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	<title>Blog de M@rcel &#187; école</title>
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	<description>Un blog sur la pédagogie, la technologie et aussi sur un peu de tout</description>
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		<title>Les classes inversées : intégration d&#8217;idées pédagogiques anciennes pour une réelle innovation</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Jul 2017 09:39:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Apprendre]]></category>
		<category><![CDATA[Considérations et méthodes pédagogiques (avec TIC)]]></category>
		<category><![CDATA[Considérations et méthodes pédagogiques (sans TIC)]]></category>
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		<description><![CDATA[Ce billet portera sur la contribution de deux collègues, Alain Beitone et Margaux Osenda, qui ont publié "La pédagogie inversée : une pédagogie archaïque" [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Introduction : répondre ou débattre</h3>
<p>Ce billet portera sur la contribution de deux collègues, Alain Beitone et Margaux Osenda, qui ont publié &laquo;&nbsp;<a href="http://skhole.fr/la-pedagogie-inversee-une-pedagogie-archaique-par-alain-beitone-et-margaux-osenda">La pédagogie inversée : une pédagogie archaïque</a>&nbsp;&raquo; (des extraits de cet article seront proposés <span style="color: #0000ff;">en bleu</span> ci-dessous)</p>
<p>Il ne s&rsquo;agit pas pour moi de &laquo;&nbsp;répondre&nbsp;&raquo; à leurs arguments ou de les démonter en tentant de démontrer combien le propos serait incorrect, inapproprié, fallacieux &#8230; Je l&rsquo;ai souvent dit : en matière d&rsquo;innovation (gardons ce concept pour le moment), il me paraît important de considérer tous les points de vue même ceux envers lesquels, personnellement et subjectivement, on ne peut d&rsquo;emblée marquer son accord. En effet, les propos des thuriféraires et autres évangélistes doivent être considérés avec circonspection voire méfiance, ceux des &laquo;&nbsp;grognons&nbsp;&raquo; (comme je les appelle chaleureusement) avec attention en ce qui concerne les alarmes qu&rsquo;ils nous envoient. Les propos des uns et des autres, considérés dans leurs extrémités caricaturales, témoignent tous les deux d&rsquo;une recherche inassouvie de &laquo;&nbsp;la vérité&nbsp;&raquo; (à propos de l&rsquo;école, de ce qu&rsquo;elle devrait être, par exemple) qui se traduirait par des normes auxquelles il conviendrait d&rsquo;adhérer. S&rsquo;il y avait une théorie de &laquo;&nbsp;la gravitation universelle&nbsp;&raquo; en pédagogie, ça se saurait. Notre avis est que cette &laquo;&nbsp;vérité&nbsp;&raquo; est plurielle sous-tendue par des dimensions (non nécessairement contradictoires mais plutôt orthogonales) qui balisent un vaste panorama constitué de pratiques effectives et de référents, il est  vrai, bien souvent implicites : les élèves ne sont pas des particules élémentaires et la tentation des sciences de l&rsquo;éducation d&rsquo;adopter les paradigmes des sciences exactes me semble bien illusoire. Ce sont ces tensions qui déterminent l&rsquo;évolution à la fois de ces pratiques et de ces idées et la connaissance de celle-ci permet à chacun, en connaissance de causes, d&rsquo;agir, d&rsquo;expérimenter, de construire son chemin, son apprentissage &#8230; à la recherche de nouveaux équilibres toujours à reconsidérer. Une certaine façon d&rsquo;apprendre &#8230; ou de concilier de manière interactive <em>doxa</em> (les opinions par exemple) et <em>episteme</em> (la Science).</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/07/Capture-d’écran-2017-07-11-à-14.23.12.png"><img class="aligncenter  wp-image-869" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/07/Capture-d’écran-2017-07-11-à-14.23.12.png" alt="Capture d’écran 2017-07-11 à 14.23.12" width="568" height="354" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Je reprendrai donc <span style="color: #0000ff;">certains éléments de l&rsquo;article en question (en bleu)</span>, non pas pour les démonter, mais pour les mettre en dialogue (socratique) avec d&rsquo;autres interprétations permettant ainsi au lecteur de progresser et pourquoi pas d&rsquo;expérimenter à son tour en praticien réflexif.</p>
<p>&nbsp;</p>
<hr />
<h3>La classe inversée n&rsquo;a rien d&rsquo;innovant ! Encore ces pédagogies actives déjà fort anciennes ! Et la recherche qui ne nous dit rien ou pas grand-chose</h3>
<p><span style="color: #0000ff;"><em><strong>La pédagogie inversée : une pédagogie archaïque</strong></em></span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em>Introduction</em></span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em>Comment expliquer cette mobilisation institutionnelle en faveur d’une innovation qui, c’est le moins que l’on puisse dire, n’a pas fait la preuve de son efficacité pédagogique et didactique ? La réponse est assez simple : l’un des axes de la « loi sur la refondation de l’Ecole » est formulé ainsi : « L’école change avec le numérique ». Dès lors, tout ce qui permet de favoriser le recours au numérique (TICE) sera soutenu par le ministère. Il se trouve que cette idée enthousiasme aussi les vendeurs d’ordinateurs et autres « tablettes numériques » et que les élus locaux qui dotent les écoles, les collèges et les lycées, de matériel informatique sont tout heureux qu’on les utilise en inversant la classe.</em></span></p>
<p style="padding-left: 30px;">L&rsquo;argument est proposé pour comprendre l&rsquo;implication (l&rsquo;engouement) des structures institutionnelles dans le mouvement de &laquo;&nbsp;la classe inversée&nbsp;&raquo; (un terme &#8211; en substitution à &laquo;&nbsp;pédagogie inversée&nbsp;&raquo; &#8211; que je préfère à ce niveau car il s&rsquo;agit davantage de changements au niveau de la classe que d&rsquo;un bouleversement de la pédagogie : la classe inversée est une stratégie pédagogique héritière du constructivisme, du socio-constructivisme et d&rsquo;autres courants déjà bien établis). Si l&rsquo;école change (doit changer) avec le numérique, ce n&rsquo;est pas tant une affaire d&rsquo;outils ou de ressources numériques que de comportements, principalement dans le rapport aux savoirs et aux rôles des acteurs. L&rsquo;école doit changer avec le numérique car son ambition est de préparer les élèves à vivre et à oeuvrer dans une société déjà et très largement devenue numérique (le choix est déjà fait !). Comme on le dira plus tard, des pionniers ont pratiqué l&rsquo;inversion sans le recours au numérique &#8230; mais on ne peut dire à la fois que cette &laquo;&nbsp;pédagogie&nbsp;&raquo; est archaïque et qu&rsquo;elle serait le fruit d&rsquo;une société en voie de transformation par le numérique ou encore la source d&rsquo;intérêts juteux attendus par les vendeurs de tablettes. Tout au plus, le numérique a donné une impulsion à la diffusion de cette pratique. Fille du numérique (considéré comme technique), non. Fille d&rsquo;une société en transformation, oui.</p>
<p style="padding-left: 30px;">Trois traits caractéristiques de l&rsquo;innovation sont présents  dans le mouvement relatif à la classe inversée : (1) il s&rsquo;agit d&rsquo;une émergence propulsée par les enseignants eux-mêmes (la participation au congrès CLIC est illustrative de cette effeversecence et de la diffusion, de la percolation dans les pratiques), (2) cette émergence pionnière est adoptée voire accommodée à large échelle par d&rsquo;autres praticiens et (3) le mouvement est considéré, soutenu, parfois porté par la structure &#8230; Que ce soit les travaux d&rsquo;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Everett_Rogers">Everett Rogers</a> sur l&rsquo;adoption des innovations ou encore ceux de <a href="https://www.innovation-pedagogique.fr/article16.html">Charlier, Bonamy et Saunders</a> (les pionniers, les enclaves, les têtes de pont, les pratiques ancrées), on remarque bien cet effet de percolation progressive des idées de quelques uns dans la ou les structures.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em>Enfin, les partisans habituels de la doxa éducative se sont convertis très vite à la pédagogie inversée en soulignant qu’au fond il s’agit d’une utilisation de leurs idées fort anciennes : l’élève au centre, le refus de la « pédagogie descendante », le travail de groupe, la « co-construction » du savoir, etc. On a donc là une puissante coalition d’intérêts qui permet d’expliquer le succès de la pédagogie inversée.</em></span></p>
<p style="padding-left: 30px;">Oui, la classe inversée est à la rencontre de plusieurs courants qui ont traversé et traversent le champ de l&rsquo;éducation.  On cite souvent les pratiques de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Célestin_Freinet">Célestin Freinet</a> comme précurseur aux classes inversées (utiliser des technologies de l&rsquo;époque, relier la classe à la société qui l&rsquo;entoure et à laquelle elle prépare &#8230;). Oui, peut-être, mais ces pratiques annonciatrices n&rsquo;ont pas vraiment &laquo;&nbsp;fait école&nbsp;&raquo; ou ne se sont que fort peu déployées. L&rsquo;évolution de la société et sa complexification nous conduisent à la recherche d&rsquo;autres cohérences ou d&rsquo;autres équilibres. Cette cohérence est à souligner comme signe de la robustesse de l&rsquo;approche. Cette rencontre, encore à structurer, est potentiellement (seulement) fertile pour construire une cohérence pédagogique entre :</p>
<ul>
<li>les objectifs, <strong>les compétences</strong> à développer chez les apprenants, plus récemment des acquis d&rsquo;apprentissages (ou <em>Learning Outcomes</em>), ce que &laquo;&nbsp;l&rsquo;étudiant sait, comprend, est capable de faire et de, lui-même, le démontrer&nbsp;&raquo;;</li>
<li><strong>les méthodes</strong> d&rsquo;apprentissage en particulier celles congruentes aux facteurs d&rsquo;apprentissage comme les méthodes actives et interactives, les approches par situations-problèmes, par études de cas, les apprentissages collaboratifs ;</li>
<li>les approches innovantes de <strong>l&rsquo;évaluation</strong> (certificative mais aussi formative, l&rsquo;évaluation par les pairs, les approches réflexives);</li>
<li>et enfin, en nous répétant, les changements induits par <strong>le numérique</strong> dans son sens le plus large non limité à l&rsquo;informatique ou à la technique (rapport aux savoirs, aux rôles, l&rsquo;externalisation des ressources de connaissances, les nouveaux modes de médiation et de relations). Il ne s&rsquo;agit pas comme auparavant de &laquo;&nbsp;numériser l&rsquo;école&nbsp;&raquo; mais de prospecter d&rsquo;autres rapports aux savoirs et aux rôles pour continuer à apprendre toute la vie durant en s&rsquo;appuyant sur l&rsquo;externalisation des ressources de connaissances et sur les nouveaux modes de médiation et de relations induits par le numérique.</li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em>On ne peut qu’être frappé par le fait qu’il existe très peu de travaux tentant de répondre à ces questions (Bissonnette et Gauthier, 2012). Certes, beaucoup de textes militants rédigés par des partisans enthousiastes de la pédagogie inversée circulent, mais ils ne reposent pas sur la posture de distanciation critique qui nous semble nécessaire si l’on veut évaluer les effets d’une méthode d’enseignement.</em></span></p>
