident. La figure 2 présentent cette vision systémique des événements d&rsquo;apprentissage mobilisés dans les classes inversées. Nous avons également complété la figure avec <a href="http://www2.csmb.qc.ca/form01/es/F8/F8%20Document%20d'accompagnement%202009.doc">les trois constituants</a> de l&rsquo;enseignement stratégique selon Tardif (1992) :<strong> contextualisation</strong> (ancrer les apprentissages dans les contextes pour leur donner du sens), <strong>décontextualisation</strong> (formaliser et structurer les savoirs d&rsquo;expérience récoltés de manière à les rendre plus généralisables) et <strong>recontextualisation</strong> (appliquer ces savoirs formalisés dans d&rsquo;autres situations, le transfert). Encore une fois, pour en terminer avec ces dialogues de sourds entre présence et distance, dans la figure le mot « distance » peut signifier : hors la classe <em>ou encore, en généralisant, en autonomie ou sans la supervision directe de l’enseignant ou encore dans un local (un learning space) réservé pour cela dans l’école même</em>, individuellement ou en groupe … l’imagination au pouvoir !</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/02/Kolb-V2.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-866" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/02/Kolb-V2.jpg" alt="Kolb-V2" width="708" height="391" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Plusieurs auteurs ont déjà approché le concept des classes inversées de manière systémique, au départ de plusieurs théories de l&rsquo;apprentissage, sans cependant aboutir à une détermination de ce système au départ de différentes dimensions en interaction et sans en déterminer d&rsquo;éventuels effets différenciés. Mentionnons ainsi le cycle proposé par J. Gerstein (2011) sur son Blog <a href="https://usergeneratededucation.wordpress.com/2011/06/13/the-flipped-classroom-model-a-full-picture/"><em>User Generated Education</em></a> ; le cycle est construit sur différents types d&rsquo;activités soit pilotées par l&rsquo;enseignant (en début, par la sensibilisation au sujet et la partie conceptuelle) soit prises en charge par les élèves (ensuite, par des applications ou des activités de production et de transfert, de généralisation). Après des recherches, nous avons trouvé une filiation certaine entre ce modèle et le <a href="http://www.institut-repere.com/PEDAGOGIE-ET-FORMATION/institut-repere-base-documentaire-le-cycle-dapprentissage-et-le-4mat-5.html">modèle « 4-Mat »</a> (Format ?) de Bernice McCarthy (1987) qui l’associait (comme Kolb) à la mise en pratique ou à l’exercice de différents styles d’apprentissage (voir en annexe ci-dessous).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Gertein-cycle.png"><img class="aligncenter  wp-image-795" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Gertein-cycle.png" alt="Gertein cycle" width="529" height="394" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ou encore le modèle compréhensif proposé par <a href="http://www.uq.edu.au/teach/flipped-classroom/what-is-fc.html"><em>The University of Queensland</em> en Australie</a> qui propose un cycle inspiré du précédent, ainsi que de celui de Kolb et des <a href="http://blogs.northampton.ac.uk/learntech/2015/01/16/what-is-the-flipped-classroom/">démarches mises en place par Eric Mazur</a>, professeur de physique à Harvard (Mazur, 1997). Ces derniers proposent des scénarios (en fait fortement d’inspiration béhavioriste) qui démarrent (selon le principe originel de la Classe inversée) par une prise de connaissance (une première approche) de la théorie par les étudiants au moyen de différents médias (des textes, principalement des vidéos, d’autres ressources …). L’accent est mis alors, et à juste titre, sur l’activité en classe : elle commence par <strong>(1)</strong> des tests (des questionnaires) résolus interactivement pour assurer la bonne compréhension des concepts de base, <strong>(2)</strong> des questions ouvertes (des applications, des exercices) auxquels les étudiants sont invités à répondre (souvent à groupe), <strong>(3)</strong> des questions de recherche qu’ils travaillent ensemble (le fameux <em>peer instruction</em>, instruction par les pairs) et dont ils partagent (par exemple par de courtes présentations) les résultats négociés et finalement<strong> (4)</strong> un test récapitulatif sur les notions couvertes par la leçon, le module, le cours …</p>
<p>L<a href="https://cft.vanderbilt.edu/guides-sub-pages/flipping-the-classroom/">a définition de l&rsquo;université Vanderbilt </a>résume cette approche de la classe inversée (nous traduisons) : <em>Le concept de classe inversée décrit un renversement de l&rsquo;enseignement traditionnel. Les étudiants prennent connaissance de la matière en dehors de la classe, principalement au travers de lectures ou de vidéos. Le temps de la classe est alors consacré à un travail plus profond d&rsquo;assimilation des connaissances au travers de méthodes pédagogiques comme la résolution de problèmes, les discussions ou les débats.</em></p>
<p>La <a href="http://www.edtechmagazine.com/higher/article/2013/12/why-86-percent-unc-chapel-hill-students-prefer-flipped-classroom">figure ci-dessous</a> résume plusieurs points de cette approche qui démarre le plus souvent (point 1) par l&rsquo;étude souvent individuelle des contenus de cours, vidéos, textes &#8230; pour mieux se consacrer à l&rsquo;apprentissage lors de la rencontre avec l&rsquo;enseignant et les autres élèves (notre Type 1 principalement).</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Cycle-Mazur.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-796" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Cycle-Mazur.png" alt="Cycle Mazur" width="640" height="478" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Un cycle &#8230; à parcourir de différentes façons</h3>