<p style="padding-left: 30px;">N&rsquo;oublions pas que le mouvement de &laquo;&nbsp;la classe inversée&nbsp;&raquo; est fort récent. Néanmoins, au-delà de textes militants (bien souvent adeptes du &laquo;&nbsp;côté clair&nbsp;&raquo;), des articles scientifiques récents (à charge et à décharge) sont disponibles :</p>
<ul>
<li>Marco Guilbault et Anabelle Viau-Guay, « La classe inversée comme approche pédagogique en enseignement supérieur : état des connaissances scientifiques et recommandations », Revue internationale de pédagogie de l’enseignement supérieur [En ligne], 33-1 | 2017, mis en ligne le 06 mars 2017, consulté le 05 juillet 2017. URL : http://ripes.revues.org/1193</li>
<li>Marcel Lebrun, Coralie Gilson et Céline Goffinet, Vers une typologie des classes inversées : Contribution à une typologie des classes inversées : éléments descriptifs de différents types, configurations pédagogiques et effets, Education et formation, e-306, Janvier 2017, http://revueeducationformation.be/index.php?revue=25&amp;page=3</li>
<li>Vincent FAILLET, La pédagogie inversée : recherche sur la pratique de la classe inversée au lycée, Rubrique de la revue STICEF, Volume 21, 2014, ISSN : 1764-7223, mis en ligne le 04/05/2015, http://sticef.org</li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<hr />
<h3></h3>
<h3><span style="color: #333333;">Rien de bien nouveau sous le soleil, il s’agit là d’éléments très répandus de la doxa pédagogique.</span></h3>
<p><em><span style="color: #0000ff;"><strong>I.Qu’est-ce que la pédagogie inversée ?</strong></span></em></p>
<p><em><span style="color: #0000ff;"><strong>I.1. Un conte de fée pédagogique</strong></span></em></p>
<p><em><span style="color: #0000ff;">De très nombreux professeurs adoptent l’un ou l’autre de ces manuels et le suivent scrupuleusement avec leurs étudiants qui doivent lire les chapitres avant le cours. Les séances collectives en amphithéâtre servent à répondre aux questions, revenir sur des points délicats, aider les étudiants qui n’ont pas pu résoudre les exercices qui figurent en annexe des différents chapitres.  On ne voit donc pas quelle est l’originalité d’E. Mazur et, s’il s’agit bien de « classe inversée », on peut constater qu’il ne s’agit pas d’une innovation, mais d’une pratique fort ancienne [&#8230;]. Rien de bien nouveau sous le soleil, il s’agit là d’éléments très répandus de la doxa pédagogique.</span></em></p>
<p style="padding-left: 30px;">Ce premier point, sur le ton &laquo;&nbsp;il était une fois &#8230;&nbsp;&raquo;, fait le tour de quelques pionniers comme Eric Mazur, Salman Kahn, Jon Bergmann et Aaron Sams &#8230; Personnellement, je cite fréquemment mon professeur de première année d&rsquo;université qui utilisait en effet un <em>textbook</em> dans un schéma de classe inversée &#8230; c&rsquo;était en 1972. La classe inversée est-elle dès lors une innovation ? Même si cette interrogation est inintéressante au possible (il ne s&rsquo;agit pas de &laquo;&nbsp;faire moderne&nbsp;&raquo;, d&rsquo;innover &#8230; pour innover, nous l&rsquo;avons dit ci-dessus), il nous faut comprendre ce qu&rsquo;est une innovation :</p>
<ul>
<li>Même si l&rsquo;outil ou l&rsquo;usage sous-jacent ne sont pas nouveaux, le terme innovation se réfère toujours à un contexte donné particulier, une communauté, un service, un individu. Que quelqu&rsquo;un dans le monde ait déjà, bien avant, mis en place une telle pratique ne change rien dans la considération qu&rsquo;un autre individu, ailleurs, l&rsquo;adopte et l&rsquo;adapte à son contexte personnel, voire la fasse connaître à d&rsquo;autres dans son environnement.</li>
<li>En outre, pour être qualifiée d&rsquo;innovation, il faut encore que cette pratique percole dans le système, se diffuse, provoque des échanges, en bref soit catalytique.</li>
</ul>
<h3></h3>
<hr />
<h3>La pédagogie inversée contre &laquo;&nbsp;le traditionnel&nbsp;&raquo; &#8230; tout contre ?</h3>
<p><em><span style="color: #0000ff;"><strong>I.2. Pédagogie inversée ? Mais de quoi s’agit-il ?</strong></span></em></p>
<p><em><span style="color: #0000ff;">Les présentations de cette démarche sont nombreuses et très semblables. Par exemple : « La classe inversée – flipped classroom selon sa désignation anglo-saxonne – est une approche éducative apparue aux États-Unis à la fin des années 1990, pour laquelle la leçon est librement accessible sous format numérique (très souvent vidéogramme en ligne mais aussi diaporama, site web, etc.) ou sous format littéral (livre de classe, polycopié, etc.), à charge aux élèves de la travailler – phase d’acquisition – en amont, hors de la classe. Le temps de présence en classe, est mis à profit, quant à lui, pour des exercices applicatifs et des phases dialoguées explicatives d’une part entre élèves et d’autre part, entre élèves et professeur » (Faillet, 2014, p. 652). Voilà donc en quoi réside l’inversion : le temps passé en classe par le professeur et les élèves, au lieu d’être utilisé à un « exposé du savoir » par le professeur est consacré à des activités coopératives entre professeur et élèves (d’où une dimension d’instruction par les pairs). Marcel Lebrun, dans une vidéo du site Canopé, distingue la pédagogie traditionnelle où on enseigne en présentiel et on apprend à distance et la pédagogie inversée où on enseigne à distance et où on apprend en présentiel. Dans ce qui est appelé « approche traditionnelle » on suppose donc que le professeur enseigne en présence d’élèves qui n’apprennent pas (ne s’approprient pas les connaissances), cet élément essentiel étant renvoyé au travail à la maison dans le cadre duquel les élèves ont seuls la charge de l’appropriation des savoirs. Sur la base d’une présentation aussi caricaturale de la « pédagogie traditionnelle », la classe inversée apparait comme une révolution copernicienne : il s’agit de faire apprendre les élèves en présentiel ! Tout l’argument repose donc sur la véracité de la présentation de la pédagogie traditionnelle.</span></em></p>
<p style="padding-left: 30px;">Comme je l&rsquo;ai dit en introduction, décrire des pratiques, un panorama des pratiques ne peut se réduire à la seule considération de quelques dimensions toutes facilement réfutables : l&rsquo;enseignant ne ferait-il donc que de transmettre des savoirs en classe, des savoirs que l&rsquo;apprenant pourrait très bien apprendre seul &laquo;&nbsp;à la maison&nbsp;&raquo; (ou mieux sans l&rsquo;intervention ou la supervision directe de l&rsquo;enseignant) ? L&rsquo;élève n&rsquo;apprend-il donc pas en classe et l&rsquo;enseignant n&rsquo;accompagne-t-il pas l&rsquo;apprenant dans son apprentissage ? L&rsquo;un contre l&rsquo;autre, l&rsquo;un avec l&rsquo;autre ? On l&rsquo;aura compris, je l&rsquo;espère, ces dimensions (en gros une pédagogie centrée sur l&rsquo;enseignant et une pédagogie centrée sur l&rsquo;élève) sont caricaturales (je l&rsquo;admets) mais sont énoncées afin de faire comprendre la variété de pratiques sous-tendues &#8230; il s&rsquo;agit selon moi d&rsquo;ingrédients à malaxer (à scénariser) afin d&rsquo;optimiser ce qui est recherché : l&rsquo;apprentissage de l&rsquo;élève. Le concept de classe inversée (&laquo;&nbsp;la classe inversée&nbsp;&raquo;, <em>Flipped Classroom</em>) a démarré il y a une dizaine d&rsquo;années avec un slogan &laquo;&nbsp;<em>Lectures at home and homeworks in class</em>&nbsp;&raquo; (Les leçons à la maison, les devoirs en classe). Ce slogan, tout en portant déjà l&rsquo;idée d&rsquo;une hybridation entre présence (en présence de l&rsquo;enseignant) et distance (en autonomie), prêtait évidemment le flanc à différents propos adversaires à la stratégie en question (isolement de l&rsquo;apprenant, dépossession  des fonctions de l&rsquo;enseignant &#8230;) et l&rsquo;article dont nous débattons est en droite ligne de cette vision dépassée de la classe inversée. Les lecteurs de mon Blog ont <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=740">bien perçu cette évolution</a> qui conduit de la classe inversée aux classes inversées; Les concepteurs des Flipped Classroom, Bergmann et Sams aussi en rebaptisant le concept initial par <a href="https://flippedlearning.org/wp-content/uploads/2016/07/FLIP_handout_FNL_Web.pdf">Flipped Learning</a>; mes recherches de 2016 ont montré combien le concept initial s&rsquo;était transformé.</p>
<p style="padding-left: 30px;">Cependant, et quitte à mattirer les foudres des évangélistes enclins à l&rsquo;absolutisme et les reproches des grognons pour mon relativisme, je reste convaincu, rejetant la paresse intellectuelle de la catégorisation, qu&rsquo;un bon enseignement repose sur un large principe de variété des apprentissages : on apprend en faisant, en expérimentant, en cherchant par soi-même, certes mais aussi en écoutant, en imitant &#8230; Tout en restant tellement heureux de transmettre mes quelques savoirs (un peu comme donner la vie en quelque sorte), je suis aussi partisan et de longue date des méthodes actives. Cependant, je reste capable aussi de présenter voire de défendre certains &laquo;&nbsp;avantages&nbsp;&raquo; du &laquo;&nbsp;traditionnel&nbsp;&raquo; pour mieux consolider à la fois mon argumentaire et mes pratiques actives. A un point tel, qu&rsquo;un jour un collègue m&rsquo;a demandé &laquo;&nbsp;si je retournais ma veste&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est dans l&rsquo;interaction des contraires que se construit la connaissance bien loin des immobilismes et des replis que fécondent &laquo;&nbsp;le côté clair&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;le côté obscur&nbsp;&raquo; de toute invention humaine conceptuelle ou pratique. L&rsquo;analyse et la synthèse de ces contraires aboutit à une pensée davantage systémique. Le propos n&rsquo;est pas de remplacer l&rsquo;un par l&rsquo;autre mais de rechercher les équilibres possibles entre l&rsquo;enseigner et l&rsquo;apprendre, entre présence et distance, entre informations et connaissances, entre savoirs et compétences. Pour cela, pour se faire comprendre, il faut parfois forcer le trait &#8230; j&rsquo;en ai pourtant rencontré de futurs enseignants, des enseignants en fonction aussi qui confondaient &laquo;&nbsp;enseigner&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;apprendre&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="padding-left: 30px;">Néanmoins, une version trop étriquée de la classes inversée (avec un accent fort sur l&rsquo;enseignement porté en ligne par le truchement de vidéos) comme celle mise sur le billot dans l&rsquo;article que nous analysons, risque en effet de conduire à une fossilisation des pratiques (exposé de la matière, réponse aux questions s&rsquo;il y en a, exercices d&rsquo;application) sans bénéfice substantiel. Redonner du sens à la présence à l&rsquo;heure de l&rsquo;externalisation des savoirs tel est le véritable enjeu de la classe inversée &#8230; encore faut-il (savoir) le faire.