<p>Remarquons cependant que, contrairement à notre approche plus inductive (contexte et sens d’abord, concepts et applications ensuite), les cycles ci-dessus démarrent le plus souvent par l&rsquo;approche des concepts d&rsquo;abord (<em>via</em> des vidéos, des textes, des médias enrichis), la recherche de sens ensuite (<em>via</em> des questionnaires ou des discussions en ligne …) pour finalement aboutir sur les applications (projets, problèmes, présentations …). Il s&rsquo;agit là peut-être d&rsquo;une différence à rechercher dans les paradigmes éducatifs qui sous-tendent l&rsquo;enseignement obligatoire (primaire, secondaire que nous étudions ici) et l&rsquo;enseignement supérieur (nous avons montré que le Type 2 était plus fréquent en fin du secondaire, sans doute aussi dans le supérieur, alors que le Type 1 était davantage pratiqué à l’école primaire). Aussi de variétés liées aux disciplines, le Type 1 étant davantage pratique en … mathématiques. C’est peut-être pour cela que la <em>Khan Academy</em> s’est principalement développée autour de cette discipline.</p>
<p>Mais on peut aller plus loin en observant qu’il s’agit peut-être aussi de marques culturelles qui orientent très fort, selon moi, d&rsquo;une part l’univers éducatif anglo-saxon et d&rsquo;autre part l’univers éducatif latin. On sait combien les grandes inventions technologiques (l’écrit, le livre, le numérique …) ont profondément changé notre culture. Dans mon raisonnement, je remonte à l’invention du livre : les « catholiques » (je généralise sans doute un peu) redoutaient cette innovation. Pour eux, il était impensable que &laquo;&nbsp;les gens&nbsp;&raquo; puissent accéder aux savoirs (toujours et depuis longtemps sacralisés) par eux-mêmes sans la « lecture » (le cours « ex cathedra ») et l’interprétation du prêtre, d’un clerc, d’un prof … Luther, dit-on, y voyait tout au contraire une occasion pour les individus d’accéder directement aux savoirs. Une fameuse intuition si on se transporte à l&rsquo;ère du numérique.</p>
<p>Nous résumons notre propos dans la figure ci-dessous (originale) dont le but est tout d’abord de montrer certaines tendances au niveau des types et des scénarios engendrés par le concept ou mieux, la stratégie, des classes inversées et d’illustrer surtout un grand principe pédagogique, selon nous, celui de la variété des approches pédagogiques dans des allers-retours ou mieux dans des cycles ou des scénarios entre contextes et concepts.</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Cycl-CI-V21.png"><img class="aligncenter  wp-image-799" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Cycl-CI-V21.png" alt="Cycl CI V2" width="512" height="513" /></a><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Cycl-CI-V2.png"><br />
</a></p>
<p>La figure ci-dessous comporte :</p>
<ul>
<li>Au centre, un schéma illustrant le Cycle de Kolb (<em>Experiential Learning</em>)</li>
<li>Le positionnement de nos deux types de classes inversées (Type 1 et Type 2), le Type 3 les intégrant dans un possible scénario pédagogique (une clé de voûte dans la stratégie des classes inversées) toujours à re-construire</li>
<li>Les styles d’apprentissages associés au cycle de Kolb : divergent, assimilateur, convergent, accommodateur (le lecteur intéressé en trouvera une description ci-dessous)</li>
<li>Le cycle (en brun sur la figure) en 4 étapes (que j’appelle parfois « événements d’apprentissage ») proposés ci-dessus et décrits plus amplement dans deux articles sur <a href="http://theconversation.com/profiles/marcel-lebrun-306432/articles">The Conversation</a>. Nous remarquons que ce cycle est « parallèle » à celui proposé par Tardif et aussi Mérieu : contextualisation, décontextualisation, recontextualisation (ce dernier point étant souvent associé à celui du transfert des apprentissages)</li>
</ul>
<p style="padding-left: 120px;">« Un apprentissage n’est libérateur que dans la mesure où ses acquis sont transférables » et d’autre part, il s’impose comme une exigence pédagogique, pour ouvrir de nouvelles perspectives d’apprentissage : « une connaissance n‘est véritablement appropriée que quand elle est devenue elle-même un outil pour en acquérir un autre. » (<em>Tardif, J., Le transfert des apprentissages, Chap 1)</em></p>
<ul>
<li>Un autre cycle (en violet) dont l’ancrage principal (le point de départ) réside dans l’appropriation des savoirs nécessaires par l’élève (apport de connaissances). Ce dernier cycle est proche de celui proposé par Adeline Colin (Conseillère pédagogique Châlons-Est) dans un <a href="http://animeduc.occe.coop/spip.php?page=presentation_revue&amp;id=256">dossier &laquo;&nbsp;Classe inversée&nbsp;&raquo;</a> de Animation &amp; Education (Janvier-février 2017, N° 256).</li>
</ul>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Collin.png"><img class="aligncenter  wp-image-798" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Collin.png" alt="Collin" width="707" height="414" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Nous voici au bout de ce billet. Il me semble clair actuellement que le concept (la stratégie) de la classe inversée s’est développée en une variété de pratiques, d’activités d’apprentissage (leS classeS inverséeS) qu’il convient à organiser dans un scénario, une organisation temporelle, orientée vers des objectifs précisés, négociés … ou en tout cas explicités aux élèves par l’enseignant. Parmi ces types, ces scénarios &#8230; faut-il alors choisir. Nous ne le pensons pas. Nous y voyons une synergie, une systémique entre différentes approches entre monde des idées (les concepts, les principes, les lois, les théories ..) et monde des expériences concrètes (les expériences, les pratiques, les perceptions, les intuitions, ce que nous avons d&rsquo;humain &#8230; les émotions aussi) qu&rsquo;il importera de scénariser, de cadencer au profit des apprentissages dans et pour un monde complexe.</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Parnasse-ISEI.001.jpeg"><img class="aligncenter  wp-image-800" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/01/Parnasse-ISEI.001.jpeg" alt="Parnasse ISEI.001" width="642" height="481" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Alors vous, vous commencez où le cycle des classes inversées, vous amorcez comment votre cours ou votre leçon ? Vos commentaires sont les bienvenus et attendus.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h4>Annexe : Styles d’apprentissage impliqués dans le Cycle de Kolb :</h4>
<p>Les quatre étapes proposées (expérience concrète, observation réfléchie, conceptualisation abstraite et expérimentation active) suggèrent l’existence de quatre façons d’apprendre, de quatre façons d’aborder l’environnement : concret, réfléchi, abstrait et actif. A la jonction des étapes, on trouve donc les profils suivants :</p>
<ul>
<li>Le style divergent (concret-réfléchi) se caractérise par l’observation et l’interprétation de situations concrètes de différents points de vue. Se mettant volontiers à l’écoute des autres, « le divergent » aime dénicher les informations (qu’il préfère à l’action) et les catégoriser de différentes façons ainsi que faire fonctionner son imagination dans l’identification de divers problèmes ;</li>
<li>Le style assimilateur (réfléchi-abstrait) se caractérise par l’appropriation de nombreuses informations et leur intégration concise et logique. « L’assimilateur » préfère manipuler les idées et les concepts et une bonne explication logique lui paraît plus importante que l’application ;</li>
<li>Le style convergent (abstrait-actif) se caractérise par la recherche d’applications pratiques aux concepts et aux théories. « Le convergent » préfère les tâches techniques, la résolution de problèmes et s’écarte bien souvent des considérations sociales ou interpersonnelles ;</li>
<li>Le style accommodateur (concret-actif) se caractérise par la mise en œuvre d’expériences pratiques dans lesquelles il s’implique instinctivement et personnellement. « L’accommodateur » est un intuitif qui aime relever des défis, mettre la main à la pâte et qui s’en remet facilement à l’analyse ou au jugement des autres.</li>
</ul>
<p>Extrait de : <strong>Lebrun, M</strong>. (2005). <em>Théories et méthodes pédagogiques pour enseigner et apprendre : Quelle place pour les TIC dans l&rsquo;éducation ?</em>, Bruxelles, De Boeck, 206 p., (2<sup>ème</sup> éd. revue).</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://lebrunremy.be/WordPress/?feed=rss2&#038;p=791</wfw:commentRss>
		<slash:comments>5</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Classes Inversées, étendons et &#171;&#160;systémisons&#160;&#187; le concept !</title>
		<link>https://lebrunremy.be/WordPress/?p=740</link>
		<comments>https://lebrunremy.be/WordPress/?p=740#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 17 Dec 2014 15:31:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Apprendre]]></category>
		<category><![CDATA[Considérations et méthodes pédagogiques (avec TIC)]]></category>
		<category><![CDATA[Considérations et méthodes pédagogiques (sans TIC)]]></category>
		<category><![CDATA[eLearning]]></category>
		<category><![CDATA[Essais]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Pédagogie]]></category>
		<category><![CDATA[apprentissage]]></category>
		<category><![CDATA[Classes inversées]]></category>
		<category><![CDATA[dispositifs]]></category>
		<category><![CDATA[flipped classrooms]]></category>
		<category><![CDATA[hybride]]></category>
		<category><![CDATA[Kolb]]></category>
		<category><![CDATA[Nonaka & Takeuchi]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lebrunremy.be/WordPress/?p=740</guid>
		<description><![CDATA[Cependant, il nous faut bien constater que les Classes inversées sont souvent associées à la ritournelle "Lectures at home and Homework in classes", une vidéo ou un texte à lire avant le cours et des activités, des débats, des applications en classe … C'est selon moi, le tout premier niveau de ce qu'on peut faire en Classes inversées. Dans ce billet, nous allons essayer d'aller plus loin. [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2><span style="color: #000080;">Essai de modélisation et de systémisation du concept de Classes inversées</span></h2>
<p>&nbsp;</p>
<p>Dans ce Blog, j&rsquo;ai plusieurs fois documenté <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=612">la &laquo;&nbsp;méthode&nbsp;&raquo; des Classes inversées</a>.</p>
<p>On y trouvera aussi <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=651">un essai sur le rapport</a> entre le Tsunami des MOOCs et les &laquo;&nbsp;renversements&nbsp;&raquo; proposés par les Classes inversées .</p>
<p>Dans ce nouvel essai, j&rsquo;essaierai de répondre à celles et ceux qui nous disent régulièrement &laquo;&nbsp;Mais, les classes inversées, ça existe depuis longtemps …&nbsp;&raquo;. Ma réponse est : Oui, sans aucun doute. Comme je le raconte, j&rsquo;ai eu en 1972 lors de ma première année à l&rsquo;université, un enseignant qui nous faisait lire un chapitre de son livre avant le cours pour disposer de ce temps de présence pour répondre à des questions, donner des exemples, proposer des applications … Bref, nous en avons eu des enseignants qui nous demandaient de lire un texte, un chapitre, actuellement de regarder une vidéo &#8230; avant le cours. Est-ce bien cela une innovation ? Tout d&rsquo;abord pour qu&rsquo;une telle initiative pionnière soit qualifiée d&rsquo;innovation, il faut encore qu&rsquo;elle percole dans l&rsquo;ensemble du système, qu&rsquo;elle entre dans les habitudes, qu&rsquo;elle dépasse le stade d&rsquo;une &laquo;&nbsp;enclave&nbsp;&raquo; pour devenir une &laquo;&nbsp;tête de pont&nbsp;&raquo; voire une pratique ancrée (voir <a href="http://tecfa.unige.ch/tecfa/teaching/bachelor_74111/Cours_2010_2011/semestre1/cours11/charlier_deschryver_peraya_2006.pdf">l&rsquo;article</a> de Bernadette Charlier, Nathalie Deschryver et Daniel Peraya (2006) en particulier la page 481).</p>