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><a href="https://theconversation.com/profiles/marcel-lebrun-306432/articles">Mes observations m&rsquo;ont cependant montré</a> que la prise en compte de l&rsquo;inversion (ce que j&rsquo;ai appelé Type 1, la classe inversée originale) conduisait effectivement certains enseignants à modifier les pratiques en classe. D&rsquo;autres ont étendu le concept original en modifiant les pratiques à distance (il ne s&rsquo;agit dès lors plus -seulement- d&rsquo;une transmission virtualisée des savoirs) : les élèves sont ainsi chargés d&rsquo;aller chercher eux-mêmes les savoirs &#8211; de manière guidée ou ouverte &#8211; et de les ramener en classe (ce que j&rsquo;ai appelé Type 2). De nouveau et au sein même du concept de classe inversée, deux tendances s&rsquo;affrontent entre &laquo;&nbsp;savoirs transmis à assimiler&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;savoirs à découvrir et à construire&nbsp;&raquo; &#8230; C&rsquo;est pourquoi, dans une optique toute systémique, j&rsquo;ai proposé un Type 3 &#8211; les classes inversées, le pluriel est important &#8211; dans lequel les deux approches se renforcent mutuellement &#8230; Traditionnel virtualisé (par l&rsquo;usage des vidéos) et pédagogie ancienne (je pense à Piaget, Freinet, Vigotsky, Bruner &#8230; mais aussi à Socrate ou à Ibn Khaldoun) enfin réconciliés. L&rsquo;un, l&rsquo;autre ? Non, les deux à la fois. On est donc selon moi bien loin de :</p>
<p><em><span style="color: #0000ff;">C’est en raison de ce caractère simplement expositif considéré comme suffisant pour accéder au savoir que nous parlons d’une pédagogique archaïque à propos de la classe inversée</span></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr />
<h3>La classe inversée : une pédagogie inégalitaire &#8230; pour mieux tenir compte des différences</h3>
<p><em><span style="color: #0000ff;"><strong>I.3. Affirmez, affirmez, il en restera toujours quelque chose !</strong></span></em></p>
<p><em><span style="color: #0000ff;">Pourquoi la pédagogie inversée apparait-elle comme un moyen efficace d’aider les élèves en difficulté ? Comment cette efficacité est-elle mesurée ? Comment cette efficacité (si elle existe) est-elle expliquée ? Nous n’en saurons rien. Aucun argument ni aucune enquête empirique ne sont mobilisés pour fonder cette affirmation. Les lecteurs sont priés de partager la croyance des auteurs quant à « l’apparition » d’un moyen efficace de lutter contre les inégalités.</span></em></p>
<p style="padding-left: 30px;">Si l&rsquo;enseignement dans nos pays (la France, la Belgique &#8230;) sont parmi les plus inégalitaires, il nous faudra quand même bien mettre en question les formes de l&rsquo;enseignement actuel et tenter d&rsquo;autres approches. L&rsquo;une de nos hypothèses est que les savoirs de l&rsquo;école sont par trop désincarnés (essentiellement <em>episteme</em>) pour que les élèves puissent réellement en comprendre à la fois l&rsquo;essence et la pertinence pour comprendre le monde (<em>doxa</em>) et contribuer à son évolution : on leur enseigne les trois lois de Kepler sans leur dire qui est Joannes Kepler, sans leur expliquer en quoi les énoncés de ces &laquo;&nbsp;lois&nbsp;&raquo;, dans un mouvement caractéristique de la Renaissance, signifient un acte libératoire de la pensée jusque-là subordonnée aux dieux tout-puissants, sans en donner la compréhension qu&rsquo;elles nous offrent du Cosmos bien au-delà de leur pouvoir calculatoire. Ainsi, la classe inversée, dans sa version originale, le Type 1, en s&rsquo;appuyant &#8211; en partie du moins &#8211; sur l&rsquo;externalisation des savoirs à large échelle permise par le numérique, transforme l&rsquo;espace-temps de la classe en un autre lieu de compréhension (prendre avec soi). Une autre hypothèse est que, tout comme l&rsquo;apprentissage n&rsquo;est pas un &laquo;&nbsp;coller-copier&nbsp;&raquo; de l&rsquo;enseignement (ça se saurait) et malgré la robustesse et la pertinence des lois, des modèles, des théories &#8230; l&rsquo;humain les interprète, les reconstruit en fonction du déjà-là et du &laquo;&nbsp;pas encore là&nbsp;&raquo;. La &laquo;&nbsp;bonne réponse&nbsp;&raquo; ne peut faire oublier, n&rsquo;oblitère pas les connaissances &#8211; même si naïves &#8211; construites antérieurement dans des cadres informels, au départ des perceptions, des vécus &#8230; et il y a là sources d&rsquo;inégalités que le savoir formel ne peut combler. C&rsquo;est pourquoi, nous avons proposé un Type 2 dans lequel la classe devient un atelier de déconstruction, reconstruction des savoirs récoltés par les élèves eux-mêmes : contextualiser, décontextualiser, recontextualiser &#8230; C&rsquo;est de la variété, du conflit entre les idées et les perceptions qua naîtra la vérité (c&rsquo;est cela le foisonnement épistémique qui m&rsquo;est reproché dans la suite de l&rsquo;article en question).</p>
<p style="padding-left: 30px;"><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/07/Capture-d’écran-2017-07-11-à-14.38.14.png"><img class="aligncenter wp-image-871" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/07/Capture-d’écran-2017-07-11-à-14.38.14.png" alt="Capture d’écran 2017-07-11 à 14.38.14" width="574" height="352" /></a></p>
<p style="padding-left: 30px;">Les inégalités ou mieux les différences sont mieux prises en charge dans les pratiques des classes inversées. C&rsquo;est un fait que nous avons mis en évidence dans nos recherches (notre article de 2017, ci-dessus). Que ce soit au niveau des contenus travaillés par les élèves, des processus (des dispositifs) mis en place par les enseignants, des productions attendues de la part des élèves, nous avons observé des différences très significatives entre les pratiques usuelles et les pratiques inversées et au sein de ces dernières, des différences entre les différents types que nous avons mis en évidence.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/07/Capture-d’écran-2017-07-11-à-14.40.30.png"><img class="aligncenter  wp-image-872" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/07/Capture-d’écran-2017-07-11-à-14.40.30.png" alt="Capture d’écran 2017-07-11 à 14.40.30" width="657" height="263" /></a></p>
<p style="padding-left: 30px;">On me dira sans doute qu&rsquo;il s&rsquo;agit de déclarations d&rsquo;enseignants qui pratiquent, qui sont donc suspects &#8230; je dirai &laquo;&nbsp;oui, justement&nbsp;&raquo;.</p>
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<h3>La classe inversée : des résultats incertains</h3>
<p><em><span style="color: #0000ff;">Nous l’avons déjà évoqué, les défenseurs de la pédagogie inversée (comme, de façon générale les promoteurs de diverses innovations pédagogiques) procèdent par affirmations péremptoires. Ils supposent sans doute que la répétition de ces affirmations conduira en fin de compte à les faire considérer comme allant de soi. Nous allons soumettre à examen critique quelques-unes de ces affirmations. [&#8230;] La pédagogie inversée a-t-elle des effets positifs sur les apprentissages des élèves ?L’article de Bissonnette et Gauthier (2012) montre, à la suite d’une méta-analyse des travaux existants, que l’on ne peut pas conclure par l’affirmative à cette question. Mais ces auteurs sont sans doute suspects de conservatisme pédagogique aux yeux des adeptes de la pédagogie inversée.</span></em></p>
<p style="padding-left: 30px;"> Oui, cela ne m&rsquo;étonne pas trop. Beaucoup de recherches portant sur les effets de différentes initiatives pédagogiques (utilisation de technologies, mises en place de méthodes pédagogiques particulières &#8230;) conduisent bien souvent à des constats en demi-teinte. A un point tel que des chercheurs férus de ces méta-analyses, en ont déduit une sorte de phénomène baptisé <em>no significant differences</em> (pas de différences significatives). Nous avons déjà eu l&rsquo;occasion de commenter ces résultats décevants pour les uns, rassurants pour les autres (il n&rsquo;y a pas de différence, ça aurait pu être pire), douteux pour certains. A une autre échelle, l&rsquo;enquête PISA 2015-2016 et le travail proposé par l&rsquo;OCDE (<a href="https://www.oecd.org/fr/edu/scolaire/Connectes-pour-apprendre-les-eleves-et-les-nouvelles-technologies-principaux-resultats.pdf">Connectés pour apprendre</a>) concluaient à propos des usages du numérique : <em>les pays qui ont consenti d’importants investissements dans les TIC dans le domaine de l’éducation n’ont enregistré aucune amélioration notable des résultats de leurs élèves en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences</em>. Nous avions apporté trois commentaires à ces constats :</p>
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<li>Bien souvent, nous constatons que l&rsquo;adoption trop rapide d&rsquo;une nouvelle technologie (prenons le TBI, tableau blanc interactif) ou d&rsquo;une nouvelle pratique conduit à l&rsquo;observation fréquente d&rsquo;une fossilisation des pratiques : on refait avec le nouveau outil ou avec la nouvelle pratique ce qu&rsquo;on faisait avant (il s&rsquo;agit en partie du niveau S &#8211; Substitution &#8211; du <a href="https://ecolebranchee.com/2013/09/09/le-modele-samr-une-reference-pour-lintegration-reellement-pedagogique-des-tic-en-classe/">modèle SAMR</a>. En termes d&rsquo;apprentissage, il s&rsquo;agirait d&rsquo;assimilation davantage que d&rsquo;accommodation. Bref, les résultats sont fort peu différents &#8230; parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de différences fondamentales dans les processus.</li>
<li>Ensuite, ces nouveaux outils, ces nouvelles pratiques sont souvent porteuses d&rsquo;intention (d&rsquo;objectifs) visant à étendre ou à apporter des valeurs ajoutées à l&rsquo;apprentissage. Sans exclusive, on dépasse le niveau des savoirs (comprendre, appliquer &#8230;) pour tenter d&rsquo;accéder à des compétences telles la créativité, le travail d&rsquo;équipe, l&rsquo;esprit critique, la communication. Mais à l&rsquo;heure de l&rsquo;évaluation, ce sont les savoirs qui sont interrogés (en savent-ils tout autant ? en savent-ils plus ?) bien souvent par des questionnaires normalisés (pour pouvoir comparer). Bref, les résultats fort peu différents nous apprennent qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de perte au niveau des savoirs &#8230; les apports sont sans doute &laquo;&nbsp;ailleurs&nbsp;&raquo; hors de portée des évaluations actuelles.</li>
<li>Et finalement, même si on tentait de mesurer ces effets-là (les compétences), on pourrait se poser les questions suivantes : forme-t-on vraiment les élèves pour qu&rsquo;ils développent ces compétences (sans penser par un cours d&rsquo;esprit critique) ? Forme-t-on vraiment les enseignants à ces pratiques fertiles en développement de compétences ?</li>