<p><strong>Mais, est-ce bien cela, n&rsquo;est-ce que cela, une Classe inversée</strong> … prendre connaissance (le mot est intéressant) de la matière avant &laquo;&nbsp;le cours&nbsp;&raquo; et faire des applications ensuite ! <strong>Quoi de différent avec l&rsquo;enseignement traditionnel, la théorie d&rsquo;abord, les exercices ensuite ?</strong></p>
<p>Dans la première phrase de ce billet, j&rsquo;ai mis volontairement le mot &laquo;&nbsp;méthodes&nbsp;&raquo; entre guillemets pour signifier que l&rsquo;approche des Classes inversées est surtout un changement de paradigme, de mentalités dans les rapports que nous construisons avec les termes &laquo;&nbsp;Savoirs&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Apprendre&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;Enseigner&nbsp;&raquo;. Le concept porte donc une grande variété de pratiques, de méthodes et de techniques à la fois relationnelles et techniques.</p>
<p>Cependant, il nous faut bien constater que les Classes inversées sont souvent associées à la ritournelle &laquo;&nbsp;Lectures at home and Homework in classes&nbsp;&raquo;, une vidéo ou un texte à lire avant le cours et des activités, des débats, des applications en classe … C&rsquo;est selon moi, le tout premier niveau de ce qu&rsquo;on peut faire en Classes inversées. <strong>Dans ce billet, nous allons essayer d&rsquo;aller plus loin</strong>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong>1. Le <span style="color: #ff0000;">Niveau 1</span> des Classes inversées</strong></h3>
<p>Le concept, ou en tout cas l’appellation de <em>Flipped Classrooms</em>, est apparu il y a quelques années seulement quand deux enseignants en chimie dans l’équivalent de notre niveau secondaire, Jonathan Bergmann et Aaron Sams (2007), ont découvert le potentiel de vidéos (<em>PowerPoint</em> commentés, <em>Screencast</em>, <em>Podcast</em> …) pour motiver leurs élèves à préparer (à domicile ou plutôt hors classe ou encore sans la présence de l&rsquo;enseignant) les activités qui seront proposées en classe, en présence de « l’enseignant », afin de rendre ces dernières plus interactives : <strong><em>Lectures at Home and HomeWork in Class</em></strong>, le slogan était lancé. L’air de rien, comme nous le verrons, cette méthode est à la fois une petite révolution par rapport à l’enseignement dit traditionnel (le magistral, l’enseignement <em>ex cathedra</em>) et une piste d’évolution acceptable et progressive pour les enseignants qui souhaitent se diriger, sans négliger la transmission des savoirs, vers une formation davantage centrée sur l’apprenant, ses connaissances et ses compétences.</p>
<p>Les classes inversées (un bel exemple de <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=579">dispositif hybride</a>) présentent un engouement certain de la part des enseignants de l&rsquo;école primaire à la formation continue. En fait, à l&rsquo;état potentiel, cette stratégie pédagogique est au confluent de trois courants dont nous avons tenté de montrer les rapports systémiques : (1) Les approches par compétences ou par programmes (cohérence des enseignements), (2) Les méthodes actives et aussi finalement (3) un usage &laquo;&nbsp;à valeur ajoutée&nbsp;&raquo; des TIC.</p>
<p>Comme nous le voyons déjà, <strong>ces classes inversées repositionnent les espaces-temps traditionnels de l’enseigner-apprendre</strong> (la figure ci-dessous nous montre le « flip » à l’œuvre).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img class="aligncenter  wp-image-741" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/12/Flips.jpg" alt="Flips" width="591" height="360" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>(1) L’enseignement traditionnel transmissif se passe en classe ; les interactions et les activités des élèves y sont bien souvent limitées. Les devoirs se passent à la maison ainsi que la préparation des examens.</p>
<p>(2) Le « flip » va agir en reconsidérant les espaces-temps de l’enseigner-apprendre. Il s’agira de mieux occuper l’espace et le temps, d’accompagner une partie de l’apprentissage (mémorisation, compréhension …) hors de la classe et de rendre à cette dernière sa vocation liée à la rencontre, au caractère social de l’apprentissage.</p>
<p>(3) La figure se complète : la partie transmissive (les nécessaires savoirs, les principes, les théories…) se déroule en dehors de la classe soit à la maison soit dans des lieux spécialement aménagés dans l’école ; l’espace et le temps de la classe proprement dite (de la rencontre avec l’enseignant) sont utilisés pour les activités et les interactivités.</p>
<p>(4) L’hybridation (soutenue par le principe de variété dans les approches pédagogiques) mélange ces différents <span style="color: #0000ff;">modes</span> d’interaction. Les <em>Flipped Classrooms</em> ne sont pas présentées ici comme un mode unique de formation : tout au plus comme une alternative à d’autres méthodes, une configuration particulière ou encore à une stratégie agile composite.</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/12/NIV1.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-749" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/12/NIV1.jpg" alt="NIV1" width="552" height="176" /></a></p>
<p><strong>Autour de ce concept de <em>Flipped Classrooms</em>, les variations sont aussi infinies</strong> et nous vous en proposons une définition de base, une définition construite avec un de nos mémorants, Antoine Defise (2014) :</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em>Une « flipped classroom » ou « classe inversée » est une méthode (une stratégie) pédagogique où la partie transmissive de l’enseignement (exposé, consignes, protocole,…) se fait « à distance » en préalable à une séance en présence, notamment à l’aide des technologies (ex. : vidéo en ligne du cours, lecture de documents papier, préparation d’exercice,…) et où l’apprentissage basé sur les activités et les interactions se fait « en présence » (ex. : échanges entre l’enseignant et les étudiants et entre pairs, projet de groupe, activité de laboratoire, séminaire,…).</em></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong>2. Le <span style="color: #ff0000;">Niveau 2</span> des Classes inversées</strong></h3>
<p>Comprenons-nous bien. Le &laquo;&nbsp;Niveau 1&Prime; constitue déjà une belle avancée pédagogique permettant de &laquo;&nbsp;redonner du sens à la présence&nbsp;&raquo; en mettant en place potentiellement dans le lieu et le temps de la formation des pédagogies actives davantage orientées développement de compétences, davantage orientées vers le devenir social et professionnel des élèves, des étudiants. Mais, on peut aussi dire qu&rsquo;encore une fois la théorie précède la pratique, le cours précède les travaux pratiques … quoi d&rsquo;autre si ce n&rsquo;est un shift, un glissement spatio-temporel de ces différentes activités <span style="color: #0000ff;">(on pourrait dire, <strong>une classe translatée</strong>)</span> … la théorie avant la classe, la pratique pendant la classe. Pourtant en terme de glissement, nous avions présenté les shits potentiellement possibles induits par les Classes inversées :</p>
<p><em>1) Mieux utiliser les espaces (mobilité, présence-distance) et les temps (flexibilité, synchrone-asynchrone) de l’enseigner et de l’apprendre (flipper l’espace-temps)</em></p>
<p><em>2) Proposer une formation plus individualisée et davantage <strong>en résonance avec les rythmes, les styles</strong> et les activités de chacun (flipper approches globales-analytiques, surface-profondeur)</em></p>
<p><em>3) Mieux balancer la nécessaire transmission des savoirs et le développement des savoir-faire et savoir-être, des compétences et de l’apprendre à apprendre </em></p>
<p><em>4) <strong>Rendre les étudiants davantage actifs et interactifs</strong>, plus impliqués (flipper transmission et appropriation)</em></p>
<p><em>5) Répondre à des questions que les étudiants se posent plutôt que leur donner des réponses à des questions qu’ils ne se posent pas (flipper les rôles, flipper les savants et les ignorants) </em></p>
<p><em>6) Apprendre aux étudiants à apprendre et à enseigner toute la vie durant (un autre flip de l’enseigner-apprendre)</em></p>
<p><em>7) Pour les enseignants, leur permettre une appropriation (un </em><span style="color: #000000;"><a style="color: #000000; text-decoration: underline;" href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=424"><em>développement professionnel</em></a></span><em><span style="color: #000000;">)</span> progressive … nul besoin de tout “flipper” en une fois. </em></p>
<p>En cohérence et au-delà de l&rsquo;image un peu réductionniste du &laquo;&nbsp;Niveau 1&Prime;, <strong>nous étendrons quelque peu le concept en proposant aussi des activités et des interactivités (individuelles ou en groupe) avant la classe</strong>.</p>
<p><strong>(Temps 1, &laquo;&nbsp;avant la classe&nbsp;&raquo;) </strong>Recherche d’informations, lecture d’un article, d’un chapitre, d’un blog …, préparation d’une thématique à exposer, interviews ou micro-trottoirs, enquête ou observations sur le terrain … à réaliser seul ou en groupe avant une séance en présentiel. Le résultat des investigations peut être déposé dans un dossier sur une plateforme, des avis, opinions, commentaires, questions … peuvent être déposés sur un forum, la vidéo réalisée peut être déposée sur YouTube …</p>
<p><strong>(Temps 2, &laquo;&nbsp;pendant la classe&nbsp;&raquo;)</strong> Présentation de la thématique, débat sur des articles lus, analyse argumentée du travail d’un autre groupe (évaluation par les pairs), création d’une carte conceptuelle commune à partir des avis, opinions, commentaires … récoltés, mini-colloque dans lequel un groupe présente et un autre organise le débat … pendant le moment (l’espace-temps) du présentiel …</p>
<p>Un examen rapide de cette évolution du &laquo;&nbsp;Niveau 1&Prime; au &laquo;&nbsp;Niveau 2&Prime; montre bien le souci de personnaliser et de contextualiser les apprentissages, de rendre les étudiants plus actifs et interactifs, les étudiants allant chercher les ressources (de manière guidée ou autonome) avant la classe de manière à amener ces dernières, quelque peu structurées, dans l&rsquo;enceinte de la classe où seront mises en place des stratégies de déconstruction par conflit socio-cognitif (les apports des autres individus ou des autres groupes), un préalable utile pour reconstruire les connaissances individuelles et développer les compétences de communication, d&rsquo;autonomie et de travail d&rsquo;équipe, d&rsquo;esprit critique … Tout est bien ainsi ?</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/12/NIV2.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-750" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/12/NIV2.jpg" alt="NIV2" width="577" height="250" /></a></p>