</ul>
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<h3>Des capsules vidéos motivantes en soi &#8230; comme les jeux vidéos</h3>
<p><span style="color: #0000ff;"><em>La question de la « motivation » des élèves et de leur « participation active » comme moyen d’apprentissage efficace est souvent mise en avant par les partisans de la pédagogie inversée. Par opposition au cours « traditionnel » qui serait « magistral » et « ennuyeux », la pédagogie inversée permettrait de rendre les élèves « actifs » ce qui favoriserait leur réussite : « la pédagogie inversée incite les élèves à être plus actifs en classe et à devenir véritablement acteurs de la construction de leurs savoirs à travers les différentes activités qui leur sont proposées ». Cette pratique pédagogique s’inscrit donc dans le courant des « pédagogies novatrices » visant à promouvoir les « méthodes actives ».  Celles-ci correspondent à un ensemble de procédés dont l’objectif est de « mettre en activité » les élèves. Dans cette optique, favoriser la participation des élèves pour les « motiver » devient un objectif majeur. Un argument fréquemment avancé consiste à dire que les élèves sont familiers avec les écrans et que le seul fait de passer d’une forme ennuyeuse (le cours du professeur) à une forme ludique (l’écran du téléphone, de l’ordinateur ou de la tablette) motiverait les élèves. On aimerait comprendre comment la motivation à participer à un jeu vidéo est transférée par magie au fait d’écouter un professeur expliquer en voix off une démonstration mathématique.</em></span></p>
<p style="padding-left: 30px;">Je ne puis que partager très positivement les premières lignes de la citation ci-dessus. Oui, apprendre est une opération intellectuelle qui ne peut être réalisée que par l&rsquo;individu lui-même (je le dit souvent &laquo;&nbsp;on ne peut apprendre à quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre&nbsp;&raquo; ou encore &laquo;&nbsp;pédagogie active, un pléonasme&nbsp;&raquo;). Par contre, <a href="http://tecfa.unige.ch/tecfa/teaching/LME/lombard/motivation/viau-motivation-tic.html">réduire la motivation</a> ressentie par les élèves à la seule présence des capsules vidéos révèle soit une mauvaise compréhension des facteurs de motivation (voir par exemple <a href="https://youtu.be/CFv7PbRVPUA">les ingrédients proposés par Rolland Viau</a>) soit de la place exacte de la vidéo dans la classe inversée. Par contre &laquo;&nbsp;regarder une vidéo&nbsp;&raquo; n&rsquo;a rien de très stimulant et cette injonction risquerait de conduire à la même inactivité que celle imputée au cours magistral. Mais il ne s&rsquo;agit pas de cela : le contenu du cours étant partiellement à la fois objectivé dans la capsule vidéo et manipulable, il peut (il doit) faire l&rsquo;objet d&rsquo;une activité (d&rsquo;application, d&rsquo;analyse, de synthèse &#8230;) qui dépasse la simple visualisation. Tout cela demande des consignes claires, une tâche précisée à accomplir &#8230; ce qui est bien loin d&rsquo;une pédagogie de l&rsquo;invisible, de l&rsquo;inexplicite ou encore de surface que décrit la suite de l&rsquo;article.</p>
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<hr />
<h3>Une pédagogie centrée sur l&rsquo;élève qui va apprendre seul</h3>
<p><em><span style="color: #0000ff;">L’affirmation revient souvent : « Le dispositif de classe inversée permet le passage d’un modèle centré sur le professeur vers un modèle centré sur l’apprenant afin de répondre aux besoins individuels de chacun. L’idée de base est la suivante : « Il vaut mieux utiliser le temps de regroupement en classe pour interagir et travailler ensemble que de laisser une seule personne exposer, en l’occurrence le professeur » (Roussel et alii, 2013). Dans le même sens : « L’enseignant est un accompagnateur : il va passer de groupe en groupe, apporter de temps en temps des corrections, guider, recentrer… depuis que j’enseigne avec cette approche, j’ai vraiment le sentiment d’être plus utile, de ne plus être face aux élèves mais avec eux » (Rachedi, 2015, p. 27). Nous sommes toujours dans le discours de l’affirmation, de l’expression d’un « sentiment ».</span></em></p>
<p style="padding-left: 30px;">Encore une fois, si l&rsquo;on comprend la classe inversée uniquement comme un moyen de transmettre les savoirs habituellement transmis par l&rsquo;enseignant en classe, il ne s&rsquo;agit de rien d&rsquo;autre que d&rsquo;une pédagogie centrée sur l&rsquo;enseignant même si ce dernier est en quelque sorte virtualisé. Cette compréhension restreinte prête le flanc à la plupart des critiques : des élèves peu motivés, des enseignants à la fois dépossédés mais qui reste l&rsquo;oracle des savoirs à léguer, une tradition orale qui se transforme tout en perdurant &#8230; J&rsquo;aurais bien envie de dire que la classe inversée s&rsquo;appuie en effet sur des principes pédagogiques archaïques qu&rsquo;elle remet en vigueur en les installant enfin dans les pratiques (une synthèse de maïeutique, de behaviorisme, de constructivisme, d&rsquo;apprentissage social &#8230;). Et pourquoi cette centration sur l&rsquo;élève serait-elle plus efficace ? Une confusion lexicale me semble à l&rsquo;origine de cette empoignade : en français, enseigner et apprendre sont quasi-synonymes car &laquo;&nbsp;on peut apprendre quelque chose à quelqu&rsquo;un&nbsp;&raquo;. Par extension, <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?page_id=289">j&rsquo;enseigne, donc ils apprennent</a>. Il suffit pourtant de regarder les résultats des élèves pour se rendre compte que ce &laquo;&nbsp;copier-coller&nbsp;&raquo; des savoirs du maître vers le cerveau des élèves ne fonctionne pas. En espagnol ou en anglais cette confusion n&rsquo;existe pas : selon les dictionnaires de la langue anglaise &laquo;&nbsp;<em>to learn someone something</em>&nbsp;&raquo; n&rsquo;existe pas ou alors est le fait de personnes &#8230; mal éduquées. Apprendre ne se réduit pas à être enseigné, c&rsquo;est à l&rsquo;apprenant d&rsquo;apprendre, lui seul peut le faire. Enseigner, c&rsquo;est donner à cet apprenant des occasions d&rsquo;apprendre. Apprendre à son tour est multifactoriel : on apprend en écoutant (oui aussi), en expérimentant, en s&rsquo;exerçant, en échangeant avec d&rsquo;autres, en cherchant du sens &#8230; oui, tout cela à la fois.</p>
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<h3>La classe inversée : une systémique en mille morceaux</h3>
<p><em><span style="color: #0000ff;">Marcel Lebrun articule la classe inversée et le cycle de Kolb [&#8230;]. On est donc dans la fameuse pédagogie inductive qui repose sur une épistémologie empiriste et pragmatiste. Cette démarche inductive est explicitement revendiquée par d’autres défenseurs de la pédagogie inversée qui affirment vouloir développer une « approche inductive suscitant les essais et les erreurs dans une perspective de régulation continue par et avec les étudiants et l’enseignant » (Nizet et Mayer, 2016 p.4). Tout serait pour le mieux dans la doxa pédagogique si les mêmes auteurs n’affirmaient pas que la pédagogie inversée permet « une exposition préalable systématique et explicite aux connaissances théoriques » (Nizet et Meyer, 2016, p.5). Le lecteur de bonne volonté est plongé dans la perplexité. </span></em></p>
<p style="padding-left: 30px;"><span style="color: #333333;">Selon moi, il s&rsquo;agit là d&rsquo;une mauvaise ou très partielle interprétation du cycle de Kolb. Ce cycle comme son nom l&rsquo;indique, repose sur une alternance entre phases de contextualisation (partir des expériences concrètes, des vécus &#8230; pour mieux donner du sens &#8211; c&rsquo;est mon Type 2) afin de préparer la phase de décontextualisation (la nécessité de la théorisation, de la modélisation &#8230; la classe inversée de Type 1 intervient ici) &#8230; Induction et déduction se complètent ainsi.</span></p>
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<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/07/Capture-d’écran-2017-07-11-à-14.36.301.png"><img class="aligncenter  wp-image-873" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2017/07/Capture-d’écran-2017-07-11-à-14.36.301.png" alt="Capture d’écran 2017-07-11 à 14.36.30" width="600" height="381" /></a></p>
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<p style="padding-left: 30px;">Nous avions en effet comparé la systémique des Types 1 et 2 (conduisant au concept pluriel des classes inversées) au cycle de Kolb qui doit être considéré dans son ensemble et pas seulement dans ces deux premières phases (1 et 2) qui relèvent en effet de l&rsquo;induction. Les étapes 3 et 4 sont de nature plus déductive. De manière plus conceptuelle, nous pouvons alors imaginer que les différentes activités (1 à 4)  deviennent des « événements d&rsquo;apprentissage » à organiser au sein de différents scénarios. En voici un donné ici à titre d&rsquo;exemple (les numéros se réfèrent à ceux de la Figure) :</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong>1 (Type 2, distance) </strong>: hors la classe, individuellement ou en groupe, chercher les informations, instruire la thématique, ramener des éléments des contextes visités, les structurer quelque peu, préparer une petite présentation d’une manière originale … Les compétences visées seraient : recherche d’informations, validation, analyse, synthèse, créativité …</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong>2 (Type 2, présence)</strong> : présenter, en classe, les informations et ressources trouvées, identifier les différences et repérer les similitudes avec les propositions des autres élèves ou d&rsquo;autres groupes, vivre un « conflit » socio-cognitif, expliciter les préconceptions, faire émerger les questions, les hypothèses … Les compétences visées seraient : communication, analyse, réflexivité, modélisation …</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong>3 (Type 1, distance)</strong> : hors la classe selon le schéma initial des classes inversées, prendre connaissance des théories, relever les éléments pertinents pour la thématique investiguée, préparer une synthèse, exercer le fonctionnement du modèle … Les compétences visées seraient : apprendre, faire des liens, mémoriser, se poser et préparer des questions, modéliser …</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong>4 (Type 1, présence)</strong> : en classe à nouveau, consolider les acquis, faire fonctionner le modèle ou la théorie en regard des thématiques investiguées, préparer le transfert par l’approche d’autres situations … Les compétences visées seraient : comprendre, appliquer, investiguer les limites, transférer à d’autres contextes …</p>
<hr />
<h3>Les savoirs sont partout, il ne reste qu&rsquo;à les prendre pour apprendre</h3>