<p>L&rsquo;approche pèche, potentiellement à nouveau, sur deux aspects : (1) l&rsquo;approche est résolument divergente, le travail de groupe et sa présentation dégagent les horizons, ouvrent les possibles, permettent l&rsquo;explicitation des conceptions préalables (parfois nommées spontanées voire naïves) et (2) on peut s&rsquo;interroger sur les moments de reconstruction, de décontextualisation, de modélisation voire de théorisation … On risque très fort de laisser des étudiants à profil moins synthétique dans un grand désarroi dans leur quête de structure, d&rsquo;explications, d&rsquo;invariants, de modèle …</p>
<p><span style="color: #0000ff;">Toujours est-il que ces deux niveaux (j&rsquo;aurais pu dire deux dimensions tant ces &laquo;&nbsp;niveaux&nbsp;&raquo; peuvent se combiner) correspondent tous les deux à des évolutions appréciables pour l&rsquo;enseignement, pour l&rsquo;enseignant surtout, deux inversions complémentaires : </span></p>
<ul>
<li><span style="color: #0000ff;"><strong>Niveau 1 :</strong> L’enseignant délègue la transmission des savoirs à un média (texte, vidéo) et retrouve ainsi davantage de temps pour être un accompagnateur d’apprentissage de savoirs lors de la présence. L’acquisition de la matière reste une préoccupation fort louable d’ailleurs.</span></li>
<li><span style="color: #0000ff;"><strong>Niveau 2 :</strong> L’enseignant, dans un champ de manœuvre défini (par exemple pour une thématique définie, avec des contraintes, des échéances, des critères définis), envoie l’apprenant sur le terrain, dans le contexte, sur la Toile. Il accompagne la construction des connaissances par chaque apprenant et l’aide à identifier les savoirs nécessaires pour aller plus loin.</span></li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong>3. Le <span style="color: #ff0000;">Niveau 3</span> des classes inversées</strong></h3>
<p>De l&rsquo;approche orientée &laquo;&nbsp;déduction&nbsp;&raquo; du Niveau 1 à l&rsquo;approche orientée &laquo;&nbsp;induction&nbsp;&raquo; du Niveau 2, toutes les deux relativement insatisfaisantes au niveau des apprentissages souhaités (Niveau 1 : regarde la théorie avant la classe, tu verras à quoi ça sert pendant la classe, Niveau 2 : va chercher les ressources hors la classe, tu montreras tout cela à la classe). <strong>Encore une fois l&rsquo;hybridation va nous aider : et si on combinait les deux niveaux précédents dans un Niveau 3 plus fécond, plus satisfaisant ?</strong> Et si on quittait l&rsquo;approche déterministe pour aller vers une autre davantage systémique, cyclique ?</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/12/NIV3.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-751" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/12/NIV3.jpg" alt="NIV3" width="670" height="290" /></a></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>✪ Temps 1 (Niveau 2, distance)</strong> : instruire le dossier, ramener des éléments du contexte, les structurer quelque peu, les présenter d&rsquo;une manière originale … (recherche d&rsquo;informations, validation, analyse, synthèse, créativité …)</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>✪ Temps 2 (Niveau 2, présence) </strong>: présenter les informations et ressources trouvées, identifier les différences et repérer les similitudes, vivre un &laquo;&nbsp;conflit&nbsp;&raquo; socio-cognitif, expliciter les préconceptions, faire émerger les questions, les hypothèses … (communication, analyse, réflexivité, modélisation …)</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>✪ Temps 3 (Niveau 1, distance)</strong> : prendre connaissance des théories, relever les éléments pertinents pour la thématique investiguée, préparer une synthèse, exercer le fonctionnement du modèle … (apprendre, faire des liens, mémoriser, se poser et préparer des questions, modéliser …)</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>✪ Temps 4 (Niveau 1, présence) </strong>: consolider les acquis, faire fonctionner le modèle ou la théorie en regard des thématiques investiguées, préparer le transfert par l&rsquo;approche d&rsquo;autres situations … (comprendre, appliquer, investiguer les limites, transférer à d&rsquo;autres contextes …).</span></p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/12/Kolb.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-752" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/12/Kolb.jpg" alt="Kolb" width="451" height="339" /></a></p>
<p><span style="color: #0000ff;">La figure ci-dessus, montrant nos quatre temps, nos quatre &laquo;&nbsp;flips&nbsp;&raquo;, <b>nos quatre événements d&rsquo;apprentissage </b>est complétée par  les « trois phases de l’enseignement stratégique » (Tardif, 1992) adaptées dans un processus de contextualisation-décontextualisation-recontextualisation (Proulx, 1997).</span></p>
<p>Cette approche hybride … des classes inversées nous paraît être un bon agencement de différentes techniques de formation, de différents courants pédagogiques sans compter le développement des compétences, l&rsquo;approche par situations-problèmes, l&rsquo;ouverture vers &laquo;&nbsp;un soutien à valeurs ajoutées&nbsp;&raquo; apporté par les outils numériques.</p>
<p><span style="color: #3366ff;">Pour terminer cette partie, nous soulignons que cette évolution dans le panorama des classes inversées (nous insistons sur ce pluriel) se déployer sur deux dimensions majeures caractérisées de manière étonnante (dans le contexte du développement professionnel des enseignants) par un &laquo;&nbsp;lâcher-prise&nbsp;&raquo; des formateurs (instituteurs, enseignants, professeurs &#8230;) :</span></p>