<p><em><span style="color: #0000ff;">De ce fait, la fonction de transmission des savoirs est externalisée : « la partie transmissive de la connaissance peut s’appuyer fortement sur les outils technologiques de production multimédia incluant la captation. La diffusion par le réseau et l’accessibilité aisée aux ressources numériques d’enseignement, via différents terminaux, permettent à l’apprenant d’acquérir les connaissances d’une façon asynchrone et en autonomie. Ainsi la classe est réservée pour échanger et interagir autour des connaissances acquises séparément » (Roussel et alii, 2013, p. 11) [&#8230;] C’est supposer résolu un problème central : la transformation des savoirs en connaissances ne peut se limiter à la réception d’informations (même en vidéo). Elle suppose des interactions sociales, et notamment le rôle du professeur, qui doit repérer les obstacles aux apprentissages et donner aux élèves les moyens de les franchir [&#8230;] Toute formation authentique suppose de rompre avec le sens commun, de remettre en cause des représentations jusque-là admises, d’opérer des sauts cognitifs vers des approches et des concepts plus abstraits et dotés d’une plus grande portée heuristique. Bref, c’est ce qui est ardu qui est important et qui permet vraiment de progresser dans les apprentissages et la pensée autonome. Or, les défenseurs de la classe inversée nous disent que quand c’est ardu, on en revient au cours dialogué qui est plus efficace.</span></em></p>
<p style="padding-left: 30px;">Il est question dans les paragraphes suivants de l&rsquo;accessibilité de plus en plus grande de ressources, d&rsquo;informations et de savoirs sur la Toile. C&rsquo;est un fait qu&rsquo;un simple examen permet de confirmer. Les praticiens des classes inversées, tout en s&rsquo;appuyant sur des ressources numériques véhicules de savoirs, me semblent convaincus que ce n&rsquo;est pas là l&rsquo;essence de la classe inversée. Plutôt, ils souhaitent se consacrer davantage, au-delà de la transmission pure et simple et sans nier son intérêt, à l&rsquo;appropriation des savoirs par les apprenants, à la transformation de ceux-ci en connaissance. Encore une fois, limiter la pratique de la classe inversée à l&rsquo;utilisation de vidéos est tout à fait restrictif. Redonner du sens à la présence là est l&rsquo;objectif. Dans cette vision, proclamer la fin de l&rsquo;enseignant alors qu&rsquo;il s&rsquo;agit de se doter des moyens pour mieux exercer le métier formidable d&rsquo;accompagnateur d&rsquo;apprentissage est forcément réducteur.</p>
<p style="padding-left: 30px;">Dans le cas du Type 2, les élèves sont parfois invités à aller chercher des savoirs &laquo;&nbsp;bruts&nbsp;&raquo; sur Internet. Comme nous l&rsquo;avons dit, il s&rsquo;agit essentiellement de donner du sens (contextualiser) et d&rsquo;éveiller les questions auxquelles la théorie pourra répondre. Nous enseignons trop souvent des réponses aux questions que les élèves ne se posent pas. Evidemment, les savoirs établis (normalisés, validés &#8230;) côtoient les contre-vérités, les opinions fantaisistes, fallacieuses &#8230; Selon nous, être capable &laquo;&nbsp;de distinguer le vrai du faux&nbsp;&raquo; devient une compétence primordiale à laquelle les apprenants doivent être formés très tôt à leur niveau certes. La tendance de croire qu&rsquo;il suffirait de présenter la vérité pour remplacer leurs conceptions naïves, spontanées (qu&rsquo;elles soient internes &#8211; ce que l&rsquo;individu s&rsquo;est construit &#8211; ou externes &#8211; les informations qu&rsquo;il reçoit par son exposition aux contextes) est largement mise en question : faire contre ou faire avec, une vieille question des didacticiens.</p>
<hr />
<h3>Apprendre tout seul devant son écran &#8230; et les autres ?</h3>
<p><em><span style="color: #0000ff;">On semble considérer aujourd’hui comme allant de soi (et cela concerne la doxa éducative dans son ensemble et pas seulement la classe inversée) qu’il faut individualiser les parcours de formation et personnaliser les apprentissages. Mais est-ce bien certain ? Apprendre est une aventure collective qui repose sur des interactions sociales. L’activité d’un groupe au travail pour apprendre dépend souvent de la construction d’une intelligence collective qui vise précisément à rendre intelligible ce qui ne l’était pas jusque-là. Apprendre suppose de coopérer, de mettre à la disposition de tous ce que l’on a compris et comment on l’a compris, de faire appel au groupe pour parvenir à franchir un obstacle cognitif. Bref l’idéal est de rapprocher la classe d’une situation idéale de parole où l’échange public d’arguments fondés en raison permet de se soumettre à la norme du vrai. Faire de chaque apprenant un individu qui apprend seul, avec parfois l’aide de l’enseignant, est pour le moins discutable et réducteur. C’est pourtant ce que suppose la classe inversée.</span></em></p>
<p style="padding-left: 30px;">De nouveau, une interprétation très basique de la classe inversée, dans laquelle l&rsquo;élève apprendrait seul devant son écran (ceci étant considéré comme la modalité principale). Comme je l&rsquo;ai dit, la critique qui se base sur un seul élément d&rsquo;une chaîne d&rsquo;activités orchestrées en vue de favoriser l&rsquo;apprentissage sans en appréhender la systémique, ne peut être que réductrice. Il suffit selon moi d&rsquo;examiner les témoignages des enseignants qui pratiquent (et qui en échangeant entre eux collaborent et apprennent ensemble) pour comprendre combien le collaboratif est aussi présent à ce niveau.</p>
<p>L&rsquo;article de nos deux collègues continue par la critique (toujours intéressante) de différentes capsules vidéos. Nous ne commenterons pas cette partie sauf à dire deux choses maintes fois répétées ici :</p>
<p style="padding-left: 30px;">- La classe inversée ne peut se réduire à <strong>l&rsquo;utilisation de capsules vidéos</strong>. Néanmoins celles-ci, comme les autres productions à portée éducative, doivent correspondre à des critères de qualité de forme et de fonds</p>
<p style="padding-left: 30px;">- Je ne puis juger de la pertinence d&rsquo;une production vidéo (de qualité donc) à portée éducative que si je sais <strong>comment cette dernière est utilisée dans le dispositif dans son entier</strong> et comment les élèves sont informés des tenants (l&rsquo;explicitation des objectifs) et des aboutissants (la ou les productions effectives et attendues au delà du &laquo;&nbsp;regarder la vidéo&nbsp;&raquo;)</p>
<p style="padding-left: 30px;">- Ce dispositif étant alors connu, je dois pouvoir juger de <strong>la cohérence</strong> interne (entre les objectifs, les méthodes, les évaluations) et externe (dans le programme, par rapport aux référentiels &#8230;).</p>
<p><strong>Pour continuer le débat et prendre connaissance des arguments des uns et des autres, n&rsquo;hésitez pas à commenter ici ou sur les réseaux sociaux.</strong></p>
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		<title>Classes inversées ? Et si c&#8217;était remettre &#171;&#160;l&#8217;école&#160;&#187; à l&#8217;endroit !</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Apr 2016 11:45:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Apprendre]]></category>
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		<description><![CDATA[Introduction
<p>Lors de conférences récentes, j&#8217;ai utilisé différents titres évoquant &#171;&#160;la mise à l&#8217;endroit de l&#8217;école&#160;&#187;. De quoi s&#8217;agit-il au-delà d&#8217;un intitulé qui se voulait interpellant voire légèrement provoquant ? On peut en juger par les titres de ces conférences :</p>
<p>&#8211; En avril 2015, à l&#8217;invitation du SU2IP (Service Universitaire d&#8217;Ingénierie et d&#8217;Innovation Pédagogique) de l&#8217;Université de Lorraine, j&#8217;utilisais [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #0000ff;">Introduction</span></h3>
<p>Lors de conférences récentes, j&rsquo;ai utilisé différents titres évoquant &laquo;&nbsp;la mise à l&rsquo;endroit de l&rsquo;école&nbsp;&raquo;. De quoi s&rsquo;agit-il au-delà d&rsquo;un intitulé qui se voulait interpellant voire légèrement provoquant ? On peut en juger par les titres de ces conférences :</p>
<p>&#8211; En avril 2015, à l&rsquo;invitation du <strong>SU2IP</strong> (Service Universitaire d&rsquo;Ingénierie et d&rsquo;Innovation Pédagogique) de l&rsquo;Université de Lorraine, j&rsquo;utilisais l&rsquo;intitulé : <a href="https://videos.univ-lorraine.fr/index.php?act=view&amp;id=2176">Les classes inversées : enseigner à l&rsquo;envers, apprendre à l&rsquo;endroit ou l&rsquo;inverse ?</a> Un peu d&rsquo;humour bien évidemment mais aussi un retour aux fondamentaux concernant l&rsquo;apprentissage, un concept selon moi applicable aux étudiants, au développement professionnel des enseignants et aussi aux institutions en quête d&rsquo;innovations pédagogiques, de formation et structurelles.</p>
<p>&#8211; En janvier 2016, lors des activités <strong>CLISE</strong> 2016 (Classes Inversées, la Semaine), je proposais lors du séminaire académique qui s&rsquo;est déroulé à l&rsquo;Atelier Canopé du Val-de-Marne le vendredi 29 janvier 2016, un titre &laquo;&nbsp;<a href="https://www.youtube.com/watch?v=48o3TX-CxyY">Classes inversées : Quoi ? Pourquoi ? Pour quoi ? Comment ? Enseigner et apprendre à l&rsquo;endroit</a>&laquo;&nbsp;. Au travers de considérations relatives à l&rsquo;alignement pédagogique des objectifs (les compétences), des méthodes (les méthodes pédagogiques dites actives) et des différentes formes d&rsquo;évaluation (dont l&rsquo;évaluation par les pairs) sans compter le tsunami du numérique, je tentais d&rsquo;explorer davantage et de poursuivre mes réflexions sur l&rsquo;école à l&rsquo;endroit.</p>
<p>&#8211; Un peu plus tard en mars 2016, lors des <strong>JIPN</strong> (Journées Innovations Pédagogiques Normandes) qui se sont tenues à Caen le 29 mars 2016, je creusais le sens des apprentissages dans une société numérique avec le titre : <a href="http://www.canal-u.tv/video/centre_d_enseignement_multimedia_universitaire_c_e_m_u/05_l_ecole_dans_une_societe_numerique_et_si_on_parlait_d_apprentissage_jipn_2016.21142">L&rsquo;école dans une société numérique ! Et si on parlait d&rsquo;apprentissage ?</a> L&rsquo;accent était mis sur les renversements nécessaires entre la posture du maître sur l&rsquo;estrade (J&rsquo;enseigne) et celle orientée vers la mise à disposition de l&rsquo;apprenant d&rsquo;environnements dans lesquels ce dernier pourra (pourrait) apprendre (apprennent-ils ?).</p>
<p>Entretemps, il y eut le livre, écrit avec ma collègue Julie Lecoq  du Louvain Learning Lab &laquo;&nbsp;Classes inversées : enseigner et apprendre à l&rsquo;endroit&nbsp;&raquo; aux <a href="https://www.reseau-canope.fr/notice/classes-inversees.html">éditions Canopé</a></p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2016/04/classes-inversees-V2.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-778" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2016/04/classes-inversees-V2.png" alt="classes inversees V2" width="429" height="285" /></a></p>