<p><span style="color: #3366ff;">- <strong>par rapport aux savoirs</strong> qui dépasse la transmission (qui reste nécessaire) vers l&rsquo;appropriation par les élèves ou étudiants. On passe du &laquo;&nbsp;centré sur l&rsquo;enseignant&nbsp;&raquo; au &laquo;&nbsp;centré sur les apprenants&nbsp;&raquo; dans une optique socio-constructiviste qui repose en partie sur des méthodes actives.</span></p>
<p><span style="color: #3366ff;">- <strong>par rapport aux rôles tenus</strong> par les différents intervenants, tous tour à tour, apprenants et enseignants. On passe de postures assez traditionnelles (le traditionnel étant une innovation qui a réussi) de transmission à d&rsquo;autres relatives à l&rsquo;accompagnement, au conseil voire à une posture de chef d&rsquo;orchestre qui scénarise les différentes activités.</span></p>
<p><span style="color: #3366ff;">Dans la figure ci-dessous, ces deux dimensions (avec chaque fois trois exemples d’évolution possible) sont présentées ; elles sous-tendent un plan dans lequel nous avons fait figurer nos deux modalités de classes inversées (« niveau 1 » et « niveau 2 ») en les rattachant avec diverses configurations possibles : <strong>classes translatées, classes inversées, <a style="color: #3366ff;" href="http://blog.educpros.fr/jean-charles-cailliez/2015/12/14/les-classes-inversees-ou-renversees-au-service-de-linnovation-pedagogique-une-interview-signee-jean-pierre-leac-dans-les-cahiers-de-linnovation/">classes renversées</a></strong> (ce dernier terme inspiré ou aspiré de Jean-Charles Cailliez) &#8230;</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/12/Oujda-1-1016.001.jpeg"><img class="aligncenter  wp-image-757" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/12/Oujda-1-1016.001.jpeg" alt="Oujda 1-1016.001" width="623" height="467" /></a></p>
<h3><strong>4. Quelques fondements pour le Niveau 3</strong></h3>
<h4><em>Le Cycle de Kolb </em></h4>
<p>Le Niveau 3 que nous venons de présenter correspond assez bien à la vision cyclique proposée par Kolb. Le cycle de Kolb (Kolb’s learning cycle) appelé parfois aussi cycle de Lewin (Kolb, 1984) nous paraît intéressant car il présente une démarche d’apprentissage basée sur l’expérience (apprentissage expérientiel – <em>experiential learning</em>) : l’apprenant progresse au travers d’un cycle dans lequel l’expérience conduit à l’observation et à la réflexion (contextualisation) qui à son tour conduit à la formation des concepts (décontextualisation) qui seront ensuite « essayés » dans diverses situations et donnent lieu à de nouvelles expériences (recontextualisation).</p>
<p>On peut établir un parallèle fructueux entre les 4 étapes du cycle de Kolb et les 4 temps que nous avons proposés dans notre approche &laquo;&nbsp;Niveau 3&Prime; des classes inversées :</p>
<ul>
<li><span style="color: #0000ff;"><strong>Expérience concrète </strong>: Temps 1 (Niveau 2, distance) </span></li>
<li><span style="color: #0000ff;"><strong>Observation réfléchie</strong> : Temps 2 (Niveau 2, présence) </span></li>
<li><span style="color: #0000ff;"><strong>Conceptualisation abstraite </strong>: Temps 3 (Niveau 1, distance) </span></li>
<li><span style="color: #0000ff;"><strong>Expérimentation active </strong>: Temps 4 (Niveau 1, présence) </span></li>
</ul>
<p>Il est aussi intéressant de comprendre que les quatre étapes proposées (expérience concrète, observation réfléchie, conceptualisation abstraite et expérimentation active) suggèrent l’existence de quatre façons d’apprendre, de quatre façons d’aborder l’environnement : concret, réfléchi, abstrait et actif. Une façon probablement de concilier les &laquo;&nbsp;méthodes&nbsp;&raquo; pédagogiques avec les différents styles d&rsquo;apprentissage des apprenants et aussi avec les méthodes privilégiées par les enseignants.</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/12/Flip-4.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-745" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/12/Flip-4.jpg" alt="Flip-4" width="455" height="341" /></a></p>
<p>Référence</p>
<p>KOLB, D.A. 1984. Experiential Learning. Experience as the Source of Learning and Development. Englewood Cliffs. NJ, Prentice-Hall.</p>
<p><a href="http://australie.uco.fr/~cbourles/OPTION/Theorie/Kolb/Kolb.htm">Le cycle d&rsquo;apprentissage de Kolb</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><em>Le cycle de Nonaka</em></h4>
<p><a href="http://www.creativitequebec.ca/Bulletin_Creativite_Quebec/Site_CQ_Bulletins_2012/Bulletins_articles/Lien_108/Le_modele_SECI_de_Nonakaa_et_Takeuchi.htm">Le cycle de Nonaka et Takeuchi</a> (1995) (ou encore Modèle SECI : Socialisation, Externalisation, Combinaison et Internalisation) traite, à l&rsquo;origine, de la constitution d&rsquo;intelligence collective au sein des entreprises. Il est cependant utile comme grille de lecture de certains aspects de notre Niveau 3 des classes inversées en y ajoutant les notions de connaissances tacites ou implicites et des connaissances explicites partagées ainsi que la nécessaire systémique entre appropriation personnelle et intelligence collective.</p>
<p>La modélisation ci-dessus est sans doute plus hardie mais nous retenons de ce cycle les passages de l&rsquo;intrapersonnel (les conceptions spontanées parfois naïves, les modèles de référence auxquels nous nous référons de manière souvent implicite, notre épistémologie personnelle …) à l&rsquo;interpersonnel (le retour au groupe, la nécessité d&rsquo;expliciter au travers de métaphores ou de contextes &laquo;&nbsp;vécus à partager&nbsp;&raquo;, le conflit socio-cognitif, la recherche du consensus, d&rsquo;hypothèses partagées, de solutions communes à investiguer) pour en revenir à des phases d&rsquo;intériorisation, de restructuration … porteuses de nouvelles connaissances et compétences … partagées.</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/12/Flip-5.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-746" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2014/12/Flip-5.jpg" alt="Flip-5" width="456" height="280" /></a></p>