<p>Il est temps ici de préciser quelque peu ce que j&rsquo;entends par cette &laquo;&nbsp;école à l&rsquo;endroit&nbsp;&raquo; en disant de suite qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas pour moi de passer brutalement d&rsquo;un modèle magistrocentré (disons l&rsquo;enseignement traditionnel dans son acception &laquo;&nbsp;le maître qui sait sur l&rsquo;estrade&nbsp;&raquo; (<em>Sage on the Stage</em>)  devant les élèves qui écoutent, mémorisent, comprennent et appliquent) à un autre où l&rsquo;enseignant devient conseiller, guide, accompagnateur (<em>Guide on the Side</em>) &#8230; (disons l&rsquo;élève ou les élèves qui apprennent dans des environnements préparés par l&rsquo;enseignant &laquo;&nbsp;chef d&rsquo;orchestre&nbsp;&raquo; et en liaison forte avec les contextes dans lesquels se trouve &laquo;&nbsp;l&rsquo;école&nbsp;&raquo; et auxquels elle prépare). D&rsquo;emblée, je dirais que, éloigné des propos extrêmes (rationnalisme et empirisme, former et accompagner, culture et nature &#8230;), je tente de les réconcilier dans une systémique féconde &#8230; en apprentissages de diverses natures.</p>
<h4> <span style="color: #0000ff;">Vers une meilleure interaction entre l&rsquo;école et le société</span></h4>
<p>Dans un <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=740">précédent billet</a>, j&rsquo;étendais le concept initial de la classe inversée (les <em>flipped classrooms, </em><strong>Mode 1</strong>) : <strong>les leçons à la maison</strong> (<em>Lectures at Home</em>) via différentes technologies (textes, vidéos, animations &#8230; consultés à la maison mais aussi, pourquoi pas, dans des locaux aménagés dans l&rsquo;école sans la supervision directe de l&rsquo;enseignant, individuellement ou en groupe) <strong>et les devoirs en classe</strong> (<em>Homework in Classes</em>) via des exercices, des mises en situations, des problèmes, des projets &#8230; La classe devient ainsi davantage (potentiellement) un lieu d&rsquo;activités et d&rsquo;interactivités (entre les élèves ou étudiants et entre ceux-ci et l&rsquo;enseignant, entre les élèves et des contextes d&rsquo;application &#8230;), un lieu favorable aussi à la différenciation. Mêlant présence et distance, enseignement et apprentissage (j&rsquo;enseigne, apprennent-ils ?), les classes inversées étaient ainsi classées dans la large catégorie des dispositifs hybrides.</p>
<p>Poussant et étendant le concept, je proposais une autre dimension, une autre configuration (<strong>Mode 2</strong>) pour les classes inversées : les élèves sont amenés <strong>à explorer les contenus dans les contextes</strong> à la recherche de documentations (sur les sites Internet, sur les Blogs, sur YouTube &#8230; où ils vont d&rsquo;habitude) , d&rsquo;exploitations dans les environnements qu&rsquo;ils connaissent (la ville, le village, le commerce du coin, les artisans, les entreprises &#8230;) à propos d&rsquo;une thématique donnée. Il s&rsquo;agit bien de cas concrets ou encore de présentations ou de conceptions variées d&rsquo;un concept &#8230; le but est d&rsquo;ancrer et de contextualiser les apprentissages ultérieurs. <strong>Ils reviennent en classe avec tout cela, présentent et mènent le débat</strong> (en somme ils créent le dispositif pour les autres) et le travail du professeur ou des autres élèves est de faire émerger des questions qui se posent, de faire des hypothèses sur les observations, de modéliser, de rechercher des pistes de solutions théoriques ou empiriques &#8230; Répondre à des questions qu&rsquo;ils se posent plutôt que d&rsquo;apporter des réponses à des questions qu&rsquo;ils ne se posent pas &#8230;</p>
<p>Evidemment, présentées ainsi, les classes inversées ouvrent un vieux débat (déjà décrit par Platon dans son allégorie de la caverne) : (1) théorie d&rsquo;abord et applications ensuite ou alors (2) situations fortement contextualisées d&rsquo;abord et décontextualisation (théorisation) ensuite &#8230; un vieux débat selon moi entre <strong>l&rsquo;agitation conceptuelle et rationnelle</strong> du monde des idées permettant de comprendre certains éléments de la réalité perçue (des réalités perçues) et <strong>l&rsquo;approche expérimentale ou empirique</strong> dont l&rsquo;analyse contribuera à la stabilisation voire la genèse de l&rsquo;image théorique du monde  &#8230; aussi entre débat entre béhaviorisme (dominer les comportements &laquo;&nbsp;naturels&nbsp;&raquo;) et constructivisme (construire les schèmes de la pensée rationnelle). Et pourquoi pas une systémique entre les deux approches comme proposées dans le cycle Kolb (voir le billet cité plus haut ou <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?page_id=668">celui-ci</a>) ? Au travail les philosophes !</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2016/04/Kolb-Classes-inversees.001.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-779" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2016/04/Kolb-Classes-inversees.001.jpeg" alt="Kolb-Classes inversees.001" width="1024" height="768" /></a></p>
<p>Dans la partie haute, la figure ci-dessus illustre les deux modes proposés ci-dessus (je préfère actuellement les mots &laquo;&nbsp;mode&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;configuration&nbsp;&raquo; au lieu du mot  &laquo;&nbsp;niveau&nbsp;&raquo; qui suggère une gradation voire une hiérarchie, ce qui serait contraire à la systémique proposée) et les différents rapports aux savoirs et aux rôles tenus par les enseignants et les étudiants. Dans sa partie basse, je trace l&rsquo;analogie avec le <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Experiential_learning">cycle de Kolb</a> (<em>experiential learning</em>). A remarquer aussi que le cycle de Kolb implique la présence ou mieux la conjonction de différents styles d&rsquo;apprentissage (convergent, divergent &#8230;).</p>
<h4><span style="color: #0000ff;">L&rsquo;école à l&rsquo;envers ? L&rsquo;apprentissage à l&rsquo;endroit !</span></h4>
<p>Dans la vie quotidienne, dans la vie professionnelle, nous rencontrons des problèmes (ça ne va pas ? mais de quoi s&rsquo;agit-il ? pourquoi mon collègue a-t-il dit cela ? &#8230;) ou participons à des projets (on devrait mettre en place, il faudrait travailler là-dessus &#8230;) et nous allons ensuite chercher les (ou des) savoirs empiriques ou théoriques (sur des sites universitaire ou des Blogs de praticiens &#8230; ) pour tenter de les résoudre (problèmes) ou de les mener à bien (projets). Que ce soit par nécessité, par curiosité, par envie, le comportement serait alors (relisant le cycle de Kolb) : (1) faire l&rsquo;expérience de &#8230;, (2) émettre des pistes de solution, des hypothèses &#8230;, (3) rechercher des cas analogues ou des procédures pour comprendre, résoudre &#8230;, (4) expérimenter la pertinence des solutions trouvées, de la démarche construite, le transfert vers d&rsquo;autres cas ou contextes &#8230; Mais alors, pourquoi à l&rsquo;école (encore toujours ou de moins en moins peut-être) commence-t-on par la théorie, le modèle, les solutions, le cours  pour amener ensuite les exercices, les problèmes, les TP ou TD &#8230; S&rsquo;agit-il de vérifier (montrer la véracité de) la théorie seulement ou alors de proposer des occasions de la construire, de la mettre à mal, d&rsquo;en montrer les limites &#8230; de la falsifier ? L&rsquo;école serait-elle dans ce cas à l&rsquo;envers par rapport aux usages, aux pratiques de la société dans laquelle elle s&rsquo;inscrit et à laquelle elle prépare ?</p>
<p>Si on accepte, un temps du moins, la caricature ainsi dessinée, on peut admettre que les classes inversées dans leur mode 2 enchaîné avec le mode 1 en postulant un cycle de contextualisation, décontextualisaton, recontextualisation remettent en fait la classe à l&rsquo;endroit par rapport à la société et à ses pratiques  &#8230;  Ce que j&rsquo;ai tenté de démontrer. Il s&rsquo;agit aussi de mieux construire nos dispositifs pédagogiques en fonction de ce que nous savons des théories de l&rsquo;apprentissage &#8230; c&rsquo;est une autre histoire. Apprenons-nous en écoutant, en lisant les grands livres du savoir &#8230; ou alors en faisant, en agissant ? Les deux certainement ! L&rsquo;un plus que l&rsquo;autre ? Expérimentons !</p>
<p>Merci pour vos commentaires et partages</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>&#171;&#160;École&#160;&#187; de demain ? Vous avez dit … Numérique ?</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Feb 2016 14:47:48 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Que ce soit dans la vie quotidienne, dans nos occupations socio-professionnelles, dans nos loisirs et, de manière concomitante, dans le domaine de l'éducation à différents niveaux ("l'école" de l'enseignement primaire au supérieur, un lieu d'apprentissage toute la vie durant), le numérique fait couler beaucoup d'encre. Mais que signifie "numérique" ? [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2><span style="color: #0000ff;">Numérique ? Deviendrions-nous des binaires ?</span></h2>
<p>Que ce soit dans la vie quotidienne, dans nos occupations socio-professionnelles, dans nos loisirs et, de manière concomitante, dans le domaine de l&rsquo;éducation à différents niveaux (&laquo;&nbsp;l&rsquo;école&nbsp;&raquo; de l&rsquo;enseignement primaire au supérieur, un lieu d&rsquo;apprentissage toute la vie durant), le numérique fait couler beaucoup d&rsquo;encre (de stylos ou d&rsquo;imprimerie ?). D&rsquo;aucuns lisent dans cet essor en accélération rapide voire exponentielle (quelques milliers d&rsquo;années pour l&rsquo;écriture, quelques centaines pour l&rsquo;imprimerie, quelques dizaines pour le numérique), une forme d&rsquo;aliénation &laquo;&nbsp;de l&rsquo;humain&nbsp;&raquo; par la machine ou encore de dissolution de notre identité dans le réseau voire un appauvrissement sans précédent des interactions édificatrices de notre société. D&rsquo;autres, en constatant ce &laquo;&nbsp;Tsunami numérique&nbsp;&raquo; (Davidenkoff, 2014) ou cette &laquo;&nbsp;Transition fulgurante&nbsp;&raquo; (Giorgini, 2014), prédisent l&rsquo;avènement d&rsquo;un nouveau monde (une nouvelle Renaissance) et, puisqu&rsquo;elle y est incluse et qu&rsquo;elle y prépare, d&rsquo;une nouvelle &laquo;&nbsp;école&nbsp;&raquo; aux vertus émancipatrices. Considérant qu&rsquo;en ce domaine l&rsquo;aliénation et l&rsquo;émancipation sont deux solutions de cette problématique pharmacologique (selon <a href="http://arsindustrialis.org/pharmakon">Bernard Stiegler</a>, le <em>pharmakon</em> de Socrate reste d&rsquo;application pour le numérique comme il l&rsquo;a été pour l&rsquo;écriture et l&rsquo;imprimerie en considérant ces révolutions, toutes et à la fois comme un remède et comme un poison), <strong>nous souhaitons questionner cette effervescence voire cet &laquo;&nbsp;imaginaire&nbsp;&raquo; afin d&rsquo;en dégager les phénomènes précurseurs de la Société de demain et de son école &#8230; déjà et dorénavant numérique</strong>.</p>