<p>En voici une interprétation ou plutôt une adaptation au sujet qui nous intéresse ici :</p>
<p><strong>Socialisation</strong> : Seul ou en petit groupe, l&rsquo;apprenant part à la rencontre du contexte, des éléments de la vie quotidienne ou socio-professionnelle. Ces conceptions spontanées peuvent déjà être ébranlées par cette rencontre avec le terrain et aussi au sein du petit groupe d&rsquo;explorateurs dont il fait partie. L&rsquo;implicite se révèle, se traduit en situations, s&rsquo;explicite : Temps 1 (Niveau 2, distance)</p>
<p><strong>Externalisation</strong> : De retour en classe, l&rsquo;apprenant ou son groupe étend ses représentations en les confrontant avec celles ramenées par les autres. Un langage commun s&rsquo;élabore, les concepts apparaissent, des hypothèses s&rsquo;élaborent … l&rsquo;explicitation apporte sa force au collectif : Temps 2 (Niveau 2, présence)</p>
<p><strong>Combinaison</strong> : L&rsquo;organisation des variables, des connaissances explicites devient une nécessité. Le temps est venu pour la synthèse, la modélisation, la théorisation potentiellement organisatrice introduit des paramètres de convergence : Temps 3 (Niveau 1, distance)</p>
<p><strong>Internalisation</strong> : La nouvelle construction collective doit maintenant être éprouvée au niveau de nouvelles situations, de l&rsquo;élaboration du projet collectif, de l&rsquo;application en champ réel : Temps 4 (Niveau 1, présence).</p>
<p>Référence</p>
<p>NONAKA, Ikujiro, TAKEUCHI, Hirotaka (1995). <em>The knowledge creating company: how Japanese companies create the dynamics of innovation</em>. New York: Oxford University Press, p. 284,</p>
<p><a href="http://www.creativitequebec.ca/Bulletin_Creativite_Quebec/Site_CQ_Bulletins_2012/Bulletins_articles/Lien_108/Le_modele_SECI_de_Nonakaa_et_Takeuchi.htm"> Le modèle SECI de Nonaka et Takeuchi</a></p>
<h3></h3>
<h3><strong>5. Une petite synthèse</strong></h3>
<table>
<tbody>
<tr>
<td width="69"></td>
<td width="149">Lebrun (2014)</td>
<td width="80">Kolb (1984)</td>
<td width="163">Nonaka et Takeuchi (1995)</td>
</tr>
<tr>
<td width="69">FLIP 1 Temps 1 (Niveau 2, distance)</td>
<td width="149">Instruire le dossier, ramener des éléments du contexte, les structurer quelque peu, les présenter d&rsquo;une manière originale … (recherche d&rsquo;informations, validation, analyse, synthèse, créativité …)</td>
<td width="80">Expérience concrète</td>
<td width="163">Socialisation : Seul ou en petit groupe, l&rsquo;apprenant part à la rencontre du contexte, des éléments de la vie quotidienne ou socio-professionnelle. Ces conceptions spontanées peuvent déjà être ébranlées par cette rencontre avec le terrain et aussi au sein du petit groupe d&rsquo;explorateurs dont il fait partie. L&rsquo;implicite se révèle, se traduit en situations, s&rsquo;explicite</td>
</tr>
<tr>
<td width="69">FLIP 2 Temps 2 (Niveau 2, présence)</td>
<td width="149">Présenter les informations et ressources trouvées, identifier les différences et repérer les similitudes, vivre un &laquo;&nbsp;conflit&nbsp;&raquo; socio-cognitif, expliciter les préconceptions, faire émerger les questions, les hypothèses … (communication, analyse, réflexivité, modélisation …)</td>
<td width="80">Observation réfléchie</td>
<td width="163">Externalisation : De retour en classe, l&rsquo;apprenant ou son groupe étend ses représentations en les confrontant avec celles ramenées par les autres. Un langage commun s&rsquo;élabore, les concepts apparaissent, des hypothèses s&rsquo;élaborent … l&rsquo;explicitation apporte sa force au collectif</td>
</tr>
<tr>
<td width="69">FLIP 3Temps 3 (Niveau 1, distance)</td>
<td width="149">Prendre connaissance des théories, relever les éléments pertinents pour la thématique investiguée, préparer une synthèse, exercer le fonctionnement du modèle … (apprendre, faire des liens, mémoriser, se poser et préparer des questions, modéliser …)</td>
<td width="80">Conceptualisation abstraite</td>
<td width="163">Combinaison : L&rsquo;organisation des variables, des connaissances explicites devient une nécessité. Le temps est venu pour la synthèse, la modélisation, la théorisation potentiellement organisatrice introduit des paramètres de convergence</td>
</tr>
<tr>
<td width="69">FLIP 4 Temps 4 (Niveau 1, présence)</td>
<td width="149">Consolider les acquis, faire fonctionner le modèle ou la théorie en regard des thématiques investiguées, préparer le transfert par l&rsquo;approche d&rsquo;autres situations … (comprendre, appliquer, investiguer les limites, transférer à d&rsquo;autres contextes …).</td>
<td width="80">Expérimentation active</td>
<td width="163">Internalisation : La nouvelle construction collective doit maintenant être éprouvée au niveau de nouvelles situations, de l&rsquo;élaboration du projet collectif, de l&rsquo;application en champ réel</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>N&rsquo;hésitez pas à commenter, à ajouter votre propre &laquo;&nbsp;grain de sel&nbsp;&raquo;, vos apports théoriques ou pratiques</strong></p>
<p>Pour citer ce texte :</p>
<p>Lebrun, M. (2016). Essai de modélisation et de systémisation du concept de Classes inversées. Blog de Marcel, janvier 2016. En ligne : <a class="copyable-link v-middle" href="http://bit.ly/ML-Classes-invers%C3%A9es">bit.ly/<span class="copy-hash">ML-Classes-inversées</span></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://lebrunremy.be/WordPress/?feed=rss2&#038;p=740</wfw:commentRss>
		<slash:comments>44</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