<p>Mais tout d&rsquo;abord, qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est &laquo;&nbsp;le numérique&nbsp;&raquo; ? Etymologiquement, la numérisation transforme en données numériques (des nombres, des séries de nombres) un objet continu, analogique : on parlera ainsi d&rsquo;image numérique, de son numérique. <strong>Ce processus de réduction</strong> (ces nombres étant <em>in fine</em> traduits dans un système binaire, les <em>bits</em>) <strong>permet par recombinaison ou superposition de redonner une &laquo;&nbsp;image&nbsp;&raquo; de la réalité entendue, observée, vécue … </strong>cela dépendant bien entendu de la qualité de la numérisation, sa finesse, sa résolution.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-760" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2016/02/Capture-d’écran-2016-02-12-à-14.36.25.png" alt="Capture d’écran 2016-02-12 à 14.36.25" width="681" height="420" /></p>
<p>Image prélevée du Blog <a href="http://blog.dubspot.com/understanding-audio-interfaces/">http://blog.dubspot.com/understanding-audio-interfaces/</a> et &laquo;&nbsp;numérisée&nbsp;&raquo; par mes soins. On fait mieux au niveau de la résolution !</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><span style="color: #0000ff;">L&rsquo;évolution du World Wide Web &#8230; tous auteurs, acteurs  ?</span></h2>
<p>Le pas est donc aisément franchi d&rsquo;associer le numérique à l&rsquo;informatique comme nous le remarquons bien souvent dans l<strong>&lsquo;interprétation réductionniste de l&rsquo;école numérique en école informatisée</strong> ou encore de la transformation, tout aussi abusive, d&rsquo;éducation numérique en formation en informatique. Entre condition nécessaire (l&rsquo;utilité et la disponibilité des outils technologiques) et condition suffisante (accéder à la société numérique en évitant la fossilisation des pratiques, de refaire comme avant avec le nouveau) … l&rsquo;amalgame est aisé. L&rsquo;innovation de maintien a la vie dure par rapport aux innovations de ruptures dont nous parlerons.</p>
<p>Mais cette transformation de la variété en chaines de &laquo;&nbsp;0 et de &laquo;&nbsp;1&nbsp;&raquo; (pour reconstituer ensuite une instance de cette variété) a porté très vite non seulement sur les objets mais également sur leurs liaisons (les fameux hyperliens, ces mots en bleu-souligné sur lesquels vous cliquez en passant ainsi d&rsquo;une interprétation à l&rsquo;autre, en passant d&rsquo;un certain degré de précision à un autre &#8230;) donnant ainsi accès à une variété encore plus large de représentations, d&rsquo;interprétations … C&rsquo;est ainsi que naissait, au début des années 90, le Web (la toile d&rsquo;araignée mondiale) d&rsquo;abord accessible, en mode édition ou production, seulement à ceux qui maîtrisaient les codes et les langages informatiques nécessaires pour publier et interconnecter ce vaste système d&rsquo;informations (on se souviendra du <em>html</em> et des protocoles de transfert  <em>ftp</em> devenus depuis lors transparents pour l&rsquo;utilisateur) : on y détecte un nombre restreint d&rsquo;éditorialistes et un grand nombre en augmentation rapide de lecteurs, de spectateurs, de consommateurs ! Dix ans plus tard, utilisabilité et ergonomie aidant, le Web 2.0 allait donner progressivement à ces derniers un rôle de consomm&rsquo;acteurs. Le fait de pouvoir ou de devoir s&rsquo;identifier (les fameux &laquo;&nbsp;<em>login</em>&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;mot de passe&nbsp;&raquo;) sur un site leur permettait de <strong>(1)</strong> se faire reconnaître par le Web devenu service et recevoir ainsi les informations qui leur étaient destinées (un site commercial se transformera pour vous donner les nouveautés qui vous intéressent en fonction de l&rsquo;historique de vos visites antérieures), une forme de Web réactif et <strong>(2)</strong> de recevoir (sans vous rendre sur le site) les alertes ou notifications qui correspondent à certains choix que vous avez marqués au hasard des navigations, une forme de Web proactif. C&rsquo;est ainsi que nous publions nos avis, nos commentaires, nos coups de cœur (j&rsquo;aime !), que nous soumettons nos idées sur notre Blog en attendant les commentaires de notre lectorat, que nous établissons une chaîne neuronale toute virtuelle avec la Communauté &#8230; que nous apprenons ?</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2016/02/web.jpg"><img class="aligncenter wp-image-761" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2016/02/web.jpg" alt="web" width="420" height="323" /></a></p>
<p>Image prélevée sur le site : <a href="http://www.tourisme-tic.com/evolution-du-web/">http://www.tourisme-tic.com/evolution-du-web/</a> (source originale non identifiée)</p>
<p><strong>Ce faisant, c&rsquo;est l&rsquo;identité même de l&rsquo;utilisateur qui est numérisée au niveau de ses habitudes, de ses intérêts, de sa communauté (les amis)</strong> en voie de virtualisation toujours plus prononcée sur <strong>le Web ou &laquo;&nbsp;nous reprenons connaissance&nbsp;&raquo;</strong>. En parallèle ou en contrepartie, ce consommateur, certes de plus en plus exposé à l&rsquo;hameçonnage (le côté obscur), se retrouve affublé d&rsquo;une panoplie en extension d&rsquo;outils lui permettant lui-même (le côté clair) de publier, de recevoir des commentaires, de s&rsquo;affilier à une communauté qu&rsquo;il va suivre (ses f<em>ollowings</em>) ou encore d&rsquo;en créer une, personnelle cette fois-ci, peuplée de ses <em>followers</em>. Le numérique quitte ainsi, sans la nier ou la déprécier, la sphère de la numérisation des objets pour entrer dans celle de la connectivisation des relations entre humains. Serait-ce aussi notre intelligence &#8211; étymologiquement, le préfixe inter- (« entre ») et le verbe lĕgĕre (« cueillir, choisir, lire ») &#8211; qui s&rsquo;externalise par une sorte <a href="http://www.fondationjeanpiaget.ch/fjp/site/ModuleFJP001/index_gen_page.php?IDPAGE=304">d&rsquo;assimilation et d&rsquo;accommodation piagétienne</a> au niveau global ? <strong>C&rsquo;est là, au delà de la médiatisation des ressources, dans la médiation numérique des interactions, que se niche &laquo;&nbsp;le numérique&nbsp;&raquo;.</strong> Vous l&rsquo;avez compris, entre aliénation et émancipation, le chemin est étroit. Une question d&rsquo;école et d&rsquo;éducation (<em>e-ducere</em>, conduire au dehors) sans doute qui dépasse allègrement les utilisations (fonctionnelles) voire même les usages de l&rsquo;outil en lui-même. Pourquoi dès lors ramener la question du numérique à celle des équipements &#8230; c&rsquo;est une condition nécessaire certes mais le risque d&rsquo;enlisement est grand. Apprendre, c&rsquo;est aussi mettre de l&rsquo;ordre dans le désordre, les curateurs du Web comprendront (voir en bas de ce billet quelques prolongations de ce paragraphe).</p>
<p>Ainsi le numérique bouleverse non seulement notre rapport aux savoirs (désormais transmis), nos rôles &#8230; mais aussi nos façons de réagir, d&rsquo;agir et d&rsquo;interagir. &laquo;&nbsp;L&rsquo;ubérisation&nbsp;&raquo; se propage au travers de l&rsquo;horizontalisation des pratiques. Il y a quelques années, nous recourions à &laquo;&nbsp;l&rsquo;expert&nbsp;&raquo; pour prendre nos vacances (Le guide Michelin versus TripAdvisor), pour nous soigner (Le médecin généraliste versus Doctissimo), pour apprendre (Le professeur versus les MOOCs ou la Khan Academy) &#8230; le collectif, la validation par le collectif remplacera-t-il &laquo;&nbsp;l&rsquo;expert&nbsp;&raquo; ? Les classes inversées ne proviennent pas d&rsquo;une nouvelle théorie pédagogique en vogue, elles sont l&rsquo;émanation de pratiques, d&rsquo;analyse de pratiques, de partage de pratiques &#8230; en dehors de tout décret. Je ne veux être considéré comme un des apôtres d&rsquo;une nouvelle société en construction. Je m&rsquo;interroge sur <strong>comment nous, les humains, allons profiter de ces espaces de liberté</strong>, de décision, de partage et d&rsquo;expérimentation que nous offrent les technologies. <a href="https://interstices.info/jcms/c_33030/les-nouvelles-technologies-revolution-culturelle-et-cognitive">Les technologies nous condamnent à devenir intelligents</a> (Michel Serres, 2007). <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=651">Quel sens redonner à la présence ?</a></p>
<p>Comme l&rsquo;explique Joël de Rosnay &laquo;&nbsp;<a href="http://www.carrefour-du-futur.com/conférences/entreprise-du-futur/">Voyage vers le futur, mon entreprise en 2030</a>&laquo;&nbsp;, Alibaba est considéré comme le plus grand magasin du monde et il n&rsquo;a pas de stocks. Uber, la société de taxis ne possède pas de véhicules. Booking.com est une chaîne hôtelière qui ne possèdent pas d&rsquo;hôtels. Ils minimisent ainsi les coûts inhérents à ces entreprises (stocks, véhicules, bâtiments) les faisant supporter par d&rsquo;autres et en jouant le rôle d&rsquo;une sorte de courroie de transmission horizontale &#8211; sans intermédiaires &#8211; entre les utilisateurs, les consommateurs, les producteurs, nous !  <strong>Et l&rsquo;entreprise-université ou l&rsquo;entreprise-école du futur ?</strong> Considérant que les savoirs sont transmis (bien souvent en Open et en ligne, les OER ou <em>Open Educational Resources</em>), considérant qu&rsquo;une large part des interactions peut aussi être externalisée, combien de temps faudra-t-il pour <a href="https://didac2b.wordpress.com/2016/01/28/luberisation/">&laquo;&nbsp;ubériser&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;googleliser&nbsp;&raquo;  l&rsquo;éducation</a> ? A quand la <strong>MOUC</strong>, la <strong>M</strong>assive <strong>O</strong>pen <strong>U</strong>niversity in the <strong>C</strong>loud ? Si nous allons tous apprendre toute la vie durant, qui seront nos enseignants ? Des structures pourraient alors émerger pour offrir ou vendre le tutorat et l&rsquo;accompagnement. Et l&rsquo;évaluation &#8230; badges, portfolios vous avez dit ? Une façon de répondre à la demande de formations à la carte des futurs apprenants toute la vie durant, non ? Le salut ? Encore une fois, redonner du sens à la présence ! Telle est ma quête face aux opérations que préparent déjà les membres du <a href="http://lepeuple.be/lempire-gafam-big-data-etend-son-pouvoir-mondial/26517">GAFAM</a> (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) &#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><span style="color: #0000ff;">Outillage, instrumentation &#8230; médiation aussi ?</span></h2>
<p>En résumé : De tout temps, les Hommes ont inventé des outils pour faciliter leurs labeurs, se libérer des tâches répétitives &#8230; et des instruments pour mieux discerner les événements, la réalité. Le numérique y participe en créant ainsi de nouveaux espaces de liberté. Tout d&rsquo;abord, même si l&rsquo;adjectif &laquo;&nbsp;numérique&nbsp;&raquo; accompagne de plus en plus souvent les nominatifs Société, École, Humanités … ses attributs ou ses valences (la valeur que nous lui attribuons) sont loin d&rsquo;être clairs. S&rsquo;agit-il de la numérisation des médias (le texte, l&rsquo;image, le son &#8230; le MOOC  se réduisant en une succession de symboles binaires pour se diffuser plus aisément), d&rsquo;outils informatiques augmentant notre emprise sur le réel, ses manifestations et sa symbolique ou encore d&rsquo;instruments technologiques (Rabardel &amp; Samurçay, 2001) contribuant à notre intelligence en démultipliant le champ des interconnections possibles ? Depuis la nuit des temps,  les outils, les technologies nous libèrent mais pour quoi faire ? (Michel Serres, 2012). S&rsquo;agit-il tant d&rsquo;outils, de techniques et de technologies que d&rsquo;attitudes, de comportements, de mentalités ?</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2016/02/2001jhgkj.jpg"><img class="aligncenter wp-image-762 size-full" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2016/02/2001jhgkj-e1456242830700.jpg" alt="2001jhgkj" width="340" height="217" /></a></p>
<p>Image prélevée sur : <a href="http://myscreens.fr/2010/cinema/culte-du-dimanche-2001-lodyssee-de-lespace/">http://myscreens.fr/2010/cinema/culte-du-dimanche-2001-lodyssee-de-lespace/</a>   du film &laquo;&nbsp;2001, Odyssée de l&rsquo;espace&nbsp;&raquo; de Stanley Kubrick. Ce futur hominidé découvre le &laquo;&nbsp;marteau&nbsp;&raquo; … quelques instants plus tard, il l&rsquo;utilisera pour éliminer un rival en lui fracassant la tête.</p>
<p>On le comprendra : les techniques tout à la fois contribuent à notre développement en tant qu&rsquo;espèce et nécessitent de nouvelles règles, des balisages pour ces espaces de liberté dont nous avons parlé, un nouvel &laquo;&nbsp;ordre social&nbsp;&raquo;. Comment, dans ce &laquo;&nbsp;changement de phase&nbsp;&raquo; au niveau sociétal, dans cette préoccupation toute systémique allons-nous parvenir à générer de &laquo;&nbsp;<a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=604">l&rsquo;ordre dans le désordre</a>&nbsp;&raquo; ?</p>
<h2></h2>
<h2><span style="color: #0000ff;">Tendances et constatations du connectivisme</span></h2>
<p>Il nous faut donc maintenant essayer de qualifier ce numérique en tentant, par une définition en extension, de discerner certains de ses attributs constitutifs les plus déterminants pour ensuite seulement pouvoir décrire et discuter l&rsquo;école de demain. C&rsquo;est ainsi que nous proposons au débat certains &laquo;&nbsp;shifts&nbsp;&raquo; ou transformations déjà en cours dans notre société connectée (<a href="http://www.itdl.org/journal/jan_05/article01.htm">Siemens, 2005</a>) ; <strong><span style="color: #800080;">nous les relierons avec les tendances et constatations proposées par Siemens :</span></strong></p>
<p><span style="color: #808080;">- Des savoirs diffusés dans des &laquo;&nbsp;cercles fermés&nbsp;&raquo; (par les livres, dans les classes ou amphis &#8230;) <strong>à</strong> des savoirs ouverts et diffusés à l&rsquo;échelle planétaire, connectés entre eux et en perpétuelle re-construction collective &#8230;</span></p>
<ul>
<li><span style="color: #800080;">De nombreux apprenants vont rencontrer des domaines de <strong>connaissances et de compétences variés et parfois sans liaison (entre elles et avec leurs études) au cours de leur carrière</strong></span></li>
</ul>
<p><span style="color: #808080;">- Des modes de communication, d&rsquo;échanges ou de transactions verticaux (top-down ou parfois bottom up)<strong> à</strong> des communications, des échanges ou des transactions davantage horizontales en mode réseau ouvert (parfois dénommé du terme ubérisation marquant ainsi des modes interconnectés et décentralisés qui échappent aux structures pyramidales actuelles et en profitent)</span></p>
<ul>
<li><span style="color: #800080;"><strong>L’apprentissage informel</strong> devient de plus en plus une partie de l’expérience d’apprentissage</span></li>
</ul>
<p><span style="color: #808080;">- D&rsquo;une &laquo;&nbsp;informatique&nbsp;&raquo; fonctionnelle (comment utiliser tels ou tels logiciels de type &laquo;&nbsp;usine à gaz&nbsp;&raquo; &#8230;) <strong>à</strong> une &laquo;&nbsp;informatique&nbsp;&raquo; relationnelle orientée usages spécifiques eux-mêmes orientés utilisateurs (simplicité, versatilité, utilisabilité, accès direct &#8230;)</span></p>
<ul>
<li><span style="color: #800080;"><strong>Les technologies sont en train de changer fondamentalement nos façons de penser</strong>. Elles modifient notre «cablage cérébral». <strong>Pas mal de processus</strong> <strong>sont actuellement de plus en plus et de mieux en mieux assumés par les TIC</strong></span></li>
</ul>
<p><span style="color: #808080;">- D&rsquo;espaces et de temps (de formation, d&rsquo;activités socio-professionnelles &#8230;) fortement localisés <strong>à</strong> une abolition des limites propres aux espaces-temps physiques par le biais des technologies ubiquitaires ou synchrones &#8230;</span></p>
<ul>
<li><span style="color: #800080;"><strong>L’apprentissage devient un processus commun aux apprenants, aux acteurs de la société et aux institutions (l&rsquo;entreprise apprenante)</strong></span></li>
</ul>
<p><span style="color: #808080;">- Des temps de l&rsquo;apprendre initiaux ou continus fortement inscrits au début de la vie des individus <strong>à</strong> un apprentissage toute la vie durant</span></p>
<ul>
<li><span style="color: #800080;">L’apprentissage est un <strong>processus continu qui se déroule tout au long de la vie</strong></span></li>
</ul>
<p><span style="color: #808080;">- D&rsquo;un cloisonnement disciplinaire <strong>à</strong> une nécessité de pluri ou d&rsquo;interdisciplinarité entrainée par la complexité des problèmes rencontrés et des compétences nécessaires pour les résoudre &#8230; aussi d&rsquo;un décloissonement entre théorie et pratique, ces dernières s&rsquo;enrichissant l&rsquo;une l&rsquo;autre en perspective systémique</span></p>
<ul>
<li><span style="color: #800080;">Le Savoir et le savoir-faire (les connaissances déclaratives et procédurales) sont en train d’être supplantés par le « <strong>savoir où et quand</strong> », les connaissances conditionnelles (que se passera-t-il si … ?)</span></li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<p>La figure ci-dessous essaie d&rsquo;illustrer ces changements que vont encourir les &laquo;&nbsp;citadelles des savoirs&nbsp;&raquo;.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2016/02/Numérique.0011.jpeg"><img class="aligncenter wp-image-767" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2016/02/Numérique.0011.jpeg" alt="Numérique.001" width="699" height="524" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><span style="color: #0000ff;">&laquo;&nbsp;L&rsquo;école&nbsp;&raquo; en 2026</span></h2>
<p>C&rsquo;est à partir de ces constats et tendances sociétales encore embryonnaires mais déjà bien ancrés dans nos habitudes, que nous dresserons <strong>les grandes orientations de l&rsquo;école de demain</strong>, de la formation 2.0 des étudiants et des enseignants, des rapports aux savoirs et aux rôles et de l&rsquo;apprentissage numérique pour une véritable intelligence collective. Voici quelques unes de ces orientations proposées lors <a href="http://fr.slideshare.net/lebrun/2024-enseigner-luniversit-dans-10-ans">d&rsquo;une conférence </a>en 2014 à la HES-SO (Haute école spécialisée de Suisse occidentale) pour ses dix ans (j&rsquo;ai un peu adapté pour 2026 !) :</p>
<p><a href="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2016/02/Perspectives-2026.001.jpeg"><img class="aligncenter wp-image-765" src="http://lebrunremy.be/WordPress/wp-content/uploads/2016/02/Perspectives-2026.001.jpeg" alt="Perspectives 2026.001" width="732" height="549" /></a></p>
<p><strong>Alors, le numérique, dans la société ou l&rsquo;école, le côté clair ou le côté obscur, un remède ou un poison</strong>, Prométhée ou bouc émissaire, dieu Thot inventeur jubilatoire de l&rsquo;écriture ou pamphlétaire luciférien, je ne sais pas. L&rsquo;un ou l&rsquo;autre ? Sans doute les deux à la fois. A chaque fois, l&rsquo;image de l&rsquo;expérience optique des fentes du physicien Young me revient. Dans une compréhension déterministe, la particule de lumière passera-t-elle par la fente A ou la fente B ? En tant que onde, la lumière passe par les deux fentes à la fois apportant alors la variété et la richesse de la figure de diffraction pleine d&rsquo;interférences constructives ou &#8230; destructives. Il faut le savoir, mais que ceci ne nous empêche pas d&rsquo;avancer, d&rsquo;expérimenter, de partager ! Une réponse à la polarisation du <strong>pharmakon</strong>, entre le remède et le poison, faut-il choisir ?</p>
<p>Comme à la Renaissance du XVème siècle, au cours de laquelle l&rsquo;Homme s&rsquo;est débarrassé du cortège de divinités de toutes sortes qui influençaient ses bonheurs et ses malheurs et déterminaient les phénomènes naturels pour les comprendre par la science naissante (héritée de l&rsquo;antiquité), nous assistons probablement à l&rsquo;instauration d&rsquo;une nouvelle Humanité, d&rsquo;une autre Renaissance, ou mieux à un parachèvement de l&rsquo;idéal démocratique. L&rsquo;enjeu est d&rsquo;importance et dans le sens que nous avons décrit l&rsquo;école sera &laquo;&nbsp;numérique&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est vrai que l&rsquo;idéal démocratique et la science des anciens grecs, transportés par les arabes et les juifs, ont resurgi lors de la première Renaissance avec une contribution forte d&rsquo;une invention technologique, le livre. A l&rsquo;heure actuelle, le numérique rend possible d&rsquo;autres pédagogies pour les humains connectés même si les ingrédients de ces pédagogies étaient déjà déclarés ou annoncés il y a longtemps déjà. Ainsi, la renaissance numérique a ce potentiel de ravigoter ces idéaux démocratiques (au sens premier, au sens fort) dans une connaissance de mieux en mieux ou de plus en plus partagée. Ne remettons donc pas &laquo;&nbsp;le numérique&nbsp;&raquo; sur le socle des divinités anciennes en mettant en avant leurs caractéristiques &laquo;&nbsp;magiques&nbsp;&raquo;. L&rsquo;humanité numérique, c&rsquo;est nous !</p>
<p><strong>Et vous, les numériques &#8230;  surtout, commentez, déconstruisez, reconstruisez &#8230;</strong></p>
<p>Voir aussi :</p>
<p>&#8211; <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?page_id=668">Autant savoir … des savoirs formalisés à l’intelligence collective</a></p>
<p>&#8211; <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=604">Ordre et désordre dans l’enseignement et l’apprentissage avec le numérique</a></p>
<p>&#8211; <a href="http://lebrunremy.be/WordPress/?p=602">Des Espaces-Temps pour la Formation et l’Apprentissage : Réflexions à la lumière des outils numériques</a></p>
<p>Pour aller plus loin, plus profond &#8230; ailleurs : Milad Doueihi, <a href="https://vimeo.com/39842130">Pour un humanisme numérique</a> (Editions du Seuil, 2011) :</p>
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